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El Melah des juifs
Posté par: Dadoun (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 02:45

comme vous savez le melah representait l'ensemble des quartieres dont les juifs du maroc, historiquement chaque ville du maroc comprend son propre Melah, c'est a dire les quartiers des juifs, et ce que nous pouvons constater que ces Melah existaient toujours pres et plus proche des palais royaux marocains, c'est a dire que le malah doit etre une place des juifs et proche des palais royaux, a votre avis pour quoi le Melah representait une place pour les juifs? est ce que vous croyez qu'ils doivent y se placer afin d'etre isole ? ou bien afin d'etre proteges ?




Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 20:39

HISTOIRE DU MELLAH AU MAROC

chaque ville du maroc et son quartier juif le mellah.
sauf quelques villes comme tanger, et larache qui n'ont jamais eu de mellah .
en 1438 persecution des juifs de fez, ils sont accuses cette fois d'avoir profane une mosquee, et tous les juifs qu'ils soient de la haute societe ou des pauvres doivent s'installer dans un nouveau quartier, celui ci est pres d'une mine de sel , et on lui donnera comme nom el mellah.
et c'est comme ca qu'est ne le mellah, et que petit a petit chaque ville du maroc a son propre mellah
il sera le quartier des juifs, le ghetto des juifs marocains.
le mellah de fez est pres du palais du sultan ce qui rassure les juifs par la presence 24h sur 24 des gardes du palais.
1807 le quartier juif du mellah de rabat se trouve entre les remparts de l'ancienne ville.
1880 le quartier juif du mellah a casablanca, ou la communaute juive est composee de juifs qui sont montes de tout le maroc et surtout du sud du pays.
le mellah d'agadir etait compose lui d'une drande partie de megourashim d'espagne et du portugal.
a la fin du 19 eme siecle sera marquee par les juifs, le mellah de mogador est pille , revolution a sefrou, avec des dizaines de morts juifs, et les communautes de marrakech , meknes, fez et demnat sont en danger.
aujourd'hui il n'existe plus de mellah.

La communaute juive du Maroc fut l'une des plus importantes du monde musulman.
Installes le long des cotes m?diterraneennes des l'epoque romaine, les juifs devaient au fil des siecles constituer de tres nombreuses communautes dans tout le pays, chacune ayant des traits bien specifiques. L'arrivee des juifs chasses d'Espagne au XVIe siecle devait apporter une dimension nouvelle au judaisme marocain.
Shlomo Deshen - professeur de socio-anthropologie a l universite de Tel-Aviv -, etudiant d une part les archives laissees par les lettres et les rabbins des XVIIe et XVIIIe siecles et se fondant d autre part sur les plus recentes etudes historiques et anthropologiques, recree dans son ouvrage la societe juive traditionnelle du ' Mellah', avec ses stuctures communautaires et familiales, ses responsables, ses activites economiques et ses productions culturelles, et analyse les rapports particuliers des juifs du Maroc avec leurs voisins musulmans.










Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 21:19

Les mellahs au Maroc ont ete originairement construits pour proteger les Juifs
VOICI LE MELLAH DE CASA









- le mellah, situe au Sud et Sud-Ouest de la ville, accueillait la population juive marocaine. Il n'en subsiste actuellement qu'une petite partie, contigue a la medina. La tendance des migrations de juifs d'Azemmour, de Rabat, et d'autres villes cotieres, amorcee au siecle dernier a connu une acceleration particuliere durant le premier tiers du XXeme siecle. Longtemps avant la creation d'Israel, les juifs marocains ont quitte leurs terroirs d'origine, attires par les activites mercantiles des villes portuaires et les possibilites qui en decoulaient ; leur role traditionnel d'intercesseurs 10 entre acheteurs europeens et commercants musulmans a trouve la un terrain de pr?dilection, d'autant que le droit de protection 11 etait susceptible de les concerner directement. Le mellah de Casablanca n'a bient?t plus suffit, car des 1926, Casablanca devient la premiere ville juive du pays 12 ; La medina (intra-muros) et les quartiers qui lui sont contigus (ancienne medina extra-muros) recueillent alors une population mixte, formee d'israelites et de musulmans, qui n'habite pas encore les quartiers europeens, et qui fait bon menage jusqu'en 1947-1948. Apres cette date, la migration vers Casablanca n'est plus qu'une etape pour Isra?l, le nouvel etat proclame en Palestine : le mouvement declenche par la colonie de peuplement ainsi constitu?e aura pour cons?quence d'absorber une des plus anciennes populations du Maroc. En termes de flux migratoires et de mouvement dans la ville, la migration des juifs marocains vers Casablanca a pr?c?d? celle de leurs compatriotes musulmans, et celle vers Israel devance le depart de la population europeenne.

