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LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
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Date: 29 aoŻt 2007 : 17:16

LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI

Michael Studemund-Halévy


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Aujourd'hui, le Portugal est un pays sans Juifs. Ni la construction d'une synagogue √† Belmonte, ni la restauration d'une autre synagogue √† Castelo de Vide ou le mus√©e juif √† Tomar peuvent dissimuler cette r√©alit√©. N√©anmoins, les indications de judiarias (quartiers juifs), de rues qui portent les noms de Juifs portugais importants √† Guarda, Trancoso, √Čvora, Castelo de Vide, Covilh√£, Porto ou Lisbonne, la fondation d'une chaire d'histoire juive √† Lisbonne (C√°tedra de Estudos Sefarditas Alberto Benveniste) et d'un Centre d'√©tudes juives √† √Čvora (Centro de Estudos Judaicos), la fondation d'une Soci√©t√© d'√©tudes juives (Associa√ß√£o de Estudos Judaicos) ainsi que de nombreuses expositions, colloques de sp√©cialistes et publications sur l'Inquisition ou les marranes montrent que, dans ces derni√®res ann√©es, le Portugal se souvient de son pass√© juif. Un pass√© qui se termine de fa√ßon abrupte avec le bapt√™me forc√© des Juifs en 1497 et l'introduction de l'Inquisition en 1537. Les publications au sujet du pass√© juif qui, pour la plupart, ont une orientation historique, sont nombreuses et s√©rieuses; n√©anmoins, les chercheurs portugais √©vitent la r√©flexion sur l'histoire r√©cente. Ils ne s'int√©ressent pas √† la fondation des communaut√©s juives au 19e si√®cle, ils craignent la r√©flexion sur l'antis√©mitisme politique et religieux des ann√©es vingt ainsi que le r√©flexion sur l'attitude du Portugal fasciste vis-√†-vis des Juifs durant la dictature de Salazar. Tandis que la traduction de ¬ę Mein Kampf ¬Ľ a suscit√©, il y a quelques ann√©es seulement, la critique d'une grande partie du public, la r√©impression non comment√©e de l'ouvrage antis√©mite A invas√£o dos Judeus (¬ę L'invasion des Juifs ¬Ľ) de M√°rio S√°a qui a √©t√© vendu en 1998 dans les librairies de Lisbonne n'a pas caus√© beaucoup de protestations. Qui veut travailler aujourd'hui au Portugal sur les Juifs portugais et des anciennes colonies portugaises ne peut effectuer ses recherches qu'avec beaucoup de difficult√©s : les biblioth√®ques, dans un √©tat catastrophique sont incapables de se procurer la litt√©rature scientifique √©trang√®re, ce qui rend impossible toute recherche s√©rieuse.

Aujourd'hui, les quelques Juifs du Portugal sont organisés en quatre communautés : Lisbonne, Porto, Belmonte et Portimão. Le nombre de ses membres s'élevant seulement à quatre-cents, cette communauté juive est parmi les plus petites en Europe. À ces membres déclarés s'ajoutent des milliers de nouveaux Chrétiens (cristãos-novos) qui, dans leurs familles, ont gardé un souvenir vivant de leurs origines juives, les crypto-Juifs (marranos) qui vivent surtout dans les provinces au nord ainsi que les nombreux Juifs anglais et américains qui séjournent longtemps au Portugal.




LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
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Date: 29 aoŻt 2007 : 17:25

Nouveau début aux Azores

Les Juifs des Azores n'ont rien ou peu en commun avec les nouveaux Chr√©tiens qu'on avait forc√©s √† s'√©tablir dans les √ģles au 16e si√®cle. Les Juifs quis'installent ici au d√©but des ann√©es vingt du 19e si√®cle viennent du Maroc ; ils quittent l'Afrique du, Nord parce que pour eux, en tant que Juifs, la vie y est devenu trop difficile : et qu'on leur y avait refus√© une existence √©conomique.

Avant de s'√©tablir aux Azores, ces Juifs marocains s'installent d'abord dans l'Algarve. En 1836, Abraham Bensa√ļde et d'autres Juifs ach√®tent un b√Ętiment √† Ponta Delgada, ayant en vue d'y √©tablir une synagogue. Entre 1855 et 1866, on construit une synagogue et un cimeti√®re avec 17 tombeaux √† Horta (Faila).
Environ en 1830, on construit une synagogue à Vila Franca do Campo et à Angra do Heroísmo (Terceira). En 1819, des Juifs du Maroc fondent une petite communauté à Ponta Delgada (São Miguel) qui, en 1848, compte déjà plus de 150 membres.
En 1836, ils construisent la synagogue Sha'ar ha-Shama√Įm (Porte du ciel). Pourtant, vers 1870, ils quittent l'√ģle des Azores √† cause de d'une profonde crise √©conomique. En 1818, Abraham quitte son pays natal, le Maroc, et il s'installe avec sa femme Ester et ses enfants Rahel, Jacob, Joseph et Elias sur l'√ģle des Azores S√£o Miguel. La famille, qui en m√©moire de ses anc√™tres ib√©riques s'appelle √† nouveau Bensa√ļde, conna√ģt tr√®s t√īt un grand succ√®s √©conomique : elle investit dans l'industrie du tabac et cultive le th√©, le lin et l'ananas. Bient√īt, l'entreprise √©tablit des contacts avec Mogador, Gibraltar, Londres, Hambourg et Manchester ‚Äď des villes qui ont une longue tradition jud√©o-portugaise. Peu de temps apr√®s, ils s'installent dans le continent portugais, √† Lagos, Lisbonne et Porto. Les commer√ßants deviennent des chercheurs, des juristes et des m√©decins. Et les descendants de Juifs expuls√©s et baptis√©s de force √©pousent des membres de la haute noblesse europ√©enne.


Le retour au Portugal pose de grands probl√®mes au Juif observant Abraham Hassiboni, car les √©coles juives sont inconnues et les universit√©s n'acceptent que des √©tudiants chr√©tiens. En suivant le conseil du philanthrope anglais Sir Mose Montefiore, Joseph, le fils d'Abraham, envoie ses enfants Alfredo et Joaquim en Allemagne, √† la tr√®s orthodoxe Samson-Schule de Wolfenb√ľttel. Plus tard, Alfredo fait ses √©tudes √† la Bergtechnischen Universit√§t √† Clausthal et √† G√∂ttingen, o√Ļ il obtient son doctorat avec une dissertation sur les ¬ę Beitr√§ge zur Kenntnis der optischen Eigenschaften des Analcim ¬Ľ (¬ę Contributions √† la connaissance des qualit√©s optiques de l'analcime). En 1911, il sera le fondateur et le premier directeur de l'Istituto Superior T√©cnico √† Lisbonne. C'est surtout gr√Ęce √† sa femme, Jeanne Eleonore Oulman, crivain de livres pour l'enfance et petite fille de Philip Abraham Cohen de Francfort - un des fondateurs de la Trennungsorthodoxe Israelitische Religionsgesellschaft (Soci√©t√© religieuse isra√©lite orthodoxe s√©paratiste) √† Francfort sur le Main - que son contact avec l'Allemagne ne s'interrompt pas. Son fr√®re Joaquim aussi fait ses √©tudes universitaires √† Clausthal. Il dirige ensuite le Queen's Dock √† Londres et √† Lisbonne, o√Ļ il est responsable de l'agrandissement du port. Mais ce sont ses recherches historiques sur la cartographie et l'astronomie portugaises, dans lesquelles il conteste d'une fa√ßon convaincante les th√®ses d'Alexander von Humboldt qui vont le rendre c√©l√®bre. Alfredo et Joaquim sont des Juifs croyants qui occupent des postes prestigieux au sein de la communaut√©. Une g√©n√©ration plus tard, pourtant, la fin de la monarchie portugaise marque le d√©but de l'ascension de la famille dans la soci√©t√© chr√©tienne portugaise.

