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EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 09 novembre 2005 a 14:24

Les evenements tragiques qui ont marques au fer chaud,le maroc:
Il y a eu plusieurs evenements tragiques,sanglants,des tragedies naturelles de D. comme le tremblement de terre d'Agadir..................................et autres.
chers amis,l'histoire du maroc,c'est nous,l'histoire du Maroc c'est vous,un mot de votre mere,un autre de votre pere,une histoire de votre grand-mere,une autre de votre tante octogenaire,ou de votre grand-pere qui sera bientot centenaire,et voila comment on peut savoir beaucoup de choses,tout ce que je sais personnellement c'est par ma famille,amis DARNNEURS,tant que vos parents sont vivants profitez,faites vous raconter,ce qui est arrive a telle ou telle date.
en faisant des recherches sur le net,il y a des choses,qui n'ont jamais ete mentionnees....................et d'autres si.
voici quelques dates,et evenements :
*LES MALADES INTOXIQUES PAR L'HUILE NOCIVE EN 1959
Un commercant en huiles comestibles sous la marque de "Huile Le Cerf" en est le responsable.
Ce commercant eut "l'idée" d'acheter des huiles hydrauliques usagées, vendues par les surplus, et qui avaient été récuperees apres les vidanges régulieres et périodiques faites sur les avions américains des bases aeriennes US au Maroc. Ces huiles a peu pres identiques a l' huile Lockeed des freins de nos voitures, furent melangees a de l'huile comestible de table ou de cuisine dans le but d'assurer de confortables benefices à cet "habile" commercant.
Il fallut plusieurs mois d'enquetes pour remonter la filiere et trouver l'explication de cette gigantesque intoxication collective et l'aide de plusieurs pays pour la réducation des malheureux consommateurs de l'huile Le Cerf. Des centaines de personnes etaient restees paralysees et handicapees a vie,moi personnelement,Je me souviens très bien de cette affaire des huiles frelatées,j'avais 9 ans et on ne parlait que de ca dans les journaux,et la radio.(on n'avait pas encore de tele bien sur)
IL Y AVAIT UN MUSULMAN,QUI DEMANDAIT L'AUMÔNE AU ROND-POINT SHELL,EN 1960-61,IL ÉTAIT ASSIS SUR UNE PETITE PLANCHE AVEC 4 ROUES,ET SES PIEDS ÉTAIENT PLIES SOUS SON DERRIÈRE,DANS CE ROND-POINT SHELL IL Y AVAIT AUSSI 2 LÉPREUX,
apres un proces exemplaire, ce commercant fut condamné a mort. Quelques années plus tard, il se promenait Bd de Strasbourg A cASABLANCA, vaquant à ses affaires. il avait éte gracié puis relaché.
(RIEN DE TOUT CA ,DANS LES ARCHIVES.D'INTERNET)

*LE TREMBLEMENT DE TERRE D'AGADIR ,(29 février 1960)

*LE NAUFRAGE TRAGIQUE DU BATEAU EGOZ PRES DES COTES DE ALHOCEIMA (1 1 janvier 1961)
jE SUIS EN CONTACT AVEC LE FILS DU mUSULMAN,QUI TROUVA LES CORPS DES NOYES SUR LA PLAGE.
*LE 7 AVRIL1947 ETAIT LE JOUR DE LA BOUCHERIE PROVOQUEE PAR LES TIRAILLEURS SENEGALAIS DE LA CASERNE DE AIN BORJA, PROVOQUEE PAR BONIFACE
*LA GUERRE CIVILE DE FRANCO,OU SONT MORTS DES MILLIERS DE MAROCAINS,JUIFS,MUSULMANS,ET CHRETIENS.
*EVENEMENTS TRAGIQUES,A CASABLANCA 1955

Attention,chers DARNNEURS,chaque personne est sensible a une date ou a un evenement,on doit respecter de ne pas choquer.
soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: pichourin (IP enregistré)
Date: 09 novembre 2005 a 14:45

chers amis j'etais trop jeune pour me souvenir de tout ca
etant donne que je suis nee en aout 1956 mais par contre soly ma soeur se souvient du tremblement de terre d' agadir de l'huile nocive.
du bateau egoz par contre rien du tout personne n'a entendu parler
LE 7 AVRIL 1947 rien on na jamais entendu parler de cette date mais des morts marocains dans la guerre civile de franco en espagne oui car mon oncle le frere a papa etait parti et nous racontait, soly vous racontera cette histoire
je sais qua part les evenements il y a eu des epidemies mortelle comme le tyfus la diphterie et la tuberculose
(alah ister)


Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 09 novembre 2005 a 20:15

1912 le 30 mars
Le Maroc devient protectorat français
La signature du traité de Fès instaure l'installation d'un protectorat français au Maroc. Le sultan Moulay Hafiz s'engage à ne conclure aucune alliance avec un autre pays que la France et à ne contracter aucun emprunt auprès d'une autre puissance. De son côté la France promet de respecter le sultan et la religion musulmane. Les pouvoirs du gouvernement français au Maroc seront détenus par un commissaire général de la République. Le général Lyautey doit remplir cette fonction.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 09 novembre 2005 a 20:16

1955 le 6 novembre
La France renonce au Maroc
Le président du Conseil Edgar Faure, reconnaît Mohammed Ben Youssef comme sultan du Maroc. Le gouvernement français renonce ainsi au protectorat qu'elle avait instauré dans le pays depuis 1912. Tiraillée entre les premiers signes de guerres d'indépendance en Afrique du nord, la France préfère consacrer ses forces armées pour l'Algérie. Le sultan Mohammed V rentrera au Maroc le 16 novembre et l'indépendance sera officiellement proclamée le 2 mars 1956.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 09 novembre 2005 a 20:17

1956 le 2 mars
Fin du protectorat français au Maroc
Après dix jours de négociations entre le Président du Conseil français et le sultan du Maroc Mohammed V, le cabinet de Guy Mollet annonce que la France retire son protectorat et reconnaît l'indépendance du Maroc. Sous la pression populaire, l'Espagne renoncera à son tour à son protectorat le 7 avril. Après 44 ans de tutelle étrangère, le Maroc retrouve son autonomie. En août 1957, le sultan Mohammed V se proclamera roi du Maroc

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 09 novembre 2005 a 20:57

1578 le 4 août
Bataille des Trois Rois à Ksar el-Kébir
Le roi du Portugal Sébastien Ier, allié au roi d'Espagne Philippe II, tente de renverser le sultan du Maroc Abd al-Malik. Lors de l'affrontement à Ksar el-Kébir (Maroc), les 40 000 cavaliers du sultan anéantissent les troupes portugaises. Abd al-Malik et le jeune roi Sébastien, qui ne rêvait que de croisade contre les Infidèles, sont tués dans la bataille. Philippe II prendra possession du Portugal, tandis que le frère du sultan, Ahmed al-Mansour, montera sur le trône marocain.

soly


Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 09 novembre 2005 a 21:04

1948 le 23 septembre
Cerdan champion du monde
Le boxeur français Marcel Cerdan est sacré champion du monde des poids moyens au Madison Square Garden de New York. Il bat l'américain Tony Zale par KO au onzième round. Cerdan touche 40 000 dollars pour sa victoire. Il perdra son titre au mois de juin l'année suivante, face à Jake La Motta, avant de disparaître soudainement deux mois plus tard, dans un accident d'avion.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 09 novembre 2005 a 21:14

1942 le 8 novembre
Débarquement allié en Afrique du Nord
Au petit matin, 75 000 soldats anglais et américains débarquent sur les côtes du Maroc et de l'Algérie. L'intervention alliée, appellée "opération Torch", est menée par le commandant anglais Cunningham et le général américain Dwight Eisenhower. Au même moment François Darlan, le second de Pétain, se trouve à Alger. Il exhorte les français d'Afrique du Nord, fidèles au régime de Vichy, à résister face à l'invasion des alliés. Les combat entre les forces alliées et les Français vont entraîner la mort de plusieurs centaines de personnes. Malgré leur résistance la flotte Française est en déroute. Darlan signera peu après le reddition d'Alger. En représailles, l'Allemagne envahira le sud de la France, la zone libre, le 11 novembre.

[atelier-de-calligraphie.chez-alice.fr]

soly







Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 09 novembre 2005 a 21:28

1953 le 26 mars
Découverte du vaccin contre la polio,qui laissa des milliers et des milliers d'enfants boiteux,dans le monde entier et surtout chez nous au maroc.
Le médecin américain Jonas Salk annonce sur une radio nationale qu'il vient de découvrir un vaccin antipoliomyélitique. Un an plus tard, le vaccin sera mis en vente par le laboratoire pharmaceutique allemand Berhing.

1954 le 15 février
Mise au point du vaccin anti-poliomyélite
Le laboratoire pharmaceutique allemand Behring annonce la mise au point du premier vaccin contre la poliomyélite. Véritable fléau pour les enfants en bas âge, la maladie provoque des paralysies musculaires et respiratoires entraînant la mort. Grâce au vaccin, elle sera presque éradiquée dans le monde entier.

1956 le 6 octobre
Un vaccin oral contre la polio
Albert Sabin, de l'université de Cincinnati (Etat de l'Ohio), annonce la mise au point d'un vaccin oral contre la poliomyélite. L'OMS recommande aujourd'hui l'emploi de ce vaccin qui, contrairement au vaccin mis au point par Jonas Salk en 1954, est préparé à partir d'un virus vivant inactivé. La poliomyélite a été éradiquée des pays occidentaux, mais elle est encore présente de façon endémique dans une vingtaine de pays.


soly





Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 09 novembre 2005 a 21:38

1936 le 18 juillet
Début de la guerre civile espagnole
Menés par l'ancien chef d'état-major de l'armée, le généralisimo Francisco Franco Bahamonde,(d'origine marrane)
les militaires de la garnison de Melilla se soulèvent contre le gouvernement du Front Populaire (gauche). Grâce à l'appui des généraux Mola et Sanjurjo, le mouvement d'insurrection des militaires s'étend bientôt à toute l'Espagne et la guerre civile éclate.
Des marocains de 3 religions,se porteront volontaire,pour toucher,un salaire mensuel,mon oncle Isaac,frere a mon papa ,sera parmis ces volontaire,il restera 3 ans en prison......... Après trois ans de ravages, elle aboutira à la défaite des républicains et à l'instauration de la dictature de Franco, le "Caudillo", pendant 36 ans.

1939 le 28 mars
Rédition des républicains à Madrid
La 1ère armée nationaliste du général Franco entre dans la capitale espagnole. A midi les militaires occupent les bâtiments officiels. Les républicains vaincus, se rendent ou prennent la fuite. La chute de Madrid marque la fin de la guerre civile espagnole qui sévit depuis 1936 entre républicains et nationalistes.
la jeune epouse de mon oncle Isaac,(fille d'un grand capitaine)se fait tuer ,en plein madrid,elle etait enceinte.
La dictature de Francesco Franco Bahamonde, dit Franco, durera jusqu'en 1976.


soly





Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 09 novembre 2005 a 22:13

Sa Majesté le roi Mohammed V
Le 18 novembre 1927, Sidi Mohammed était proclamé Sultan du Maroc alors qu'il était âgé de dix-huit ans.
Au cours de son règne, l'éducation fut son cheval de bataille. Effectivement, il ne pouvait admettre qu'une puissance étangère, minoritaire de surcroît, dicte sa conduite au peuple marocain maintenu dans l'ignorance.
Il réorganisa la fameuse Université de Karaouyine à Fès où était formé les cadres administrateurs. Durant son régne, il inaugura aussi un réseau gratuit d'écoles Coranique.
il decede le


Sa Majesté le Roi Hassan II,


Né à Rabat le 9 juillet 1929. Il a reçu au Palais Royal les premiers enseignements de la science coranique.Après de brillantes études universitaires à Rabat et à Bordeaux (France), Sa Majesté le Roi obtint, en 1951, le Diplôme d'Etudes Supérieures en droit public.
Dès son plus jeune âge, Sa Majesté Hassan II évolua dans un environnement marqué par le patriotisme, l'héroïsme et la mobilisation. Son père, feu Sa Majesté Mohammed V, fit bénéficier son fils aîné d'une éducation conjugant la tradition avec la modernité et d'une formation fondée sur les valeurs arabo-islamiques et sur les
principes de la civilisation universelle.
Le 9 juillet 1957, Moulay Hassan fut proclamé officiellement Prince Héritier. Le 3 mars 1961, après le décès de Feu Sa Majesté Mohammed V, Moulay Hassan fut proclamé Roi du Maroc.Depuis son intronisation, Sa Majesté le Roi Hassan II a veillé à doter le Royaume d'institutions démocratiques représentatives au niveau national et local.
Sa Majesté Hassan II n'a cessé d'oeuvrer pour l'unification du Royaume et la consolidation de son indépendance et de son intégrité territoriale:libération de la province de Tarfaya (1958) et de la province de Sidi Ifni
(1969).Et,le 6 novembre 1975, La Marche Verte: répondant à l'appel de leur souverain, 350.000 volontaires franchissent la frontière artificielle entre le nord et le sud saharien du Royaume.
Père de famille, S.M. Hassan II ne cesse d'insuffler à ses cinq enfants la même ardeur dans l'acquisition du savoir et dans l'action en faveur de son pays et de son peuple.
Feu Sa Majesté le Roi Hassan II, est né à Rabat le 9 juillet 1929 et décédé le 23 juillet 1999. Son règne a duré 38 ans (1961-1999). Il a reçu au Palais Royal les premiers enseignements de la science coranique. Après de brillantes études universitaires à Rabat et à Bordeaux (France), Sa Majesté le Roi obtint, en 1951, le Diplôme d'Etudes Supérieures en droit public.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 09 novembre 2005 a 22:14

Les "festivités" marquant le mariage du roi Mohamed VI du Maroc avec Salma Bennani auront lieu à Rabat "à partir du 12 juillet 2002", a confirmé lundi à Rabat le ministère de la Maison royale.

Les célébrations officielles, qui se dérouleront au palais royal de Rabat, complètent l'acte de mariage conclu le 21 mars dernier.

"La fête de tous les Marocains", titrait le quotidien officiel "Le Matin du Sahara", qui estime que la cérémonie de vendredi, en présence de nombreux invités étrangers dont l'ex-président américain Bill Clinton, a "reflété la communion entre le roi et son peuple".

"Un événement familial pour tous les Marocains", titrait quant à lui "L'Opinion" (organe francophone du parti conservateur Istiqlal), qui salue un événement "limpide dans son message et percutant dans sa symbolique".

"C'est la première fois qu'un souverain du royaume se marie en ouvrant les portes de son palais", souligne "L'Economiste", "c'est plus qu'un message, c'est un engagement personnel que Sa majesté le roi prend personnellement en donnant à son épouse une fonction et une visibilité sociale".


soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: abdou (IP enregistré)
Date: 10 novembre 2005 a 15:25

bj,je suis ravi de participer à cette discution, il ce trouve que le 7 avril 1947 j'ai assisté a des scènes de panique dans les environs de mon quartier en nouvelle Médina.
l
Les événements ont pris naissance le matin à la suite d'une "altercation" entre un soldat africain et une femme du derb Kabir qui était mitoyen des casernes.
Cà c'est la version "officielle" relatée par le "presse de l'époque.

Cependant je voudrais juste signaler de petites choses pour clarifier la situation:

1- S.M Mohammec V devait ce rendre à Tanger( zone internationale à l'époque) pour prononcer son discours historique.

2- Le chef de la région de Casablanca ( Mr Boniface) été en déplacement en dehors de son territoire.

3-Le massacre à duré de 10h du matin jusqu'au soir.

4- La presse faisait état de quelques dizaines de morts et d'actes de mutilation par les soldats dit des sénégalais.

5- Le résident général de la République Française 5CIVIL° fut relevé de ses fonctions pour etre remplacé par...le général Alphonse Juin.

6- E n 1949, le général Juin, dédicasse sa photo au "valeureux" soldats de la garnison de Casablanca.


Amitiés.





Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 13 novembre 2005 a 00:28

merci abdou,voici le general Alphonse Juin (1888-1967)

[www.secondeguerre.net]

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 13 novembre 2005 a 00:35

[www.academie-francaise.fr]

marechal lyautey

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: (IP enregistré)
Date: 13 novembre 2005 a 00:59

merci soly pour ce sujet c vraiment c tré importent surtout pour les jeunes comme moi qui ont pas vécu cette histoire de notre pays
david lbidaoui

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: abdou (IP enregistré)
Date: 13 novembre 2005 a 01:05

bj,

Merçi Soly d'avoir aborder cet aspect de notre histoire et faire profiter des jeunes comme notre ami david lbidaoui.


Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: (IP enregistré)
Date: 13 novembre 2005 a 01:14

merci abdou:
chére soly je sais pas persons n'intersse a mon sujet de textes judo-arabe ds le forum de CULTURES ET TRADITIONS.
c vraiment ce la ma pris bcp de temps pour re ecrire au litre latin mais person n'a fait aucune commentaire
david lbidaoui

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: abdou (IP enregistré)
Date: 13 novembre 2005 a 01:22

bj,
Ne t'en fait pas david je t'acherais de retrouver des proverbes en judéo-arabe attribués aux gens de fès.

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: (IP enregistré)
Date: 13 novembre 2005 a 01:42

bjr abdou: c vriment c tré gentil de ta part d'enrichir mon sujet avec les proverbe.
mais svp si vous voulait mettre des proverbe met les dans un autre sujet que je l'avais crier qui porte le nom de La littérature orale judo-marocain.
merci encore une autre fois
david lbidaoui

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 19:59

LA DECOLONISATION en ESPAGNE apr?s le d?sastre de 1898.

En 1898, ? la suite de la guerre contre les U.S.A, l'Espagne perdit ses derni?res colonies d'outre-mer (Cuba, Porto-Rico et les Philippines) mais fit du Maroc un protectorat, ce qui devait d?clencher de nouvelles frictions. La situation ?conomique et sociale d?licate de la nation se traduisit par de s?rieuses tensions internes, des insurrections anarchistes dans plusieurs r?gions, et des luttes dans les rues de Barcelone en 1909 et en 1917.

1909 : La guerre marocaine entre dans une phase d?sastreuse. Elle contribue ? l'?l?vation de vagues de protestation dans tout le pays et d?clenche les ?v?nements de la ?Semana Tragica" ? Barcelone.

De 1914 ? 1918 : L'Espagne occupe une position neutre lors de la Premi?re Guerre mondiale.

1921 : Les troupes qui combattent au Maroc subissent le d?sastre de l'Annuel.

1923 : Le g?n?ral Primo de Rivera obtint le pouvoir par un coup d'Etat (le 13 septembre 1923) et commanda tout d'abord au moyen de l'arm?e par l'interm?diaire d'un Directoire militaire.

La dictature de Primo de Rivera r?solut certains des nombreux probl?mes auxquels le pays ?tait confront? : il mit fin ? la guerre en Afrique, d?veloppa des gouvernements locaux et pr?senta un programme de travaux publiques ambitieux. Cependant, la tentative de revenir ? un gouvernement constitutionnel en int?grant une Assembl?e nationale consultative (1926) se solda par un ?chec lors du rejet du projet de constitution de la monarchie espagnole (1929).

soly





Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 20:00

Le 27 mai 1926, le chef berb?re Abdelkrim se rend aux troupes fran?aises, mettant un terme ? cinq ans de lutte anticoloniale dans le Rif.

?ternels rebelles

Le Rif est une cha?ne montagneuse qui borde le littoral m?diterran?en du Maroc. Habit? par de farouches tribus berb?res, il a r?guli?rement r?sist? aux tentatives d'invasion venues des royaumes chr?tiens du nord (Espagne, Portugal).

Apr?s l'?tablissement d'un protectorat conjoint de la France et de l'Espagne sur le royaume marocain, en 1912, le Rif persiste dans sa r?sistance ? l'occupation ?trang?re. Les Espagnols, auxquels revient l'administration de la r?gion, ont le plus grand mal ? soumettre ses populations.

En 1921, la tribu des Beni Ouriaghel, install?e dans la r?gion d'Alhoceima, entre en r?bellion ouverte sous la conduite d'un ancien fonctionnaire de l'administration espagnole, Mohamed Ben Abdelkrim El-Khattabi (30 ans).

Ce jeune chef charismatique et intelligent l?ve une petite arm?e et inflige quelques ?checs aux Espagnols.

L?-dessus, le g?n?ral Sylvestre l?ve une puissante arm?e pour en finir avec les Beni Ouriaghel. Mais il essuie une dramatique d?faite ? Anoual en juin 1921. La presque totalit? de ses troupes, soit 15.000 soldats espagnols, trouve la mort dans la bataille. Le g?n?ral lui-m?me se suicide.

Fort de la renomm?e que lui vaut sa victoire, et riche surtout de la grande quantit? d'armes l?g?res et lourdes saisies sur le champ de bataille, Abdelkrim ?tend son autorit? ? l'ensemble du Rif. En f?vrier 1922, il proclame la R?publique rifaine et s'en d?signe pr?sident.

? Madrid, les ?checs du gouvernement espagnol face ? Abdelkrim sont ? l'origine d'un coup d'?tat le 13 septembre 1923 par le g?n?ral Miguel Primo de Rivera (53 ans). Celui-ci suspend la Constitution et instaure la dictature, comme Mussolini en Italie un an plus t?t.

Non content de ses victoires face aux Espagnols, Abdelkrim envoie des ?missaires aux tribus de la zone du protectorat fran?ais pour les inviter ? le rejoindre dans la r?bellion.

?ph?m?re triomphe

Hubert Lyautey, r?sident g?n?ral de la France aupr?s du souverain alaouite, renforce les postes d'avant-garde pour prot?ger les villes de Mekn?s, Taza et F?s. Mais il n'obtient pas de Paris les renforts r?clam?s.

Quand Abdelkrim lance en avril 1925 son offensive vers le sud, il repousse sans trop de mal les troupes fran?aises vers F?s et Taza. Lyautey d?missionne et le gouvernement fran?ais confie les op?rations au mar?chal Philippe P?tain, aur?ol? de sa victoire ? Verdun.

P?tain organise une contre-offensive massive en s'appuyant sur l'aviation. Il b?n?ficie du concours des Espagnols qui, sous la direction du g?n?ral Primo de Rivera lui-m?me, r?ussissent un audacieux d?barquement ? Alhucemas le 8 septembre 1925.

Les troupes d'Abdelkrim se d?bandent et leur chef demande ? n?gocier. Comme les pourparlers engag?s ? Oujda ?chouent, le rebelle ne voit plus d'autre issue que de se rendre pour prot?ger les siens.

Il est exil? dans l'?le de la R?union mais r?ussit ? s'?chapper ? la faveur d'un transfert en France et se r?fugie au Caire o? il meurt en 1963.

La guerre du Rif demeure comme l'une des plus grandes ?pop?es nationales du Maroc. Aux yeux des nationalistes arabes, elle reste un grand symbole de la lutte anticoloniale.


soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 20:23

voici abedelkrim

soly







Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 21:22

GOURAUD
1867-1946


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Henri Gouraud est n? ? Paris, rue de Grenelle, le 17 novembre 1867. Il est le fils du Docteur Xavier Gouraud, m?decin des H?pitaux et de Marie Portal.

Les Gouraud sont originaires de Vend?e. Ils quittent le Pays ? la R?volution pour Angers, puis Paris. Ils sont m?decins de p?re en fils. Quant aux Portal ils sont de Rouen.

Le docteur et madame Gouraud ont six enfants. Apr?s Henri viennent Fran?oise qui sera religieuse, Joseph pr?tre, Pierre officier, Marie-Th?r?se cat?chiste et Xavier m?decin.

Henri re?oit dans sa famille et au coll?ge Stanislas, o? il fait ses ?tudes, une solide ?ducation marqu?e par une foi profonde, le sens du devoir et de la discipline.

On parlait peu de l'Arm?e alors chez les Gouraud. La vocation militaire d'Henri est toute personnelle. Elle s'?veille avec l'occupation qui suit la d?faite de 1870. Henri a quatre ans; Il ?crira bien plus tard : "Je me vois encore, assis par terre dans la rue, avec au dessus de moi un immense cheval blanc mont? par un Uhlan . Sa vocation coloniale remonte ? la d?couverte qu'il fait un jour, ? l'abandon dans le b?cher familial, des armes ramen?es d'Afrique par son grand oncle, officier, mort des fi?vres ? Constantine en 1848. Plus tard le g?n?ral Gouraud mettra ces armes ? l'honneur parmi ses propres troph?es.

