Le nouveau Maroc
Posté par:
yossi1 (IP enregistrè)
Date: 20 September 2010 : 01:22
le nouveau maroc antisemite est nee ?
Par un chaud après-midi de juillet, Noam Nir est assis à son bureau de la ville côtière d'Essaouira, au Maroc. Il entend des voix qui grondent dans la rue. "J'ai compris qu'il y avait une manifestation sur le pas de ma porte, alors j'ai pris mon appareil photo et je suis sorti", explique-t-il. Dehors : un groupe de jeunes collégiens scandent des slogans antisionistes. "Se tenir devant ma propriété et hurler 'Sionistes, partez d'ici', il était facile de savoir à qui ils s'adressaient", explique Nir. A savoir : lui.
André Azoulay : le conseiller juif du roi Mohammed VI a été visé par des manifestants antisémites au Maroc.
Photo: DR , JPost
"Lors d'une manifestation pendant Pessah, ils avaient déjà crié de terribles slogans anti-israéliens : 'Netanyahou est un assassin, Israël est raciste.' Ils ont accusé André Azoulay, le conseiller juif du roi, d'être un agent du Mossad, et lui ont demandé de quitter le Maroc. Ce ne sont pas des slogans habituels dans la politique marocaine."
Suite à la dernière manifestation, Nir a déposé une plainte à la police contre trois membres de l'Association marocaine pour les droits de l'Homme (AMDH), qui avait organisé le camp pour les jeunes et rassemblé les manifestants. Début août, les autorités judiciaires du pays ont interrogé deux des activistes de l'AMDH, sur la base de provocation et d'antisémitisme. Nir, 41 ans, est fils d'un Juif marocain et vit au Maroc depuis dix ans. Il a décidé d'immigrer dans ce pays après l'appel du roi Mohammed VI aux "gens de cette terre" à revenir au Maroc pour y construire une société prospère.
Actuellement, moins de 7 000 Juifs résident dans le Royaume, principalement à Casablanca. Avant 1948, la communauté juive comptait 250 000 personnes, mais avec le temps, la plupart sont parties en France ou en Israël. "Je suis très actif au sein de la communauté", explique Nir. "Ces manifestants essaient de me provoquer car j'ai défendu le conseiller juif du roi. Leur organisation ne manque pas une occasion de critiquer les Juifs actifs dans les développements internationaux, en d'autres termes : la normalisation entre le Maroc et Israël."
AMDH se vante de compter 12 000 membres à travers le pays. Dans une déclaration publiée sur son site Internet après l'incident de juillet, elle faisait une distinction claire entre antisémitisme et antisionisme. "De même que tous les membres de l'Association s'opposent au sionisme, ils s'opposent à l'antisémitisme et à la haine envers les Juifs."
Antisionisme vs. antisémitisme
AMDH en appelle aux démocrates et aux défenseurs des droits de l'Homme à l'étranger, et attire leur attention sur le danger de mélanger systématiquement antisionisme et antisémitisme. C'est précisément la base du procès intenté par Noam Nir contre les membres de l'association. AMDH continue à blâmer le sionisme pour susciter la confusion entre Juifs et Sionistes, et cette confusion est malheureusement bien ancrée dans l'esprit d'une grande partie de l'opinion publique. Nir affirme que les slogans lancés lors des manifestations incitent le citoyen lambda à commettre des actes de violence contre les Juifs.
"Il y a un danger pour la communauté juive. Il suffit d'un homme et d'un couteau."
Selon lui, le Marocain moyen ne fait pas la différence entre antisionisme et antisémitisme. "J'ai parlé à un large éventail de citoyens marocains, du marchand de poissons du marché aux fonctionnaires du gouvernement. Ils ne font pas la différence entre des slogans antijuifs ou antisionistes. Je l'ai dit à AMDH : si vous n'êtes pas antijuifs et seulement antisionistes, alors sortez et expliquez au public la différence."
Khadija Riyadi, directrice de l'Association marocaine pour les droits de l'Homme, a rejeté les assertions de Nir sur l'antisémitisme de son organisation. "Nous sommes responsables de ce que nous disons, pas de ce que les autres comprennent", rétorque-t-elle. "Il y a en effet une confusion au Maroc entre judaïsme et sionisme, et nous travaillons à clarifier la différence." Mais selon elle, les slogans de la rue ne représentent pas un danger pour les Juifs au sein du Royaume. Et d'ajouter que les slogans antijuifs vont contre les intérêts de son organisation. "L'opposition au judaïsme renforce les objectifs impérialistes du sionisme", dit-elle. "Cela encourage les Juifs à quitter leur pays et à immigrer en Israël. Nous croyons à la liberté totale de culte pour tous les citoyens."
Riyadi estime qu'un pouvoir extérieur se tient derrière le procès de Nir. Selon elle, le gouvernement marocain a lancé une campagne pour délégitimer son organisation, en raison de ses vives critiques contre les violations des droits de l'Homme dans le pays, et ce, dans une tentative de réduire ses financements étrangers.
"L'antisémitisme est une question très sensible en Europe, et nous en accuser peut nuire notre financement via l'Union européenne", explique Riyadi.
Efraïm Zuroff, le directeur du bureau israélien du Centre Simon Wiesenthal, a déposé une requête aux autorités marocaines à la suite de l'affaire Nir. Selon lui, toutes les critiques envers Israël ne sont pas antisémites.
"Il peut y avoir une critique légitime de l'Etat hébreu, mais lorsqu'Israël seul est isolé et traité différemment, c'est une autre affaire", a-t-il fait savoir. "Nous traitons ces questions au cas par cas."
"la diplomatie est l'art de repousser l'inévitable le plus longtemps possible".N.G