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Date: 29 aoŻt 2007 : 17:27

La communauté juive de Lisbonne

Lisbonne devient le coeur de la vie juive. Dans la capitale portugaise, pas loin de l'endroit o√Ļ, pendant des si√®cles, avaient flamb√© les b√Ľchers de l'Inquisition, les Cortes d√©clarent, le 17 f√©vrier 1821, l'abolition de l'Inquisition. Elles garantissent aux descendants des Juifs expuls√©s ainsi qu'√† tous les Juifs ¬ę habitant n'importe o√Ļ sur la terre ¬Ľ qui souhaitent s'√©tablir au Portugal ou dans ses possessions la libert√© de la pratique religieuse. Mais m√™me avant cet √©dit, en 1801, des membres des familles Amzalaga, Cardoso, Cohen, Hazan et Conqui, toutes de Gibraltar, s'installent √† Lisbonne en tant que citoyens anglais. Des Juifs de Gibraltar et du Maroc suivent leur exemple et s'installent sur le continent portugais et sur les √ģles atlantiques Madeira et les Azores.

En ao√Ľt 1828, soixante-trois Juifs vivent d√©j√† sur le continent portugais : cinquante √† Lisbonne, cinq √† Faro, quatre √† Lagos, deux √† Beja et deux √† √Čvora ainsi que deux cents cinquante aux Azores, dont cent cinquante √† Ponta Delgada. Entre 1850 et 1900, un certain nombre de Juifs s'installe en Angola et au Mozambique, qui sont des colonies portugaises, dans les √ģles du Cap Vert ainsi qu'√† Madeira. Le chiffre relativement bas des Juifs immigr√©s est d√Ľ d'un c√īt√© √† la situation marginale du Portugal, de l'autre c√īt√© surtout au fait que, dans la diaspora s√©farade, le souvenir de l'expulsion et du bapt√™me forc√© est toujours vivant.

Déjà en 1801, on concède aux Juifs une parcelle du Cimetière Anglais (Cemitério Inglês da Estrela) pour qu'ils puissent y enterrer leurs morts selon le rite juif : le 26 février 1804, José Amzalaga sera le premier à y être enterré selon ce rite. Les quelques Juifs sont confrontés à deux grands défis : la fondation d'une communauté unifiée (Comité da Comunidade Israelita de Lisboa), qui ne sera réalisée qu'à la fin du 19e siècle ; ensuite, la lutte pour la reconnaissance juridique en tant que communauté religieuse indépendante, car, selon la constitution de 1826, le catholicisme est la seule religion admise et seulement les étrangers sont autorisés à pratiquer en privé leur religion. En 1850, il y a deux Shohatim (abatteurs rituels) à Lisbonne.

En 1865, les Juifs de Lisbonne achètent au Alto de São João;o un terrain de 45 X 128 m pour construire un autre cimétière, qui est encore utilisé aujourd'hui.

En 1882, Moses Amzalak fonde la soci√©t√© Ozer Dalim, qui se charge de donner aux Juifs pauvres un repas chaud le Shabbat. Il y aura ensuite d'autres soci√©t√©s charitables : en 1865, Sim√£o Anahory cr√©e Nophlim (Amparo dos Pobres); en 1899, Leao Amzalak fonde la Cozinha Econ√≥mica (Cuisine des pauvres) qui, dans l'ann√©e m√™me de sa fondation, donne 5.000 repas et en 1916 plus que dix milles. Le service est c√©l√©br√© d'abord dans des maisons priv√©es; seulement au cours des ann√©es on construit plusieurs petits b√Ętiments de pri√®re et des synagogues.

En 1892, le gouvernement civil autorise la fondation de la Associa√ß√£o Guemilut Hassadim, irmandade israelita de socorros m√ļtuos na hora extrema e funerais, une autorisation qui est tr√®s proche de la reconnaissance juridique de la religion juive. Vu le petit nombre des membres - il y a au maximum 180 chefs de familles pour moins de mille Juifs - les activit√©s charitables, p√©dagogiques et culturelles sont remarquables : En 1914, la Biblioteca Israelita est fond√©e ; le 23 octobre 1922, c'est le tour de la Escola Israelita o√Ļ on enseigne, outre la langue h√©bra√Įque, l'espagnol et le fran√ßais ; et, trois ans plus tard, l'organisation de jeunesse He-Haver qui jouera plus tard un r√īle important dans l'aide pour les r√©fugi√©s juifs est fond√©e.

En 1928 para√ģt le premier (et dernier) num√©ro de la Revista de Estudos Hebraicos. On construit des synagogues et des cimeti√®res √©galement en dehors de la capitale portugaise. Des Juifs venant de Gibraltar, du Maroc et de l'Espagne s'installent vers 1820 √† Faro, dans l'Algarve (au sud du pays), o√Ļ se forme au cours des ann√©es une petite communaut√© qui finira par compter soixante familles. Entre 1830 et 1869, deux synagogues sont construites (Sinagoga dos Ricos et Sinagoga dos Pobres ; une synagogue a √©galement fonctionn√© √† Lagos, entre 1830 et 1936) et un terrain pour un petit cimeti√®re est achet√©. Lorsqu'au 20e si√®cle de nombreux membres de la communaut√© quittent Faro et s'√©tablissent surtout √† Lisbonne, la vie juive dans l'Algarve s'√©teint pratiquement. Le cimeti√®re qui risquait devenir un d√©potoir a √©t√© soigneusement restaur√© dans les derni√®res ann√©es, et, en 1993 il a √©t√© inaugur√© solennellement en pr√©sence du Pr√©sident de la R√©publique, M√°rio Soares. Aujourd'hui, le centre de la vie juive pour les dix-sept membres de la communaut√© dans l'Algarve est Portim√£o. Les jours de f√™te importants, les Juifs de l'Algarve peuvent compter sur la participation de touristes juifs.

Le centre juif le plus important √† part Lisbonne est toujours Porto, ville portuaire au Nord du Portugal. La fondation de ce centre est principalement l'oeuvre de ¬ę l'ap√ītre des marranes ¬Ľ, Artur Carlos de Barros Basto. En 1915, Barros Basto fonde l'organisation sioniste Melakhah Tziyonyth qui, cinq ans plus tard, ensemble avec l'organisation Associac√£o de Estudos Hebraicos Ub√°-Le-Sion (fond√©e en 1912 par Adolfo Benarus), fusionne avec la Federa√ß√£o Sionista de Portugal. Le 1er juillet 1927, la synagogue Mekor Haim (Source de vie) est inaugur√©e dans la Rua do Po√ßo das Patas.

Entre 1929 et 1938, la synagogue Kadoorie Mekor Haim est construite dans la Rua Guerra Junqueiro, surtout avec l'argent de la famille Kadoorie et des comit√©s des anciens marranes de Londres, Amsterdam et Hambourg. La communaut√© consiste aujourd'hui seulement de quelques membres. Les jours de f√™te importants, le service est assur√© par des rabbins d'Isra√ęl. A Belmonte, o√Ļ des centaines d'hommes se d√©signent eux-m√™mes comme ¬ę judeus marranos ¬Ľ et o√Ļ ils pratiquent leur foi en cachette ‚Äď leur descendance des Juifs baptis√©s de force est de plus en plus mis en doute ‚Äď existent aujourd'hui deux communaut√©s : une de marranes et une autre d'anciens marranes qui, il y a peu de temps, se sont convertis au juda√Įsme. Le 5 d√©cembre 1996, la nouvelle synagogue Bet Eliahu a √©t√© inaugur√©e. La communaut√© consiste aujourd'hui d'environ 170 personnes. A Covilh√£ fonctionnait, en 1939, la synagogue Portas das Tradi√ß√£o, qui √©tait fr√©quent√©e surtout par les marranes. La synagogue Bet Ha- Midrash (Maison des pri√®res) √† Caldas da Rainha a √©t√© construite pendant la Deuxi√®me Guerre Mondiale par des r√©fugi√©s de l'Europe de l'est.