Mais c'est surtout par la lecture de l'histoire que sa vocation se d?veloppe. A l'?ge de douze ans, Henri fait devant sa famille ?tonn?e, le plan de la bataille de Marengo. Plus tard il obtient le premier prix d'Histoire et de G?ographie au Concours G?n?ral qui r?unissait ? cette ?poque, ?tablissements publics et priv?s. Il pr?pare Saint Cyr ? la "Corniche" de Stanislas, qui, par la suite, portera son nom. Il est re?u au Concours de 1888 avec la promotion du "Grand Triomphe". Nom pr?destin? puisqu'elle comprendra par la suite soixante officiers g?n?raux.

A sa sortie de l'?cole, Gouraud esp?rait partir outremer; mais son p?re s'y oppose, craignant la mauvaise influence de l'infanterie de marine sur son fils. Gouraud respecte la volont? paternelle. Il est affect? au 21e Bataillon de Chasseur ? pied ? Montb?liard. C'est un heureux choix; ? la t?te du bataillon se trouve le Commandant Billet, admirable officier qui sait compl?ter sur le terrain la formation re?ue ? l'?cole.

I - L'AFRIQUE
Au bout de trois ans, le lieutenant Gouraud ?touffe dans une garnison de m?tropole; sa vocation est toujours aussi forte; il l'a entretenue en lisant les r?cits des campagnes qui ont lieu en Asie et en Afrique.

En 1894, la conqu?te des territoires qui formeront plus tard l'Afrique Occidentale Fran?aise, est entr?e dans une phase active. Gouraud demande ? y partir. Il est affect? au Soudan, l'actuel Mali.

Tr?s vite l'accord se fait entre le jeune officier et le pays. Sa sant? robuste s'accommode d'un climat qui en ?prouve bien d'autres. Il sympathise avec les habitants dont il appr?cie la gaiet?, le courage et la loyaut?. Dans ses "Souvenirs d'un Africain", ?crits beaucoup plus tard, il fera souvent leur ?loge.

De 1894 ? 1911, ? l'exception de courts s?jours en m?tropole, Gouraud est en permanence en Afrique. Il y acquiert l'exp?rience du combat; il s'y r?v?le comme un chef de guerre efficace et heureux; il s'y forme comme un administrateur et organisateur; il y conna?t la gloire. Un avancement rapide et des d?corations sanctionnent ses ?tats de service. Parti comme jeune lieutenant en 1894, dix-sept ans plus tard lorsqu'il est affect? au Maroc, il a d?j? quatre ans de grade de colonel et il est commandeur de la l?gion d'honneur.

Le premier s?jour de Gouraud au Soudan (1894-1896) se d?roule dans les diff?rents
postes de la ligne de communications qui unit le S?n?gal au Niger.

De 1894 ? 1899 Gouraud est affect? au sud du Niger, dans la r?gion qui constitue maintenant la Guin?e, la Haute-Volta, la c?te d'Ivoire, le Ghana et le B?nin.

De 1900 ? 1902 il est au Niger, appel? alors le territoire de Zinder.

De 1904 ? 1906 il commande le territoire du Tchad et de 1907 ? 1910 la Mauritanie.

Retracer les ?tapes de la carri?re de Gouraud tout au long de ces ann?es d'Afrique d?passerait le cadre de cette biographie. Le g?n?ral Gouraud l'a fait lui-m?me dans ses "Souvenirs d'un Africain". Mais il faut mentionner ici la prise de Samory qui l'a rendu c?l?bre et la campagne de la Mauritanie, dont il disait lui-m?me qu'elle avait ?t? la plus dure de toutes ses campagnes.

Samory
Samory ?tait le fils d'un marchand. Par bravoure, sa vigueur physique et morale, par ses qualit?s d'intelligence et de ruse, il ?tait parvenu ? conqu?rir, au sud Niger, un empire comme la moiti? de la France..

En 1898 malgr? plusieurs engagements victorieux avec ses lieutenants, l'Almamy Samory reste insaisissable. Il dispose de forces nombreuses, estim?es ? 4000 "sofas" arm?s de fusils ? tir rapide. Pour ?chapper aux forces fran?aises qui le traquent, il se r?fugie dans la for?t vierge o? il est poursuivi. Le 21 septembre 1898 un premier accrochage l'affaiblit. Le commandant de Lartigue qui dirige les op?rations, concentre ses forces disponibles ? Nzo, petit village situ? ? l'extr?mit? sud-est de la Guin?e; mais un gros d?tachement ne peut subsister longtemps dans la for?t : Le commandant de Lartigue envoie, sous les ordres du capitaine Gouraud, une reconnaissance forte de 200 combattants, avec une mission de poursuivre Samory et de le rejeter de pr?f?rence vers le sud ou l'ouest o? l'attend le reste des forces.

Sous une pluie continuelle, Gouraud s'enfonce dans la for?t vierge. Il retrouve la trace de Samory; Gouraud d?cide de remonter cette piste qui le m?nera ? son adversaire. Le 28 septembre il parvient en vue du campement de Samory; il semble bien que celui-ci ignore la pr?sence des fran?ais; il n'imagine pas qu'on puisse le poursuivre par ce chemin.

"Peu ? peu s'est form?e dans mon esprit l'id?e que l'occasion s'offre de porter ? Samory un coup supr?me et ma r?solution est prise ... L'?toile de l'Almamy semble p?lir, mais son prestige ne peut finir que par sa mort ou sa capture. S'il est tu? au fond de la for?t vierge, personne ne le croira et un beau jour un autre Samory surgira... Il faut donc le ramener vivant... Il ne faut donc pas de combat, ce qu'il faut c'est la surprise totale."

Gouraud donne ses ordres. Le 29 septembre 1898, ? 7 heures du matin, sans un coup de feu, ses tirailleurs capturent Samory et neutralisent son arm?e, forte de 600 fusils ? tir rapide et de 1000 fusils ? pierre, sans compter les 50 000 personnes qui l'accompagnent.

Ce fait d'arme, qui met fin ? seize ann?es des luttes cruelles, a un grand retentissement en France o? le capitaine Gouraud re?oit un accueil enthousiaste lorsqu'il rentre en 1899.

Campagne de l'Adrar
En novembre 1907, promu Colonel, Gouraud est nomm? Commissaire du Gouvernement G?n?ral en Mauritanie, avec r?sidence ? Saint-Louis du S?n?gal.

Entre le S?n?gal et le Maroc, la Mauritanie constitue une vaste zone aride peupl?e d'?leveurs, de commer?ants et de guerriers qui lancent des "razzia". Dans la seule ann?e 1908, trois officiers, cinq sous-officiers et cent trente-quatre tirailleurs sont tu?s par les guerriers dans la partie sud de la Mauritanie. La cl? de la situation est au nord dans l'Adrar, o? ces guerriers se r?fugient entre deux raids; longtemps le Gouvernement fran?ais se refuse de les y poursuivre: il s'y d?cide enfin en septembre 1908.

Depuis un an qu'il est l?, Gouraud a longuement r?fl?chit ? cette campagne; il a parcouru le sud de la Mauritanie; il s'est familiaris? avec les conditions tr?s dures du combat dans ces r?gions. Sa mission est difficile et p?rilleuse; le pays est immense et inconnu; les points d'eau y sont rares et le climat hostile. Les guerriers mauritaniens sont nombreux et tr?s mobiles; ils disposent de fusils ? tir rapide.

La colonne est lourde et lente: 800 fantassins et seulement 200 hommes mont?s; elle est tributaire, pour ses ravitaillements, de bases situ?es ? plus de quatre cent kilom?tres avec lesquelles les communications ne se font que par coureurs.

La colonne quitte la basse Mauritanie en d?cembre 1908; elle doit livrer trois combats s?rieux avant de p?n?trer dans Atar, la capitale de l'Adrar, qui fait sa soumission le 9 janvier 1909. Le printemps et l'?t? sont occup?s ? pacifier la r?gion par une combinaison d'actions politiques et d'actions militaires souvent meurtri?res. Mais, vers le nord, les guerriers continuent ? menacer. En septembre 1909, Gouraud les poursuit jusqu'? la Koudiat d'Idjil, l'actuel site de la Miferma et les dispersent dans le d?sert.

Au Maroc
Apr?s avoir suivi les cours du centre des Hautes Etudes Militaires, le colonel Gouraud part en 1911 au Maroc o? il d?barque le 2 mai. Fez est alors bloqu?e par des tribus r?volt?es contre le Sultan. Charg? de conduire ? la colonne Moinier ses convois de ravitaillement, le colonel Gouraud doit livrer trois combats avant de le rejoindre.

En 1912, il accompagne ? Fez le g?n?ral Lyautey, nomm? R?sident G?n?ral au Maroc; au stand de ?La Revue du Liban?.
POURQUOI AVOIR CHOISI LYAUTEY?
?Lyautey? est un aristocrate fran?ais n? en 1854, mort en 1934. Grand mar?chal de l?arm?e fran?aise, combattant, visionnaire, ?il d?couvre, avant tous ses contemporains, la r?alit? de l?Islam et propose des solutions d?avant-garde qui paraissent, aujourd?hui encore r?volutionnaires?, dit M. de Charrette.
En 1870, Lyautey est un jeune homme ayant eu une enfance difficile. De p?re polytechnicien, il est orient? par les J?suites dont il est l??l?ve, vers une carri?re militaire. Mais il est physiquement ?diminu?? par un accident, auquel il s?est expos? alors qu?il est enfant: Lors d?un d?fil? militaire ? Nancy, il ?chappe aux bras de sa nourrice au premier ?tage d?un immeuble et tombe sur l??paule d?un hussard; puis, par terre et manque d??tre pi?tin? par les chevaux. Il portera un corset jusqu?? l??ge de 12 ans, mais malgr? cela, optera pour cette carri?re physique dans l?arm?e, d?montrant qu?il est capable de surmonter son handicap. Il sera un cavalier remarquable.
Sa jeunesse est, aussi, marqu?e par la d?faite de la France, chose qui a nourri un sentiment national tr?s fort chez la jeunesse d?alors. La religion, aussi, a produit son impact sur celui que l?on aurait appel? aujourd?hui un ?catholique de gauche?.
ACQUIS AU M?TIER DES ARMES
Pour parfaire ce portrait, de Charrette parle de l?attitude de son personnage ? l??gard de l?arm?e: ?Il tranchait dans le milieu militaire, aimait dominer les autres, se sentait sup?rieur par son intelligence, d?testait la hi?rarchie?.
Il ?crit un papier sur l?arm?e et le publie sans signature dans la ?Revue des Deux Mondes?. Ce papier fera grand bruit, puisqu?il contient un message important: La France doit apprendre aux jeunes le m?tier des armes et la coh?sion sociale et nationale. Il sera quand m?me reconnu jalous?, r?prouv?...
?Si j?ai ?crit la vie de Lyautey. souligne l?auteur, c?est, principale-ment, parce que c?est l?homme qui, au d?but de ce si?cle, a r?invent? l?amiti? entre la France et les pays de la M?diterran?e. Il est un des rares qui ont compris que pour nous, Fran?ais, une partie importante se jouait dans cette r?gion?.
En 1880, son r?giment est mut? en Alg?rie. Les deux ann?es qui vont suivre, auront ?t? d?terminantes dans la vie de Lyautey: il d?couvre la colonisation comme il ne l?aime pas.
Dans ses lettres ? ses amis, il explique que ce que font les colons en Alg?rie est, pr?cis?ment, ce qu?il ne faut pas faire et comprend l?exasp?ration des Arabes face ? cette situation.
Autrement dit, Lyautey annonce les probl?mes de la France en Alg?rie; montre beaucoup ?d?admiration, de tendresse et de respect pour la civilisation musulmane?, souligne de Charrette.

FONDATEUR DU MAROC MODERNE
Envoy? pour coloniser le Maroc, il devient l?ami du Sultan et met son r?giment ? son service pour l?aider ? asseoir son pouvoir. Lyautey devient, ainsi, le fondateur du Maroc moderne.
Devenu vieux, il recevra, ? Paris, la visite du roi Mohamed V tenant par la main un enfant de 5 ans, le futur roi Hassan II; il vient le remercier de tout ce qu?il a fait pour le royaume chr?rifien.
?Nous devons tous beaucoup ? Lyautey, conclut Herv? de Charrette, pour les liens qu?il a cr??s entre la France et les pays de la M?diterran?e qui ont vu na?tre les trois religions du Livre?.
?Notre destin n?est-il pas de faire en sorte que cette mer soit une mer de paix? C??tait l?id?e de Lyautey il y a un si?cle; c?est encore la n?tre aujourd?hui?.

il re?oit le commandement de la ville apr?s l'attaque de nuit du 25 mai au cours de laquelle les rebelles ont p?n?tr? jusqu'au coeur de la cit?. Le 1er juin, il sauve ? nouveau Fez investie par les tribus au combat d'Hadjera et Kohila qui lui vaut quelques jours apr?s les ?toiles de g?n?ral de brigade. Il est alors charg? du commandement de la r?gion de Fez.

Nomm? en mai 1914 au commandement des troupes du Maroc occidental, le g?n?ral Gouraud doit livrer plusieurs combats pour assurer la libert? des communications avec l'Alg?rie par la trou?e de Taza.

II - LA GUERRE
L'Argonne
Mais la guerre ?clate en Europe. Gouraud ne peut rester au Maroc; s'il est militaire c'est pour effacer la d?faite de 1870. Il rentre en France ? la t?te de la 4e brigade marocaine envoy?e en renfort sur le front fran?ais. Il est nomm? g?n?ral de division et re?oit le 15 septembre le commandement de la 10e D.I.

C'est une t?che difficile. Au contact de l'ennemi dans la r?gion de Vauquois, cette division a subi de violentes attaques. Ses pertes sont importantes; son moral est ?branl?; son chef a ?t? tu? le 6 septembre. Par son activit? incessante, Gouraud redonne une ?me ? cette troupe d?sempar?e. Par la suite le 10e D.I. est engag? 10 Km plus ? l'ouest au "Four de Paris" ; elle est violemment attaqu?e le 7 janvier 1915. Gouraud a l'?paule travers?e par une balle en allant visiter des unit?s en ligne; il refuse de se faire ?vacuer.

Le 23 janvier 1915, le g?n?ral Gouraud est nomm? au commandement du Corps d'Arm?e Colonial, en secteur dans la r?gion de Beaus?jour-Massiges. Il participe avec cette grande unit? aux nombreux combats de cette premi?re bataille de Champagne.

Aux Dardanelles
Au d?but de 1915, les gouvernements de l'Entente ouvrent un nouveau front en orient. Les troupes fran?aises et britanniques d?barquent ? l'extr?mit? de la presqu'?le de Gallipoli mais se trouvent bloqu?es dans un triangle de 5 km de c?t?.

Au printemps, ? la demande des Anglais, la France envoie de nouveaux renforts. Le 15 mai 1915, le g?n?ral Gouraud est nomm? au commandement du Corps Exp?ditionnaire Fran?ais aux Dardanelles. Les troupes alli?es livrent ? l'arm?e turque des combats les 4, 21 et 30 juin sur un terrain tr?s difficile. Au soir du combat du 30 juin, en allant visiter ? l'ambulance les bless?s de la journ?e, Gouraud est ? son tour gri?vement bless? par un obus de gros calibre qui tombe ? ses pieds. Le souffle le projette en l'air; par chance il retombe sur un figuier; on le ramasse inanim?; un bras broy?, les jambes et le bassin bris?s.

Sur le navire h?pital qui le ram?ne en France, la gangr?ne se d?clare; il faut l'amputer du bras droit. Il ne le dira ? sa m?re , venue l'accueillir ? la gare de Lyon, qu'au moment o?, allong? sur son brancard, il l'embrassera en la serrant tr?s fort avec le seul bras qui lui reste. Monsieur Poincar?, pr?sident de la R?publique, le d?core de la M?daille Militaire sur son lit d'h?pital.

Gr?ce ? sa robuste constitution Gouraud se r?tablit rapidement. A peine sur pied, il se rend en Italie remettre la Grand Croix de la l?gion d'honneur au G?n?ral Cadorna, commandant en chef de l'arm?e italienne. Le 11 d?cembre 1915, il est nomm? au commandement de la IVe Arm?e en Champagne.

En Champagne
1916, c'est l'ann?e o? se concentrent ? Verdun les efforts des deux adversaires. Ailleurs c'est le calme; mais il faut maintenir en condition les unit?s pour des op?rations qui peuvent reprendre d'un jour ? l'autre.

Le g?n?ral Gouraud se consacre enti?rement ? cette t?che. Il impose ? son ?tat-major de satisfaire en priorit? les demandes de toute nature des unit?s combattantes, notamment celles des unit?s de r?serve g?n?rale qui changent fr?quemment d'Arm?e et dont on s'occupe peu ailleurs. Il cr?e sur les arri?res de son arm?e des ?coles o? sont ?tudi?es les armes nouvelles, corrig?es les mauvaises habitudes et perfectionn?es les m?thodes de combats. Par une s?rie de coups de main soigneusement pr?par?s, il maintient l'int?grit? du front et entretient l'agressivit? des combattants. Par des visites incessantes dans les tranch?es et dans les camps d'instructions, il est en prise directe avec le soldat et l'officier et leur communique sa foi.

Ainsi pendant cette ann?e 1916 "Gouraud va cr?er un outil de premier ordre et acqu?rir la confiance du soldat" .

H?las! l'?preuve n'?pargne pas sa famille. Le 14 octobre 1916, pendant la bataille de la Somme, son jeune fr?re, le commandant Pierre Gouraud , cavalier pass? dans l'infanterie pour prendre une part plus active au combat, tombe glorieusement au Champ d'Honneur dans les rangs du 67e r?giment d'infanterie.

Int?rim au Maroc
Ce n'est pas sans regret que Gouraud quitte la Champagne pour partir au Maroc. Pressenti pour le Minist?re de la Guerre, Lyautey subordonne son acceptation au fait qu'il sera remplac? ? Rabat par son "cher Gouraud". Celui-ci ne peut que s'incliner. Mais Lyautey ne peut s'habituer aux "parlotes" de la vie politique. Il revient au Maroc. Gouraud reprend avec joie en juin 1917 le commandement de la IVe Arm?e et continue ? pr?parer celle-ci aux futurs combats.

Bataille du 15 juillet 1918
La R?volution russe d'Octobre 1917 donne aux Allemands une chance de terminer la guerre en 1918 avant l'arriv?e massive en Europe des troupes am?ricaines. Ils ont mis au point une tactique nouvelle : ?craser la premi?re ligne adverse sous des feux massifs d'artillerie, puis accompagner les troupes d'assaut par un barrage roulant se d?pla?ant selon un horaire fixe.

Cette tactique se r?v?le efficace au cours des offensives de printemps. La parade, con?ue par le g?n?ral P?tain, comporterait l'abandon temporaire de la premi?re ligne en cas de s?rieuse menace d'attaque. Ainsi le bombardement initial tomberait dans le vide. Mais cette manoeuvre se heurte ? la mentalit? de l'?poque d'apr?s laquelle la d?fense de chaque pouce de terrain est un dogme sacr?.

Seul de tous les commandants d'Arm?e, Gouraud, convaincu par le colonel Pr?telat, son chef d'?tat-major, met en oeuvre l'id?e du G?n?ral P?tain. Cette manoeuvre qui para?t simple aujourd'hui, est en r?alit? d?licate et complexe. Si les indices d'attaque sont s?rieux, la grande masse des combattants doit, ? la tomb?e de la nuit, se replier de 3 ? 5 km sans alerter l'ennemi pour remonter en ligne avant le jour si rien ne s'est produit.

Alors que son ?tat-major en met au point l'ex?cution, Gouraud parcourt inlassablement les unit?s, explique la manoeuvre et communique ? tous la confiance qu'il a dans son succ?s. Au d?but de juillet, la IVe Arm?e accueille dans ses rangs la 42e Rainbow Division, l'une des premi?res grandes unit?s Am?ricaines arriv?es en France, dont le chef d'?tat major est le G?n?ral Mac Arthur.

Les indices d'attaque se multiplient; par deux fois les premi?res lignes se replient sans que l'attaque ait lieu. Certains commencent ? douter de son imminence tant le front est calme. Gouraud doit dissiper les doutes et ranimer les courages. Il le fait si bien que lorsque l'attaque Allemande se d?clenche enfin, les soldats l'attendent avec une mentalit? de vainqueurs.

Le 15 juillet 1918 ? 4 heures 15 du matin, l'infanterie allemande sort de ses tranch?es. Alert?es par des prisonniers pris la veille, les troupes ont pris leurs dispositions de combat sur la position arri?re pr?vue. Les vagues d'assaut rencontrent d'abord l'?nergique r?sistance de groupe de combat isol?s, laiss?s sur place en enfants perdus. Le barrage roulant allemand n'en continue pas moins son avance et d?colle peu ? peu son infanterie. Celle-ci est oblig?e de descendre dans le d?dale des boyaux sous la violence des feux. Lorsqu'elle parvient au contact du gros des forces, l'attaque allemande est d?j? d?sunie est n'est plus pr?c?d?e par le masque protecteur de son barrage. Elle vient de briser contre le mur de nos troupes; les r?serves allemandes n'en continuent pas moins ? progresser et viennent buter contre les premi?res vagues. Le d?sordre s'installe chez l'ennemi.

Sur son observatoire du Blanc Mont (l? o? se trouve ? l'heure actuelle le monument Am?ricain) Guillaume II, l'empereur d'Allemagne, venu sp?cialement assister au d?ferlement victorieux du "friedensturm" (l'assaut de la paix), se morfond et s'impatiente. D?s 4 heures du soir, l'offensive allemande est d?finitivement bris?e avec de lourdes pertes. Le soir m?me Gouraud ?crit ? sa soeur : "Dans les regards des soldats j'ai senti vibrer l'?me de l'Arm?e".

Cette bataille est le tournant de la guerre. Trois jours plus tard, le 18 juillet, les arm?es alli?es prennent l'offensive et la conservent jusqu'? la victoire.

L'offensive du 26 septembre 1918
Le 26 septembre 1918, la IVe Arm?e prend ? son tour ? l'offensive g?n?rale. Le G?n?ral Gouraud dira par la suite avec quelle inqui?tude il lan?ait ses soldats, install?s depuis quatre ans dans la boue de Champagne, ? l'assaut des positions allemandes fortifi?es sur une profondeur de 17 km.

La bataille est tr?s dure jusqu'au 10 octobre. Les 2e et 36e divisions am?ricaines s'illustrent dans la conqu?te du blanc Mont : Les Allemands d?crochent pour se r?tablir sur l'Aisne, dont la vall?e est inond?e. Nous en for?ons les passages. L'armistice du 11 novembre 1918 arr?te la IVe Arm?e ? Sedan.

Celle-ci est alors d?sign?e pour s'installer dans la partie nord de l'Alsace lib?r?e; le g?n?ral Gouraud a l'honneur d'entrer ? Strasbourg le 22 novembre 1918 : la population fait un accueil d?lirant au premier g?n?ral fran?ais qu'elle voit depuis pr?s de cinquante ans.

Au milieu de la joie g?n?rale. Gouraud garde pour lui sa tristesse. Le jour m?me de son entr?e ? Strasbourg sa m?re s'?teint ? Meudon. Il avait avec elle une grande intimit?; c'est ? elle que, d'Afrique, il envoyait fid?lement de longues lettres. Il dispose sur son cercueil les fleurs de son triomphe.

En d?cembre 1918 le g?n?ral P?tain remet au g?n?ral Gouraud la Grand Croix de la l?gion d'Honneur sur la place Kl?ber, ? Strasbourg.

Gouraud reste en Alsace jusqu'en octobre 1919.

III - AU MOYEN ORIENT
Le g?n?ral Gouraud est alors envoy? par Monsieur Clemenceau, Pr?sident du Conseil, comme Haut Commissaire de la R?publique en Syrie et en Cilicie et Commandant en Chef de l'Arm?e du Levant.

En acceptant de la soci?t? des Nations le Mandat pour la Syrie, la France assumait une mission ?loign?e de sa politique traditionnelle de protection des Chr?tiens des Echelles du Levant. C'?tait en outre une mission difficile; conduire ? l'ind?pendance une population tr?s divis?e du point de vue ethnique et religieux, impatiente de secouer le joug de plusieurs si?cles de servitude. En outre cette r?gion ?tait l'enjeu de convoitises multiples que soulevait le d?mant?lement de l'Empire Ottoman.