- le quartier de bidonvilles n'existe pas encore, mais la baraque se retrouve sous sa forme initiale, c'est-a-dire l'habitation rurale. C'est le quartier des tnaker 13 ou vit au Nord et Nord-Ouest de la ville la majorite de la population marocaine, dans quelques maisons en terre, des cabanes en roseaux et une multitude de huttes (nouala). L'espace de la ville est aere par beaucoup de jardins et de vergers. Les tnaker accueillent les populations migrantes. La ruralite de cette zone d'habitat 14 est evidente, tout autant que son imminente proletarisation : le quartier industriel naissant a Roches Noires appelle une main-d'oeuvre bon marche, non qualifiee qui sera encadr?e par les ouvriers espagnols, italiens, francais... Avant donc la mise en place d'une politique d'urbanisme, la ville equivaut a l'ensemble de trois quartiers (medina-mellah-tnaker), plus la zone reservee aux Europ?ens constituee de camps militaires (1907) et le souq. Mais tres vite ce noyau sommaire de ville va s'etendre, speculation aidant 15, enclenchee par les debuts de l'industrie et l'arrivee de plus en plus nombreuse d'Europ?ens.







Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 21:37

LE MELLAH DE FEZ 1913


FEZ LE MELLAH 1912



DESTRUCTION DU MELLAH AVRIL 1912


ENTREE DU MELLAH







Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 21:42


CAFE DU COMMERCE A FEZ









Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 21:48


MELLAH FEZ









Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 21:51

LE MELLAH DE OUARZAZAT








Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 21:53


MELLAH DE ZAGORA








Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 21:56

LE MELLAH DE TAROUDANT








Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 22:07


LE MELLAH DE SEFROU








Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 22:18


LE MELLAH DE RABAT







Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 22:20

REGADEZ LE MELLAH DE MOGADOR
SOLY

Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 22:30

Mon Sédère Gâché

Si quelqu'un vous dit que les fêtes n'ont pas d'odeur, ne le croyez pas. Car de deux choses l'une : ou bien il n'a jamais parcouru les rues d'un Mellah à la veille des fêtes, ou bien il ment. Et si malgré tout il soutient qu'il a passé une fête dans un Mellah, alors encore une fois de deux choses l'une : ou bien il a perdu son odorat, le pauvre, ou bien il ne sait pas distinguer entre les odeurs des fêtes et les autres. Ce qui revient au même. Car il faut vraiment avoir le nez bouché pour ne pas sentir au lendemain de Kippour par exemple, l'odeur des roseaux et des branches de palmiers avec lesquels nos braves Juifs construisent leur Soucca, se mêlant à celle des "Etroguim"[1] et du "Ri'han"[2] que vendent d'autres braves Juifs, dans les rues du Mellah. Et Pessah ! La fête des fêtes ! La reine de l'année ! Eh bien ! sachez que l'odeur de Pessah commence à vous chatouiller les narines au lendemain même de Pourim alors que la "Chebakia"[3] est encore vendue partout et que les joueurs de cartes se rendent à peine compte qu'ils ont les poches vides. L'odeur est encore indéfinie, mais c'est sûr, elle a quelque chose qui fait que vous vous surprenez à fredonner les airs de la Hagada. Bientôt les airs et les phrases de la Hagada ne vous quittent plus. Ils vous collent comme faisant partie de vous-même. Vous sentez Pessah vous tendre ses bras et vous avez hâte de vous y jeter. L'odeur va s'intensifiant puis se précise de plus en plus. C'est un cocktail de chaux, de peinture, de matelas défaits, de tables et portes lavées à grande eau. C'est l'odeur du piment rouge que l'on pile, celle de la "Fakia", fruits secs et dattes qui accompagneront le petit verre de Ma'hia[4] tout au long de la fête. C'est l'odeur du blé que l'on nettoie. Et que c'est beau ces grains que les femmes font tomber en jolie pluie dans le "tbaq"[5] tout neuf, "Cachir" pour Pessah !