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Date: 29 aoŻt 2007 : 17:30

Ap√ītres des marranes


Des noms de famille tels que Abrantes, Campos, Carvalho, Costa, Cruz, Dias, Espirito Santo, Estrela, Henriques, Lopes, Mascarenhas, Matos, Mendes, Mor√£o, Nunes, Paiva, Pereira, Pessoa, Preto, Rodrigues, Silva, Souza ou Vaz passent pour beaucoup de Portugais comme des noms typiques juifs-portugais.

Ceux qui portent ces noms se désignent souvent eux- mêmes comme des descendants de Juifs baptisés de force (cristãos novos) ou comme des crypto-Juifs (marranos).

Les crypto-Juifs qu'on conna√ģt √† travers la litt√©rature portugaise du 19e et du 20e si√®cles (Camilo Castelo Branco ; Miguel Torga) et des descriptions de voyage sont connus par un plus grand public lorsque, en 1917, l'ing√©nieur des mines polonais Samuel Schwarz √©tablit des contacts avec les marranes de Belmonte, Guarda et Covilh√£. Son livre ¬ę Os crist√£os-novos em Portugal n√≥ s√©culo XX ¬Ľ, paru en 1925, raconte l'histoire de ces crypto-Juifs et d√©crit de fa√ßon vivante leurs coutumes (clandestines) juives, telles qu'elles sont pratiqu√©es surtout par les marranes dans les provinces lointaines du nord du pays, dans la Estremadura et la Beira, ainsi que dans des villes comme Argozelo, Bragan√ßa, Castelo Branco, Covilh√£, Fund√£o, Idanha, Monsanto, Penamacor, Tomar et Trancoso. Le livre montre un enthousiasme inattendu pour les ¬ęJuifs oubli√©s et exotiques¬Ľ du Portugal. En 1923, Schwarz ach√®te la synagogue de Tomar qui √©tait tomb√©e en ruine. De par sa situation g√©ographique et sa forme, cette synagogue est un exemple unique de l'architecture synagogale portugaise de l'√©poque pr√©c√©dant l'expulsion des Juifs. Plus tard, Schwarz fait cadeau de cette synagogue au gouvernement portugais pour en faire un mus√©e luso-juif.
En 1939, le musée qui porte le nom du mathématicien et astronome portugais Abraham Zacuto est inauguré.

Tandis que les membres de la communaut√© juive de Lisbonne ont une position respect√©e dans la soci√©t√© portugaise, les marranes suscitentavec leurs acitivit√©s la m√©fiance de l'√©glise catholique et d'une grande partie de la bourgeoisie cl√©ricale conservatrice, cette derni√®re craignant √† juste titre que des catholiques puissent se tourner vers le juda√Įsme.

Les discussions controvers√©es ne manquent pas √† l'int√©rieur de la communaut√© juive de Lisbonne. Ainsi Abraham Levy proteste contre la circoncision des nouveaux Chr√©tiens (crist√£os novos) ; d'apr√®s Samuel Sorin la communaut√© naissante de Porto n'est autre qu'une secte, car les pri√®res ne correspondent pas √† celles de l'orthodoxie juive (uma seite, porque as ora√ß√Ķes que viu n√£o o satisfazerem por serem falhas do ritual tradicional ortodoxo). A cela s'oppose le Professeur Moses Bensabat Amzalak, en argumentant que l'entr√©e des crypto-Juifs dans le juda√Įsme a √©t√© mentionn√©e par le grand-rabbin de Palestine, Jacob Meier, qui l'aurait approuv√©e. Amzalak s'int√©resse vivement au travail de Barros Basto, travail qu'il admire beaucoup. Par cons√©quent, suite √† la demande d'Amzalak du 21 avril 1927, la communaut√© de Lisbonne soutient avec la somme de 100 Escudos le journal √©dit√© par Barros Basto, Ha-Lapid (Le flambeau). Le 19 d√©cembre 1927, Amzalak rapporte la fondation d'une nouvelle communaut√© juive √† Bragance et dans d'autres villes. Les deux r√™vent de la fondation d'une instance dirigeante (corpo directivo) dans lequel toutes les communaut√©s juives du Portugal devraient s'unir.


Le mouvement marrane atteint son point culminant sous le leader charismatique Artur Carlos de Barros Basto qui s'appelle lui-m√™me ¬ę ap√ītre des marranes ¬Ľ. Sous son influence naissent des communaut√©s juives √† Belmonte, Bragance, Castelo Branco, Guarda et Pinhel. En 1929, il fonde la yeshivah Rosh Pina pour familiariser les marranes ‚Äď surtout les fils des pauvres paysans du nord - avec le juda√Įsme normatif.


L'Alliance isra√©lite √† Paris et l'Anglo-Jewish-Association (AJA) √† Londres sugg√®rent la fondation d'un internat religieux √† Lisbonne pour faire conna√ģtre aux marranes les fondements de la religion juive. Les deux institutions chargent le politicien et historien anglais Lucien Wolf de r√©aliser ce projet. Le m√©moire que ce dernier r√©dige apr√®s sa visite entra√ģne, en 1926, la fondation du Marrano Committee √† Londres ; d'autres fondations suivront √† Amsterdam et √† Hambourg. Comme si√®ge de l'internat Wolf ne propose pas Lisbonne mais la ville portuaire de Porto, entre autre √† cause du fait qu'il avait fait la connaissance de Artur Carlos de Barros Basto. Ce dernier, capitaine d√©cor√© de l'arm√©e portugaise, devient dans les ann√©es suivantes, le dirigeant incontest√© des marranes portugais.
Apr√®s une visite √† la synagogue portugaise √† Paris et une tentative vaine de devenir un membre de la communaut√© juive de Lisbonne, il √©pouse Lea Azancot, d'une famille juive de Lisbonne, et il se fait circoncire √† Tanger. D√©sormais, il s'appelle par son nom juif, Abraham Israel Ben-Rosh. Il ne se contente pas d'√™tre simplement un membre de la communaut√© : convaincu de son devoir d'√©tablir une vie juive au Portugal et de ramener les ¬ę marranos ¬Ľ au juda√Įsme normatif, il commence d√®s les ann√©es vingt une activit√© intense de mission dans les r√©gions isol√©es du Portugal du nord. Le comit√© des marranes de Londres le soutient avec des moyens financiers, et l'historien anglais Cecil Roth et la journaliste fran√ßaise Lily Jean-Javal lui garantissent leur soutient journalistique. Tous les deux sont responsables de l'image ¬ę romantisante ¬Ľ des marranes et de leur ¬ę ap√ītre ¬Ľ. En 1923, Abraham Israel Ben-Rosh alias Artur Carlos de Barros Basto fonde une communaut√© juive √† Porto. Entre 1927 et 1958, il √©dite la revue ¬ęHa Lapid¬Ľ (¬ęLe flambeau¬Ľ) qui est peut- √™tre le document le plus important de l'histoire des marranes portugais. Le 30 juin 1929, gr√Ęce √† la donation d'Edmond de Rothschild (Paris), on pose la premi√®re pierre de la nouvelle synagogue Mekor Haim (Source de vie) √† Porto. Pour garantir le progr√®s de la construction de sa communaut√©, Barros Basto invite de nombreux √©migrants allemands et autrichiens √† s'installer √† Porto ; parmi eux se trouvent le m√©decin et pacifiste Dr. Rudolf Hirsch (l'oncle de l'√©crivain portugaise Ilse Losa) et La famille Cassuto de Hambourg.
Le jeune Alfonso Cassuto devient le directeur de la yeshivah Rosh Pina, son p√®re Y√©houdah Leon Cassuto devient le pr√©sident de la communaut√©. L'entr√©e de ces membres dans la communaut√© entra√ģne de fortes tensions, tellement grandes sont les diff√©rences culturelles entre Juifs de Pologne, de Russie et d'Allemagne qui pratiquent le rite ashk√©naze et les marranes du Portugal, qui venaient de revenir au juda√Įsme. En 1934, Barros Basto est d√©nonc√© √† la police : on l'accuse d' ¬ęactes immoraux ¬Ľ (actos imorais).