Action militaire et politique
Le g?n?ral Gouraud d?barque ? Beyrouth le 21 novembre 1919; il y re?oit un accueil chaleureux. Mais la situation politique est confuse. En Turquie, Mustapha Kemal s'empare peu ? peu d'un pouvoir que le Sultan laisse ?chapper; un sursaut de patriotisme r?veille l'arm?e turque, que l'armistice de Moudros n'a pas d?sarm?e.

Face aux agressions venant de part et d'autres, une puissante action militaire s'imposerait; mais au d?but nos forces sont tr?s insuffisantes. Gouraud aborde ces probl?mes avec m?thode et d?termination.

Apr?s avoir longtemps cherch? ? s'entendre avec Fay?al, Gouraud le met hors de cause le 21 juillet 1920, au combat de Khan Meisseloun.

Il est possible d'amorcer l'organisation politique de la plus grande partie des territoires sous mandat fran?ais. L'Etat du bilan est cr?? le 1er septembre 1920. Quelques semaines plus tard, les Etats de Damas et d'Alep et le territoire des Alaouites sont cr?es ? leur tour.

Mais l'opposition ? la pr?sence fran?aise au levant reste violente; le 23 juin 1921 la voiture du Haut Commissaire tombe dans une embuscade sur la route de Damas ? Kenitra; le commandant Branet est tu? ? c?t? du chauffeur; le Gouverneur de Damas est bless? ? c?t? du G?n?ral dont la manche vide est travers?e par une balle; les agresseurs s'enfuient en Transjordanie.

Au nord, face ? la Turquie, une guerre meurtri?re se d?roule depuis le d?but de 1920 en Cilicie et sur les "confins militaires". Celle-ci est jalonn?e par les noms douloureux et glorieux de Marache, Ourfa, Ain Tab... A Beyrouth le Haut Commissaire met en oeuvre la politique d?cid?e ? Paris. En octobre 1921, par l'accord d'Angora, la Turquie s'engage ? respecter la fronti?re de la Syrie et r?cup?re la Cilicie dont le statut politique n'avait pas encore ?t? fix?.

Action administrative et culturelle
Le g?n?ral Gouraud n'avait pas attendu la solution des probl?mes militaires et politiques pour entreprendre la r?organisation du pays. Celle-ci progresse de fa?on continue pendant les trois ann?es de sa pr?sence au levant.

L'administration locale, guid?e initialement par des conseillers fran?ais, se met en place. Les services judiciaires sont r?form?s; une cour de cassation est cr??e; l'ordre des avocats est constitu?; le casier judiciaire est ?tabli; la douane est r?organis?e; le cadastre est cr??...

Les oeuvres d'instruction et d'assistance sont d?velopp?es; depuis le d?but de 1920 jusqu'? la fin 1921, le nombre des ?coles passe de 300 ? plus de 950; de nombreux dispensaires, orphelinats et ateliers sociaux sont cr??s. L'H?tel Dieu de Beyrouth est construit.

Un service arch?ologique est cr??; l'arm?e lui pr?te souvent son concours; les premi?res fouilles donnent des r?sultats int?ressants. Un institut d'Arch?ologie et d'Art Musulman est install? ? Damas, dans le palais Azem. Plus tard ? Paris , l'Acad?mie des inscriptions et belles lettres recevra le g?n?ral Gouraud parmi ses membres.

L'infrastructure du pays est remise en ?tat; de nombreuses routes sont refaites; d'autres sont ouvertes; 70 ponts et 200 aqueducs sont reconstruits; le port de Beyrouth est d?gag? de ses ?paves; celui de Tripoli re?oit un appontement; les travaux du port d'Alexandrette sont commenc?s. La vie ?conomique prend un nouvel essor ce qui permet l'organisation ? Beyrouth d'une foire exposition au printemps de 1921.

Mais la Syrie est loin de Paris o? le Gouvernement est confront? ? des probl?mes vitaux : La reconstruction du pays au lendemain de la guerre; les r?parations et les garanties ? obtenir de l'Allemagne. Outre-mer, le Maroc, plus proche et mieux connu, int?resse plus l'opinion fran?aise que la Syrie. Chaque ann?e le g?n?ral Gouraud doit se rendre ? Paris pour plaider la cause du Mandat; il le fait avec prestige; pendant la discussion du budget de 1922, assis au banc des Commissaires du Gouvernement, il est applaudi par les d?put?s. Mais l'ann?e suivante la politique d'aust?rit? s'accentue; le g?n?ral Gouraud estime alors que les moyens qui lui sont accord?s, les moyens militaires notamment, ne lui permettent pas de remplir sa mission en face d'une arm?e Turque qui se concentre sur la fronti?re de la Syrie. Il demande ? ?tre remis ? la disposition du ministre de la guerre.

Lorsqu'il rentre ? Paris en octobre 1922, Il peut ?tre fier de l'oeuvre accomplie pendant trois ans. Monsieur Poincar?, Pr?sident du conseil, salue en lui " le pacificateur et l'organisateur de la Syrie".

IV - PARIS
Le g?n?ral Gouraud est alors nomm? membre du conseil Sup?rieur de la guerre. Au cours de l'?t? 1923, les anciens combattants de la Rainbow Division l'invitent ? pr?sider conjointement avec le g?n?ral Pershing, leur congr?s qui a lieu le 15 juillet, jour anniversaire de la bataille victorieuse ? laquelle la Rainbow Division a pris part cinq ans plus t?t. Le g?n?ral Gouraud visite ? cette occasion une grande partie des Etats-Unis. Il apprend au cours de son voyage sa nomination au poste de gouvernement Militaire de Paris. Le pr?sident des Etats-Unis ?tant mort, il repr?sente ? ses obs?ques le Gouvernement de la R?publique en tant qu'Ambassadeur Extraordinaire.

Gouvernement militaire de Paris
Le 3 septembre 1923, le g?n?ral Gouraud prend possession du gouvernement militaire de Paris, poste qu'il conservera pendant quatorze ans.

Dans ces hautes fonctions, il reste p?n?tr? de la reconnaissance due aux simple soldats qui sont, avait-il ?crit un jour, "les principaux ouvriers de la victoire". Il n'est pas de la semaine o? il n'assiste en plus des c?r?monies officielles, ? un grand nombre de manifestations d'Anciens Combattants. Lorsqu'il rencontre dans la rue, parfois dans le m?tro un m?daill? militaire il va vers lui, lui serre la main et lui demande o? il a gagn? sa m?daille. Il propose au Ministre une sonnerie aux Morts analogue ? celles qui existent dans les arm?es am?ricaines et britanniques; celle-ci sera adopt?e. En 1922 ?tant encore en Syrie, il s'?tait pr?occup? de mat?rialiser la reconnaissance de la nation envers ses Combattants de Champagne. Il recueille les fonds n?cessaires pour faire ?lever le Monument de Navarin, dont il pose la premi?re pierre le 4 novembre 1923, avec Monsieur Myron T.Herrick, Ambassadeur des Etats-Unis et qu'il inaugure le 28 septembre de l'ann?e suivante. Par la suite il vient chaque ann?e en p?lerinage en Champagne. Les anciens parmi nous se souviennent encore de la belle c?r?monie nocturne du 15 juillet 1928, dixi?me anniversaire de la bataille. Pour assurer la p?rennit? de ces manifestations, il cr?e en 1928 l'Association du Souvenir aux Morts des Arm?es de Champagne et en 1933 la Fondation de Monument aux Morts des Arm?es de Champagne et Ossuaire de Navarin.

Le peuple de Paris lui t?moigne une v?ritable v?n?ration; il aime sa nature chevaleresque, la franchise et la simplicit? de son attitude, l'intransigeance de son patriotisme. Au cours des d?fil?s du 14 juillet et du 11 novembre, d?s que le G?n?ral Gouraud appara?t, mont? sur son cheval gris, malgr? les anciennes blessures qui le font cruellement souffrir, il est acclam? avec enthousiasme. Dans les moments difficiles o? s'affrontent les id?ologies diff?rentes, dans un Paris passionn? o? retentissent des manifestations contraires, son bon sens, son patriotisme, son loyalisme p?sent d'un grand poids pour le maintient de l'ordre.

Voyages
La notori?t? du g?n?ral Gouraud est telle que de nombreux pays souhaitent sa visite. Il n'est pas d'ann?e o? il ne fasse un ou plusieurs voyages ? l'?tranger.

En 1925, il repr?sente l'Arm?e fran?aise aux premi?res grandes manoeuvres de l'Arm?e polonaise. En 1929, il visite les Indes et retourne aux Etats-Unis. En 1930, il se rend en Turquie o? Mustapha Kemal, son ancien adversaire de 1920, lui r?serve le meilleur accueil. Puis il va encore une fois aux Etats-Unis repr?senter le Gouvernement fran?ais ? la convention de l'Am?rican Legion. Pendant l'hiver 1933-34, il parcourt l'Afrique Occidentale Fran?aise ? l'occasion de la c?l?bration du cinquantenaire de la conqu?te; il rentre en voiture ? travers le Sahara. L'ann?e suivante il assiste ? Dakar ? la cons?cration de la cath?drale que la France a d?di?e ? ses Morts. Au retour, il ouvre la route automobile du S?n?gal au Maroc par la Mauritanie et l'Adrar, revivant sur place sa campagne de 1909. Il passe une nuit au poste qu'il avait cr?? non loin de la Koudiat d'Idjil qui porta longtemps le nom de fort Gouraud.

Derni?res ann?es
Le 17 novembre 1937, ?g? de soixante-dix ans, le g?n?ral Gouraud quitte le Gouvernement militaire de Paris apr?s avoir re?u de la garnison de Paris et des Anciens Combattants les marques d'affection les plus touchantes. Il s'installe rue de Varenne, ? deux pas des invalides, dans un appartement qu'il transforme en mus?e par le grand nombre de troph?es et de souvenirs qu'il y rassemble. Il se consacre ? la r?daction de ses "M?moires d'un Africain".

L'invasion de la France en 1940 l'affecte profond?ment. Il quitte Paris pour Royat o? il vit jusqu'? la lib?ration dans la dignit? et la tristesse. Il doit lutter contre les atteintes de l'?ge et les s?quelles de ses blessures.

Il rentre ? Paris le 1er mai 1945. Il y meurt le 16 septembre 1946. Le Gouvernement lui rend un dernier hommage par des obs?ques solennelles. Le peuple de Paris d?file longuement devant son cercueil avec ce recueillement et cette ?motion qu'il sait manifester ? ceux qui ont conquis son estime par leur mani?re de servir la Patrie.

Conform?ment ? ses derni?res volont?s, le g?n?ral Gouraud est inhum? dans la crypte du Monument de Navarin "au milieu des soldats qu'il a tant aim?s".

D'apr?s une biographie de Henri Gouraud ?crite par son neveu, le G?n?ral Philippe Gouraud aimablement envoy? par le service historique de l'arm?e de terre.

soly



Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 21:28

La statue de Lyautey a Casablanca

En ao?t 1907, au moment o? l'arm?e fran?aise d?barque ? Casablanca, le g?n?ral Lyautey, commandant de la division d'Oran, pacifie les confins alg?ro-marocains et occupe Oujda au Maroc. En 1908, il est choisi pour accomplir une mission d'inspection ? Casablanca. C'est surtout comme R?sident G?n?ral au Maroc, entre 1912 et 1925, qu'il marque de son empreinte l'Empire ch?rifien et le paysage urbain de Casablanca.

La statue ?questre du Mar?chal Lyautey, envisag?e ? la mort de Lyautey en 1934, est inaugur?e en 1938 au centre de la Place de la Victoire appel?e aussi Place Administrative, l'actuelle place Mohamed V. Entre 1907 et 1912, les g?n?raux Drude, D'Amade puis Moinier, ont install? ? cet emplacement le quartier g?n?ral du corps exp?ditionnaire fran?ais. Lyautey d?cide de rassembler les fonctions administratives de Casablanca sur l'espace des anciens camps militaires.

Comme pour les anciennes places royales, l'ordonnancement de la Place de la Victoire met en harmonie les axes et les monuments. Les architectures s'inspirent de l'art islamique transfigur? par une vision r?solument moderne. Les fa?ades monumentales et les axes de la place convergeaient vers la statue ?questre du Mar?chal Lyautey. En une nuit de novembre 1955, ? l'issue des accords de la Celle-Saint-Cloud, la statue est d?plac?e de quelques centaines de m?tres et entre dans le jardin de l'H?tel du commandement militaire qui est, depuis 1959, le Consulat G?n?ral de France.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 21:32

Louis-Hubert LYAUTEY (1854-1934)

N? ? Nancy, le 17 novembre 1854.
Comme nombre de ses anc?tres, Hubert Lyautey se destina tr?s t?t ? la carri?re militaire et entra ? Saint-Cyr en 1873. Apr?s avoir poursuivi sa formation ? l??cole de guerre, il fut envoy? en Alg?rie o? il demeura deux ans comme officier de cavalerie. Rentr? en Europe, Lyautey rendit visite dans son exil au comte de Chambord, pour lui t?moigner son d?vouement. Mais, devant la division et la faiblesse des royalistes, ce l?gitimiste de c?ur devait cependant se rallier, par raison, ? la R?publique.
En 1894, Hubert Lyautey, qui ?tait appel? ? accomplir l?essentiel de sa carri?re hors de la m?tropole, quitta de nouveau la France pour le Tonkin d?abord, puis pour Madagascar, en 1897, o? il partit avec Gallieni. Devenu colonel, en 1900, Lyautey parvint ? pacifier la r?gion et ? en favoriser le d?veloppement ?conomique.En 1903, il fut appel? par le gouverneur g?n?ral Jonnart, en Alg?rie. ?uvrant avec efficacit? pour le maintien de la paix, il y re?ut ses ?toiles de g?n?ral. En 1912 enfin, celui qu?on allait surnommer Lyautey l?Africain devenait le premier r?sident g?n?ral de France au Maroc. Il donna l? toute la mesure de son g?nie de strat?ge et de grand administrateur. Ayant pris rapidement une connaissance parfaite de la r?gion, du terrain et des m?urs comme des tribus, il fut soucieux de respecter la religion islamique dont il s?instruisit, et de respecter aussi la personne du sultan, Commandeur des croyants. Il sut s?attirer la confiance des ?lites locales, prenant dans son sens exact le terme de protectorat. Il sut pacifier et il sut b?tir, cr?ant notamment avec Casablanca les premi?res structures du Maroc moderne.
Pendant la premi?re guerre mondiale, il quitta temporairement ses fonctions pour devenir, entre d?cembre 1916 et mars 1917, ministre de la Guerre dans le cabinet Briand. Apr?s avoir regagn? le Maroc, il fut fait, en 1921, mar?chal de France. Mais l?hostilit? du cartel des gauches lui ?ta, durant le gouvernement Painlev?, le commandement des troupes engag?es contre la r?bellion d?Abd-el-Krim pour les confier ? P?tain, ce qui le conduisit ? donner sa d?mission et ? rentrer d?finitivement en France, en 1925. Il y remplit, avant de mourir, une derni?re mission : l?organisation de l?Exposition coloniale de 1931.
Caract?re exceptionnel, dou? d?une remarquable intelligence dans l?action, Hubert Lyautey consacra quelques ouvrages au m?tier militaire. L?essai qu?il publia en 1891 dans La Revue des deux mondes, ? Du r?le social de l?officier dans le service militaire universel ?, dans lequel il faisait conna?tre sa conception humaniste de l?arm?e, eut un grand retentissement et influen?a toute une g?n?ration d?officiers. Il d?veloppa ces th?mes dans un ouvrage, Le r?le social de l?arm?e (1900), et publia ?galement Dans le sud de Madagascar, p?n?tration militaire, situation politique et ?conomique (1903), le fruit de son exp?rience coloniale.
Hubert Lyautey n??tait pas encore mar?chal de France quand il fut ?lu ? l?Acad?mie fran?aise, le 31 octobre 1912, au fauteuil d?Henry Houssaye par 27 voix. Il ne fut re?u qu?apr?s la guerre, le 8 juillet 1920, par Mgr Duchesne.
Mort en France, le 27 juillet 1934, Lyautey fut enseveli ? Rabat. En 1961, sa d?pouille devait ?tre ramen?e en France pour ?tre d?pos?e aux Invalides.


soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 21:48

Le Maroc

Le Maroc est un Etat ind?pendant avec des probl?mes financiers, le sultan meurt en 1894. La France encourage le grignotage du Maroc ? partir de l'Alg?rie. Lyautey va commencer ? p?n?trer au Maroc ? partir du sud alg?rien. Le Maroc se voit proposer par la France, un projet de r?forme, qui se traduirait par un protectorat.

Guillaume II r?agit ? l'occasion d'une escale ? Tanger, le 31 mars 1905, il fait valoir les droits allemands sur le Maroc, c'est le ? coup de Tanger ?. Une conf?rence internationale se r?unit ? Alg?giras du 14 janvier au 07 avril 1906, l'int?grit? du Maroc est confirm?, l'acte final du congr?s reconna?t la pr?pond?rance fran?aise au Maroc. A partir de 1906, l'ing?rence administrative et financi?re au Maroc, progresse. Le Sultan est renvers?, la tension monte. En f?vrier 1909, il y a un accord entre la France et l'Allemagne, mais la conqu?te militaire par les fran?ais se poursuit, l'Allemagne d?cide de r?intervenir. Le 1 avril 1911, elle d?barque un contingent dans le port d'Agadir. Le 4 novembre 1911, un accord est conclu, l'Allemagne Sre?oit une part du Congo fran?ais et elle c?de ? la France "le bec de canard". C'est le pr?lude au trait? de Fez, sign? le 30 mars 1912 qui ?tablit le protectorat fran?ais sur le Maroc. Lyautey est le premier r?sident g?n?ral au Maroc, il d?barque ? Casablanca le 13 mai 1912.



A la veille de 1914, l'empire fran?ais est le deuxi?me empire colonial, derri?re celui de l'Angleterre, il regroupe plus de 40 millions d'habitants, pour 10 millions de km2, il assure le prestige de la France, mais il est plus ?parpill? que l'empire anglais, il demeure une "cendrillon" ?conomique.


Soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 21:51

MAROC
Le Maroc, pays du soleil couchant, Maghrib al-?aqsa , offre, dans l?ensemble de l?Afrique du Nord, une histoire originale. Il la doit sans doute ? la puissante personnalit? de ses peuples rest?s tout au long des si?cles moins marqu?s des influences ext?rieures, notamment arabe, que l?Alg?rie et la Tunisie, mais tout autant ? de vigoureux traits g?ographiques.
Le Maroc oc?anique est largement ouvert vers l?ouest, mais une avanc?e du plateau central le s?pare en deux bassins communiquant malais?ment par le ? pont de Rabat ?. Le Maroc saharien est pauvre, p?riodiquement surpeupl?, marqu? par le contraste des oasis et des grands espaces. Entre ces deux r?gions se dresse la montagne qui est un ?cran trou? de passes plus ou moins ais?es, o? ? la libert? s?est toujours maintenue sauvage et alti?re ?.
Ces ensembles juxtapos?s, sans point de convergence, ont jou? chacun leur r?le dans l?histoire du Maroc.
Entre les arcs montagneux, le d?sert et l?Oc?an, frang? par la barre, le Maroc forme comme une ?le aux liaisons pr?caires. Comme dans toute la partie m?ridionale du bassin m?diterran?en, nomades et s?dentaires se sont affront?s au cours des si?cles, cependant qu?? partir de la conqu?te arabe l?islam a marqu? de ses traits propres la vie politique et sociale avec l?importance du pouvoir d?all?geance, l?absence de r?gle fixe de succession, le r?le des h?r?sies, des r?formes et des confr?ries religieuses.
Bien qu?elle soit originale et qu?elle comporte de nombreux traits d?insularit?, l?histoire du Maroc n?est pas celle d?un pays isol?, et l?on y retrouve les fluctuations de l?histoire mondiale : formation des grands empires de l?Antiquit?, islamisation de la M?diterran?e m?ridionale, influences des grandes d?couvertes, de l?imp?rialisme europ?en et de la d?colonisation.
Le Maroc moderne illustre bien cette situation : cadre d?une lutte pour l?ind?pendance, acquise en 1956, il conserve cependant la structure de pouvoir monarchique ant?rieure ? l??tablissement du protectorat fran?ais. Bien que favoris? sur le plan des richesses mini?res et des conditions climatiques par rapport ? ses voisins maghr?bins, il conna?t comme eux les difficult?s propres aux pays h?ritant de la colonisation une infrastructure industrielle orient?e vers la m?tropole, plaqu?e sur une base agricole en crise.
De m?me lui faut-il ?chapper au cercle du sous-d?veloppement, rester ma?tre de ses destin?es et affirmer sa personnalit? : y parviendra-t-il par la voie du lib?ralisme ?conomique, pr?sentement adopt?e par ses dirigeants ou par une autre option ? Ces choix semblent commander son avenir pour une longue p?riode

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 21:53

Le Maroc antique
Le Maroc sort de l?ombre de la pr?histoire et des mythes de la l?gende au moment o? la thalassocratie ph?nicienne y ?tablit ses comptoirs. Les premi?res installations ? Liks (Larache), Tingi (Tanger) puis Tamuda (T?touan) permettent les ?changes avec l?int?rieur et sont des relais sur la route de l?or. Le p?riple d?Hannon, entre 475 et 450 avant J.-C., men? jusqu?au Gabon, peut appara?tre, malgr? les obscurit?s dont il reste entour?, comme l?? acte de naissance de l?histoire marocaine ?. Les colonies ph?niciennes, pendant pr?s d?un mill?naire, diffusent, parmi les tribus locales, leur civilisation avec l?usage des m?taux et de plantes nouvelles, leur langue et leur culte.
Ici comme dans le reste de l?Afrique du Nord, Rome succ?de ? Carthage. Son influence se fera d?abord sentir par l?interm?diaire des dynasties locales qui inaugurent une brillante civilisation berb?ro-romaine. De ces souverains, Juba II, qui r?gne des hauts plateaux orientaux ? l?Atlantique de 25 avant J.-C. ? 23 apr?s J.-C., est le plus c?l?bre. L?annexion proclam?e en 40, Ptol?m?e, son fils, va transformer le nord du pays en province romaine, la Mauritanie Tingitane, que la Moulou?a s?pare de la C?sar?e, ou province de Cherchell. Au-del?, vers le sud, des postes avanc?s et des comptoirs ?largissent l?influence romaine. La Mauritanie, dirig?e d?abord par un procurator , sera rattach?e ? la B?tique en 285. La province est mise en valeur par la cr?ation de routes et de villes (Volubilis), par le d?veloppement agricole et un commerce actif.
? la fin du IIIe si?cle, dans la crise que traverse l?Empire, le Maroc romain est progressivement abandonn? ; seuls sont conserv?s, avec la r?gion de Tanger, certains points de la c?te comme Essaouira (Mogador). L?int?rieur s?enfonce dans les ? si?cles obscurs ? (E. F. Gauthier). Dans l?effondrement de l?Empire romain, au moment o? arrivent les Vandales, la pr?sence chr?tienne semble se maintenir vivace et les cit?s poursuivre leur existence.


soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 21:54

Islamisation et grandes dynasties berb?res (VIIe-XVe s.)


