Re: CASABLANCA DAR EL BEIDA (anfa des historiens)
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place de france (IP enregistrè)
Date: 16 May 2005 : 17:21
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II-Urbanisme à Casablanca: Diagnostic et Etat des Lieux
1. Variété des types d’intervention
Les interventions publiques en matière d’urbanisme ont, aujourd’hui, plus d’une cinquantaine d’années au Maroc. De l’opération de démolition et de recasement des bidonvilles dans un périmètre « prévu et autorisé » à la réalisation d’opérations de relogement, les formes d’intervention étaient variées, les objectifs aussi.
Ainsi, la richesse remarquable de la gamme d’interventions que le Maroc a déployé, du Protectorat à nos jours, pour résorber les bidonvilles apparaît inexploitée . puisque après tant d’années, les pouvoirs publics, toujours à la recherche d’aide pour leur décision, sont hésitants entre identification des solutions les plus satisfaisantes et l’acceptation du fait qu’il n’y a pas de meilleure solution et que la diversité d’intervention se justifie en soi.
En établissant des distinctions en matière d’objectifs et de modalités d’action, on pourrait distinguer entre trois grandes catégories d’intervention d’envergure très inégale :
Des actions de temporisation ou interventions dilatoires, désignées, ainsi, parce qu’elles n’offrent pas de solutions au problème bidonvillois et ne font, en fait, que reporter ce dernier
Des actions d’amélioration de l’existant, très variables, toutefois, par leur envergure et leurs modalités d’intervention
Des actions de création de nouveaux développements urbains destinés à accueillir le déplacement supposé massif des bidonvilles.
2. Une orientation privilégiée de l’aspect technique
Un retour à l’histoire passée et récente des interventions dont a fait l’objet l’espace urbain casablancais, apparaît comme un point d’entrée efficace pour comprendre les erreurs passées et prendre éventuellement des mesures appropriées pour ne pas les reconduire.
Il s’agit de prendre conscience de la répétitivité incroyable d’erreurs qui ont conduit à des résultats identiques. Il semble, en effet que nombre de projets se soient entêtés à reproduire des modalités d’intervention qui avaient prouvé leur inefficacité, et ont, par contre, ignoré, de manière tout aussi répétitive, les potentialités d’évolution que contenaient d’autres approches ou manières de faire, systématiquement refoulées, notamment au nom de leur « pauvreté » esthétique ou urbanistique.
3. L’aspect social et humain souvent négligé
La majorité des interventions se caractérisent par une forte dominance, dans la façon d’envisager la résolution du problème, de la rationalité technique et urbanistique sur toute autre considération. Le problème est résolu dans ces composantes architecturales, urbanistiques et techniques. Le social, au premier chef, mais aussi l’économique et le politique apparaissent de manière secondaire, voire sont complètement négligés.
Dans le projet urbain, comme d’ailleurs dans toute autre intervention, les aspects sociaux ont, très souvent, été négligés dans l’identification, la préparation, la réalisation et même dans l’évaluation du projet. Ce n’est pas un fait nouveau, cela a été déjà beaucoup dit, et cette présente étude ne fait que le confirmer.
En effet, le projet urbain tel qu’il est conçu, ne paraît pas contenir tous les éléments sociaux et spatiaux qui en feraient un espace identitaire où l’intégration sociale et urbaine pourrait s’effectuer.
soly