Pendant longtemps, Barros Basto soup√ßonne des membres ashk√©nazes de sa communaut√© d'√™tre les instigateurs du complot. Malgr√© le rejet de ces accusations, trois ans plus tard le capit√£o est de nouveau d√©nonc√©, et le 12 juin 1937, sur ordre des g√©n√©raux Hamilcar Barc√≠nio Pinto et Silva Basto, il est condamn√© et expuls√© de l'arm√©e. Cette sentence est confirm√©e le 1er juin 1937 par le ministre de guerre, Santos Costa ; jusqu'√†, elle n'a pas √©t√© cass√©e. Le climat politique du Portugal avec son fort antis√©mitisme, la grande immigration des r√©fugi√©s europ√©ens, le fait que Barros Basto est Juif et franc-ma√ßon et que la communaut√© de Porto est form√©e surtout par des √©migrants allemands, autrichiens, polonais et russes ‚Äď voici des facteurs importants de la condamnation du capit√£o. Ainsi, la police secr√®te du Portugal fait observer Barros Basto et quelques membres de sa communaut√© encore dans les ann√©es cinquante.

Une tentative de la famille du capitaine de faire rouvrir le cas en 1975, reste sans succ√®s. Soixante ans apr√®s les premi√®res accusations etmcinquante-cinq ans apr√®s l'expulsion du capitaine de l'arm√©e, le ¬ę cas Barros Basto ¬Ľ occupe encore la presse portugaise, surtout le journal quotidien de Lisbonne, O P√ļblico, qui publie en d√©cembre 1994 et en 1995 plusieurs articles sur Barros Basto, le mouvement des marranes, l'antis√©mitisme portugais et l'Etat fasciste.
Les recherches r√©centes montrent tr√®s clairement dans quelle mesure le capitaine est devenu la victime d'une intrigue personnelle et qu'il devait in√©vitablement tomber dans le ¬ę filet ¬Ľ de l'Etat fasciste qui suivait les id√©es des √©migr√©s avec m√©fiance. Malgr√© sa d√©faite personnelle, il r√©ussit quand m√™me √† mener √† terme les travaux de construction de l'imposante synagogue √† Porto, financ√©s surtout par la famille Kadoorie de Hong Kong. Le 16 janvier 1938, la synagogue est inaugur√©e √† la pr√©sence de nombreux invit√©s nationaux et internationaux. N√©anmoins, l'oeuvre de sa vie est d√©truite, le ¬ę mouvement des marranes ¬Ľ dispara√ģt aussi vite qu'il √©tait n√©.


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Date: 29 aoŻt 2007 : 17:34

1933-1945


Le colloque de Lisbonne et l'exposition ¬ę Fugindo a Hitler e ao Holocausto. Refugiados em Portugal entre1933-1945 ¬Ľ qui fut montr√©e en mai 1994 √† Lisbonne et plus tard √† Porto et Coimbra provoque une discussion anim√©e sur l'antis√©mitisme portugais, le fascisme et le r√īle du pays pendant la Deuxi√®me Guerre Mondiale. Au d√©but du 20e si√®cle, l'antis√©mitisme portugais devient socialement acceptable. En 1924, le journaliste M√°rio S√°a publie un livre destin√© √† devenir c√©l√®bre, A Invas√£o dos Judeus ; avec ses chapitres provocateurs (¬ę Invasion du sang ¬Ľ, ¬ę Attaque de l'Etat ¬Ľ, ¬ę Attaque de la vie intellectuelle ¬Ľ ou ¬ę Attaque de la religion ¬Ľ) le livre donne une foule d'arguments aux antis√©mites portugais. Sous Salazar et le soutien de ses conseillers allemands paraissent √† plusieurs reprises, dans les journaux et les revues du pays, des caricatures et des articles antis√©mites, qui deviennent encore plus nombreux apr√®s la fondation de l'Etat d'Isra√ęl (1948).


Bien que le Portugal f√Ľt consid√©r√© par les √©migr√©s allemands comme une terre d'asile assez tardivement, √† cause de sa situation marginale, s'y installent d√©j√† en 1933 quelques douzaines d'√©migr√©s, surtout des Juifs. La plupart de ces √©migr√©s vont √† Lisbonne, des groupes plus petits √† Porto, Coimbra et Madeira. En 1933, l communaut√© juive de Lisbonne et le m√©decin Augusto d'Esaguy fondent la Commiss√£o Portuguesa de Assist√™ncia aos Judeus Refugiados (Commassis), un comit√© d'assistance qui, avec l'accord du gouvernement, soutient de nombreux r√©fugi√©s. Apr√®s avoir √©t√© oblig√©, au d√©but de la Deuxi√®me Guerre Mondiale, d'arr√™ter leur activit√© pour une p√©riode interm√©diaire, la Commassis devient tr√®s importante pendant l'√©migration en transit entre 1940 et 1943 en tant qu'institution caritative. Gr√Ęce aux efforts d'activistes juifs comme Moses Benbassat Amzalak, Elias Baruel et Sant√≥b Sequerra, Lisbonne devient le lieu de refuge et de libert√© pour 100.000 rescap√©s qui sont, dans la plupart, des Juifs. Dans les ann√©es suivantes, les autorit√©s portugaises songent m√™me √† installer des Juifs en Angola pour renforcer la population blanche.


Le ton antis√©mite dans la politique int√©rieure et ext√©rieure devient de plus en plus sensible. En 1935, le minist√®re de l'ext√©rieur sugg√®re au gouvernement de prendre des mesures dures et rigoureuses contre ¬ę les Polonais, les Russes, les Juifs et les hommes sans nationalit√© valide ¬Ľ. Dans les ann√©es suivantes, le nombre de mesures restrictives contre une nouvelle immigration qui augmente √©norm√©ment suite au d√©veloppement international et √† la politique d'asile d'autres pays europ√©ens. Les visas d'entr√©e et de passage sont d√©livr√©s plus rarement, et apr√®s 1940, ils ne sont accord√©s qu'√† ceux qui puissent montrer un visa d'entr√©e d'un autre pays. En m√™me temps, le Portugal se montre plus s√©v√®re dans les concessions de l'asile. Vers la fin de l'ann√©e 1937, ont lieu les premi√®res repr√©sailles contre des r√©fugi√©s du r√©gime de Hitler. Entre 1937 et 1945, plus de 300 r√©fugi√©s allemands sont arr√™t√©s par la Policia de Vigili√Ęncia e da Defesa do Estado (PVDE), et restent en prison pendant des mois. Les protagonistes de cette politique ouvertement antis√©mite et hostile vis-√†-vis des √©migrants sont des groupes de la police secr√®te PVDE qui est en partie orient√©e vers le national-socialisme. Jusqu'au milieu de l'ann√©e 1940, 15.000 r√©fugi√©s arrivent au Portugal en passant par l'Espagne, leur nombre augmentant encore et s'√©l√®ve √† 40.000 √† la fin de l'ann√©e 1941. Apr√®s l'occupation du sud de la France en novembre 1943, des vagues de r√©fugi√©s se d√©versent sur le pays; cette immigration diminue avec la fermeture stricte des fronti√®res espagnoles en mars 1943, mais elle ne s'arr√™tera jamais. Jusqu'√† la lib√©ration de la France en √©t√© 1944, environ 80.000 √† 100.000 √©migrants, pour la plupart germanophones, trouvent asile au Portugal.