Avec l?islamisation, le Maghreb, ?chappant ? la latinit? et au christianisme, se trouve d?sormais rattach? au monde de la M?diterran?e orientale. L?Islam tente de recr?er ? son profit l?unit? de la mer int?rieure et va, non sans difficult?, soumettre l?Afrique du Nord entre le milieu du VIIe si?cle et le d?but du VIIIe. Avec Misa b. Nusayr, gouverneur de l?Ifriqiya (l?actuelle Tunisie), commencent l?organisation de la conqu?te et la soumission des Berb?res par la conversion et l?enr?lement dans les arm?es arabes partant pour la conqu?te de l?Espagne. Dans cette premi?re phase, si importante dans le domaine culturel (l?arabe) et le religieux (l?islam), le Maroc reste divis? en tribus ou conf?d?rations berb?res plus ou moins ind?pendantes dont une des plus remarquables, celle des h?r?tiques Barghawata, constituera, jusqu?au XIIe si?cle, une entit? politique sur l?Oum er-R?bia.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 21:55

Le royaume idriside (686-917)
Le pays va sortir de cette confusion avec la constitution du royaume idriside. Idris Ier, ?chapp? au massacre des descendants du Proph?te en 786, s?est r?fugi? en Afrique du Nord et s?installe ? Oulila (Volubilis). Bien accueilli, usant de son autorit? religieuse, habile ? nouer des relations avec les tribus, il ?tend son autorit?. Son fils Idris II continue son oeuvre. Il ?largit le royaume vers le sud et l?est. Contr?lant le carrefour des routes marocaines, il d?veloppe F?s dont il est sinon le fondateur, du moins le v?ritable cr?ateur. Il donne ainsi au Maroc sa capitale qui dispose d?une excellente situation g?ographique. T?t renforc?e d?immigr?s de Cordoue ou de Kairouan, elle devient un important centre intellectuel et religieux. La mort d?Idris II remet en cause son oeuvre d?unification. Les difficult?s de succession s?aggravent des rivalit?s entre Fatimides, qui se sont impos?s en Ifriqiya, et Omeyyades de Cordoue, pour lesquels le Maroc est enjeu d?importance. De ces luttes religieuses, tribales, politiques et des rivalit?s ?conomiques, le d?tail ?chappe ? l?historien. Cependant, ? travers la d?cadence idriside se maintient un important commerce, notamment vers le Sahara d?o? arrivent l?or et les esclaves. ? l?occasion de ces troubles du IXe et du Xe si?cle, o? se sont affront?es les trois grandes influences de l?histoire du Maroc, l??cart s?accro?t entre la prosp?rit? de l?ouest du Maghreb et l?appauvrissement de l?est ravag? par les invasions des nomades hilaliens et maqils.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 21:56

Des conqu?rants r?formistes : les Almoravides
L?apparition de la dynastie des Almoravides (al-murabitin , les gens du ribat ) fait pour longtemps pr?dominer les influences du Sud sur celles de l?Orient. La tribu des Lamtina, ma?tresse des routes caravani?res du Sahara occidental, pouss?e par le d?sir des riches terres du Nord et par le z?le r?formiste dont l?a enflamm?e le pr?dicateur ?Abd Allah b. Yasin dans le ribat (couvent) du S?n?gal, conquiert en quelques ann?es le Maroc et cr?e un vaste empire ib?ro-maghr?bin. Premier exemple des mouvements qui vont d?sormais marquer l?histoire du pays : l?union d?une passion religieuse, d?une pouss?e ethnique, d?une ambition ?conomique porte au pouvoir une nouvelle dynastie.
La grande cit? caravani?re de Sidjilmasa, carrefour des routes sahariennes, est enlev?e en 1054, la capitale du Sous, Taroudant, en 1057. Sous la conduite de Yisuf b. Tashfin, les conqu?rants d?bordent au nord de l?Atlas. La fondation de Marrakech, en 1062, fournit au Maroc sa deuxi?me capitale, inaugure le nouveau destin b?tisseur de ces nomades. F?s prise en 1069, les Almoravides poussent vers l?ouest, jusqu?en Kabylie. Mais c?est essentiellement dans l?axe nord-sud que s?affirme le nouvel empire.
En Espagne, la reconqu?te chr?tienne (Tol?de est prise en 1085) menace les princes musulmans, les reyes de taifas , raffin?s et divis?s. Yisuf b. Tashfin vient au secours de l?Islam, remporte la victoire de Zellaca (1086) sur les troupes d?Alphonse VI de Castille, se retourne contre les principaut?s musulmanes qu?il enl?ve les unes apr?s les autres. La derni?re fut Valence, d?fendue par le Cid, en 1103. Au sud, battant l?empire de Ghana en 1077, les Almoravides avaient assur? leur contr?le des routes de l?or. Ainsi est constitu?, au d?but du XIIe si?cle, un immense empire s??tendant sur l?Espagne musulmane, le Maghreb occidental et central, le Sahara. La prosp?rit? ?conomique, fond?e sur les ?changes compl?mentaires entre le Nord et le Sud et sur le contr?le des routes vers l?Afrique noire, entretient une importante renaissance artistique, symbiose entre les influences andalouse, marocaine et saharienne.
L??pop?e des Almoravides ouvre une p?riode de domination marocaine dans l?Islam occidental. Pourtant, leur empire est bient?t menac?. Les descendants des grands fondateurs n?ont point leur valeur. La vie religieuse se scl?rose rapidement, laissant s??teindre la flamme r?formatrice. L??tendue m?me des possessions favorise les mouvements s?paratistes. Faiblesses internes d?autant plus graves que les chr?tiens en Espagne se font plus mena?ants tandis que les tribus berb?res r?fractaires de l?Atlas sont acquises au mouvement almohade, n? lui aussi d?une r?action religieuse, d?une pouss?e ethnique, d?ambitions ?conomiques.
Les Almohades, Berb?res puritains Ibn Timart, originaire du sud du Maroc, s?est retir?, apr?s des ?tudes en Orient, pr?s de Bougie o? se confirme sa vocation de r?formateur et de pr?dicateur. R?fugi? ? Tinmal dans le Haut Atlas, au milieu des Berb?res Masmida, il pr?che le retour au Coran et ? la tradition, le puritanisme et la doctrine de l?unicit? de Dieu contre les d?viations et l?impi?t? almoravides. Il constitue une forte communaut? inspir?e des traditions berb?res (groupe des Dix, conseil des Cinquante, etc.).

C?est ? son disciple ?Abd al-Nu?min, ? ses qualit?s et ? ses ambitions que le mouvement doit sa fortune. La conqu?te de la montagne isole le Maroc atlantique du commerce saharien, permet d?enlever F?s en 1145, Marrakech en 1147. D?j? les troupes almohades sont intervenues en Espagne. Elles s?emparent alors rapidement de l?ensemble de l?Afrique du Nord.
Une forte organisation noue les diff?rentes parties de l?empire et s?efforce, non sans difficult?, de maintenir l?unit? contre les multiples oppositions qui subsistent au Maghreb et devant les menaces chr?tiennes en Espagne. Le r?gne de Ya?qib al-Mansir (1184-1199) est l?apog?e de la civilisation almohade : la vie de la cour o? se retrouvent les plus grands esprits de tout l?Occident musulman est brillante, les constructions remarquables par leur taille et leur beaut?.
Mais l? encore l?effondrement est proche : la destin?e de la dynastie almohade rappelle, par sa fin comme par ses origines, celle de la dynastie almoravide. Les luttes de succession, la faiblesse des souverains, l?immensit? de l?empire qui encourage des tendances centrifuges menacent l?oeuvre. La victoire chr?tienne de Las Navas de Tolosa amorce, en 1212, un renversement d?cisif des forces en Espagne : S?ville tombe en 1248 au moment o? les Almohades perdent le contr?le des routes sahariennes.
D?s 1269 le Maroc passe aux mains des M?rinides, tribu berb?re des hauts plateaux. Ils continuent la politique des dynasties pr?c?dentes, s?effor?ant de r?tablir ? leur profit l?unit? du Maghreb : ils conqui?rent Tunis en 1347. Mais le monde a chang? : l?Europe s?ouvre aux influences nouvelles, se lance dans les grands voyages de d?couvertes, et les premi?res tentatives ib?riques au Maroc, prolongements de la Reconqu?te, op?rations commerciales ou de police, conduisent les Portugais ? Ceuta en 1415.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 21:57

Maintien de l?ind?pendance face aux Europ?ens (XVIe-XVIIIe s.)
La civilisation marocaine peut continuer de briller, mais d?j? la menace sur l?ind?pendance du pays se pr?cise. Tout le XVe si?cle et le d?but du XVIe sont marqu?s par des tentatives ib?riques. Les Portugais s?emparent de Tanger en 1471 puis occupent Safi, Azemmour, Mazagan, Agadir, poussant des incursions dans l?int?rieur ; en 1497 les Espagnols s??tablissent ? Melilla. La crise politique marocaine, marqu?e par la rivalit? des grandes familles et par leur influence sur des souverains faibles, par les luttes de succession et par l?influence croissante des tribus, s?accompagne d?une grave crise ?conomique n?e de la concurrence de nouveaux courants commerciaux utilisant les routes maritimes et les voies sahariennes orientales. Les difficult?s, l?opposition ? une occupation ?trang?re d?sormais ?tendue ? tous les ports, de Melilla ? Santa Cruz, suscitent le revif religieux. Ample mouvement de foi qui d?veloppe le culte des saints (maraboutisme), multiplie les confr?ries, il aura d?importantes cons?quences sur l?avenir du pays en achevant son islamisation ; il renfor?a aussi les particularismes et fit ?voluer le Maroc dans des voies oppos?es ? celles qui commen?aient de s?imposer en Europe.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 21:59

La guerre sainte des Sa?diens (1523-1603)
Des confins ? sauvages ? du Sahara vont, une fois encore, surgir les forces nouvelles. Les Sa?diens, descendants du Proph?te, venus d?Arabie au milieu du XIVe si?cle, prennent, ? la demande des gens du Dra, la t?te de la guerre sainte. Entre 1510 et 1523, ils s?imposent dans le sud du pays. La reprise d?Agadir sur les Portugais, en 1541, premier coup d?arr?t ? la p?n?tration europ?enne, leur vaut un immense prestige et leur facilite la conqu?te du Maroc.
La dynastie, ma?tresse du pays en 1554, en reforge l?unit? par la guerre sainte, qui a favoris? ses d?buts. La victoire d?Alcazarquivir (Ksar-el-K?bir) sur les Portugais, en 1578, donne ? A?mad al-Mansir (le Victorieux) prestige international et richesses - gr?ce ? l?abondance des ran?ons des chevaliers chr?tiens. Le nouveau souverain (15781603) s?oppose aussi aux Turcs, ma?tres de la Tunisie et de l?Alg?rie. La conqu?te des oasis du Touat et du Gourara, les exp?ditions en direction du Soudan redonnent au Maroc, avec le contr?le du commerce saharien, les moyens financiers d?une forte r?organisation int?rieure. L?administration centrale (makhzen ) est r?nov?e, l?arm?e d?velopp?e, les cultures, comme celle de la canne ? sucre, et l?artisanat sont encourag?s. Le commerce avec l?Europe s?accro?t et les grandes constructions se multiplient, ? Marrakech en particulier.
L?oeuvre, toutefois, n?est pas plus solide que celle des dynasties pr?c?dentes. Elle tient trop aux circonstances heureuses et ? l?exceptionnelle personnalit? du souverain. Aussit?t celui-ci disparu, les difficult?s assaillent le Maroc : difficult?s d?ordre ?conomique du fait de la concurrence de nouvelles routes commerciales et de nouveaux fournisseurs de sucre, de la prosp?rit? factice due ? l?inflation des ann?es 1590, faisant de ce si?cle d?or le ? reflet de l?or qui passe ? ; d?ordre politique aussi, dues ? la mont?e des forces des confr?ries et de leurs ambitions temporelles.
La piraterie accentue la rupture entre les diff?rentes r?gions g?ographiques. Sal?, favoris? par sa position et qui accueille les morisques d?Andalousie, apr?s les grandes expulsions de 1609-1611, devient une petite r?publique ind?pendante vivant des prises de bateaux et des rachats de prisonniers ainsi que du n?goce qui en d?coule. Le particularisme et l?esprit r?gionaliste - une des constantes de l?histoire du Maroc - semblent ? nouveau l?emporter. L?anarchie croissante favorise les pouvoirs locaux.


soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:03

Les ?Alawites

Les ch?rifs ?alawites du Tafilelt n??taient, au milieu du XVIIe si?cle, qu?une modeste puissance, mais ils sont porteurs d?un grand nom, ils tiennent aussi un des axes du commerce saharien, encore important malgr? sa relative d?cadence ; ils sont, enfin, port?s par l?ambition et entra?n?s par les qualit?s de guerriers et d?organisateurs de leurs chefs, Milay Ma?ammad puis Milay al-Rashid (1664-1672). Ma?tre du Maroc oriental, celui-ci entre ? F?s en 1666, s?empare de Marrakech en 1669. Son fr?re et successeur, Milay Isma?il (1672-1727), le plus c?l?bre des sultans du Maroc, consolide l?oeuvre du fondateur de la dynastie et donne un nouvel ?clat ? la civilisation marocaine.
Sa principale t?che est de combattre les populations insoumises ou r?volt?es. Il cr?e une puissante arm?e ? partir de nouveaux contingents de troupes noires (?abids ) et de l?ancien syst?me des tribus militaires (gishs ). Elle lui permet de s?opposer aux empi?tements des Turcs, de reprendre la plupart des places de l?Atlantique encore occup?es par les Europ?ens (Mehdia, 1681 ; Tanger, 1684 ; Larache, 1689). Politique co?teuse aux frais de laquelle ne suffisent pas les revenus d?croissants de la course, ?troitement contr?l?e par le sultan, ni les droits pr?lev?s sur un commerce ext?rieur que g?ne une r?glementation minutieuse. D?ailleurs elle se complique de difficult?s diplomatiques avec les principales puissances : le sultan rompt avec la France et l?Espagne en 1718.
La crise financi?re suscite, d?s la mort du sultan, des r?voltes militaires. Une longue p?riode de r?volutions et de troubles paralyse le pays jusqu?en 1757. ? l?agitation de l?arm?e s?ajoutent les pouss?es des tribus montagnardes vers les plaines voisines, les difficult?s ?conomiques, les famines qui d?ciment la population. C?est le d?but d?un long d?clin que ralentit plus qu?il ne l?arr?te le redressement op?r? sous le long r?gne de Sidi Mu?ammad ben ?Abd Allah (1757-1790). La forte reprise du n?goce avec l?Europe (fondation d?Essaouira en 1765, trait?s de commerce), la r?occupation de Mazagan (1769) n?emp?chent ni la d?cadence ?conomique, marqu?e apr?s 1787 par l?abandon de la frappe de l?or, ni les r?bellions, ni le d?veloppement des pouvoirs f?odaux que les crises de succession ont favoris?es. Le pays tend ? se replier sur lui-m?me. La disparition de la course, les entraves mises aux relations avec l??tranger, la forte d?population provoqu?e par les terribles ?pid?mies de 1798-1800 et de 1818-1820, le ralentissement du commerce europ?en pendant les guerres de l?Empire, la rel?gation des agents diplomatiques ? Tanger, tout contribue, au d?but du XIXe si?cle, ? un isolement non seulement accept? mais explicitement voulu par le sultan Milay Sliman (1792-1822).

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:03

La p?n?tration europ?enne (XIXe-XXe s.)


Face ? ce d?clin et ? ce repli s?affirme le dynamisme nouveau de l?Europe industrielle, entra?n?e dans un mouvement g?n?ral d?expansion qui la pousse ? instaurer partout le lib?ralisme commercial, puis le syst?me colonial. L?histoire du Maroc subit, d?sormais, de fa?on croissante, les pressions ext?rieures.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:04

Le royaume en difficult? (1822-1912)


Le Maroc ne peut en effet rester longtemps ? l??cart au moment o? les routes m?diterran?ennes prennent, au milieu du XIXe si?cle, une importance nouvelle. Les efforts de p?n?tration des commer?ants britanniques de Manchester et de Gibraltar d?bouchent, en 1856, sur un trait? de commerce, qui ouvre le pays aux produits europ?ens. En 1863, une convention franco-marocaine aggrave encore la situation du Maroc. L?Espagne, ? partir des pr?sides conserv?s sur la c?te rifaine, Ceuta et Melilla, reprend une politique d?expansion par la guerre de 1859-1860 et obtient, lors du trait? de 1861, une importante indemnit? de guerre et la r?trocession de l?ancienne possession de Santa Cruz Peque?a. Ainsi, en moins de sept ans, de d?cembre 1856 ? 1863, ont ?t? modifi?s du tout au tout les rapports traditionnels entre le Maroc et l?Europe.
La rivalit? des trois puissances se nourrit d?ambitions diff?rentes : commerciales et strat?giques pour la Grande-Bretagne, pr?occup?e de la s?curit? du d?troit de Gibraltar ; politiques et sentimentales pour l?Espagne qui retrouve les souvenirs de la Reconquista ; ?conomiques et territoriales pour la France d?sirant cr?er un ensemble nord-africain homog?ne, sous son autorit?. Leur opposition, si elle sauvegarda le statu quo politique du Maroc, accentua une p?n?tration ?conomique ? laquelle l?Allemagne participa, ? partir des ann?es 1885-1890. Malgr? les difficult?s, les ?changes, et en premier lieu les importations, s?accroissent fortement dans la seconde moiti? du si?cle. Cet essor, le d?veloppement des colonies europ?ennes dans les ports, pass?es de quelques centaines d?individus ? plus de quinze mille, l?extension de la protection, l?invasion des produits ?trangers alt?r?rent gravement les structures traditionnelles de l??conomie et de la soci?t?, provoquant de multiples crises.
Moilay Hasan (1873-1894), l?un des plus grands sultans de l?histoire marocaine, s?effor?a prudemment de moderniser le pays, sans tomber sous l?influence dominante d?une puissance ; d?opposer les unes aux autres les rivalit?s, sans concessions majeures ; d?affirmer, au prix de co?teuses exp?ditions militaires, l?intangibilit? des limites du Maroc contre les tentatives d?installation dans le sud du pays.
Il ne put que retarder l??ch?ance. L?av?nement d?un successeur jeune et faible, l?entente, surtout, en 1904, de la France et de l?Angleterre, dont l?opposition avait constitu? la principale sauvegarde du Maroc ind?pendant, pr?cipit?rent la crise. L?affaiblissement du pouvoir central, la p?n?tration europ?enne, la remise en question des formes traditionnelles de la vie provoqu?rent des oppositions et l?apparition de pr?tendants. Des tribus entr?rent en dissidence, ce qui accrut l?imp?cuniosit? de l??tat et le contraignit ? l?emprunt (1904).
Cependant, le gouvernement fran?ais, assur? de l?appui des Anglais et s??tant acquis, par des accords analogues, celui de l?Espagne et de l?Italie, poursuivit, malgr? l?opposition allemande, son dessein. La conf?rence d?Alg?siras (avr. 1906) pla?a le Maroc sous une sorte de protectorat de puissances, mais laissa ? la France une influence pr?pond?rante qu?elle affirma en d?barquant, en ao?t 1907, ? Casablanca.
La p?n?tration fran?aise fut coup?e de crises internationales provoqu?es par l?Allemagne qui cherchait, ? travers le probl?me marocain, ? ruiner l?entente franco-anglaise : affaire des d?serteurs de 1908 ; ? coup d?Agadir ? de juillet 1911. Entrav?e par la r?sistance des tribus, elle conduisit cependant le sultan ? accepter un trait? de protectorat (30 mars 1912).




soly




Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:07

Dans le r?gime du protectorat (1912-1930)


Le r?gime du protectorat est hypoth?qu? par les engagements internationaux, comme l?acte d?Alg?siras qui, imposant le syst?me de la porte ouverte, interdisait toute mesure de protection douani?re, et par d?autres accords sign?s par la France, qui divisaient le pays en trois parties administr?es diff?remment. ? l?Espagne fut confi?e, le 27 novembre 1912, une zone d?influence au nord (Rif) et au sud (Tarfaya, Ifni). Le statut d?finitif de Tanger, sous contr?le international, fut r?gl? en 1923 par la convention de Paris.
Pendant quatorze ans, le protectorat s?incarna dans la forte personnalit? de Lyautey, premier r?sident g?n?ral (1912-1925). Il fit oeuvre de conqu?te, d?organisation, de mise en valeur. Le ralliement des tribus, au nom du sultan, s?obtint en usant de diplomatie ? l??gard des grands ca?ds ou en effectuant des op?rations militaires. Les institutions laiss?rent subsister le makhzen central et les anciens pouvoirs locaux compl?t?s et contr?l?s par une administration nouvelle. L?action ?conomique, ? l?aide d?importants capitaux priv?s, pour une grande part contr?l?s par la Banque de Paris et des Pays-Bas, mettait en place un vaste ?quipement, cependant que la colonisation rurale se d?veloppait : ainsi, 57 000 hectares de lots officiels furent distribu?s et pr?s de 200 000 hectares achet?s par des particuliers en 1922, tandis que s?accroissait le nombre des Europ?ens (40 000 immigrants de 1919 ? 1922).
Mais l?essor ?conomique, s?il entra?nait le pays dans les voies nouvelles, n??tait pas sans causer de graves d?s?quilibres qui rapidement se traduisaient par des mouvements sociaux et politiques. L?opposition de la domination europ?enne allait provoquer la r?volte des masses paysannes (r?volte d?Abd el-Krim, 1921-1926), relay?es ? partir des ann?es trente par les nouvelles ?lites urbaines, avant que n?entrent en sc?ne, apr?s la Seconde Guerre mondiale, les masses ouvri?res.
Abd el-Krim sut exploiter l?opposition ? la domination europ?enne et le m?contentement des populations rifaines ; la R?publique des tribus conf?d?r?es du Rif mit un moment en p?ril le protectorat. La reddition d?Abd el-Krim en 1926, comme le retrait de Lyautey, ouvrit une nouvelle p?riode o? la France recourut de plus en plus ? l?administration directe, acc?l?ra la colonisation rurale (en 1935, 840 000 ha, dont 271 000 ha de lots officiels), encouragea le peuplement europ?en et reprit la conqu?te militaire, achev?e en 1944. Les effets de la crise ?conomique mondiale, qui fut sensible au Maroc en 1931-1932, des maladresses administratives, comme le dahir (arabe, ?ahir , loi) sur la juridiction berb?re de mai 1930, la pouss?e d?mographique et ses premi?res cons?quences sociales provoqu?rent les premiers sympt?mes d?une nouvelle opposition. Celle-ci ne vint plus de la montagne et des forces traditionnelles, mais des jeunes ?lites modernes.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:07

Renouveau du nationalisme


Ce mouvement nationaliste urbain, influenc? aussi par les doctrines r?formistes et panarabes qui agitaient l?Islam, prit forme en 1930. Le premier parti politique marocain, sous le nom de Comit? d?action marocaine, anim? par Allal el-Fassi, Ouazzani et Balafrej, ?labora un ? plan de r?formes ? qui, sans remettre en cause le principe du protectorat, s?en prit ? ses d?viations et ? l?administration directe.
L??re de lib?ralisme politique qu?ouvrait, en 1936, l?av?nement du Front populaire en France encouragea les espoirs. Le mouvement gagnait les villes et les campagnes. Les troubles de 1937, ? Mekn?s et Marrakech, montr?rent son extension. Pourtant, ? la veille de la Seconde Guerre mondiale, les divisions du parti nationaliste, la crainte des revendications des pays de l?Axe rapproch?rent Fran?ais et Marocains.
Au lendemain du conflit, la situation avait consid?rablement chang?. Les difficult?s alimentaires, montrant la fragilit? de l??conomie du pays, avaient provoqu? une grande mis?re et une forte ?migration rurale. Le syst?me colonial avait partout ?t? ?branl?, la Charte de l?Atlantique avait rappel? le ? droit de tous les peuples ? choisir la forme de gouvernement sous lequel ils veulent vivre ?. Le d?barquement am?ricain de novembre 1942, l?entrevue d?Anfa de 1943 o? le sultan rencontra Roosevelt, les encouragements du pr?sident des ?tats-Unis au nationalisme marocain pr?cis?rent les revendications des partis politiques. L?influence de la Ligue arabe, la caution donn?e au mouvement nationaliste par le sultan (discours de Tanger, 1947) rendaient urgente une nouvelle d?finition du r?gime du protectorat.
Des n?gociations s?engag?rent entre le sultan Sidi Mohammed et le gouvernement fran?ais, mais elles achopp?rent sur la question de souverainet?. ? la f?te du Tr?ne, qui co?ncidait en 1952 avec le vingt-cinqui?me anniversaire de son av?nement, le sultan r?affirma sa volont? d?ind?pendance, cependant que les sanglants ?v?nements de Casablanca, les 7 et 8 d?cembre, annon?aient la crise. La r?sidence interdit le Parti communiste et le parti de l?Istiqlal (ind?pendance), encouragea l?opposition au sultan de certains milieux traditionalistes (p?tition du 21 mai 1953). Le 20 ao?t, Sidi Mohammed fut contraint d?abdiquer. Il fut remplac?, le 21, par son cousin Ben Arafa. Le gouvernement fran?ais avait laiss? faire : sa politique marocaine s??laborait moins ? Paris que dans les cercles li?s ? la r?sidence.
Les r?formes qui devaient justifier le coup de force furent remises de mois en mois devant l?opposition conservatrice, puis le d?veloppement du mouvement de r?sistance marocain. Aux difficult?s int?rieures s?ajoutaient les difficult?s ext?rieures. L?Espagne appuyait l?opposition marocaine. Les ?tats arabes et asiatiques apportaient, aux Nations unies, leur soutien au mouvement nationaliste. Les revers d?Indochine (mai 1954), l?insurrection alg?rienne (1er nov. 1954) contraignirent le gouvernement fran?ais ? s?orienter vers une solution politique.


soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:08

L?ind?pendance


Apr?s la recherche laborieuse d?un compromis, la d?claration de La Celle-Saint-Cloud, le 6 novembre 1955, annonce des ? n?gociations destin?es ? faire acc?der le Maroc au statut d??tat ind?pendant uni ? la France par des liens permanents d?une interd?pendance librement consentie et d?finie ?. Les n?gociations furent rapidement men?es et aboutirent, le 2 mars 1956, ? un accord qui consid?rait comme caduc le trait? de F?s du 30 mars 1912 et reconnaissait l?ind?pendance du Maroc.
L?Espagne dut aligner son attitude sur celle de la France et mit fin ? son pouvoir sur la zone nord (d?claration commune de Madrid, 6 avril 1956, accord du 7 avril 1956). Le sort de Tanger, enfin, fut r?gl? par la Conf?rence qui se tint ? Fedala du 8 au 29 octobre 1956. Le Maroc ?tait, ? la fin de 1956, redevenu ind?pendant et unifi?.


soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:09

L?historiographie Marocaine


De multiples t?ches attendaient le ? nouvel ? ?tat. Il lui fallait se d?gager des influences administratives ?trang?res, rallier une fraction r?ticente de l?arm?e de lib?ration, cr?er des institutions. Il lui fallait aussi retrouver le sens de son ?volution historique.
La lutte pour l?ind?pendance semblait se poursuivre par la reconqu?te d?un pass? qui paraissait avoir ?t? doublement confisqu? : d?une part dans sa gestion, d?autre part dans son ?criture dont on supposait qu?elle avait ?t? syst?matiquement d?form?e par la vision ? coloniale ?. La red?couverte de leur pass? par les Marocains et le renouvellement de l?historiographie dominent ainsi la vie culturelle du Maroc depuis les ann?es 1960.
Au vrai, le protectorat, s?il avait fourni des instruments de travail en publiant des sources europ?ennes (Les Sources in?dites de l?histoire du Maroc , 30 vol.), des monographies (Villes et Tribus , 13 vol.) et des revues d?un haut niveau scientifique (Archives berb?res , 1915-1920 ; Archives marocaines , 1904-1936 ; Hesp?ris, depuis 1922), avait surtout encourag? les travaux arch?ologiques.
Les premi?res ann?es de l?ind?pendance sont marqu?es par un manich?isme aux valeurs invers?es, ainsi que par la recherche de la sp?cificit? de l?histoire marocaine dans des interpr?tations g?n?rales souvent d?inspiration marxiste.
Le renouvellement se fait dans les ann?es 1980 seulement. Il est d? conjointement ? la rel?ve de jeunes historiens marocains et ? l?acc?s ? de nouvelles sources.
Au Maroc, la direction des Archives royales a commenc? de publier, ? partir de 1972, les documents du Makhzen (El Wuatiq, 7 volumes parus), puis a ouvert aux chercheurs, pr?cautionneusement, puis assez largement, les fonds royaux. La multiplication des universit?s (13 en 1992) a d?centralis? la recherche, accru le nombre des d?partements d?histoire avec leurs congr?s, leurs revues, leurs instituts de recherche.
Une partie croissante de la production historique est publi?e en arabe. Elle demeure peu connue hors du Maroc ? cause des difficult?s de diffusion des livres et des revues. La plupart des nombreuses th?ses universitaires, en grande partie exemptes des travers de la p?riode pr?c?dente, utilisent de mani?re scientifique des sources multiples.
? la fin de 1988, l?ouverture des Archives fran?aises rapatri?es du Maroc et conserv?es dans le d?p?t des Archives diplomatiques de Nantes a donn? un nouvel ?lan ? la recherche.


soly

geographie
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:10

? l?extr?mit? occidentale de l?Afrique du Nord, comme une ?le entre la mer et le d?sert, le Maroc a certainement la personnalit? la plus accus?e du Maghreb. Il est accident? de montagnes jeunes, dessinant une dorsale de hautes terres, flanqu?e de part et d?autre par des plaines ou des plateaux. Projet? entre la M?diterran?e et l?Atlantique, s?par? de l?Europe par un d?troit de quatorze kilom?tres, profond?ment enracin? au sud dans le continent africain, le Maroc appartient ? la fois au monde m?diterran?en, au monde oc?anique et au monde saharien.
Le contact atlantique est sans doute l??l?ment le plus original. Du cap Spartel au cap Juby, il se fait sur plus de mille kilom?tres le long d?une c?te rocheuse, battue par la grande houle contre laquelle ne s?offrait aucun abri s?r jusqu?? la construction des ports de Casablanca et de Safi. Ce littoral est bord? de plaines basses ou de plateaux peu ?lev?s qui ne s?opposent aucunement ? la p?n?tration des influences maritimes. Les vents humides se propagent facilement jusqu?? l?amphith??tre montagneux qui enserre ces plaines ; ils permettent la culture en terre s?che loin dans l?int?rieur. Ces caract?res font consid?rer le Maroc occidental, ou atlantique, comme le ? Maroc utile ? et le coeur ?conomique du pays.
La fa?ade m?diterran?enne, sur quatre cent cinquante kilom?tres, est ? la fois plus ?troite et plus isol?e. Les montagnes qui la bordent sont difficilement franchissables. Elle se r?duit ? une bande c?ti?re, limit?e par un rivage abrupt et sauvage, praticable seulement ? ses extr?mit?s. Mais le monde m?diterran?en, au moins dans ses aspects humains les plus remarquables (cultivateurs et arboriculteurs s?dentaires), se prolonge ? la faveur du relief, par-del? les parcours b?douins du Moyen Atlas, jusque chez les Chleuhs du Haut Atlas ou de l?Anti-Atlas occidentaux.
Le contact saharien est moins pesant au Maroc qu?en Alg?rie ou en Tunisie, gr?ce ? la diagonale de montagnes. Cependant, la face est et la face sud du pays s?incorporent aux hautes plaines steppiques ou au socle saharien, et l?obstacle montagnard n?est pas tel que, de temps ? autre, les masses d?air du d?sert ne se d?versent sur les plaines atlantiques qu?elles r?chauffent et dess?chent ; c?est le chergui .

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:11

Un relief tr?s diversifi?
Parmi les pays de l?Afrique du Nord, le Maroc se distingue ? la fois par l?altitude plus ?lev?e de ses montagnes et par la remarquable extension des plaines et des plateaux. Le Haut Atlas occidental compte plusieurs sommets d?passant quatre mille m?tres, dont le djebel Toubkal (4 165 m) qui est le point culminant de toute l?Afrique du Nord. En revanche, les surfaces planes ou peu accident?es couvrent pr?s des deux tiers du pays.
Dans l?ensemble des montagnes marocaines, le Rif, au nord, est un syst?me ? part dont la structure en nappes s?apparente ? celle des unit?s telliennes d?Alg?rie. Relativement peu ?lev? (2 450 m au djebel Tidighine), le Rif est cependant une cha?ne compliqu?e, d?vers?e vers le sud, arqu?e et allong?e d?est en ouest. Comme l?Atlas tellien qu?il prolonge, il contribue ? l?isolement du littoral m?diterran?en.
Au sud, le Haut Atlas, orient? est-nord-est - ouest-sud-ouest, est aussi dans le prolongement des montagnes alg?riennes de l?Atlas saharien. C?est un ?norme pli de fond soulevant, entre de grandes cassures, un bloc de roches anciennes, le Haut Atlas occidental, avec sa couverture secondaire, le Haut Atlas central et oriental. Cette cha?ne rigide ?lev?e, mais franchissable en deux ou trois endroits (Talremt, Tichka, Tizi-n-Test), tombe sur la mer par des plateaux tranch?s brutalement par la c?te.
Le Haut Atlas et le Rif encadrent une r?gion tabulaire, une meseta . ? l?est, l?extr?mit? occidentale des hautes plaines oranaises constitue les hauts plateaux du Dahra au-dessus de la vall?e de la Moulouya. ? l?ouest, la Meseta marocaine est soulev?e au maximum jusque vers quinze cents m?tres dans le Massif central marocain, et ses roches anciennes sont recouvertes, ? l?est, par la masse calcaire du Moyen Atlas. Dans sa partie orientale, le Moyen Atlas forme une cha?ne pliss?e, d?passant trois mille m?tres au-dessus de la Moulouya (Blou-Iblane et Bou-Nassere). Cet ?difice compact et peu articul?, ce ? dos que le Maroc tourne ? l?Alg?rie ? ne laissant entre le Rif et lui que l??troit couloir de Taza, cr?e l?originalit? du Maroc atlantique auquel rien, en Afrique du Nord, ne peut ?tre compar?.
Enfin, dans l?extr?me Sud, la bordure saharienne a ?t? ploy?e jusqu?? plus de deux mille m?tres en pli de fond dans l?Anti-Atlas, coup? en deux par la perc?e nord-ouest - sud-est de l?oued Dra. Au nord, l?Anti-Atlas est s?par? du Haut Atlas par un long sillon interrompu par le volcan tertiaire du Siroua (3 300 m). Au sud, les cr?tes monoclinales du djebel Bani s?enfoncent plus ou moins r?guli?rement sous les plateaux d?sertiques des hamadas.


soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:12

Des domaines bioclimatiques contrast?s
La disposition du relief, les influences conjointes de l?Oc?an et du d?sert, la position du pays en latitude et longitude font du climat marocain un climat m?diterran?en ? l??t? sec, ? la fois contrast? et nuanc?.
Ici encore, le domaine le plus original est le domaine atlantique. La proximit? de la mer att?nue les ?carts de temp?rature et accro?t sensiblement l?humidit? de l?air. Des cultures permanentes en terre s?che existent au Maroc ? la latitude de B?char et des grands ergs nord-sahariens. Cependant, la latitude et la distance de la c?te imposent des subdivisions. Sur le littoral, au nord de Safi, r?gne un climat m?diterran?en atlantique de type portugais, avec quatre cents ? huit cents millim?tres de pr?cipitations ; au sud, c?est un climat canarien, temp?r?, brumeux pendant la p?riode estivale, mais avec des pr?cipitations de plus en plus faibles vers le sud. Dans l?int?rieur, au nord, les ?t?s chauds et secs, les hivers frais ou froids selon l?altitude, avec des pr?cipitations sup?rieures ? quatre cents millim?tres, s??tendent jusqu?en bordure du Moyen Atlas ; au sud, l??t? est excessif, aride, et certaines ann?es sont franchement d?sertiques.
Le domaine montagnard est naturellement plus complexe et vari?. Les hivers y sont froids et pluvieux, le gel et la neige fr?quents. Les ?t?s sont chauds malgr? l?altitude, et les orages font qu?ils ne sont pas absolument secs. De multiples climats locaux tiennent ? la position en latitude et altitude, ? l?exposition et la topographie.
L?est du Maroc se caract?rise par une s?cheresse accentu?e (il y tombe partout moins de quatre cents millim?tres d?eau par an) et par des ?carts thermiques tr?s sensibles entre l?hiver et l??t?. Le gel et la neige sont loin d?y ?tre inconnus : on retrouve l? les traits du climat de l?Oranie. La r?gion pr?saharienne exag?re encore ces caract?res. Les pr?cipitations, inf?rieures ? deux cents millim?tres, y sont rares et irr?guli?res, et les ?carts thermiques accus?s aussi bien d?une saison ? l?autre qu?entre le jour et la nuit. Seule la frange atlantique jouit de conditions l?g?rement plus mod?r?es.
Comme dans tous les pays m?diterran?ens, l?obstacle majeur ? l??panouissement de la v?g?tation est la s?cheresse de l??t?, ? laquelle s?ajoute, au-dessus de mille m?tres, le froid de l?hiver. Sur la c?te, cette s?cheresse est en partie compens?e par les brouillards littoraux. Mais vers le sud et vers l?est, la moyenne des temp?ratures augmente alors que les pr?cipitations diminuent. Les conditions d?favorables de l??t? m?diterran?en tendent ? occuper l?ann?e enti?re ; et la v?g?tation s?appauvrit et se disperse. Bien s?r, des facteurs locaux perturbent la r?gularit? de cette d?gradation. Les plaines atlantiques int?rieures m?ridionales font d?j? figure de demi-d?serts. En montagne, au contraire, les ?tages ?lev?s, sur les versants humides, conservent loin au sud un manteau forestier. Une fois de plus, la dorsale diagonale montagnarde s?pare nettement un domaine atlantique d?un domaine oriental et saharien.


soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:13

Le probl?me de l?eau
Ce r?le permanent de la montagne se retrouve, en dernier lieu, dans les caract?res de l?hydrographie. Gr?ce ? son altitude, le Maroc, mieux arros? que le reste du Maghreb, est dot? en son centre d?un v?ritable ch?teau d?eau d?o? divergent de grands fleuves permanents vers l?Atlantique, tels le Sebou, le Bou-Regreg, l?Oum er-R?bia, le Tennsift, le Souss ; vers la M?diterran?e, comme la Moulouya ; et m?me vers le Sahara : Dra, Dad?s. Cependant, la plupart des cours d?eau marocains sont des oueds, c?est-?-dire des goutti?res intermittentes, ? sec en ?t?, gonfl?es en automne et au printemps par des crues brutales et passag?res.
Ces conditions posent ? l?homme un grave probl?me d?eau, que la technique moderne s?efforce de r?soudre mieux qu?autrefois : exc?s d?eau, seulement, il est vrai, dans la basse plaine du Gharb, et surtout manque d?eau, en partie r?solu par une irrigation ? laquelle la plus grande partie du Maroc, le bled seguia , doit la vie.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:13

Population et activit?s ?conomiques
L?explosion d?mographique a accompagn? le profond changement de la r?partition du peuplement, favorable aux r?gions basse-atlantiques. La puissance de la conurbation atlantique (Casablanca-Rabat), pivot de l?organisation territoriale, s?est affirm?e en m?me temps que le Maroc s?urbanisait rapidement et modernisait ses structures de production. Malgr? les progr?s r?alis?s - agriculture irrigu?e, diversification industrielle -, les bases ?conomiques du pays demeurent fragiles. Le bilan social est m?diocre ; l?aggravation des in?galit?s sociales menace l??quilibre de la formation nationale.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:16

Population et d?veloppement
Forte de 27 millions d?habitants en 1994, la population est tr?s in?galement r?partie sur le territoire national. Les r?gions situ?es au-del? des montagnes atlasiques forment une p?riph?rie d?laiss?e ; elle n?est parcourue que par quelques groupes de pasteurs semi-nomades, ou habit?e ponctuellement par des ksouriens ? l??troit dans les vall?es du pied de l?Atlas (Tafilelt, Dad?s, Draa) qui ne trouvent que dans l??migration des ressources propres ? assurer leur survie. Le vaste amphith??tre montagneux dominant les plaines atlantiques oppose les r?gions pastorales du Moyen Atlas, du Haut Atlas oriental et du Plateau central, peu peupl?es, aux montagnes dens?ment occup?es du Rif du Haut Atlas occidental et de l?Anti-Atlas. La forte pression d?mographique, caract?ristique de montagnes refuges, y a nourri de puissants courants d??migration. Les bas pays atlantiques rassemblent, sur un cinqui?me du territoire, les trois quarts des populations. L?inversion du peuplement, caract?ristique du Maroc ancien, est effac?e.
La dynamique d?mographique est caract?ristique d?un pays qui se trouvait, il y a quelques ann?es encore, au plus fort de la transition d?mographique. Estim? ? 5 millions d?habitants au d?but du XXe si?cle, ? 10 millions en 1956, l?effectif de la population d?passera 30 millions en l?an 2000. La baisse de la mortalit? (8 p. 1 000 en 1991), in?gale selon les milieux de r?sidence - les campagnes accusant un s?rieux retard - et selon les groupes sociaux, fut responsable de l?explosion d?mographique. La f?condit? n?a d?croch? qu?au milieu des ann?es 1970. Le nombre d?enfants par femme est pass? de 7,2 en 1962 ? 4,2 en 1992. La promotion du statut de la femme citadine, autoris?e gr?ce ? l??cole et au travail salari?, explique la diff?rence importante de f?condit? entre les villes (2,5 enfants par femme) et les campagnes (6 enfants). Avec un taux d?accroissement naturel de 2,2 p. 100, le Maroc appartient au groupe des pays les plus prolifiques du monde. La charge d?mographique de 520 000 personnes suppl?mentaires que la soci?t? supporte annuellement met en question la capacit? du syst?me politique ? cr?er les conditions de la mobilisation de la force de travail et de la satisfaction des besoins fondamentaux des familles.
La proportion d?analphab?tes de quinze ans et plus demeure ?lev?e : 51 p. 100 pour les hommes et 78 p. 100 pour les femmes, en 1990. Afin de sortir les populations de l?illettrisme, de s?rieux efforts ont ?t? accomplis dans le domaine de l??ducation. Cependant, la pression d?mographique a nui ? la r?alisation des objectifs. Beaucoup d?enfants scolarisables ne fr?quentent pas l??cole. La scolarisation de 80 p. 100 dans le primaire (de 6 ? 11 ans) tombe ? 30 p. 100 dans le secondaire. Les ? ?vasions ? scolaires des jeunes filles ? l??ge de la pubert? sont nombreuses.
L?arriv?e des jeunes sur le march? du travail est le probl?me central auquel est confront?e la soci?t?. Le ch?mage est un ch?mage de jeunes - plus de la moiti? des ch?meurs ont moins de vingt-cinq ans -, et le sous-emploi s??tend. Les activit?s du secteur non structur? (S.N.S.), parcellis?es et de large diffusion spatiale, comprennent autant les petites entreprises de production marchande, fortes consommatrices de main-d?oeuvre, que les travaux occasionnels de simple survie. Elles alimentent l?effervescence des quartiers populaires. La population active occup?e du S.N.S. pr?domine dans la plupart des branches d?activit? urbaine, particuli?rement dans les secteurs du commerce, des services, des transports et de l?artisanat, avec des proportions sup?rieures ? 70 p. 100. Le poids et le r?le du secteur informel r?v?lent l?incapacit? de l??conomie moderne ? mobiliser la force de travail et la facult? d?adaptation des populations ? une situation de p?nurie et de crise. Le S.N.S., en se d?multipliant, occupe le plus grand nombre, mais il ne lui procure que de faibles ressources et le condamne ? la pluriactivit?. Plus du tiers de la population vit au-dessous du seuil de pauvret?, conscient des disparit?s ?conomiques et sociales accrues et du fonctionnement d?une soci?t? ? plusieurs vitesses. Il en r?sulte une situation sociale de crise, particuli?rement aigu? dans les villes.