Votre imagination a tôt fait de moudre le blé et de le pétrir en Matsot que vous voyez sortir toutes chaudes du four de Messaoud. L'odeur même - ah ! l'imagination tentatrice - vous donne l'eau à la bouche. Mais soyez patient, je vous en prie ! Ce n'est pas ce soir Pessah. C'est seulement lorsque vous sentirez l'odeur de la 'Harossèt se mêlant à celle de la toile cirée et que vous verrez sur la "place des Ferblantiers", les dizaines de marchants de fleurs occasionnels que vous pourrez dire : "c'est ce soir !". Au fait, mon garçon, as-tu déjà les nouvelles chaussures ? Méfie-toi, les parents sont tellement occupés qu'ils oublient souvent de les acheter avant la fête. Il te faudra alors attendre l'Ostane, la mi-fête, pour les avoir. Dans ce cas, c'est dommage ! "Lilt-el-'Id"[6] est gâchée. Je te plains et je plains tes parents, surtout si tu es rouspéteur et pleurnicheur. Eh quoi ! il faut dire la vérité ! Pourquoi avoir peur ? Une fête de Pessah sans nouvelle chemise, sans nouveau pantalon et sans chaussures neuves, ce n'est pas une fête ! Car vous avez beau dire, rien à faire, la Matsa ne passe pas. Elle reste là, dans la gorge. Le chagrin l'empêche de passer... et vous n'arrivez pratiquement pas à prononcer un seul mot durant toute la lecture de la Hagada.

Je dois dire que pour ma part, je suis gâté cette année. On m'a tout acheté neuf. Tout, vraiment tout : chemise, pantalon, chaussures et même le béret. Rien ne manque. Mais l'an dernier, c'était catastrophique. Ce n'est pas que ma mère ne voulait rien m'acheter. Mais elle remettait chaque fois les achats au lendemain. Résultats : seule la chemise était neuve. Ah ! ce que j'ai pu pleurer, ce soir de Sédère ! Et comme mes parents étaient désolés. Les promesses, les cajoleries, les menaces, ne servaient à rien. Le chagrin était plus fort. En vérité, je voulais m'arrêter de pleurer. Mais vous comprenez, je n'arrivais pas.

Donc ce soir, tout ira bien. C'est sûr ! D'ailleurs, je connais ma Hagada à la perfection. Comment ne pas la savoir ? Tous les ans nous la répétons depuis Pourim ! Et puis, j'ai moi-même aidé à la fabrication des Matsot. C'est vrai, chaque fois, on me renvoyait du four, mais je ne voulais jamais partir. C'est plus amusant le four, avec el'allak qui prépare la pâte et toutes ces femmes assises sur des tabourets bas, en train de préparer les Matsot en poussant de temps en temps des youyous. Et ça bavarde, et ça crie de pourtout !

- Ya khlass, baraka[7] ! Faites vite ! Nous devons aussi faire nos Matsot. La journée est presque finie !

Il y a là aussi quelques hommes. De temps en temps, ils chantent un Psaume du Hallel.

- Eh ! les femmes, taisez-vous un peu qu'on entende le Hallel ! lance l'une de ces dames qui ajoute aussitôt :

- Allez "zghertou", poussez des youyous !

Je crois que la fabrication des Matsot est le spectacle le plus beau du monde, le plus gai, le plus bruyant.

Le boulanger, dans son trou, face à cette sorte de lucarne d'où se dégage une très forte chaleur, enfourne ou retire les Matsot sans être gêné le moins du monde par tous ces bavardages et ces cris. Tiens cette Matsa est belle ! Il la met de côté. Ce sera pour lui. Oui, oui, pour lui. Le boulanger prend toujours un tant pour cent sur les Matsot qu'il fait cuire. Il les choisit même ! Cela vous déplaît-il ? Tant pis ! Un dû, c'est un dû. Et s'il brûlait vos Matsot, hein ? D'ailleurs, vous devez aussi le payer en argent.