M√™me si Salazar promet aux Juifs du Portugal l'autonomie administrative et la libert√© religieuse totales ‚Äď promesse qu'il tient -, la plupart des 1.200 Juifs qui se trouvaient au Portugal en 1945, quitte le continent portugais et les √ģles atlantiques apr√®s la Deuxi√®me Guerre Mondiale et s'installe dans l'Am√©rique du Nord et du Sud et en Isra√ęl. Les familles qui restent au Portugal sont pour la plupart celles qui ont d√©j√† immigr√© avant la guerre et qui sont bien install√©es. Le Portugal et Isra√ęl √©tablissent des relations commerciales, et, depuis 1960, il y a un consulat isra√©lien √† Lisbonne. La guerre en Angola entra√ģne de nouvelles √©migrations en Br√©sil, au Canada et en Isra√ęl.




LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
Posté par: CEREJIDO (IP enregistrè)
Date: 29 aoŻt 2007 : 17:34

Oui DARLETT en ALGARVE l'on peut visiter un cimeti√®re juif et voir des photos de personnalit√©s Israeliennes venues il y a aussi la celebration de Rosh Hachanna chaque ann√©e ainsi que Pessah mais h√©las avec du vin non cacher (je me pose bien la question !) et c'est comme √† CUBA j'avais vu le chabat des gens qui consommaient du poulet non cacher mais il ne faut pas les bl√Ęmer ils ont trop de soucis financiers pour se payer de la viande d'Argentine.

LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
Posté par: darlett (IP enregistrè)
Date: 29 aoŻt 2007 : 17:39

C'est passionnant et je suis heureuse d'avoir decouvert cet excellent article sur ce non moins excellente site qui analyse avec autant de minutie tous les details et l'histoire des juifs sepharade et au Portugal dans ce texte.




LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
Posté par: darlett (IP enregistrè)
Date: 29 aoŻt 2007 : 17:40

Après la guerre


Apr√®s la guerre, seulement quelques √©migrants juifs restent au Portugal. Un Va‚Äėad Hatzala (Comit√© de sauvetage) √† Lisbonne s'occupe des survivants des camps de concentration allemands et italiens. La situation de la communaut√© juive √† Lisbonne qui, en 1892, se composait de 131 chefs de famille dont seulement quatre Ashk√©nazes, change rapidement. En 1920, 12 des 179 contribuables sont d√©j√† des Ashk√©nazim. En 1950, on constate un changement dramatique : plus de la moiti√© des 290 chefs de famille sont des Ashk√©nazim (164). Les m√™mes donn√©es sont confirm√©es en 1960. Malgr√© l'augmentation de l'assimilation, la communaut√© garde toujours une vie normale. En 1951, il y a trois services religieuses par jour, en 1961 et en 1962, on est capable de rassembler un minyan par jour, il y a deux hazanim et deux shohatim, ce qui t√©moigne d'une vie juive intense.

L'√©ducation juive constitue en revanche un grand probl√®me. La Escola Israelita a d√Ľ fermer ses portes en 1937 √† cause du manque d'√©l√®ves. Plusieurs tentatives de ranimer cette activit√© n'ont pas eu de succ√®s durable. On essaie alors d'installer une cr√®che et de faire des cours dans les locaux de la synagogue, au Centro Israelita, au Liceu Franc√™s etc. Du point de vue financier, la communaut√© se trouve dans une grande crise. Les d√©penses mensuelles sont quatre fois plus √©lev√©es que les revenus, et en outre la communaut√© est menac√©e par le probl√®me du viellissement. En 1962, il y a cinq d√©c√®s et seulement cinq naissances et trois mariages. En 1960, le Hospital Israelita et la Cozinha Econ√≥mica doivent fermer.


Avec la guerre coloniale en Afrique la situation se d√©t√©riore de fa√ßon dramatique. Presque toute la jeunesse juive quitte le pays pour aller vivre en Isra√ęl. La dictature isole de plus en plus le Portugal du reste du monde. Le fait que la dictature s'appuie sur l'√©glise catholique plonge les Juifs dans unconflit de loyaut√©.

[www.sefarad.org]

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Posté par: darlett (IP enregistrè)
Date: 29 aoŻt 2007 : 17:41

Après la révolution des oeillets


Apr√®s la r√©volution non violente du 24 avril 1974, environ la moiti√© des Juifs du Portugal quitte le pays dans la panique et s'installent au Br√©sil, au Canada et aux Etats-Unis ; pourtant, quelques-uns d'eux rentreront plus tard. En 1978, la Comunidade Israelitica de Lisboa compte de 150 membres, dont de nombreux Juifs des pays de l'Europe de l'Est. La communaut√© de Lisbonne a un centre communautaire, deux synagogues (la synagogue s√©farade se trouve dans la Rua Alexandre Herculano, celle des Ashk√©nazes dans la Avenida Elias Garcia), un h√īpital juif et une maison de retraite. En 1975, on f√™te les 150 ans de l'existence de l'organisation de jeunesse He-Haver. Parmi les membres de la communaut√©, il y a de nombreux m√©decins, juristes, professeurs √† l'universit√© et commer√ßants qui, pour la plupart, ne sont pas religieux mais se sentent proches de la culture juive et de l'Etat d'Isra√ęl. En 1977, l'ambassade isra√©lienne √† Lisbonne est inaugur√©e. Le 17 mars 1989, le pr√©sident de la R√©publique M√°rio Soares, visite la petite synagogue de Castelo de Vide et s'excuse personnellement au nom du Portugal aupr√®s des Juifs du monde entier pour les crimes qui avait √©t√© commises contre les Juifs ¬ę au nom du Portugal ¬Ľ (¬ę Em nome de Portugal, pe√ßo perd√£o aos judeus pelas persegui√ß√Ķes de que foram v√≠timas na nossa terra ¬Ľ).


Depuis la fin des ann√©es 1980, des th√®mes juifs int√©ressent de plus en plus les scientifiques et le public portugais. En 1989, la Funda√ß√£o Gulbenkian organise un colloque international sur ¬ę le juda√Įsme dans la culture occidentale ¬Ľ : en 1993, se tient sous le patronage de l'UNESCO un colloque √† Monsaranz sur ¬ę Juifs et Arabes sur la p√©ninsule ib√©rique ‚Äď Rencontre des Religions, Dialogue culturel ¬Ľ. Dans les derni√®res ann√©es, la communaut√© juive de Lisbonne et la Associa√ß√£o Portuguesa de Estudos Judaicos (fond√©e en 1994) se font remarquer par leur nombreuses initiatives : d'abord par leur grande exposition ¬ęOs Judeuzs Portugueses entre os Descobrimentos e a Di√°spora¬Ľ (1994), ensuite par la fondation de la Revista de Estudos Judaicos (1995) qui se consid√®re comme la succession de la Revista de Estudos Hebraicos dont n'a paru qu'un seul num√©ro, en 1928. Au d√©but 1996, elle organise le congr√®s international Patrom√≥nio Judaico Portugu√™s¬Ľ.

En collaboration avec la biblioth√®que nationale portugaise, l'Association Portugaise des Etudes Juives montre en 1997 √† J√©rusalem les expositions ¬ę Portuguese Jewry Through Books and Literature ¬Ľ et ¬ęTestemunhos do Juda√≠smo em Portugal¬Ľ. En juillet 1997, se tient un s√©minaire international au Convento da Arr√°bida sur des Juifs √† la culture portugaise. Et, en novembre 1999, l'universit√© √Čvora organise, en collaboration avec la Associa√ß√£o de Estudos Judaicos,un congr√®s international de sp√©cialistes sur les ¬ę Juifs s√©farades entre le Portugal, l'Espagne et le Maroc ¬Ľ.