L?urbanisation du Maroc
Mod?r?e jusqu?? la Seconde Guerre mondiale, puis rapide, la pouss?e urbaine s?est intensifi?e jusqu?? devenir explosive. La population des villes est ainsi pass?e de 420 000 habitants en 1900, r?partis dans vingt-sept villes, ? 2,9 millions d?habitants au lendemain de l?ind?pendance et ? plus de 13 millions d?sormais, r?sidents d?environ trois cents centres urbains. La multiplication et la diffusion spatiale des villes, l??talement d?sordonn? des espaces urbains r?v?lent l?intensit? du processus. Celui-ci r?sulte de la rencontre de la dynamique d?mographique citadine avec celle de la migration campagnarde. Ballott?e par les modernisations, mais conservatrice en mati?re de structures agraires in?galitaires, la soci?t? rurale a aliment? de puissants courants migratoires. Ils repr?sentaient, en ann?e moyenne, 45 000 personnes (ann?es 1950), puis 125 000 personnes (ann?es 1970) et enfin 271 000 personnes en 1987.
L?armature urbaine est assez bien ?quilibr?e. Au sommet de la hi?rarchie, deux villes millionnaires : Casablanca (3 millions d?habitants), m?tropole captatrice de tous les pouvoirs ?conomiques, et Rabat-Sal? (plus d?un million de citadins), capitale politique et administrative. Les villes de second rang conservent des r?les r?gionaux actifs ? l?image des anciennes cit?s historiques de F?s et de Marrakech, des centres de Mekn?s, d?Oujda et Tanger. Un troisi?me niveau de villes provinciales structure le territoire. T?touan, Kenitra, la capitale du Rharb, Safi, Agadir ? la t?te du r?seau du Souss ont d?pass? les 200 000 habitants, tandis que Beni Mellal, Khouribga, centres dynamiques des plaines et plateaux du Centre-Ouest, Mohammedia, Laayoun, capitale ?conomique des provinces sahariennes, et d?sormais El Jadida, Nador ainsi que plusieurs autres centres (Ksar el-Kebir, Taza) ont franchi le seuil des 100 000 habitants. Une vingtaine de villes de plus de 100 000 habitants, regroupant plus de 70 p. 100 des citadins, et un nombre ?quivalent de centres de 50 000 ? 100 000 habitants dominent une constellation de villes petites et moyennes (entre 230 et 250, selon les crit?res retenus), en moyenne tr?s dynamiques. D?sormais, le contr?le du territoire par les villes est total. L?int?gration des ?conomies r?gionales dans la sph?re de l??conomie de march?, l??largissement du cadre d?intervention de l??tat, la diffusion des innovations et de nouveaux modes de consommation ont pleinement particip? ? l?urbanisation des espaces et des soci?t?s r?gionales.
Le domaine aride compte plus d?une trentaine de petites villes ; les remises des travailleurs ?migr?s et la promotion administrative ont g?n?r? de multiples flux d??changes commerciaux et de services. Les montagnes, travers?es par la route, parcourues par les marchands ont vu na?tre quelques centres commerciaux, aux noeuds routiers ou le long des ? p?n?trantes ?. Le r?seau urbain des bas pays n?a pas cess? de se renforcer. Demeure le contraste entre la moiti? septentrionale, plus riche et solidement structur?e par plusieurs armatures urbaines r?gionales (Chaou?a-Tadla, Rharb-Sa?s...), et la zone, au sud de l?Oum er-Rbia, insuffisamment organis?e d?o? n??mergent que quelques gros foyers urbains : Marrakech, Safi et la conurbation gadirie.
Au centre du dispositif spatial, dominant le r?seau urbain, ordonnant toute la vie du pays, la conurbation atlantique rassemble quatre citadins sur dix. De forme ruban?e, s??tendant sur 2 000 kilom?tres carr?s, elle englobe deux villes millionnaires, une capitale r?gionale, une ville industrielle, des cit?s satellites, de vastes zones r?sidentielles p?riurbaines, des espaces industriels et consacr?s aux loisirs, des ceintures mara?ch?res et constitue une zone m?tropolitaine d?environ 5 millions d?habitants dont le poids gauchit toute l?organisation de l?espace.
Les transformations de l??conomie : l?agriculture
La place du secteur agricole se mesure ? sa contribution ? la formation du produit int?rieur brut (17 p. 100), ? sa part dans l?emploi national (autour de 35 p. 100) et ? sa participation dans les ?changes (un quart de la valeur des exportations). Cette dimension comptable est ambigu?, car fonctionnent deux agricultures aux caract?res distincts. L?agriculture vivri?re, zone de bour (culture s?che) ou de petite hydraulique, caract?ris?e par la pauvret? des moyens de production et la m?diocrit? des rendements, fut n?glig?e par l??tat bien que regroupant la majorit? des surfaces cultiv?es et des hommes. L?agriculture moderne, dynamique et performante, est l?objet de toutes les attentions de l??tat moderne qui favorise la grande hydraulique, les cultures d?exportation, les productions sous contrat... L?agriculture vivri?re ? n?o-traditionnelle ? occupe les trois quarts de la surface cultiv?e des plaines et des collines. La m?diocrit? des rendements, comparativement aux potentialit?s des milieux r?gionaux, s?explique autant par la faiblesse et les irr?gularit?s des pr?cipitations - pr?s de 90 p. 100 des terres sont en agriculture pluviale - qu?en raison de la persistance de m?thodes de travail et d?organisation de l?exploitation, de faible niveau technique. La fragilit? ?conomique et sociale des exploitations tient aussi ? l?in?gale r?partition de la surface agricole utile. 5 p. 100 des exploitants contr?lent 40 p. 100 des terres melk , 57 p. 100 des foyers ruraux sont propri?taires d?exploitations de moins de 5 hectares, tr?s morcel?es, cinq ou six parcelles en moyenne, tandis que le quart des exploitants ne poss?dent pas de terre. Les conditions du maintien de rapports sociaux de faible efficacit? ?conomique sont r?unies, capitalisme de rente et fr?quence de contrats de m?tayage (bel khobza ).
Les cultures vivri?res sont domin?es par les c?r?ales qui occupent plus de 5 millions d?hectares. La production, vuln?rable aux al?as climatiques, enregistre des variations brutales et amples ; au cours des ann?es 1980, elle a chut? ? 20,5 millions de quintaux (Mq) et s?est redress?e pour atteindre 79,4 Mq. Les c?r?ales de printemps, autres que le ma?s (4,3 Mq), n?ont pas r?ussi leur perc?e et n?occupent que des superficies restreintes : sorgho et riz, environ 21 000 hectares. Parmi les c?r?ales d?hiver, l?orge, cultiv?e sur les marges d?favorables du bour, occupe les plus grandes superficies (47 p. 100). Le bl? dur, adapt? aux traditions culturales du monde paysan, c?de la place au bl? tendre. La progression de celui-ci tient aux progr?s techniques (rationalisation des m?thodes de culture, utilisation d?intrants, diffusion de nouvelles vari?t?s) comme aux changements dans les habitudes de consommation que favorise le soutien des prix ? la consommation de la ? farine blanche ?. Le bl? tendre est cultiv? en association, sur les riches terres agricoles du Sa?s, du Rharb et des plaines de la Chaou?a et des Doukkala. Les rendements sont plus ?lev?s sur les terres irrigu?es, d?passant 25 quintaux ? l?hectare contre 14 en moyenne. Les l?gumineuses (f?ves, pois chiches, lentilles, etc.) cultiv?es sur les espaces les plus ? traditionnels ?, soumis aux rigueurs climatiques, n?occupent qu?une superficie r?duite (environ 500 000 ha) pour une production de 3,5 Mq.
L??levage conserve une place ?minente, int?ressant pr?s d?un million d?agriculteurs-?leveurs. Les ovins (14 millions de t?tes, en 1990) sont ?lev?s sur les parcours des plateaux et des montagnes, tandis que les caprins (5,3 millions de t?tes) sont nombreux dans les provinces m?ridionales, le Rif et l?Oriental. L??levage bovin (3,3 millions de t?tes) souffre, comme les autres secteurs, de bas rendements cons?cutifs au caract?re extensif et compl?mentaire : races locales et pacages sur les bours et les montagnes (Moyen Atlas et Plateau central). Dans le cadre du plan laitier, l??tat a pris des mesures d?encouragement ? la production : races bovines s?lectionn?es, d?veloppement des cultures fourrag?res, mise en place de r?seaux de collecte de lait et de coop?ratives. N?anmoins, faute de les ?tendre au monde des petits ?leveurs, le potentiel d??levage demeure sous-utilis?. Aussi, la production de viande et de lait est-elle devenue d?ficitaire depuis 1974. Les faiblesses structurelles de l?agriculture vivri?re contribuent, avec la pression d?mographique, l?urbanisation et les transformations de la consommation alimentaire, ? creuser le d?ficit alimentaire. En 1990, 1,35 million de tonnes de bl? furent import?es pour une valeur de 1,4 milliard de dirhams.
Le gouvernement a mis? sur la grande hydraulique - une soixantaine de barrages r?gularisent 9,5 milliards de m?tres cubes - et a confi? aux offices r?gionaux de mise en valeur agricole l??quipement de neuf p?rim?tres irrigu?s et l?encadrement des agriculteurs. Deux sont situ?s en r?gion aride et semi-aride : Tafilelt et Draa ; les autres appartiennent aux r?gions ? r?gime pluviom?trique plus favorable. Les p?rim?tres - ?quip?s de grande hydraulique - du Tadla (environ 100 000 ha), du Rharb (80 000 ha), de basse Moulouya (65 000 ha) et des Doukkala (60 000 ha) sont les plus ?tendus. Comme la petite et la moyenne hydraulique fournissent un apport compl?mentaire d?environ 120 000 hectares, le Maroc poss?de, au d?but des ann?es 1990, un patrimoine imposant d?environ 850 000 hectares irrigu?s.
La grande hydraulique a d?montr?, sur le plan technique, un savoir-faire remarquable dont t?moignent les barrages-r?servoirs, les damiers r?guliers des p?rim?tres et l?ordonnance des paysages. Pourtant, le co?t exorbitant des am?nagements - 70 p. 100 des investissements publics agricoles - et des charges, comme le syst?me d?incitation ? la modernisation (subventions aux intrants, cr?dit, mesures fiscales, etc.), socialement tr?s s?lectif, ont remis en question le bien-fond? de la strat?gie de d?veloppement. Parmi les principaux griefs, on retient le contr?le renforc? de l??tat (du technicien) sur les zones riches et la d?responsabilisation du fellah, la d?possession des petits agriculteurs au profit des ? gros ?, progr?s technique et injustice sociale allant de pair. La participation effective des usagers, la revitalisation des structures paysannes interm?diaires et un nouveau statut social pour le fellah requi?rent une ? nouvelle donne hydraulique ?.
Les cultures industrielles (betteraves, canne ? sucre et, secondairement, coton) ainsi que l?agrumiculture et les cultures mara?ch?res ont b?n?fici? des aides et des encouragements de l??tat, tant en amont de la production (financement et ?quipement des r?seaux d?irrigation) qu?en aval (organisation des circuits de commercialisation). Le pays importait, en 1963, la totalit? du sucre brut. Le d?marrage de la sucrerie du Beth (Sunab) fut le point d?ancrage d?une production sucri?re nationale. Le plan sucrier ?tait fond? sur la production de sucre de betterave dans les p?rim?tres du Rharb, du Tadla, des Doukkala, de la Moulouya et du Loukkos. L?encadrement technique de la production et des prix incitatifs ont permis d?atteindre 63 000 hectares en betterave sucri?re (2,9 millions de tonnes). Avec des rendements moyens de 50 tonnes ? l?hectare (betterave) et de 70 tonnes ? l?hectare (canne ? sucre), pour une production totale de 4 millions de tonnes, le Maroc satisfait les deux tiers de ses besoins. Les ol?agineux ont connu des progr?s spectaculaires. La culture du coton est pratiqu?e exclusivement dans le p?rim?tre du Tadla (15 000 ha en moyenne) ; celle du tournesol, dans le Rharb jusqu?en 1987, a gagn? d?autres r?gions. Les agrumes couvrent une superficie d?environ 70 000 hectares dont les trois quarts sont situ?s en p?rim?tres irrigu?s : Rharb, Souss Massa, Haouz et r?gion Beni Mellal. La production, sp?cialis?e dans les vari?t?s tardives (Maroc-late, cl?mentines) de 1,4 million de tonnes, en 1989, est destin?e pour plus de 50 p. 100 ? l?exportation sur les march?s de l?Union europ?enne. Les cultures mara?ch?res couvrent des superficies sup?rieures ? 170 000 hectares dont 20 000 en primeurs. Malgr? les aides de l??tat et les investissements du capital financier, les exportations rencontrent des difficult?s, en raison des concurrences externes, notamment celle des ?tats m?diterran?ens de l?Union europ?enne. N?anmoins, elles demeurent un poste important de recettes.
L?agriculture fonctionne, ainsi, ? plusieurs vitesses et g?n?re, tant les d?s?quilibres internes, techniques et culturels sont puissants, de violents contrastes de niveaux de vie, difficiles ? r?guler. Or les choix politiques r?cents de d?sengagement de l??tat risquent d?aggraver les dysfonctionnements. Que deviennent les projets de d?veloppement rural int?gr? situ?s dans les zones de bour (projets F?s-Karia-Tissa, El Hajeb, Oulmes-Rommani...) et les ambitions d?assurer la transition des campagnes ? vivri?res ? vers les formes modernes d?organisation de la vie rurale, si les soutiens et les actions de l??tat s?effacent pour laisser le champ libre aux seuls m?canismes du march? ?

Le secteur minier et ?nerg?tique.
Le sous-sol marocain rec?le les plus riches r?serves de phosphates du monde, estim?es ? 60 milliards de tonnes. Elles constituent la premi?re richesse du pays. La production annuelle, autour de 20 millions de tonnes, provient principalement des gisements des Ouled Abdoun et des Ganntour. Le monopole d?exploitation et d?exportation est confi? ? l?Office ch?rifien des phosphates (O.C.P.) qui emploie 30 000 personnes. Le groupe O.C.P. poursuit la r?alisation de divers projets parmi lesquels figurent l?extension des zones de production de Khouribga et de Benguerir, l?exploitation des gisements de Sidi Hajjaj et de Meskala. La soci?t? Phosboucraa, dans laquelle l?O.C.P. d?tient 65 p. 100 des parts et l?Espagne 35 p. 100, exploite les phosphates sahariens (gisement d?oued Eddahab). La transformation et la valorisation des phosphates sont le principal objectif, malgr? l?extr?me vuln?rabilit? de cette mati?re aux variations des cours ; ce but est atteint pour plus du tiers de la production totale. Le complexe industrialo-portuaire de Jorf Lasfar, port inaugur? en 1982 - capacit? de transit pr?vue de 42 Mt -, a b?n?fici? des trois quarts des investissements r?alis?s par la puissance publique, dans le domaine de la chimie, durant les vingt derni?res ann?es. Gr?ce ? la mise en fonctionnement des unit?s de production de Maroc-Phosphore III et IV, le Maroc dispose, d?sormais, d?un outil de production extr?mement puissant. Le phosphate et ses d?riv?s constituent le principal poste des exportations (83 p. 100 des recettes). Les autres gisements miniers sont de faible importance. La production de minerai de fer (r?gion de Nador) et de pyrrhotine (Kettara) a chut?, celle de minerai de plomb (Aouli-Miblad?ne) et de zinc (Touissit) r?gresse, celle de minerai de cuivre (Ble?da et Bou Gaffer) et de mangan?se (Imini) stagne.
D?pourvu de p?trole et pauvre en charbon (les mines d?anthracite de Jerada fournissaient 526 000 tonnes en 1990), le Maroc est tributaire de l??tranger dans le domaine ?nerg?tique. Sa d?pendance quasi totale pour le p?trole repr?sente une lourde charge, accaparant jusqu?? 50 p. 100 des recettes d?exportation. La production ?nerg?tique appel?e sur le r?seau de l?Office national d??lectricit? a ?t? de 9 371 gigawattheures en 1990, assur?e pour pr?s de 85 p. 100 par les centrales thermiques de Mohammedia, Kenitra et Jerada. Afin de r?duire la d?pendance p?troli?re, le Maroc poursuit la mobilisation de son potentiel hydraulique et envisage une optimisation de la recherche dans les domaines du p?trole, du gaz et du charbon et le recours ? l??nergie nucl?aire.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:16

L?industrie marocaine
Les plans de d?veloppement n?ont eu de cesse d?encourager l?industrie, ?voquant l?ardente n?cessit? de promouvoir les exportations de produits manufactur?s - participation plus active aux march?s de sous-traitance internationale - sans n?gliger, pour autant, les industries de substitution dans les secteurs des biens d??quipement et interm?diaires, d?encourager la cr?ation des petites et moyennes entreprises, terreau des emplois industriels peu capitalistiques, et la r?gionalisation de l?investissement. L?appareil productif demeure de taille modeste, in?galement ?toff? et mal r?parti g?ographiquement, en d?pit des efforts consentis et de codes des investissements favorables. L?industrie manufacturi?re ne contribue que pour 17 p. 100 ? la formation du P.I.B. et emploie 335 000 actifs du secteur structur?. Cependant, nombre de petites entreprises ressortissent ? la petite production marchande, employant une abondante main-d?oeuvre faiblement qualifi?e, souvent exploit?e et sous-pay?e.
La progression des emplois, qui n??taient que de 100 000 en 1967, n?a pas att?nu? les contrastes r?gionaux. La conurbation atlantique regroupe les deux tiers des unit?s de production et pr?s de 70 p. 100 de l?emploi industriel. Le p?le casablancais, incluant Mohammedia et la couronne p?riurbaine, compos?e des petits centres industriels de Dar Bouazza, Bouskoura, Mediouna, Tit Mellil, Ain Harrouda, rassemble 62 p. 100 du total. Les autres foyers industriels paraissent, par contraste, de tr?s faible poids. Seuls ?mergent Tanger, d?sormais deuxi?me ville industrielle (20 000 emplois), sp?cialis?e dans le textile et la confection, et F?s (16 000 emplois). Safi (chimie), Mekn?s (agroalimentaire), Marrakech et Agadir (6 000 emplois) sont les autres foyers de quelque importance. Malgr? les tentatives de d?concentration de l?appareil productif - trente-cinq zones industrielles cr?es, et instauration de dispositions juridiques et financi?res favorables aux provinces -, l?industrie ?chappe peu ? l?emprise casablancaise. Gu?re plus de 10 p. 100 de la main-d?oeuvre industrielle trouve un emploi dans les moyennes et petites villes. ? l?exception des p?riph?ries de Casablanca et de Rabat-Sal?, n?apparaissent sur la carte que les petites constellations industrielles du Rharb, du Tadla, des Doukkala et du Souss.
L?industrie marocaine pr?sente une structure sectorielle assez diversifi?e, mais d?s?quilibr?e. Les entreprises productrices de biens de consommation finale, peu capitalistiques, utilisant une main-d?oeuvre attach?e ? des postes de travail sans qualification, sont les plus nombreuses. Les industries agroalimentaires, celles du textile, de l?habillement et du cuir occupent plus de 60 p. 100 des actifs du secteur r?pertori?. Les industries agroalimentaires souffrent d?une trop grande dispersion, de d?ficits d?organisation et de gestion, de l?inadaptation des ?quipements et des infrastructures, ? l?image de la p?che dont l?armement est d?pass?. L??tat a concentr? ses efforts sur l?industrie sucri?re. La construction d?une quinzaine de sucreries (7 dans le Rharb, 3 dans le Tadla) a permis de satisfaire la demande int?rieure en sucre raffin?. Les industries du textile et de l?habillement emploient plus du tiers de la main-d?oeuvre. Longtemps concentr?e dans la zone Casablanca-Mohammedia, l?industrie textile (fils, tissus, etc.) a essaim? ? F?s (usines int?gr?es de la Cofitex et de la Cotef), ? Oued Zem et ? Kasba Tadla o? fonctionnent deux filatures de coton. Les ateliers de confection et de bonneterie, structur?s ou informels, se sont multipli?s dans un certain d?sordre. S?ils rencontrent de notables succ?s ? l?exportation, encore que se dressent de multiples obstacles ? la p?n?tration des march?s ext?rieurs, ces secteurs supportent de lourds handicaps : d?pendance ? l??gard de l??tranger, insuffisance de l?int?gration industrielle, faible valeur ajout?e...
Les industries m?tallurgiques, en l?absence de complexe sid?rurgique (simple laminoir ? Nador), occupent une place modeste. L??tat a avanc? un projet de d?veloppement des activit?s ?nerg?tiques : raffinage de p?trole et production ?lectrique. L?effort principal a port? sur la r?alisation d?une seconde raffinerie de p?trole et d?un complexe des huiles lubrifiantes ? Mohammedia, tandis que la production ?lectrique a b?n?fici? de l?entr?e en service de deux importantes centrales thermiques ? Mohammedia et ? Kenitra.
Le secteur de la chimie constitue la base de l?industrie marocaine : transformation des phosphates en acide phosphorique et engrais. Apr?s Maroc-Chimie, Maroc-Phosphore I et II ? Safi, l?effort s?est focalis? sur Jorf Lasfar. Dans le cadre du plan cimentier et pour r?pondre ? une demande en progression, le secteur du ciment a connu une forte impulsion du fait de l?extension des capacit?s de production des unit?s d?Agadir, Temara, Tanger et T?touan, de la r?alisation des projets Lafarge II et de la cimenterie de l?Oriental.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:18

Les activit?s tertiaires
Le r?seau des transports permet de bonnes relations interr?gionales et internationales. Le r?seau ferroviaire a peu ?volu? depuis l?ind?pendance ; une seule liaison nouvelle, Nouasser-Jorf Lasfar, ouverte en 1987, a enrichi le r?seau, long de 1 893 kilom?tres, dont 974 ?lectrifi?s. Douze millions de voyageurs et 29 millions de tonnes (dont 68 p. 100 de phosphates) ont ?t? achemin?s en 1990. Les projets de l?Office national des chemins de fer concernent plus le renforcement des grandes lignes qu?un ?largissement du champ d?action ; l?axe Marrakech-Laayoun, long de 900 kilom?tres et d?un co?t consid?rable, rel?ve encore de l?intention politique.
Le r?seau routier ? grande circulation est infiniment plus complexe, dense et de qualit? : 60 000 kilom?tres de routes, dont la moiti? rev?tue. L?ouverture de nouvelles voies ? grandes circulation et de pistes carrossables permet une meilleure circulation des hommes et des marchandises. Le d?senclavement r?gional a contribu?, avec le resserrement des r?seaux administratifs (41 provinces et 18 pr?fectures), ? la diffusion des ?l?ments de progr?s : ?cole, dispensaire, etc., et ? l?int?gration des soci?t?s rurales dans les r?seaux d??changes mercantiles.
Les ?changes du Maroc avec l?ext?rieur s?effectuent presque exclusivement par la voie maritime. L?infrastructure portuaire se compose de huit ports de desserte nationale et internationale, d?une dizaine de ports ? caract?re r?gional. En 1990, Casablanca (16 Mt) n?assurait que 42 p. 100 du trafic, suppl?? en partie par Mohammedia, port p?trolier (5,9 Mt), et Jorf Lasfar (5,6 Mt). Safi (4,7 Mt), gr?ce aux phosphates, ?chappe ? la m?diocrit? du trafic des autres ports. Tanger demeure le seul port de voyageurs (plus de 1,1 million de passagers) emprunt? par les travailleurs marocains ? l??tranger lors de retours temporaires au pays et par les touristes.
Le transport maritime s??l?ve ? 38 Mt en 1990 ; les importations en repr?sentent pr?s de la moiti?, les postes principaux ?tant les produits ?nerg?tiques, les c?r?ales, le soufre brut ; les exportations portent encore, pour l?essentiel, sur les produits bruts d?origine min?rale et les biens alimentaires, m?me si des progr?s notables ont ?t? accomplis dans le domaine des demi-produits (engrais et acide phosphorique). La valeur des importations a progress? rapidement, creusant le d?ficit de la balance commerciale, estim? ? 22 milliards de dirhams, en 1992.
Les remises des travailleurs marocains ? l??tranger ainsi que les recettes touristiques repr?sentent deux postes essentiels de la balance des paiements ; 1,2 million de Marocains r?sident ? l??tranger, parcourant un espace migratoire de plus en plus vaste qui s??tend ? toute l?Europe, ? la M?diterran?e orientale et ? l?Am?rique du Nord. La diaspora marocaine alimente un flux financier qui n?a cess? de grossir tout au long des ann?es 1980 : 13 milliards de dirhams en 1987 contre 1 milliard en 1973. En dix ann?es, les recettes touristiques ont ?t? multipli?es par six (plus de 10 milliards de dirhams). Le nombre des entr?es ?tait estim? ? pr?s de 3 millions en 1990, dont la moiti? en provenance de l?Alg?rie voisine. L?Europe (1,2 million de touristes) est traditionnellement le premier march? touristique marocain. Les p?les les plus fr?quent?s demeurent le Sud (r?gion d?Agadir : plus de 20 000 lits) et le Tensift (Marrakech : plus de 16 000 lits). La qualit? de l?accueil est satisfaisante ; en t?moigne la densit? du parc h?telier et du r?seau des transports a?riens. Plusieurs a?roports de classe internationale fonctionnent : ? Casablanca (Mohammed-V), Agadir, Marrakech, Tanger...
Les progr?s r?alis?s, au cours des ann?es d?ajustement structurel, dans la ma?trise des d?ficits des finances publiques sont notables : le d?ficit a ?t? ramen? ? 3,3 p. 100 du P.I.B. en 1990. Cependant, la situation demeure tr?s fragile, tant l?endettement ext?rieur est ?lev? (plus de 26 milliards de dollars) et le r??chelonnement de type latino-am?ricain permanent. Jusqu?ici, le Maroc a fait face. Il le doit au dynamisme et ? l?abn?gation de son peuple. Celui-ci a besoin d?espoir et de justice sociale. L?am?lioration des conditions de vie mat?rielle et d?mocratique est une t?che n?cessaire et urgente ; elle implique une meilleure r?partition des revenus, une autre politique sociale.

Soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
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Date: 27 novembre 2005 a 22:20

3. Un changement politique ? immobile ?
En 1956, deux forces politiques, le roi et l?Istiqlal, paraissaient habilit?es, pour avoir incarn? et anim? le nationalisme marocain, ? revendiquer la conduite des affaires publiques et ? faire pr?valoir leur propre conception dans l??laboration des nouvelles institutions constitutionnelles. Aussi les premi?res ann?es de l?ind?pendance sont-elles domin?es par une lutte d?influence dont l?enjeu est le contr?le de l?appareil d??tat et la conqu?te du leadership politique. La monarchie sort victorieuse de cette confrontation en faisant adopter, par r?f?rendum en 1962, une Constitution ? sa mesure, et ce apr?s avoir contribu? ? l?effacement progressif de l?Istiqlal au profit d?un r?seau de client?les locales lui assurant le contr?le du monde rural et d?une force publique plac?e sous son autorit?. Le fonctionnement du nouveau m?canisme constitutionnel va rapidement ?tre bloqu? sous l?effet de la politisation excessive des institutions parlementaires et de leur incapacit? ? r?soudre les tensions sociales attis?es par les d?faillances ou l?immobilisme de la politique ?conomique de l??tat.
L?explosion de violence qui survient ? Casablanca, en 1965, sonne le glas de cette exp?rience parlementaire, et la proclamation de l??tat d?exception ouvre une p?riode d?autoritarisme qui conduit ? la concentration totale du pouvoir entre les mains du roi, et ? une certaine traditionalisation dans l?exercice du pouvoir. D?savouant les partis et r?habilitant les proc?d?s traditionnels de l?influence politique et religieuse de la monarchie ch?rifienne, le roi va gouverner en s?appuyant sur un r?seau d??lites administratives, rurales et ?conomiques, dont le loyalisme est la seule condition qui garantisse leur prosp?rit? ?conomique et leur prestige social. L?absolutisme royal devient la trame d?un syst?me qui s?accommode d?une corruption intensive, d?une r?pression s?lective et d?un enrichissement outrancier - ? seule fin d?entretenir son propre fonctionnement. En 1970, le pouvoir va jusqu?? p?renniser ce syst?me en l?inscrivant dans un texte constitutionnel qu?il ?labore et fait adopter par r?f?rendum. La fiction institutionnelle ne pourra, cependant, trop longtemps r?sister au poids de la d?gradation ?conomique et sociale du pays caus?e par des ann?es d?inertie et de corruption au sein de l?appareil d??tat. ? trois reprises, de 1971 ? 1973, le r?gime se voit attaqu? par un de ses plus fid?les alli?s, l?arm?e, dont les tentatives de putsch et de subversion vont ?chouer. L?alerte aura pourtant suffi ? obliger le Palais ? r??valuer la situation et ? tenter de renouer avec les forces politiques.
? partir de 1972 commence une nouvelle p?riode, domin?e par l?ouverture vers les partis d?opposition et par la recherche d?un ?quilibre neutralisateur dont le Palais puisse tirer le plus grand profit. En 1972, le roi fait adopter une nouvelle Constitution, d?inspiration plus lib?rale et plus d?mocratique que la pr?c?dente, et qui va largement dans le sens souhait? par les partis de l?opposition. La politique d?ouverture bute toutefois sur leur refus de participer au gouvernement de conciliation nationale propos? par le roi apr?s le coup d??tat manqu? de l??t? de 1972. Pour renouer le dialogue, Hassan II renonce ? se placer sur le terrain strictement institutionnel en d?cidant de repousser les ?lections pr?vues par la Constitution. En revanche, il recr?e indirectement dans le champ ?conomique les conditions d?une mobilit? qu?il ne r?alise plus dans la manipulation du jeu politique traditionnel. La mise en oeuvre du plan ?conomique 1973-1977, orient? vers une croissance plus soutenue et une plus grande justice sociale, en constitue la trame principale, o? s?inscrivent des mesures d?accompagnement telles que la ? marocanisation ? du commerce et de l?industrie, la r?cup?ration des terres ?trang?res et la refonte du code des investissements. Cette strat?gie de relance et d?int?gration du champ ?conomique dans le domaine politique va lui assurer une nouvelle emprise sur des ?lites sociales qu?il ne contr?lait plus depuis les complots.
Mieux encore que ces r?formes ?conomiques et sociales, c?est une menace ext?rieure qui va permettre au roi de cr?er les conditions d?une unit? nationale. La d?colonisation du Sahara espagnol, co?ncidant avec la mort du g?n?ral Franco, va offrir au Maroc l?occasion d??chapper ? un partage in?gal du Sahara qu?il n?avait pas su remettre en cause ni avant l?ind?pendance de l?Alg?rie, ni apr?s la guerre des Sables de 1963. Apr?s une n?gociation ambigu? et une bataille juridique peu convaincante, le roi reprend l?initiative avec la Marche verte qui constitue un succ?s politique majeur sur le plan tant interne qu?international.
Le consensus sur le Sahara et l?int?gration du champ ?conomique dans le domaine politique vont permettre ? Hassan II d?engager le r?gime dans une d?mocratisation formelle, limit?e aux ?lites et ?troitement contr?l?e, avec la complicit? de l?ensemble des acteurs du syst?me politique marocain. En effet, diff?r?es en raison de l?affaire saharienne, les ?lections locales et nationales qui se tiennent respectivement en septembre 1976 et en juin 1977 voient le succ?s d?un mouvement d??lecteurs, les Ind?pendants, impuls? et favoris? par le profond courant monarchiste et nationaliste qui s?est cristallis? autour de la Marche verte. Un nouvel ?quilibre politique s?instaure sur un fond d?unitarisme, qui tend ? neutraliser les surench?res et les clivages internes au profit d?une mobilisation nationale en faveur de l?enjeu saharien. Le parti de l?Istiqlal, apr?s une cure d?opposition d?une quinzaine d?ann?es, revient au pouvoir en ?tant associ? au nouveau gouvernement conduit par Ahmed Osman, beau-fr?re du roi et pr?sident du Rassemblement national des Ind?pendants (R.N.I.). Ainsi se trouve mise en place une formule politique qui tend ? asseoir l?exercice du pouvoir sur des bases plus stables et plus rationnelles sans pour autant affaiblir le leadership du roi.