Nos Matsot ont presque toutes réussies. Quelques unes ont brûlé, mais ce n'est pas grave... Elles étaient toutes pincées au milieu, ce qui faisait un trou. De quoi faire un beau collier de Matsot.

Ce soir donc, ce sera la fête. Il n'y a déjà plus de 'Hamets à la maison. Nous l'avons brûlé. Ainsi brûleront nos ennemis et les ennemis d'Israël "Khouanna"[8]. Plus de 'Hamets, mais défense absolue de manger la Matsa. Si vous avez faim, vous n'avez qu'à manger des pommes de terre et des œufs bouillis. Des fèves aussi si vous avez envie. La journée est longue, trop longue, mais le soir ce sera beau : chemise neuve, pantalon neuf, et chaussures neuves. Les amis et les autres les verront ce soir.

Tout a une fin heureusement et même les longues journées de veille de fête ont une fin. C'est beau à la maison. Les bougies dans leurs chandeliers posés sur la table, s'élancent belles vers le plafond. Tout brille. Tiens, maintenant que c'est fête l'odeur est moins forte. C'est normal, non ? ! L'odeur est remplacée par la lumière et par une sorte de griserie merveilleuse. C'est beau un soir de Sédère. Surtout lorsque rien ne vient troubler votre joie.

KADECH, OUR'HATZ, KARPASS, YA'HATS, MAGUID. Est-ce que par hasard vous ne seriez pas un peu nerveux comme moi en ce début de Hagada ? Chacun lira un passage, même les filles, les grandes bien sûr. Lorsqu'on a été au 'hédèr de Rabbi Haïm, il est impossible de ne pas savoir la Hagada, même si l'on est une fille.

"Avadim Haïnou lefar'o bemitsraïm..." C'est là, paraît-il, que commence réellement la Hagada. Nous étions esclave chez Pharaon, mais ce soir, nous sommes libres. A preuve tous mes habits neufs et la beauté de la fête. Tout est merveilleux ce soir. Eliahou Hanabi viendra aujourd'hui, c'est sûr ! Il n'aura pas besoin de frapper à la porte. Elle est ouverte. Le prophète Elie nous annoncera l'arrivée du Messie qui nous mènera vers Erets Israël sur les ailes des aigles. Il viendra, n'est-ce pas, avant que je ne m'endorme ? "Amar Rabbi El'azar ben 'Azaria..." On entend des pas. Tout le monde subitement se tait. Est-ce le prophète Elie ? Non, pas possible ? !

- "Chkoune"[9] ? dit ma mère. Entre !

Non, ce n'est pas Eliahou Hanabi. C'est la femme de Chlomo l'associé de mon père. Du coup, je me fait petit, tout petit... Je ne suis pas là. Non, je ne suis pas là. Et puis, je ne sais pas lire. Je connais à peine le début de la Hagada. Où me cacher, où ? Tous les regards se tournent vers moi. Je fais comme si je ne comprenais pas. Un sentiment de révolte s'empare de moi. Pourquoi moi ? Juste ce soir où je commençais à me sentir un peu prince. Pourquoi pas mon grand frère ou ma sœur ? C'est injuste !

- "Koum ya bniini"[10]. Va chez Chlomo notre ami. Lui aussi a besoin d'entendre la Hagada. Tu feras une Mitsva.

La Mitsva, je vous assure, je m'en passerai ce soir. Ce que je veux, c'est rester ici, chez nous, avec mes parents, mes grands-parents, mes frères et mes sœurs. Je ne veux pas aller faire les Mitsvot.

- Va, mon fils. Ils t'attendent, sois gentil - intervient ma mère.