Les historiens des universit√©s de Lisbonne, Porto, Aveiro et √Čvora poursuivent depuis de nombreuses ann√©es leurs recherches engag√©es sur l'Inquisition et l'histoire des Juifs portugais en Inde et dans l'Afrique du Nord ; pourtant, ce n'est qu'en 1997 que la chaire ¬ę C√°tedra de Estudos Sefarditas Alberto Benveniste ¬Ľ, financ√©e par une fondation priv√©e, a √©t√© inaugur√©e √† la facult√© des sciences humaines de l'universit√© de Lisbonne. Elle est le premier centre d'√©tudes juives dans une universit√© portugaise. Le Centro de Estudos Judaicos √† l'universit√© d'√Čvora qui avait √©t√© fond√© en 1998 avec l'aide de la Associa√ß√£o de Estudos Judaicos et qui veut int√©resser les √©tudiants √† l'histoire juive de leur pays par des activit√©s comme par exemple une ¬ę semaine s√©farade ¬Ľ ne r√©ussit point √† mener √† bien ce projet.


[www.sefarad.org]

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Posté par: darlett (IP enregistrè)
Date: 29 aoŻt 2007 : 17:43

Politique, science et littérature


Malgr√© leur petit nombre, l'apport des Juifs portugais √† la politique, √† la science et √† la litt√©rature est consid√©rable. L' √©conomiste Mos√©s Bensabat Amzalak (1892-1978) √©tait le directeur de l'Universit√© Technique et le pr√©sident de la Academia de Ciencias de Lisboa ; l'historien Joaquim Bensa√ļde (1859-1952) a fond√© l'Academia Portuguesa de Hist√≥ria ; Alfredo Bensa√ļde (1856-1941) a √©t√© le premier directeur de l'Istituto Superior T√©cnico √† Lisbonne ; Marck Athias (1975-1946) √©tait professeur de physiologie √† l'universit√© de Lisbonne. De familles juives sont l'ancien maire de la ville de Lisbonne, Nuno Kruz Abecassis, ainsi que le pr√©sident actuel de l'Etat, Jorge Sampaio. L'orientaliste et h√©bra√Įsant Salomon Saragga (1842- 1900) a dirig√© les revues ¬ę Os dois Mundos ¬Ľ et ¬ę Europa Pitoresca ¬Ľ ; Jos√© Benoliel (1858-1937) a r√©dig√© de nombreux travaux concernant la langue des Juifs du Maroc ; l'angliste et professeur √† l'universit√© de Lisbonne Adolfo Benar√ļs (1863- 1950) s'est oppos√© dans nombreux √©crits √† l'antis√©mitisme.


Au 20e si√®cle, les Juifs du Portugal se font surtout remarquer dans la litt√©rature : les auteur de pi√®ces de th√©√Ętre Levy Bensabat (Luz e sombra ; Dialogo em verso) et Artur Rodrigues Cohen (La Vida) ; les po√®tes Eliezer Kamnezky (Reflexos da minha alma; Alma Errante), Jos√© de Esaguy (Ora√ßao a Patria ; Adeus ; Esfinge), Lygia Ezaguy (Ela‚Ķ, Ele‚Ķ), Max Leao Esaguy Wartenberg (A Noiva que el Sol roubou ; Um dia no Paraiso ; Metei o meu filho) ; les auteurs de romans et de r√©cits Ruben Marcos Esaguy (Espanha e Marrocos), Jos√© de Esaguy (A vida do infante Santo), Simy Ezaguy (Ansia de Viver), Eva Renata d'Esaguy (Feira de Vida).

Michael Studemund-Halévy

[www.sefarad.org]

LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
Posté par: darlett (IP enregistrè)
Date: 29 aoŻt 2007 : 17:44

Cette bibliographie a servi l'auteur Michael Studemund-Halévy de cet excellent article publie par fragment plus haut et qui a paru sur le site
[www.sefarad.org]



Bibliographie sommaire


Abecassis, José Maria (1990-1991), Geneologia Hebraica. Portugal e Gibraltar, séculos XVII a XX, 5 vol., Lisboa, Ferin, 1990-1991.

Avni, Haim, L'Espagne, le Portugal et les Juifs sépharades au XXe siècle. Proposition pour une étude comparée, in : Benbassa, Esther
(éd.), Mémoires juives d'Espagne et du Portugal, Paris, Publisud, 1992,308-333.

Canelo, David Augusto, O Resgate dos Marranos Portugueses, Guarda, 1996.

Carvalho, António Carlos, Os judeus do destero de Portugal, Lisboa,1999.

Dias, Eduardo Mayone, Portugal Secret Jews, the End of an Era, Peregrinação Publications, 1999.

Dias, Fátima Sequeira, The Jewish Community in the Azores From 1820 to the Present, in : Yehida Stillman, Norman A. Stillman (éd.),
From Iberia To diaspora. Studies in Sephardic History and Culture. Leiden, Brill, 1999, 19-34.

Garcia, Maria Antonieta, Os Judeus de Belmonte. Os caminhos da memória, Lisboa, Universidade Nova de Lisboa,1993.

Garzon, Jacobo Israel, Autores judeo-portugueses contemporaneos, in : Revista de Estudos Judaicos 3,1996, 53-5.

Hess, Renate, ‚ÄĻWas Portugal getan hat, hat kein anderes Land getan‚Äļ, in: Wolfgang Benz/Juliane Wetzel (√©ds.), Solidarit√§t und Hilfe f√ľr
Juden während der NS-Zeit. Regionalstudiem Bd. 3, Berlin 1999: Metropol

Katzu, Israel J. / M. Mitchell Serels (éds), Studies on thge History of Portuguese Jews, New York 2000: sepher Hermon Press

Mea, Elvira, Du marranisme au juda√Įsme : r√™ve ou r√©alit√©, in : Silva Adina da et al., Les juifs portugais. Exil, h√©ritage, perspectives,
1496-1996, Québec, Médiaspaul, 1998, 115-139.

Mea, Elvira, Ha-Lapíd. orgão da comunidade israelita do Porto. Espelho da Obra do Resgate, in : I Colóquio Internacional O
Património Judaico Português, Lisboa, 1999, 239-249.

Milgram, Avraham, Potencial de salva√ß√£o. Os c√īnsules portugueses e a quest√£o dos refugiados judeus, in : Hist√≥ria 21, 15, 1999, 54-63.

Mucznik, Esther, Elementos para a História da Moderna Comunidade Judaica em Portugal, in : Revista de Estudos Judaicos 2, 1995, 33-
35.

Mucznik, Esther, Os Judeus em Portugal : Presença e Memória, in : História 21, 15, 1999, 32-41.

Mucznik, Esther, O Regresso : Costituição da actual comunidade judaica de Lisboa, in : I Colóquio Internacional O Património Judaico
Português, Lisboa, 1999, 225-228.

NN, O Património Judaico Português. I Colóquio Judaico Português, Lisboa 1999

Pimentel, Irene Flunser, Marginal e importado. O anti-semitismo português na primeira metade do século XX, in: História 21, 15, 1999:
42-53

Pimentel, Irene, Sandra Amaral Monteiro, Estudos judaicos : memórias e fontes, in : História 21, 15, 1999, 10-16.

Salomon, Herman Prins, The Captain, the Abade and 20th Century `Marranism' in Portugal, in : Arquivos do Centro Cultural Portugues
10, 1976, 631-642.

Studemund-Halévy, Michael, 500 ans de solitude, in : Los Muestros 16, 1994, 33-35.

Studemund-Halévy, Michael, Salvação no Longínquo Distante : O Congresso Sefardita de Amesterdao em 1938, Portugal e os
Portugueses de Hamburgo, in : Revista de Estudos Judaicos 3, 1996, 61-82.

Studemund-Hal√©vy, Michael, Zwischen R√ľckkehr und Neuanfang : Juden in Portugal, in : Briesemeister, Dieter / Axel Sch√∂nberger
(Hg.), Handbuch Portugal, Frankfurt, Vervuert, 1997, 299-316.