Le nouvel ?quilibre politique ? l??preuve.

Pressions locales et d?pressions ?conomiques
Cette nouvelle formule politique, issue d?un long processus de d?mocratisation, ne va pas tenir les promesses qu?on pouvait en attendre. L??quilibre institutionnel et politique que l?affaire du Sahara a largement contribu? ? instaurer va paradoxalement s?effriter sous l?effet des prolongements du conflit. Les heurts entre les Forces arm?es royales (F.A.R.) et les commandos du Front Polisario se font de plus en plus fr?quents, cr?ant ainsi un v?ritable ?tat de guerre au Sahara. La prolongation de cet ?tat de tension entra?ne un accroissement consid?rable des ? d?penses de souverainet? ? (elles triplent en trois ans et passent ? 2 milliards de dirhams pour les ?quipements militaires en 1978), qui va peser lourdement sur les finances du pays, d?j? affect?es par la stagnation des recettes phosphati?res et une inflation end?mique. Les autorit?s sont amen?es ? r?viser leurs options ?conomiques et ? observer une pause dans la politique de d?veloppement. Le plan quinquennal 1978-1982 est report? au profit d?un plan triennal de transition (1978-1980) que le roi justifie au nom d?une mystique nationaliste et unitaire, et par un appel solennel ? la ? paix sociale ?.
Cependant, loin d?entraver la crise, les nouvelles orientations ?conomiques ne font qu?accentuer le malaise social des couches salari?es et entretenir l?attentisme d?sabus? des milieux d?affaires. Parall?lement ? la perte du contr?le militaire et ? la d?gradation de sa position diplomatique, le Maroc conna?t, en 1979 et 1980, une vague de conflits sociaux dans des secteurs de plus en plus nombreux. Ces mouvements, soutenus par la Conf?d?ration d?mocratique du travail (C.D.T.), se politisent au contact des retomb?es de la r?volution iranienne et am?nent le pouvoir ? r?agir par la mani?re forte. La police intervient, faisant quelques morts et plusieurs bless?s, proc?de ? de tr?s nombreuses arrestations et investit les locaux de la C.D.T. et de l?Union socialiste des forces populaires (U.S.F.P.). Les journaux de ces derniers sont suspendus, 500 enseignants sont licenci?s et plusieurs responsables syndicaux arr?t?s et d?f?r?s devant les tribunaux. Le nouveau Premier ministre, Maati Bouabid, nomm? en mars 1979, s?efforce de renouer le dialogue avec les syndicats et de concilier une ?conomie de guerre avec une politique de progr?s social. Les salaires des employ?s du secteur public et priv? sont augment?s, une enveloppe de 100 milliards de centimes est r?serv?e au programme de d?veloppement et d?am?nagement r?gional, des mesures d??conomie d??nergie et de nouvelles restrictions d?importations sont d?cid?es pour r?duire le d?s?quilibre de la balance des paiements.
L?adoption d?un collectif budg?taire en octobre 1980 est mal accueilli par l?opposition, qui se montre tr?s critique ? l??gard de mesures qualifi?es de ? palliatifs ? court terme ?. M?me au sein de la coalition majoritaire, on n?h?site pas ? souligner les incoh?rences ou les insuffisances de la nouvelle politique ?conomique par rapport aux exigences de la situation de guerre. Sur le terrain, la pression omnipr?sente du Polisario entra?ne d?importants changements dans le dispositif militaire des F.A.R., et pousse le Maroc ? adopter une strat?gie plus offensive et de grande envergure.
Isol? sur le plan diplomatique et contest? sur le front social, le roi a cependant veill? ? renforcer l?image consensuelle et lib?rale du r?gime : en effet, les r?sultats spectaculaires des r?f?rendums des 23 et 30 mai 1980 sur les r?formes constitutionnelles (modifications des r?gles de la succession dynastique et prorogation du mandat de d?put? de 4 ? 6 ans) prennent l?allure d?un v?ritable pl?biscite (99,71 p. 100 et 96,74 p. 100 de oui) illustrant ? la parfaite symbiose du roi et du peuple ? ; ils apportent un d?menti cat?gorique au pr?tendu d?sarroi ou ? la lassitude suppos?e du peuple face ? la guerre du Sahara. Par ailleurs, durant l??t? de 1980, quelque 3 000 enseignants et agents de la Sant? publique, suspendus apr?s les gr?ves de 1979 ? Casablanca, sont autoris?s ? reprendre leurs fonctions, une centaine de prisonniers politiques sont lib?r?s et plus de 300 personnes graci?es.
En d?pit de leurs effets positifs sur les plans psychologique et symbolique, ces mesures n?ont pas emp?ch? le d?veloppement de certaines tensions politiques au sein de la majorit? et dans les relations entre le pouvoir et l?opposition. Au-del? des chiffres officiels et de l?optimisme affich? en haut lieu, les derni?res consultations ont r?v?l? une forte pouss?e de l??lectorat de l?opposition que le R.N.I. ?tait appel? ? neutraliser faute de pouvoir la canaliser. Mais cette formation h?t?rog?ne et invert?br?e, que l?ancien Premier ministre A. Osman devait transformer en un parti digne de ce nom, s?est ?puis?e en querelles st?riles et s?est caract?ris?e par l?absent?isme de ses d?put?s, sans se soucier de parachever son implantation locale ni de consolider la tenue et la diffusion de sa presse. Plus ou moins favoris?e par le ministre de l?Int?rieur, une premi?re rupture intervient en d?cembre 1980 et donne naissance ? deux groupes : d?un c?t?, les Ind?pendants lib?raux fid?les ? A. Osman, qui sont repr?sentatifs de la bourgeoisie industrielle et commer?ante, souvent li?e au capitalisme ?tranger, et qui souhaiteraient mettre fin ? une guerre incertaine et co?teuse ; de l?autre, les Ind?pendants d?mocrates, rassembl?s autour de Abdelhamid Kacimi, qui pr?tendent se distinguer par des attaches rurales et une plus grande sensibilit? au sort des couches sociales les plus d?sh?rit?es.
Entre le pouvoir et l?opposition socialiste, les relations se sont progressivement d?grad?es, l?U.S.F.P. d?non?ant les ? incoh?rences ? et les ? atermoiements ? de la diplomatie du Palais, et se montrant tr?s critique vis-?-vis du fonctionnement d?mocratique des institutions aux niveaux local et parlementaire. En outre, dans le proc?s sur l?affaire d?Omar Benjelloun, elle a tout mis en oeuvre pour infirmer la th?se officielle concluant ? l?assassinat du leader socialiste par des membres d?une association de Fr?res musulmans, la Jeunesse islamique.


soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:21

Tensions politiques, ruptures du consensus, dissensions partisanes
En 1981, les flottements de la position marocaine dans le conflit saharien vont accentuer les clivages politiques internes et provoquer une v?ritable rupture du consensus national. En effet, alors m?me que le Maroc a redress? la situation militaire et am?lior? sa position diplomatique, le roi propose au sommet africain de Nairobi un r?f?rendum contr?l? qui, selon lui, ne pourra ?tre que positif... Le Polisario est pris de court, et la question de l?admission de la R?publique arabe sahraouie d?mocratique (R.A.S.D.) est habilement contourn?e, mais l?U.S.F.P. ne manque pas de souligner les contradictions implicites d?une telle proposition et les menaces que fait peser ce compromis sur la ? marocanit? ? des territoires sahariens. Autant de raisons qui lui paraissent justifier la consultation du peuple marocain sur l?? int?grit? territoriale ? de son pays. Ressenti comme une offense personnelle, ce communiqu? entra?ne l?arrestation de cinq membres du bureau politique de l?U.S.F.P., dont trois seront condamn?s ? un an de prison ferme pour ? incitation au d?sarroi ? et ? atteinte aux citoyens dans leur attachement ? la personne du souverain ?. Une r?action qui permettrait de confirmer l??troitesse des capacit?s d?expression de l?opposition, et de mesurer l??quivoque des fondements m?mes du consensus saharien. En effet, on n?oublie pas, dans les rangs de l?U.S.F.P., que le Sahara aurait pu ?tre r?int?gr? dans la foul?e de l?ind?pendance si la monarchie avait aid? l?arm?e de lib?ration du Sud ? poursuivre sa perc?e, et si elle avait d?velopp? une ? guerre populaire ? de type alg?rien au lieu de s?employer ? la d?sarmer et ? la dissoudre dans une arm?e vou?e au service exclusif de la dynastie et ? la mise au pas de toutes les forces concurrentes ou suspectes. ? l?inverse, pour les partis de la coalition majoritaire, le roi ne peut faillir au r?le historique de ? r?unificateur du royaume ? qu?il s?est assign?, et rien ne permet de douter du succ?s de sa strat?gie fond?e sur la pers?v?rance diplomatique et le r?alisme politique.
Dans cette ?preuve de force, chaque partie peut se trouver de bonnes raisons pour reprocher ? l?autre d?avoir rompu le consensus : pour le roi, il lui faut d?une part justifier la r?pression qu?il a fait subir ? l?U.S.F.P. apr?s les graves ?meutes de Casablanca (juin 1981), dont il lui attribue en partie la responsabilit? ; d?autre part, accentuer la marginalisation politique de cette derni?re et saper le cr?dit populaire incontestable qu?elle a su reconstituer ? la faveur de la lib?ralisation et avec l?aide de la C.D.T. Quant ? l?U.S.F.P., son tribut ? l?unanimit? ne lui a rien apport? sur le plan politique et elle n?a pas su endiguer les d?bordements de sa base militante, qui lui reproche son manque de combativit? sur le plan ?conomique et social. En fait, ce schisme d?passe l?affaire saharienne proprement dite pour concerner le projet global de soci?t? autour duquel de tr?s fortes tensions se sont cristallis?es, en raison m?me du poids financier de la guerre et de son discr?dit dans certaines couches de la population.
Les tragiques ?meutes de Casablanca survenues en juin 1981 symbolisent ? cet ?gard un point de rupture du pacte communautaire sous la pouss?e d?injustices trop flagrantes, et sous l?effet de contradictions sociales engendr?es par les incoh?rences, les ?checs ou les d?faillances de l??tat dans sa conduite politique du d?veloppement. Bien que le roi ait reconnu plus tard la responsabilit? du r?gime dans ces ?v?nements, il n?a voulu en retenir que les vis?es d?stabilisatrices et les atteintes ? la coh?sion nationale, comme pour mieux justifier la duret? et l?ampleur de la r?pression men?e ? l?encontre de l?opposition.
Arrestations et inculpations en masse, proc?s en s?rie, fermeture de locaux, interdiction de journaux, c?est toute la panoplie polici?re et judiciaire qu?a d?ploy?e le gouvernement ? l?encontre de la C.D.T. et de l?U.S.F.P., accus?s d?avoir ?t? les instigateurs du soul?vement populaire. Une longue s?rie de proc?s s?ouvre dans les grandes villes du pays, m?me dans celles o? aucune violence n?a ?t? signal?e : les poursuites visent indistinctement les manifestants et les militants syndicalistes et politiques. Les verdicts sont s?v?res et refl?tent la volont? du pouvoir, notamment du minist?re de l?Int?rieur, de briser l?influence politique de l?opposition socialiste. La pr?fecture de Casablanca, qui abrite 3,2 millions d?habitants, est d?coup?e en cinq nouvelles pr?fectures de mani?re ? assurer, sous couvert d?une gestion plus efficace, un contr?le renforc? de la population, en m?me temps qu?est d?cid? un plan de promotion des zones rurales et des quartiers populaires des villes.
Cette soudaine et violente flamb?e sociale n?est pas sans effet sur l??volution des dissensions internes du R.N.I. dont l??clatement, d?j? consomm? au niveau parlementaire, va se traduire par la cr?ation, en juillet 1980, d?un nouveau parti, le Parti national d?mocratique (P.N.D.). Le Palais prend appui sur ce parti dont le discours ? consonance populiste lui permet d?accr?diter, aupr?s des couches populaires urbaines et rurales, la politique de rigueur et d?aust?rit? impos?e par l?aggravation des d?s?quilibres ?conomiques et financiers. Le nouveau gouvernement de novembre 1981, toujours conduit par Maati Bouabid, leur fait une tr?s large place, au d?triment des anciens Ind?pendants qui en sont ?cart?s. Le roi confie ? ces derniers la ? lourde et importante mission ? de devenir une ? opposition constructive ? pour les deux ann?es de la l?gislature, qui est prolong?e jusqu?en 1983. Dans le m?me temps, il condamne comme ? anticonstitutionnelle ? l?attitude de l?U.S.F.P. dont les d?put?s se sont retir?s du Parlement pour protester contre l?application, ? l?actuelle l?gislature, de l?allongement du mandat parlementaire approuv? par le r?f?rendum de mai 1980.
Alors que le processus de d?mocratisation paraissait bloqu? ? la fin de 1981, les premiers signes d?un retour ? la d?mocratie apparaissent d?s le printemps de 1982 : Abderrahim Bouabid et les deux autres dirigeants socialistes sont graci?s par le roi en f?vrier, tandis qu?en avril l?U.S.F.P. et la C.D.T. sont autoris?s ? rouvrir leurs locaux. La perspective des ?ch?ances ?lectorales de 1983 n?est pas ?trang?re au renouveau de la vie des partis, marqu? par la tenue des congr?s du parti de l?Istiqlal en avril et du P.N.D. en juin 1982.
Pour les deux partis, il est en effet urgent de r?activer la vie politique nationale sur de nouvelles bases, en exploitant, pour l?Istiqlal, le terrain laiss? ? droite par la scission du R.N.I. et, pour le P.N.D., le ? vide politique ? laiss? par les vieux partis traditionnels issus du mouvement national. Arslane El Jadidi, secr?taire g?n?ral de ce nouveau parti et ministre de l?Emploi, a invit? les 10 000 congressistes r?unis ? Casablanca ? s?organiser pour jouer pleinement ce r?le de contrepoids et ? militer dans les trente-six bureaux f?d?raux d?j? install?s dans les provinces du pays. Bien que le cercle dirigeant compte beaucoup d?hommes d?affaires, l?id?ologie de ce parti ?chappe au clivage droite-gauche pour se rattacher ? une ligne r?formiste et centriste, conforme aux aspirations des couches sociales qu?il pr?tend repr?senter. Se disant solidement implant? dans les campagnes, il d?fend un programme de lutte contre l?exode rural, et pour l?am?nagement du territoire. Lors de la session d?automne, les treize d?put?s de l?U.S.F.P. d?cident de participer de nouveau ? la vie parlementaire en raison de la gravit? de la situation int?rieure, et pour ?viter de prolonger une marginalisation qui ne pourrait que lui nuire pour les prochaines consultations ?lectorales. En retour, le parti d?A. Bouabid attend du gouvernement qu?il lui restitue ses moyens, notamment qu?il autorise la reparution de sa presse, et qu?il lib?re ses militants socialistes et syndicalistes toujours emprisonn?s, parmi lesquels le r?dacteur en chef d?Al Mouharrir et le secr?taire g?n?ral de la C.D.T.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:22

Vers une d?mocratisation contr?l?e du r?gime
1983-1984 : le renouvellement d?une majorit? ?lectorale
Depuis les derni?res consultations ?lectorales de 1977, l??volution du contexte politique a conduit ? l?effritement de la majorit? entre la gauche et le Palais, sur un fond de crise ?conomique et sociale alourdi par les menaces de complot militaire p?riodiquement raviv?es par les incertitudes de la lutte arm?e et diplomatique pour la pr?servation du Sahara. Une certaine mise ? jour des forces politiques semblait donc s?imposer au pouvoir, afin de lui permettre de ressourcer sa l?gitimit? et de renouveler l?expression politique de ses soutiens. Ce sera l?objectif principal des consultations de juin 1983 pour l??lection des 15 500 conseillers communaux et municipaux et de septembre-octobre 1984 pour la d?signation de la nouvelle Chambre des repr?sentants. D?s janvier 1983, Maati Bouabid, Premier ministre en exercice, est officieusement charg? de cr?er une formation politique, l?Union constitutionnelle (U.C.), dont la vocation est de conqu?rir la g?n?ration d?apr?s l?ind?pendance et de mobiliser les larges fractions de la population, tenues jusqu?ici ? l??cart du jeu politique, notamment ? les jeunes, les cadres du secteur public ou priv? et les membres des professions lib?rales ?. Cette cr?ation vise ? briser le monopole politique des caciques du nationalisme et ? rassembler les client?les sensibles ? la modernisation et aux id?es de la droite lib?rale des d?mocraties occidentales : s?curit?, d?s?tatisation de l??conomie, privatisation du secteur public, enseignement finalis?, bref un discours aux accents n?o-lib?raux qui fait de la lib?ralisation de l??conomie le ressort principal de la relance qui est elle-m?me la cl? du progr?s social. Cette initiative entra?ne une certaine ?mulation dans les rangs de la fraction conservatrice du Mouvement national : le parti de l?Istiqlal et le Mouvement populaire n?entendent pas laisser rogner leur implantation territoriale, ni leur capital id?ologique par des cr?ations artificielles de partis de circonstance. Le P.N.D. se montre tr?s amer de ne plus ?tre consid?r? comme la pi?ce ma?tresse de la future coalition majoritaire et le R.N.I. tr?s critique ? l??gard de cette nouvelle forme d?atomisation de la vie politique nationale.
Dans les rangs de la gauche, le d?bat sur le principe de la participation aux ?lections s?en trouve ranim? ; l?U.S.F.P., qui a retrouv? des conditions plus normales d?existence, veut ? se battre sur tous les fronts ? et opte pour une strat?gie de mobilisation ?lectorale, ce qui va susciter une opposition tr?s vive du courant radical et de violents affrontements au sein de son comit? central.
Le Parti du progr?s et du socialisme (P.P.S.) se rallie ? la m?me position tout en appelant ? l?union de la gauche autour d?un programme de r?formes ?conomiques et sociales mis au point lors de son IIIe congr?s. L?Organisation arabe d?mocratique et populaire (O.A.D.P.), r?surgence de la Gauche radicale (Mouvement du 23 mars) et nouvelle venue sur la sc?ne politique marocaine, se d?clare ?galement pr?te ? affronter les comp?titions ?lectorales. En revanche, l?U.N.F.P., qui a r?affirm? dans son IVe congr?s ses options pour des changements radicaux et l?instauration du socialisme, renouvelle, comme elle le fait depuis 1976, son refus de participer ? des ?lections dont elle d?nonce la ? constante ? falsification par l?? appareil administratif ?. Le red?coupage ?lectoral donne lieu ? quelques changements qui restent sans incidence sur les ?carts de repr?sentation villes-campagnes, mais dont les plus importants concernent les deux principales agglom?rations de Casablanca et de Rabat pour des raisons d??quilibre politique. La campagne est marqu?e par les interventions ? la R.T.M. (Radio-t?l?vision marocaine) des leaders des six partis, une innovation dont l?impact s?est r?v?l? non n?gligeable pour une formation comme l?U.S.F.P. longtemps vou?e au silence et ? l?opposition semi-clandestine. Tr?s anim?e sur le terrain, la campagne men?e par les partis politiques privil?gie des th?mes d?int?r?t national, dans les limites assign?es par le roi, notamment le respect et la d?fense des institutions sacr?es, tandis que les candidats ? neutres ? font une campagne locale, ? l?image de leur capital social personnel ou de leur statut de notable. Les r?sultats traduisent par rapport ? 1976 ? la fois un certain respect des ?quilibres globaux plus ou moins d?termin?s par le pouvoir central et une profonde instabilit? de la carte ?lectorale du pays, qui illustre la volont? du Palais d??viter l?enracinement des partis. La tr?s forte pouss?e des ? neutres ? qui obtiennent le plus grand nombre de voix (21,13 p. 100) et de si?ges (22,19 p. 100), notamment dans les communes rurales, illustre cette volont? du pouvoir de temp?rer l?emprise ?lectorale des partis. L?U.C. r?ussit une perc?e en enlevant 2 731 si?ges, devan?ant ainsi le parti de l?Istiqlal (2 605 si?ges, 16,83 p. 100) et le R.N.I. (2 211 si?ges, 14,26 p. 100). L?U.S.F.P., qui a enregistr? ses meilleures performances ? Rabat, F?s et Marrakech aux d?pens de l?Istiqlal et du R.N.I., ne recueille que 538 si?ges (3,46 p. 100), tandis que le P.P.S. n?obtient que 19 ?lus, soit 0,12 p. 100. Loin de tirer profit de son long passage au gouvernement, l?Istiqlal se voit priv?, du fait d?une dispersion g?ographique de ses ?lus, du contr?le politique de certains de ses fiefs ?lectoraux. Les changements profonds dans l?implantation g?opolitique des partis traditionnels sont justifi?s dans les milieux officiels au nom de la r?gle l?gitime et b?n?fique de l?alternance, tandis que du c?t? de l?opposition ils sont per?us comme le fruit d?un scrutin plus ou moins manipul? et qualifi? de v?ritable ? supercherie ?lectorale ?. Cette d?nonciation rituelle va jusqu?? provoquer la convocation du Parlement et l?audition du minist?re de l?Int?rieur qui s?est attach? ? plaider la ? stricte neutralit? ? de son administration.
Apr?s avoir fait adopter un projet de loi organique modifiant la composition et l??lection de la Chambre des repr?sentants, le roi annon?ait le report des ?lections l?gislatives pr?vues en septembre apr?s la tenue du r?f?rendum sur le Sahara. La l?gislature s?achevant officiellement en octobre, un dahir est publi? pour combler le vide juridique et permettre au roi, sur la base de l?article 19 de la Constitution, d?exercer le pouvoir l?gislatif, sans recourir ? l??tat d?exception.
Devant les incertitudes r?p?t?es d?un r?f?rendum au Sahara, le roi annonce la constitution d?un gouvernement d?union nationale, destin? ? consolider l?accord de tous les partis et dont la direction est confi?e ? Karim Lamrani, proche du roi et directeur de l?O.C.P. (Office ch?rifien des phosphates). Les responsables des six partis sont nomm?s ministres d??tat sans portefeuille, et l?U.S.F.P. re?oit en outre le minist?re de la Coop?ration. Faute d?accord sur les pr?alables de la consultation sur le Sahara, l?objectif est r?vis? et l??ch?ance des ?lections l?gislatives est une nouvelle fois repouss?e, ? la suite des graves troubles intervenus en janvier 1984 dans plusieurs villes du Maroc. Report?e une premi?re fois au mois de mars, la date de ces ?lections est finalement arr?t?e au 14 septembre, apr?s que le pays eut connu une p?riode critique de tensions sociales et politiques. Pour assurer une certaine objectivit? du scrutin, le gouvernement proc?de ? une r?vision des listes ?lectorales et ? un red?coupage des circonscriptions destin? ? corriger les disparit?s d?mographiques les plus flagrantes. Douze partis prennent part ? la comp?tition, au cours d?une campagne anim?e mais encore marqu?e par le poids unanimiste de la ratification r?f?rendaire de l?union maroco-libyenne ; les r?sultats font appara?tre, par rapport aux pr?c?dents scrutins, un assez faible taux de participation, mais consacrent le maintien, par-del? les diff?rentes sensibilit?s, de l??quilibre global des forces politiques. L?U.C. confirme sa perc?e ?lectorale en enlevant 83 si?ges et consolide sa pr?pond?rance politique au sein de la coalition majoritaire dont elle constitue la cl? de vo?te, tandis que l?Istiqlal accuse un net recul d?autant plus notable qu?il pr?sentait le plus grand nombre de candidats.
Devanc? par le Mouvement populaire, il semble payer le prix de sa compromission gouvernementale et de certaines de ses options minist?rielles, tandis que l?U.S.F.P. enregistre une assez forte progression en enlevant 34 si?ges. Bien que faible, la repr?sentation du P.P.S. est doubl?e (2 si?ges) tandis qu?un d?put? de l?O.A.D.P. est symboliquement ?lu, ce qui traduit une certaine volont? du r?gime d?int?grer tout parti d?opposition, d?s lors qu?il en accepte les principes fondamentaux et les r?gles informelles. La plupart des leaders des partis sont ?lus, mais les surprises n?ont pas manqu?, avec l??chec de quelques personnalit?s politiques notoires (deux ministres) et des succ?s particuli?rement significatifs comme l??lection de Mustapha Karchaoui, ancien r?dacteur en chef d?Al Mouharrir , et de Jo Ohanna, isra?lite, ancien compagnon de Mehdi Ben Barka, qui a ralli? l?U.C. Les ?lections au scrutin indirect vont contribuer ? corriger certains d?s?quilibres dans l?opposition, l?Istiqlal parvenant ? rattraper son retard, et ? conforter certaines positions avanc?es, au sein de la majorit?.
Au total, en dehors de quelques constantes, la topographie g?opolitique du pays enregistre des changements notables par rapport ? l?implantation traditionnelle des partis, en raison de certains d?placements de voix li?s ? la fois aux zones de turbulences sociales et ? la strat?gie de d?racinement des partis implicitement poursuivie par le Palais. Le personnel politique parlementaire s?en trouve profond?ment renouvel?, tout en appartenant pour l?essentiel aux m?mes cat?gories sociologiques que celui de la Chambre pr?c?dente. En termes de majorit?, la composition politique de la nouvelle Assembl?e offre une plus grande plasticit? du fait des combinaisons susceptibles de s?articuler autour du noyau central de l?U.C.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 27 novembre 2005 a 22:24