La mort dans l'âme, je me lève faire la Mitsva. La prochaine fois, je serai malade jusqu'au milieu de la Hagada. C'est décidé. Tant d'injustices un soir de Pessah, c'est trop. Chemin faisant, je pense à "Chlomo notre ami". Il n'a pas d'enfants et il ne sait pas lire, le pauvre. Et voilà que je me prends à m'attendrir sur son sort. Puis aussitôt : "il n'avait qu'à apprendre à lire ! Il n'avait qu'à aller chez Rabbi Haïm, comme tout le monde !" Je ne fais même pas attention aux accents de Hagada qui se répercutent de maison en maison. D'ordinaire, on a l'impression d'écouter dans la rue déserte un chant en canon.

Chez "Chlomo notre ami", c'est morne. La table est bien dressée, c'est vrai. Il y a aussi les fleurs et les bougies. Mais vous comprenez, ce n'est pas comme chez nous. Et l'odeur, on la sent à peine.

C'est à moi de faire les "Tkassem", de diriger le Sédère. J'avoue ne pas être très assuré, mais je suis décidé à finir vite la Hagada. J'arriverai peut-être à retourner dîner chez moi. Pour "Chefokh"[11], eh ! bien, ce n'est pas nécessaire. Il n'a qu'à ne pas l'entendre ; ou s'il veut, il peut venir chez nous. Surtout il faut éviter de traduire la Hagada en arabe. Sinon, j'en ai ici jusqu'au matin. D'ailleurs, je ne connais que les tous premiers passages en traduction arabe. C'est la vérité, je vous assure. Mais il faut sauver la face. Il faut montrer qu'on sait tout, un peu d'assurance, voyons ! Sinon, je vais faire honte à mon père. Je traduis donc les premiers passages en arabe. Après quoi j'avance sans traduction. Mais c'était compter sans la "’Ada", la coutume.

- Et la traduction ? s'étonne "Chlomo notre ami". "Ouili ouili"[12] ! Comment faire ? C'est écrit dans le livre bien sûr, mais c'est tellement difficile à lire et à comprendre ! La traduction ! Mais qu'a-t-il besoin d'une traduction ? Rien à faire, il faut la traduction. Anonner. C'est terrible d'ânonner et de ne pas comprendre. C'est encore plus facile de traduire dans son propre langage, comme on comprend. Mais non ! Ce qui est écrit est sacro-saint. Il faut lire.

Les lettres commencent à danser et la tête à tourner. Je réprime une forte envie de pleurer. Mais c'est honteux de pleurer, surtout devant des étrangers. Je crois qu'au fond, il est préférable de ne pas avoir de chaussures neuves que d'être exilé loin de chez soi. C'est la "Galouth", je vous assure. Demain soir, je ne viendrai pas, même si Eliahou Hanabi lui-même me le demande... Que c'est long ! Que d'obstacles sur ce chemin arabe de la Hagada. Je n'en peux plus. Prenant mon courage à deux mains je me décide de dévoiler que je ne connais pas la traduction. Je m'arrête alors de lire. Mais mon hôte a compris.

- Ecoute, dit-il, lis sans traduction.

Ah ! Quel soulagement ! Je ne me le fais pas répéter deux fois. La course, vite, plus vite ! Le chemin est libre. Les étapes sont franchies sans difficulté : les dix plaies, Dayénou, Matsa, Maror... Rien ne m'arrête, jusqu'au terminus : "Gaal Israël". Buvez votre coupe, ami Chlomo, buvez-la !

La suite des Tkassem se fait sans hésitations, mais toujours après lecture du mode d'emploi donné par la Hagada, bien entendu. Enfin "Choul'hane Orekh".

- Vous pouvez manger, dis-je triomphalement à mes hôtes, en fermant mon livre et faisant mine de me lever pour m'en aller.

- Où vas-tu ? demande la femme de Chlomo notre ami.

- Je vais à la maison.

- Mais non, reste, tu n'as pas encore mangé. Assieds-toi, ya bni[13] !

Que faire d'autre, sinon s'asseoir et manger ? Manger jusqu'au bout, jusqu'à l'Aphikomane. Mais ce n'est pas fini. Il reste encore "Chefokh".

Pourvu qu'on ne me retienne pas dormir ici !




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[1]. Cédrats.

[2]. Myrte.

[3]. Gâteau en torsades au miel.

[4]. Eau de vie.

[5]. Plateau.

[6]. Le soir de fête.

[7]. Cela suffit.

[8]. Nos frères.