Studemund-Halévy, Michael, Une famille illustre : Le Président du Portugal Sampaio est le descendant d'une illustre famille séfardi,
in : Los Muestros 32, 1998, 35-37.

Studemund-Halévy, Michael (éd.), Les juifs au Portugal (en cours de publication)

Studemund-Halévy, Michael, Bibliographie des juifs au Portugal, XIXe-XXe siècle (en cours de publication)




L'origine des benudiz AU PORTUGAL
Posté par: raymond (IP enregistrè)
Date: 29 avril 2008 : 19:47

En complément aux articles précédents, je joins l'adresse d'une page que j'ai écrite il y a quelques années surl'origine de la branche Benudiz au Portugal.

[groups.msn.com]

L'origine des benudiz AU PORTUGAL
Posté par: darlett (IP enregistrè)
Date: 30 juillet 2008 : 19:19

Juifs et juda√Įsme au Portugal aujourd‚Äôhui

Il semblerait que l’Inquisition de 1537 n’ait pas eu raison des derniers judéo-convers.

Pr√®s de 5000 Portugais de souche ont cherch√© ces derni√®res ann√©es √† faire reconna√ģtre leurs origines marranes et le pr√©sident de la R√©publique, Jorge Sampaio, n‚Äôa jamais d√©menti descendre lui m√™me d‚Äôune c√©l√®bre famille s√©fardi. Mais ni la construction d‚Äôune synagogue √† Belmonte, ni la restauration de celle de Castelo de Vide n‚Äôont ramen√© la vie juive d‚Äôantan. Les indications de Judiarias (quartiers juifs) et la cr√©ation d‚Äôune chaire d‚Äôhistoire juive √† Lisbonne (C√°tedra de Estudos Sefarditas Alberto Benveniste) semblent aujourd‚Äôhui surgir comme de vieux fant√īmes dans un Portugal soucieux de faire voeu de repentance.



[www.akadem.org]




LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
Posté par: xmanu (IP enregistrè)
Date: 31 juillet 2008 : 00:33

bonsoir,
j'ai beaucoup apprit grace a vous et je vous remerci
mais rester tres prudent
car l'inquisition ne fut pas la fin, l'horreur se fut"shoah"
l'origine fut surement les theses genistes des annees 30, donc il faut mieux faire tres attention avec"l'adn "c'est une tres mauvaise idées ,si un jour sa tombait dans des sales mains ..qui sait se qui attend nos enfants ?lhomme est un loup pour l'homme
amicalement

LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
Posté par: darlett (IP enregistrè)
Date: 07 aoŻt 2008 : 05:04





Le philosophe et po√®te espano-am√©ricain George Santayana a √©crit que ¬ęceux qui ne se souviennent pas du pass√© sont condamn√©s √† le r√©p√©ter."

Apr√®s des si√®cles de n√©gligence - volontaire et involontaire - La Ville de Lisbonne a contribu√© √† ce que les g√©n√©rations futures n'oublient jamais une des plus terribles et tristes pages de l'histoire de la ville o√Ļ il ya 502 ans, des milliers de citoyens de la capitale ont √©t√© tu√©s par leurs voisins, ici, simplement parce qu'ils sont Juifs.

Conform√©ment √† la strat√©gie de Lisbonne H√ītel de Ville, ouvert √† Largo, aujourd'hui a Saint-Domingue, o√Ļ le massacre a commenc√©, la m√©moire se compose de deux sculptures contributions de la communaut√© juive (l'architecte Grace Bachmann) et l'Eglise catholique ( oeuvre r√©alis√©e par l'architecte Segismundo Pinto et le sculpteur Carlos Ramos) qui coexistent comme le symbole de la r√©conciliation et du respect, par une pierre tombale inscrite dans la chauss√©e. La ville de Lisbonne rend ainsi hommage aux victimes juives du massacre d'avril 1506 ainsi que par une peinture murale qui soulignent les mots : "Lisbonne, Ville de tol√©rance "(les auteurs et designers sont J√©sus Susana et Paulo Cardoso) Inscription faite dans 34 langues diff√©rentes.

[ruadajudiaria.com]




LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
Posté par: evanou (IP enregistrè)
Date: 03 dťcembre 2008 : 21:49

Tomar01.jpg

La synagogue de Tomar devenue aujourd'hui un petit musée

LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
Posté par: evanou (IP enregistrè)
Date: 03 dťcembre 2008 : 21:55

Tomar05.jpg

l'intérieur

LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
Posté par: evanou (IP enregistrè)
Date: 03 dťcembre 2008 : 21:58

Tomar03.jpg
Une stèle

LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
Posté par: evanou (IP enregistrè)
Date: 03 dťcembre 2008 : 23:08

Belmonte02.jpg

Le mikvé de la communauté Marrane de Belmonte

LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
Posté par: evanou (IP enregistrè)
Date: 03 dťcembre 2008 : 23:10

Belmonte01.jpg

L'intérieur du mikvé, le rabbin est originaire du Maroc et son épouse de Lybie, elle parle l'arabe Marocain

LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
Posté par: esther pereira (IP enregistrè)
Date: 15 avril 2009 : 01:14

bonjour je suis nouveau sur ce site et comme d'autres je suis à la recherche de mes origines: je suis Pereira, Rosas et Silva par par mes parents et grands parents. Merci de me répondre et de me renseigner sur les origines sémites de ma famille. Shalom

LES JUIFS AU PORTUGAL AUJOURD'HUI
Posté par: darlett (IP enregistrè)
Date: 15 avril 2009 : 04:28

Bonjour Esther Pereira et bienvenue sur notre forum,

Il me semble, si ma memoire est bonne, que nous avons fourni quelques sources et references concernant les noms de famille tels que PEREIRA, ROSAS et SILVA sur la rubrique suivante.

[www.darnna.com].

Si tu ne trouves pas, je chercherais avec toi. Pour orienter tes recherches, il faudrait plutot que tu fasses des recherches sur tes origines "sepharades" et non pas "semites", ce serait plus aise a trouver.

Amities
Darlett




Shoah: le Portugal aurait pu sauver des milliers de Juifs d'origine portugaise
Posté par: darlett (IP enregistrè)
Date: 14 mai 2012 : 11:05

Shoah: le Portugal aurait pu sauver des milliers
de Juifs d'origine portugaise


"Scellant ainsi leur sort dans les camps d'extermination nazis."



Source: extrait d'un article de Nuno Guerreiro Josué repris du blog Rua da Judiaria

"Dans une interview r√©cente r√©alis√©e par Jos√© Manuel Fernandes et publi√©e dans √ćpsilon, l'historien allemand Carsten L. Wilke d√©clara : "Quand Hitler √©tait au pouvoir, le Portugal aurait pu sauver des milliers de Juifs descendants de ceux qui √©taient partis des si√®cles plus t√īt, mais Salazar n'a rien fait et les communaut√©s qui existaient, par exemple, √† Bordeaux, √† Amsterdam ou √† Thessalonique, furent compl√®tement d√©cim√©es".

Le cas des Juifs d'ascendence portugaise, cit√© par Carsten L. Wilke, est paradigmatique. Au lieu d'opter pour la simple t√Ęche de faciliter la naturalisation des Juifs n√©erlandais, fran√ßais et allemands dont les noms de famille (Nunes, Costa, Ricardo Mesquita, Le√£o de Laguna, Lopes Cardoso, etc.) laissaient peu de doutes quant √† leur origine ancestrale, le r√©gime a d√©cid√© de leur tourner le dos et leur a m√™me rendu difficile la simple t√Ęche d'obtenir un visa de transit, scellant ainsi leur sort dans les camps d'extermination nazis.