H?g?monie royale et nouveau Makhzen
Le nouveau Parlement, dont la repr?sentation pluraliste tient lieu pour l?ext?rieur de v?ritable label d?mocratique, reste cependant confin? dans les limites ?troites que lui assignent ? la fois ses comp?tences constitutionnelles et le r?le politique d?volu par le roi. En effet, con?ue dans l?esprit du r?gime pour exercer les fonctions traditionnelles de ? consultation, conseil et assistance ?, l?institution parlementaire sera essentiellement appel?e ? soutenir les initiatives royales et ? mettre en forme l?gislative les grandes r?formes gouvernementales d?cid?es par le roi dans le cadre de la politique d?ajustement engag?e depuis 1983 : modernisation du syst?me fiscal, aides aux investissements, privatisation de certaines entreprises publiques, r?forme de l?enseignement. Les critiques plus ou moins vives de la majorit?, les r?ticences et les profonds d?saccords de l?opposition n?en seront pas pour autant absents, notamment dans les d?bats consacr?s aux implications sociales de la rigueur financi?re et de la lib?ralisation de l??conomie commandit?es par les organismes internationaux. Utilis?es comme ? clignotants ?, ces divergences vont permettre au roi, artisan principal de cette politique, d?adapter certaines r?formes comme la T.V.A. aux structures de l??conomie marocaine, ou encore d?all?ger les contraintes excessives dict?es par le F.M.I. et la B.I.R.D. Ainsi s?expliquent la r?duction progressive, et non l?arr?t, des subventions aux biens de consommation, le report des augmentations des tarifs des services publics et l?entassement des rapports successifs sur la r?forme du secteur public. En ?cho ? ces critiques, le roi entend m?me prendre du champ par rapport aux consignes d?aust?rit? impos?es ? l??tat marocain par ses cr?anciers internationaux mais dont le co?t social peut menacer la stabilit? du r?gime : la politique budg?taire en porte la marque en maintenant une certaine progression des cr?dits d?investissements et une r?duction mod?r?e des d?penses de personnel ; certaines dotations minist?rielles sont m?me augment?es (D?fense nationale, ?ducation, Collectivit?s locales), et des avantages sp?cifiques en mati?re fiscale sont accord?s ? des secteurs cl?s tels que l?agriculture (exon?ration d?imp?ts jusqu?en 2000) et l?immobilier.
Aucun changement notable n?interviendra dans la composition du gouvernement dont la direction sera de nouveau confi?e ? K. Lamrani, avant d??tre attribu?e en 1986 ? Azzedine Laraki. Les partis issus du mouvement national en sont ?cart?s au profit des formations de la nouvelle majorit? parlementaire et d?un grand nombre de ministres ? techniciens ? dont le loyalisme monarchique est la principale garantie de la coh?sion interne de l??quipe. En d?pit des permutations de portefeuilles et de quelques cr?ations de nouveaux postes, les formules gouvernementales traduisent une assez grande stabilit? du personnel minist?riel ; elles consacrent notamment la mont?e en puissance du ministre de l?Int?rieur qui a vu s?accro?tre ses attributions en h?ritant ?galement du minist?re de l?Information. Gr?ce ? une pr?sence tr?s active sur le terrain, relay?e par un r?seau de valeurs s?res et comp?tentes install?es dans des sites institutionnels strat?giques, Driss Basri a su affirmer son autorit? administrative et politique, et renforcer son cr?dit personnel aupr?s du roi. En effet, il exerce une certaine influence sur l?affectation et les mouvements du personnel administratif d?autorit?, notamment le corps des gouverneurs, il assure le contr?le du secteur tr?s sensible des m?dias, il int?resse les ?lus locaux ? l?am?nagement du territoire et ? la promotion des agglom?rations rurales, et il veille ? les associer le plus largement possible aux d?cisions royales, consolidant ainsi le loyalisme politique du monde rural, qui a toujours garanti la stabilit? du r?gime. Connu pour sa parfaite int?grit? et servi par son ouverture sur toute l??lite politique marocaine, il peut jouer un r?le d?terminant, dans une optique de succession dynastique, comme homme de la transition entre les deux rois et entre les deux g?n?rations.
Il occupe enfin une place importante parmi les barons du r?gime qui constituent le ? noyau dur ? du Makhzen et qui ? ce titre participent autour du roi ? l?exercice r?el du pouvoir. Fonctionnant selon la tradition et profond?ment enracin? dans l?imaginaire collectif et le v?cu social, ce pouvoir est fond? essentiellement sur le contr?le des r?seaux d?influence politique personnels, familiaux ou r?gionaux, et sur la r?gulation des circuits d?acquisition et de distribution des richesses. En pleine extension ? la fin des ann?es 1980, le Makhzen a largement contribu? ? fa?onner les contours de la soci?t? politique marocaine par rapport ? la proximit? du pouvoir royal et ? d?terminer ses comportements en fonction des faveurs du roi ou de l?ampleur et de la fid?lit? de son propre d?vouement. ?rig? en v?ritable mode de gouvernement, contr?lant les m?canismes officiels ou y suppl?ant largement, le syst?me Makhzen donne tout son sens ? la ? d?mocratie hassanienne ?, apparente et formelle, que corroborent la faible autonomie du gouvernement et le r?le politique limit? du Parlement. Il justifie en revanche l?importance des nombreux symboles utilis?s dans le jeu politique du monarque pour s?assurer une maximisation des pouvoirs tout en ?vitant la cr?ation de forces ? antisyst?me ?. Dans les autres secteurs, ?conomique et administratif, il implique une pr?sence active du souverain ou du clan familial et alli? dans le contr?le des entreprises lucratives et strat?giques, ainsi qu?une ma?trise par personnes interpos?es des postes de responsabilit? et des circuits de d?cision. La logique du syst?me induit m?me le processus r?galien d?accumulation de richesses ? la fois financi?res et fonci?res que les mesures de marocanisation de 1973 ont facilit? par l?interm?diaire des r?gles de contr?le et de manipulation du secteur priv?.
En voulant ?viter que se d?veloppent les germes d?une autonomie ou d?un leadership possible, le Makhzen a tendance ? ?tendre son contr?le sur les segments de la soci?t? les plus significatifs. Ainsi en est-il du parrainage de toutes les professions lib?rales soigneusement effectu? sous couvert de r?organisation et d?unification de leurs ordres, et du contr?le par le Palais de la plupart des associations socioculturelles cr??es en 1986 dans chacune des r?gions. Cette extension du Makhzen n??pargne pas le fonctionnement m?me de l??tat dont il r?gule les processus et les objectifs de modernisation, de mani?re ? dig?rer les mutations sociales et ? maintenir les rapports d?all?geance que le roi entend faire pr?valoir dans ses relations avec la soci?t?.

soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: abdou (IP enregistré)
Date: 28 novembre 2005 a 00:10



bj Soly,
Je voudrais juste signaler que le g?n?ral Lyautey avait fait ses premi?res armes avec le Gl Gallieni en Alg?rie avant d'aller "guerroyer" ? Madagascar (ou la reine de Madagascar ? ?t? exil?), ensuite il s'est rendu en Asie.
Ce n'est qu' partir de 1903 qu'il a repris du service ( comme par hasard) ? Ain Sefra a la fronti?re Alg?ro-Marocaine.
En 1903 ( et non pas en 1907) il occupe Bechar auquel il rajoute le pr?nom de Colomb!Bechar), en 1904, c'est au tour d'oujda.

Le plus important ( de mon point de vue) c'est d'apprehender le montage cin?matographique fait autour de LA PERSONNE.

Quand on annonce en 1908,que Lyautey s'est rendu en "mission d'inspection" en chaouia, c'est en tant qu'acteur et charg? de tirer les ficelles de l'occupation de la chaouia qu'il est venu pour f?liciter le g?n?ral d'Amade qui avait remplac? le g?n?ral Drude jug? peut ?n?rgique.

En ce qui concerne les "r?alisations immobili?res" qu'il marque de son emprunte entre 1912 et 1925! (hormis la p?riode pass?e en France en tant que ministre de la guerre ou celle pass?e dans le Rif lors du soul?vement du r?sistant Abdelkrim El Khattabi) je me permet de signaler qu'il est tr?s difficile pour la puissance prot?ctrice et non pas la personne (Lyautey) de marquer de son emprunte en l'espace de 13 ans le destin d'un pays.

D'ailleurs, le Maroc apr?s Appel d'offres et dans le cadre de l'accord d'Alg?siras de 1906 ? toujours regler rubis sur ongle les travaux et autres am?nagements de son territoire ( routes, ports etc...)

Malheureusement, le dossier de l'enseignement, ?ducation des autochtones, ne pouvaient pas faire l'objet d'un appel d'offres... et c'est dommage, sinon on ce serait retrouv? au lendemain de l'ind?pendance avec le minimum vital en terme de professions lib?rales, d'entrepreneurs et autres administrateurs Marocains.

Parfois le MYTHE (de ...) d?passe la r?alit?!je ne me rappelle plus de l'auteur de cette citation "la v?rit? historique est une utopie le mensonge historique est une r?alit?"

Amiti?s
Abdou.














Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 28 novembre 2005 a 08:35

Mais Abdou,mon cher ,tu est un vrai historien,super,ecris-nous s'il te plait,sur ce que tu sais,sur les histoires du maroc,qui ont marque,au fer chaud,ce pays.
merci
soly

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: abdou (IP enregistré)
Date: 28 novembre 2005 a 17:22

bj Soly,
Je tiens à préciser que je n'est rien contre "l'encensement".
Mon intervention avait pour objectif de décrypter des messages qui n'ont plus cours aujourd'hui, je ne trahirais pas un secret si je vous dit qu'au lendemain du débarquement américain le 8 novembre 1942 l'dée avait circulée (et la presse en avait fait état) d'élever une statue du Président Roosevelt à Casablanca eh bien la souscription des fonds à été étouffée dans l'oeuf pourquoi!

Cette statue allait faire de l'ombre à celle du Maréchal Lyautey ?

Revenons à nos moutons:

1- Les Résidents Généraux représentant la République Française au Maroc ( qui sont en fait des Ambassadeurs auprés du Sultan) ne peuvent pas etre assimilés à des "Gouverneurs Généraux" en Oubangui Bachi ou tout autres territoires des tropiques.

2-Aprés le départ du Maréchal Lyautey, c'est prés de douze Résident qui ce sont succédés à Rabat (mais personne n'en parle!!!) Ce sont les Steeg Théodore, Lucien Saint,Henri Ponsot, le Général Nogués, Puaux, Labonne Erick, le Général Juin, le Général Guillaume, Grandval, Lacoste...

Toutes ces personnes ont dues (certainement) représenter dignement leur pays auprés du Sultan (c'est leur devoir), je ne comprend pas, par quel tour de passe passe on occulte ces illustres personnages pour ce polariser sur une statue, des status ce n'est pas ça qui manque dans les ex colonies des D.O.M-T.O.M!

Des façades Art Déco aussi, il en existe autour du bassin méditérranéen et en particulier dans les ex territoires occupés par les français, espagnols, italiens, anglais: zonz Nord du Maroc - Tanger,Algérie,Lybie,Egypte...
seulement personne n'en parle Allez y comprendre POURQUOI!

Amitiés
Abdou









Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 22 janvier 2006 a 14:34

attentats ? la bombe commis, en r?ponse par divers mouvements comme ceux du March? Central ou du Rond Point Mers Sultan (en 1953),
attaque de la communaut? fran?aise de Oued Zem par des paysans des douars proches qui furent extermin?s.
c'est drole vous n'avez aucune date aucune histoire,aucun evenement,c'est moi toujours qui raconte et vous?
sylvain,tarzan,bouchaieb,driss,gerard,babou,les waknines,les mazaganais,les ohayons,les Casablancais,suzy,francoise ton mari doit savoir,hassan.................allez!

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: bidawouia.com (IP enregistré)
Date: 01 février 2006 a 10:09

des epoques et des chefs qui ont marques,le maroc au fer chaud a cause de:
lyautey
bonifacio
le glaoui
alexandre 2
le massacre des juifs a fez 1912
les evenements a casa en 1955
le retour de S.M Mohamed V de Madagascar
le protectorat
la construction des mellahs
le massacre des musulmans par des africains en 1948
la guerre de franco en zone espagnole
...........................
j'espere que notre ami tarzan pourrait nous raconter


j'ai quitte casablanca
mais casablanca ne m'a pas quitte
bidawouia.com

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 06 février 2006 a 21:51

" DRAME DU 23 OCTOBRE 1956 "

Interception de l'avion transportant BEN BELLA de Rabat ? Tunis,par les autorit?s fran?aises de l'?poque . Et par sympathie et amiti? de l'Alg?rie voisine,la ville de Mekn?s en r?volte,des gardiens de la paix attach?s par des pierres et jetter dans le bassin de l'Aguedal.

Couvre-feux g?n?ral,et durant les jours suivants,?vacuations des europ?ens vivant dans la M?dina,et les sinistr?s r?cup?r?s, en les logeant pour la circontance dans les h?tels de la ville.

Moi-m?me Tarzan en personne et ma m?re,ont ?t? parmis les sinistr?s de la M?dina,nous avons perdu l'h?tel,et personne ne nous a rembourser.

Nous avons ?t? heberg?s ? l'H?tel "PALACE" payer par le Consulat de France,pendant un certain temps.

Afin de pouvoir retirer les gardiens de la paix noy?s dans le bassin de l'AGUEDAL (Sarisouani),il a fallu faire intervenir non pas seulement les pompiers de M?kn?s pour vider le bassin de l'Aguedal pendant trois jours cons?cutifs pour pouvoir retirer les cadavres des gardiens de la paix,mais aussi les pompiers de Fez et de Rabat.

J'ai ?t? moi-m?me,me rendre compte ? la morgue des malheureux gardiens./.

Et,je crois que personne n'en parle de ceci,cela a ?t? oublier carr?ment,mais je tiens ? en faire part sur "DARNNA.COM",comme de coutume./.

Mes amiti?s.

Tarzan./.

P.S. : Pour le bassin de l'Aguedal,il n'a jamais ?t? vider depuis sa construction par Moulay Ismail. (200 ans)./.

Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 15 février 2006 a 20:23

Casablanca - Bombardement - Le 30 juillet 1907, 9 europ?ens dont 5 fran?ais, employ?s aux travaux du port ?taient massacr?s.
Le 1er Ao?t, le Croiseur "Galil?e" arrivait devant la Ville pour prot?ger nos nationaux,qui peut un peu me raconter?


Re: EVENEMENTS ET FAITS TRAGIQUES AU MAROC
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 15 février 2006 a 20:26

Casablanca (Ann?e 1917) - accident mortel de 3 personnes : Lieutenant Poigi et Clause, Soldat Vilallir.

Le Maroc et le mossad -2-
Posté par: Bint Bladi (IP enregistré)
Date: 27 avril 2006 a 23:09

Le Maroc et le mossad -2-
Hassan II, Descartes et l'Etat h?breu
Par In?s Bel Aiba (? PARIS) Youn?s Alami, Ali Amar & Aboubakr Jama?

La longue et tumultueuse histoire des relations entre Isra?l et le Maroc est marqu?e par une ?migration progressive des Juifs marocains vers la ? Terre promise ?. Une ?migration tol?r?e ? la veille de la cr?ation de l'Etat d'Isra?l dans les ann?es 48-49, clandestine ? l'or?e de l'ind?pendance marocaine et monnay?e ? partir de 1961 par le gouvernement marocain n?o-ind?pendant. Un processus ayant pour corollaire les circonvolutions inh?rentes ? la politique interne marocaine et ? l'analyse du ph?nom?ne par un homme, le d?funt Roi Hassan II.
Selon l'historien isra?lien Yigal Bin-Nun, de 1956 ? 1961, le gouvernement marocain est dans une logique de durcissement quant ? la libert? de circulation de ses ressortissants isra?lites. Des mesures restrictives accompagn?es de brimades administratives (fin des relations postales entre les Etats) inqui?tent fortement les gouvernements isra?liens ? cette p?riode. Si les exactions commises ? l'encontre de la minorit? juive sont rares, Isra?l est dans une logique de peuplement de ses territoires, une logique dans laquelle la communaut? marocaine constitue un r?servoir important. C'est dans ce climat tendu que le prince Moulay Hassan, Premier ministre de fait, accomplit une visite au Caire, o? il y rencontre le ra?s Gamel Abdel Nasser qui lui promet soutien et collaboration, un rapprochement qui agace fortement l'Etat h?breu. Imaginer des solutions pour exfiltrer les ressortissants juifs devient d?s lors une priorit? pour Isra?l, mais la voie diplomatique devait ?tre maintenue co?te que co?te. C'est dans ce cadre que l'?diteur fran?ais Ren? Julliard organisa le 2 d?cembre 1959 une rencontre entre le consul d'Isra?l ? Paris, Mordekhay Shneurson, et l'ambassadeur marocain Abdellatif Benjelloun.


D'apr?s les sources de Yigal Bin-Nun, une discussion tendue s'engagea entre les deux hommes et le consul isra?lien, dans une lettre adress?e au directeur de cabinet de la ministre des Affaires ?trang?res, conclut de la mani?re suivante : ? Cet entretien prouve qu'il n'y a aucun b?n?fice dans nos tractations actuelles avec les Marocains. Tous nos efforts n'aboutissent ? rien, il ne reste que l'action ?. La solution politique s'?loignait, elle sera raviv?e quatre mois plus tard par un canal inattendu. L'opposant marocain Mehdi Ben Barka prendra attache avec les Isra?liens dans un contexte politique national extr?mement tendu. En mars 1960, Ben Barka assurera les Isra?liens de sa d?fiance envers le r?gime de Nasser et de son admiration pour le mod?le socialiste isra?lien. Il demandera un soutien moral et financier dans sa lutte contre le r?gime de Hassan II. D?s lors, les officiels isra?liens demeureront quatre mois durant dans une logique dubitative. Fallait-il maintenir le contact avec un gouvernement marocain ferm? aux discussions ou envisager une solution alternative mais plus risqu?e avec l'opposition au r?gime ? La r?ponse viendra du prince Moulay Hassan qui jeta les ponts ? une ouverture progressive des fronti?res pour les ressortissants juifs marocains. Moulay Hassan exigea la discr?tion absolue sur le sujet et rencontra ? Rabat l'envoy? officieux du gouvernement isra?lien, le repr?sentant du Congr?s juif mondial Alexandre Easterman. Le prince eut alors l'analyse suivante, une analyse ? deux niveaux qui permettra d'amorcer les modalit?s d?finitives d'un accord entre les deux parties. D'un c?t?, il craignait que si les portes de l'?migration s'ouvraient, les Juifs ne quitteraient en masse le pays et par cons?quent un grave probl?me ?conomique se d?clenche. M?me si un petit nombre seulement de Juifs quittait le Maroc, ils seraient rapidement imit?s par d'autres, ce qui risquait de provoquer ? une force gr?gaire ?. Mais le futur Roi contrebalan?a cet argument par une analyse pragmatique sur l'avenir de la communaut? juive au Maroc : ? soyons r?alistes, l'exp?rience nous a appris que dans le processus de d?veloppement de pays venant d'acc?der ? l'ind?pendance, la classe d?favoris?e de la population, d?senchant?e par les difficult?s, s'attaque d'abord aux ?trangers, ensuite elle s'en prend aux minorit?s religieuses"(1). Avec cet argument, Moulay Hassan rejoignait les th?ses alarmistes du Mossad sur la pr?carit? ? long terme de la communaut?. D?s lors un accord d?dommageant le pays de la perte d'une partie de ses forces vives, d'une ?lite productive mais qui aurait du mal ? s'int?grer dans le Maroc ind?pendant, pouvait s?rieusement ?tre envisag?. Cette attitude permit au futur Roi de s'installer de mani?re p?renne dans un sillage moderniste. Analysant la position paternaliste de son p?re le roi Mohammed V ? Easterman, le prince d?crivit ? froid son futur positionnement quant ? la question isra?lienne : ? Il ne pense pas comme vous et moi. Nous sommes des Occidentaux et lui, contrairement ? nous, n'examine pas la question d'une mani?re cart?sienne". Une position confortable pour les deux parties. Pour Isra?l, elle permettait d'asseoir les relations avec un pays arabe ?loign? du Proche-Orient et qui pourrait faire office d'interm?diation en cas de conflit (il en sera ainsi de m?me avec la Turquie et la Jordanie).Ben Barka ?tait dans la m?me logique mais l'?viction quelques mois plus tard du gouvernement socialiste d'Abdallah Ibrahim et l'arriv?e officiellement aux affaires du prince comme Premier ministre sonneront le glas d'une option qui avait tr?s peu de chances d'aboutir.
Propos recueillis dans les conf?rences de Yigal Bin-Nun ? Paris

(1) rapport d'Alexandre Easterman. Archives sionistes centrales J?rusalem Z6/1763



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