[9]. Qui est là ?

[10]. Lève-toi, mon fils.

[11]. Début de la deuxième partie de la Hagada.

[12]. Malheur.

[13]. Mon enfant.

Un conte extrait des "contes du Mellah" par le Rabbin Raphaël Perez




Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2005 a 22:46

Un conte extrait des "contes du Mellah" par le Rabbin Raphaël Perez

Arrêtez un passant, grand ou petit, homme ou femme, et demandez-lui s'il connaît Ben Stto et vous le verrez aussitôt porter sa main à son nez... Vous ne comprenez pas ? ! Normal ! Vous n'avez jamais habité à Marrakech. Je veux dire au Mellah de Marrakech ! Car Marrakech, c'est le Mellah. Eh oui ! La belle ville de Marrakech sans le Mellah, n'est plus Marrakech. C'est comme si vous lui enleviez la Koutoubia, l'élégante tour de l'une des plus belles mosquées du Maroc.
Et si vos pieds n'ont jamais foulé le sol marrakchi, vous ne pouvez guère connaître Ben Stto.
Que je vous le présente donc. Ben Stto est un des épiciers de notre Mellah. Sa boutique se trouve située à la Ra'hbah du Souk, la place du Marché si vous préférez ! C'est celle qui est juste en face de la Squaïa, la fontaine d'eau qui permet à tous ceux qui n'ont pas l'eau courante à la maison - et il y en a ! - de s'approvisionner en eau potable. Ben Stto peut vous vendre tout ce qui se consomme et même le reste. Bien sûr, il y avait d'autres épiciers à la Place du Marché, mais je ne sais pas pourquoi je préférais aller acheter chez lui. Pourtant, il me faisait peur avec sa figure... Eh ! Arrêtez donc ! Qu'allez-vous penser de sa figure ? Je vous assure qu'il avait une figure tout à fait humaine ! Sauf que... En vérité, j'hésite à vous le décrire, au cas où il y aurait une femme enceinte parmi vous... Vous insistez... Bon d'accord... Voilà, je vais vous dire. Et vous comprendrez ! On m'a raconté qu'une mendiante juive venait tous les vendredis chez Ben Stto pour recevoir sa pièce habituelle d'aumône. Pour remercier, la mendiante priait pour Ben Stto. Toujours la même prière, toujours, toujours : "Que D.eu te laisse la clarté de tes petits yeux". Traduction : Que D.eu te laisse la vue !
Las d'entendre la même prière tous les vendredis que le Bon D.eu a créés, notre épicier demanda un jour à la mendiante :
- "Dis-moi, ma sœur, pourquoi tu me donnes toujours la même prière ? Change un peu !"
- "C'est que, dit la mendiante, pince sans rire, si tu devais devenir myope, tu ne pourrais jamais porter des lunettes. Elles tomberaient !"
Vous avez compris maintenant. Eh oui, Ben Stto n'avait pas de nez. Il avait bien deux trous pour respirer, mais pas de nez. Pas de nez du tout. C'est donc vrai que s'il devenait myope, il n'aurait aucun moyen de poser ses lunettes. Grâce au Ciel, il avait une bonne vue et il n'a jamais vu un médecin.
Mais pourquoi je vous parle de Ben Stto ? Pas pour son nez ou sa figure ? ! Ah ! Oui ! Je vous disais qu'il était épicier et que j'allais acheter de l'huile chez lui.
N'allez surtout pas croire qu'on achetait l'huile en bouteille capsulée, mesurée, étiquetée, prête à être emportée. Vous retardez ! Oh ! Pardon ! Vous avancez trop ! L'huile était vendue en vrac, comme les pois-chiches, les fèves ou la farine. Vous, vous apportez votre bouteille, votre flacon, ou même votre casserole si cela vous chante, et l'épicier vous mesure un litre, ou un demi ou un quart de litre ou une ouquiya - une once - d'huile.
Seulement, voilà quand on vous vend de l'huile en vrac, il en reste toujours dans la mesure, et l'épicier est obligé de vous en ajouter un peu. Résultat : ou il vous donne plus d'huile qu'il ne faut ou il vous en prend un peu. Dans ce cas comme dans l'autre, il y a un voleur. Ou c'est vous qui volez ou c'est l'épicier qui vous vole. Or, la Torah interdit le vol, vous le savez. Tous les juifs le savent... Même les non-Juifs le savent. Mais restons entre frères.