Le 23 avril 1940, par exemple, les consuls portugais aux Pays-Bas furent furent pri√©s de, pour toute demande de visa d'entr√©e au Portugal, v√©rifier scrupuleusement si les candidats √©taient juifs, et le cas √©ch√©ant de noter "qu'aucun visa ne pouvait √™tre appos√© dans les passeports de Juifs sans l'autorisation pr√©alable du Minist√®re des Affaires √©trang√®res, appuyant de la sorte l'exigence de la PVDE [Police de Vigilance et de D√©fense de l'√Čtat] d'"emp√™cher l'entr√©e au Portugal d'individus de cette qualit√©" [1].

C'est contre cette toile de fond que se d√©tachent les noms des diplomates portugais Aristides de Sousa Mendes, Carlos Garrido et Alberto Sampaio Teixeira Branquinho, dont les actes de courage rachet√®rent la complicit√© honteuse, l'immobilisme et la l√Ęchet√© qui guid√®rent la ligne diplomatique du Portugal pendant la Shoah."




Autoportrait de Baruch Leão Lopes de Laguna, un peintre juif néerlandais d'origine portugaise assassiné à Auschwitz


[1] "Le Portugal aurait sauv√© la vie √† quarante ou cinquante mille juifs pers√©cut√©s par le nazisme; certaines estimations doublent ou triplent m√™me ces chiffres. Les r√©fugi√©s en attente d'embarcation √©taient intern√©s, sur ordre du gouvernement, dans des centres touristiques transform√©s en "zones de r√©sidence constante" (Ericeira, Caldas da Rainha, C√ļria, Figueira da Foz, S√£o Juli√£o da Barra); ils ne pouvaient les quitter sans autorisation polici√®re et y √©taient nourris aux frais des organisations juives." (Histoire des juifs portugais par Carsten Wilke, Chandeigne, Collection P√©ninsules, 2007, p. 234)

[philosemitismeblog.blogspot.com]

Aristide Sousa Mendes. En 1940 il était consul général de Portugal
Posté par: darlett (IP enregistrè)
Date: 14 mai 2012 : 11:09

Un catholique fervent est mort dans la pauvreté après avoir fait passer clandestinement au Portugal des réfugiés fuyant le nazisme, malgré son gouvernement.

Pendant longtemps, de nouveaux r√©cits encourageants d‚Äôh√©ro√Įsme pendant la Seconde Guerre Mondiale vont sans doute continuer √† para√ģtre, comme elles le font depuis la fin du conflit. Une d‚Äôentre elles concerne un Chr√©tien qui a d√©fi√© les ordres de son gouvernement pour pouvoir sauver les vies de plus de 10 000 r√©fugi√©s juifs.

Il s‚Äôappelait Aristide Sousa Mendes. En 1940 il √©tait consul g√©n√©ral de Portugal √† Bordeaux, en France. Cinq cents ans plus t√īt, ses anc√™tres avaient √©t√© convertis de force au catholicisme - et bien que beaucoup de leurs descendants fussent rest√©s juifs en secret - Marranes, M. Mendes lui-m√™me √©tait Catholique. Mais il prenait son christianisme au s√©rieux.

Quand la France est tomb√©e sous la coupe des Nazis en 1940, les juifs fran√ßais et des r√©fugi√©s juifs de toutes les parties d‚ÄôEurope vivant en France √©taient pi√©g√©s. Les b√Ętiments de guerre anglais √©cumaient la M√©diterran√©e, emp√™chant les Juifs de gagner la Palestine. Les fronti√®res fran√ßaises del‚ÄôEst, vers la Suisse et l‚ÄôItalie, √©taient closes. L‚Äôarm√©e allemande occupait tout le Nord de la France. L‚ÄôEspagne √©tait ferm√©e aux r√©fugi√©s. Il √©tait √©vident que bient√īt toute la France serait occup√©e par les Allemands, et que tous les Juifs qui y seraient pris seraient exp√©di√©s en Pologne, vers les camps de la mort.

Dans leur désespoir, des milliers de gens ont afflué à Bordeaux, espérant vaguement qu’on leur permettrait de traverser l’Espagne vers le Portugal, et de partir de là vers l’Angleterre, l’Amérique Latine, les Etats-Unis, n’importe quel pays qui voudrait bien les abriter. Arrivés à Bordeaux, ils ont assiégé le Consulat général du Portugal pour avoir des visas. Leur dernier espoir de vivre sembla s’éteindre quand ils apprirent que le gouvernement portugais avait ordonné aux consuls de ne donner aucun visa aux Juifs, et d’ailleurs aucun visa à quelque réfugié que ce soit, à l’exception de ceux qui pouvaient justifier d’une résidence au Portugal.

La route souillée de l'or nazi :

L'or nazi ne s'est pas arrêté aux coffres-forts suisses. Il en a juste fait un abri douillet avant de poursuivre sa route vers d'autres contrées. L'Espagne et le Portugal ont largement profité des livraisons nazies.

Les deux pays de la péninsule ibérique possèdent, en effet, un autre métal précieux fortement convoité par les nazis : le Wolfram, miraculeux pour renforcer l'acier des engins de guerre allemands.

Wolfram contre or, le trafic est très lucratif en particulier pour la dictature de Salazar. Après Berne, Lisbonne aurait été le deuxième bénéficiaire du butin nazi. De 1939 à 1944, le Portugal aurait acheté ou échangé 164 tonnes d'or du IIIe Reich par l'intermédiaire de la Suisse.

Sur sa route, l'or portugais b√©n√©ficie de la bienveillance de Vichy qui offre ses wagons pour transporter ce butin clandestin. Centre n√©vralgique du trafic ib√©rique : la gare espagnole de Canfranc encastr√©e dans la cha√ģne pyr√©n√©enne.

Le sombre marché est connu dès 1946par les services américains de la DOS. Un document, marqué top secret, l'atteste. Des responsables suisses qui ont suivi la route de 280 véhicules chargés d'or, vers le Portugal et l'Espagne entre 1943 et 1944, acceptent de témoigner contre une protection. Ceux qui se sont grassement enrichis sentent, en effet, le vent tourner.

Après la guerre, les lingots d'or marqués du sceau nazi trouvent des abris imprévus. En mai 2000, le sanctuaire catholique de Fatima confirme en avoir détenu, jusque dans les années 1980. Avant de les dépenser pour rénover ce lieu vénéré par de nombreux catholiques.




"Portugueses no holocausto", de Esther Mucznik
Posté par: darlett (IP enregistrè)
Date: 14 mai 2012 : 11:15

Le Portugal laissa les Nazis exterminer des milliers de Juifs portugais

Baruch Lopes Leão Laguna, l'un des grands peintres de l'école hollandaise du XIXe siècle, un Juif d'origine portugaise, fut gazé en 1943 dans le camp d'extermination d'Auschwitz. C'était un vieillard de 79 ans. Mais il ne fut pas le seul. Avec lui disparurent dans les chambres à gaz 4.000 Juifs d'origine portugaise des Pays-Bas.

Dans le mémorial de Bergen-Belsen figurent les noms de 21 Portugais déportés de Thessalonique, comme ceux de Porper Colomar et Richard Lopes, qui ne survécurent pas.

En France, José Brito Mendes risqua sa vie en cachant la petite Cécile, dont les parents juifs avaient été déportés dans les camps de la mort. Une histoire de courage et d'humanisme au milieu de l'atrocité. A Vienne, la princesse Maria Adelaide de Bragança n'était pas indifférente à la souffrance et n'a pas hésité à aider la résistance en soignant des blessés, en transportant des armes et des fournitures, ce qui lui valut d'être arrêtée par la Gestapo.

Dans un livre absolument unique, basé sur une enquête minutieuse et approfondie, Esther Mucznik raconte l'histoire qui n'a jamais été écrité sur la position du Portugal lors de la Seconde Guerre mondiale. Une fois de plus le Portugal abandonnait ses Juifs.



Portugueses no holocausto, Esther Mucznik, Esfera dos Livros, mai 2012



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