Pour éviter ce grave problème de vol, notre ami Ben Stto avait une technique très simple. Il s'était débrouillé à avoir plusieurs mesures du même volume. Lorsqu'un client venait, Ben Stto remplissait sa mesure d'huile, mettait un entonnoir dans la bouteille du client, et quand l'huile ne coulait plus de la mesure, il reprenait cette dernière et la laissait égoutter dans un autre entonnoir qui, lui-même, était engagé dans une bouteille. Toutes ces gouttes d'huiles récupérées faisaient bien, à la fin de la semaine, une quantité non négligeable que Ben Stto envoyait à la synagogue pour les vases des Saints suspendus au plafond de la synagogue. Ainsi, notre épicier ne volait pas ses clients, mais au contraire leur faisait faire une grande Mitsva à peu de frais. Ou plutôt pour rien.
Lorsqu'arrive Hanouccah, c'est le miracle pour les synagogues... Enfin, un petit miracle... C'est-à-dire un tout petit miracle... Disons qu'il y avait quand même plus d'huile récupérée à mettre dans les vases à huile. Car de l'huile à Hanouccah, les épiciers en vendaient en quantité. Jugez plutôt : de l'huile pour la cuisine, pour les salades, de l'huile d'olive pour la 'Hencca ('Hanoukia) et surtout de l'huile pour les beignets. C'est simple, Hanouccah, c'est la fête de l'huile, et des beignets, bien spongieux, tout chauds, et avec le trou bien rond... Si vous réussissez le trou, votre beignet est bon.
Mais notre ami Ben Stto, cette année-là, était malade. Trois jours avant Hanouccah, il a fermé sa boutique et n'y est pas reparu.
Ben Stto malade ? ! Eh ! Oui ! Tout peut arriver dans ce monde. Ce doit être à cause du mauvais œil !
Les clients habituels avaient besoin d'huile pour les beignets et pour Hannoucah. Mais, trouvant la boutique fermée, ils s'en allaient avec l'espoir de revenir plus tard dans la journée ou le lendemain...
Espoir déçu, car Ben Stto était toujours malade. Mais on a le temps. Hanouccah, c'est seulement jeudi soir et on est mardi. Mercredi matin, voyant le magasin toujours fermé, certaines personnes dont le vénérable Rabbi Chalom se rendirent chez Ben Stto à la maison, pour avoir la conscience tranquille avant d'aller chez un autre épicier.
A la vue de tout ce monde, - trois ou quatre personnes en fait - Ben Stto qui n'avait plus de femme, se redressa dans son lit en s'excusant.
Mais à la grande surprise de notre malade, Rabbi Chalom, qui n'était pas vraiment Rabbi, mais que tout le monde respectait pour sa droiture, ses connaissances et sa belle voix d'antan, proposa d'ouvrir le magasin de l'épicier et de vendre l'huile à sa place.
Ben Stto, tout confus, refusa d'abord faiblement, mais dut remettre les clés du magasin à Rabbi Chalom qui, aussitôt, s'y rendit et devint épicier. On aura tout vu ! Rabbi Chalom épicier ! !
Notre ami, de nouveau seul, s'en voulait d'avoir laissé sa besogne au vénéré Rabbi Chalom. Il avait honte et craignait que le nouvel épicier tachât sa belle djellaba grise. Aussi, bravant la fièvre et la toux, Ben Stto s'habilla chaudement et rejoignit sa boutique.
Jamais l'épicier n'avait vu autant de monde en même temps devant sa boutique.
Timidement, il demanda à Rabbi Chalom de le laisser servir les clients. Ce que ce dernier fit sans un mot. Lui-même n'accepta de se faire servir qu'en tout dernier. Il put alors constater que Ben Stto était heureux d'une joie tranquille et discrète. Son visage était épanoui. Même sans nez ! De se sentir ainsi soutenu, Ben Stto avait certainement guéri.
Je ne mentirai pas en vous disant que la première lumière de Hanouccah, cette année-là, avait fait chaud au cœur de plus d'un Juif du Mellah.
Et comme elle devait briller dans le froid marrakchi de fin Kislèv !




Re: El Melah des juifs
Posté par: Dadoun (IP enregistré)
Date: 11 décembre 2005 a 00:23

Merci pour ces informations, vraimment on de la chance que vous etes la, vos paroles contiennent des preuves et des docummentation tres importantes, merci place de france pour cet merveilleux effort, ravi de vous avoir connu, merci bien
mes ameti?
Dadoun

Re: El Melah des juifs
Posté par: Jacotte (IP enregistré)
Date: 11 décembre 2005 a 15:33

Soly STP, il manque la photo du Mellah de Mogador, cela nous ferait plaisir si tu avais encore 5 minutes...
J'ai tout lu, c'est passionnant, merci de tout ce que tu nous apportes.

Re: El Melah des juifs
Posté par: handala (IP enregistré)
Date: 16 décembre 2005 a 00:18

chere soly, je veux bien que vous faite un effort de chercher et de nous trouver tout les infos possibles sur les juifs natifs d'imintanout et quelques photos de cette ville ainsi le mellah, le cinema....
C une histoire qu'il faut pas negliger...et je souhaite bien que certain reagit.
j'ai qlq noms que j'ai pu trouver, et je crois bien qu'elles ont un rapport avec le sujet:

Elfassy ISAAC
jACQUELINE BENAYER
Ghislaine ZARCCA
D.BENISTY
Israel ELFASSY

merci

Re: El Melah des juifs
Posté par: keno (IP enregistré)
Date: 03 janvier 2006 a 21:02


Quelques souvenirs du Mellah de Casablanca

J'habitais derb tazi tout pres de la foire et la piscine municipale,,J'avais des camarades de classe musulmans qui habitaient au centre du Mellah et c'etait en 1946 et je me rappelle tres bien car on achetait les fournitures scolaires chez un grand libraire qui s'appele HADIDA c'etail le seul distributeur ? Casa en medina ; en ville il y 'avait galeries lafayette et apres monoprix

Keno qui vous souhaite ses meilleurs voeux par la meme occasion je remercie encore une fois ma soeur Soly et mon ami Driss qui m'ont donn? cet occasion de revenir 50 ans en arri?re;Ne touvez pas que c'est magnifique?

Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 04 janvier 2006 a 08:53

Enfin mon frere Mustapha qui se manifeste,oui je vais mettre plusieurs photo de mellah,je suis un peu occupee en ce moment,mais je ne vous oublie pas
,je vais vous chercher ce que vous voulez
Mustapha mon frere j'ai recu de toi,un clip de casa en power point,ce ne sont pas des photos,ce sont des photos qu'on voit passer une apres l'autre sur l'ecran de l'ordinateur
bisous a vous tous
soly

Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 09 mai 2006 a 08:44

Le Mellah de Marrakech
Construit en 1558, le Mellah de Marrakech ?tait auparavant le quartier r?serv? ? la population juive de la ville. C'est aujourd'hui un quartier populaire avec plen de charmes.

Le Mellah de Marrakech fut construit en 1558 sous le r?gne de Moulay Abdallah. Pour embellir sa ville, le sultan sa?dien sut tirer partie du talent de la population juive qui avait fui l?Espagne.
En contrepartie, ces derniers purent trouver une relative s?curit? ? l?int?rieur du nouveau quartier cloisonn?, ? l?ombre du palais royal. Aujourd?hui, la quasi-totalit? des familles juives qui vivent encore ? Marrakech ont d?sert? l?endroit,Liliane nous a photographie une synagogue,en plein mellah de Marrakech .


Monsieur David Perez lui a meme ouvert la Tora.regardez:











Re: El Melah des juifs
Posté par: nanouche (IP enregistré)
Date: 09 mai 2006 a 11:43

MERCI SOLY

elles sont sublimes tes photos du mellah

et tant de nostalgie!!!!!!!!!!!

Re: El Melah des juifs
Posté par: place de france (IP enregistré)
Date: 09 mai 2006 a 12:59

suite des photos de Liliane















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