LE MAROC :  DARNNA.COM
Geographie, histoire, differentes villes du Maroc.  
DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 25 janvier 2008 a 20:34

DEMNAT, PARADIS PERDU...



Pour decrire cette ville qu'est Demnat ou vecurent en bonne entente, juifs et amazighs aux siecles precedents, quoi de mieux que de ceder la plume au Vicomte Georges de Foucault, qui dans son livre "Reconnaissance au Maroc" edite en 1883-1884, decrit avec force details cette agglomeration diversifiee ?



Séjour à Demnat


"Cette ville est le siège d’un caïd qui gouverne la province de Demnat ; celle-ci a pour limites : au nord, les Sraghna ; à l’est les Ntifas et les Ayt Boualli ; au sud,les pentes supérieures du grand Atlas ; à l’ouest,les Glawa et les Zemran.

Demnat est entourée d’une enceinte rectangulaire de murailles crénelés, garnies d’une banquette et flanquées de tours ; le tout est en bon état, sans brèches ni portions délabrées. Trois portes donnent entrée dans la ville.
La Qasba a son enceinte à part et est bordée de fossés, ceux-ci,les seuls que j’ai vu au Maroc, ont 7 à 8 mètres de large sur 4 ou 5 metres de profondeur et sont en partie remplis d’eau. Au milieu de ce réduit, s’élèvent la mosquée principale et la maison du caïd .

Muraille, Kasba, mosquée, maisons, toutes les constructions de la ville sont en pisé ; rien n’est blanchi, sauf la demeure du caid et le minaret qui l’avoisine. Le reste est de la couleur brun sombre qui distingue les habitations depuis Boul jaad. L’intérieur de l’enceinte est aux deux tiers couvert de maisons, en bon état, quoique mal bâties. Le dernier tiers est occupé partie par des cultures, partie par la place du marché : point de terrains vagues ,point de ruines ; en somme, air prospère. La population est d’environ 3000 âmes, dont 1000 israélites ; ceux-ci n’ont pas de Mellah ;ils habitent pèle mêle avec les musulmans qui les traitent avec une exceptionnelle bonté. Demnat est Sefrou sont les deux endroits du Maroc ou les juifs sont le plus heureux. Il y a d’autres rapprochements à faire entre ces deux villes, dont les points de ressemblances frappent l’esprit : même situation au pied de l’Atlas,à la porte du Sahara, population égale, et composée d’une manière semblable ; prospérité presque pareille ; même genre de trafic ; même caractère doux et poli des habitants ; même ceinture d’immense et superbes jardins. En un mot, ce que Sefrou est à Fes, Demnat l’est à Marrakech. Le commerce de Demnat est le suivant : Les tribus de l’Atlas et du sahara (Dades,Todra) viennent s’y approvisionner de produits européens et d’objets fabriqués dans les villes marocaines, tels que cotonnades, sucre, thé, parfumerie, bijouterie, beleras ; elles y cherchent aussi des grains, mais en petite quantité. En échange, elles apportent des peaux, des laines et des dattes, que les habitants de Demnat expédient à Marrakech.

Ce commerce, florissant autrefois, a fait la richesse de la ville, il est en décadence depuis quatre ou cinq ans. A cette époque, le sultan envoya un Amin d’une rapacité telle que le trafic ne fut plus possible :tout ce qui passait les portes de la cité était, quelle qu’en fut la provenance, frappé d’un droit arbitraire si élevé que bientôt les tribus voisines et les caravanes du sud désertèrent ce marché et se portèrent en masse sur Marrakech ou elles se fournissent à présent.

Demnate est entourée de toutes parts d’admirables verges, les plus vastes du Maroc. Au milieu d’eux sont disséminés une foule de villages se touchant presque, qui forment comme des faubourgs de la ville. Ces jardins sont renommés au loin ; leur fertilité, leur étendue, la saveur et l’abondance de leurs fruits, les excellents raisins qui s’y récoltent sont légendaires.

Presque contigus aux vergers de Demnate, s’en trouvent d’autres très célèbres que nous avons traversés en venant : ceux d’Ait OuAoudanous. Ils rappellent un triste exemple de la rapacité du sultan et de la malheureuse condition de ses sujets. Ces jardins, domaine immense et merveilleux, foret d’oliviers séculaires et d’arbres fruitiers de tout espèce, arrosés par des ruisseaux innombrables, appartenaient, il y a quelques années, à un homme fameux par ses richesses et son luxe, Ben Ali ou El Mahsoub, dont la vaste demeure s’élève encore au sommet d’un mamelon qui les domine. Cette fortune énorme, cette ostentation, ce pouvoir, portèrent ombrage au sultan.
Soit pure cupidité, soit crainte de l’influence croissante d’un homme aussi puissant, il le fit une nuit surprendre, saisir,emmener : on le jeta en prison dans l’île de Mogador. En même temps, ses biens furent confisqués et réunis à ceux de la couronne. J’appris plus tard à Mogador que le malheureux Ben Ali, qu’on connaissait sous le nom d’El Demnati, avait, après plusieurs années de captivité, obtenu sa liberté au prix de tous ses biens, mais il n’en jouit pas. A sa sortie de prison, à la porte de Mogador, il mourut."




DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 25 janvier 2008 a 20:49

Suite a une recente visite dans cette region, Arrik Delouya a fait une serie de photos nous permettant ainsi de connaitre quelque peu cette region ou vecurent pour certains d'entre nous, nos ancetres, en bonne entente, suivant le temoignage ci-dessus du Vicomte Georges de Foucault.

Comme le temoignent ces photos, il y avait a Demnate une trentaine de familles juives et on y retrouve les vestiges d'un Mellah avec son ecole de l'AIU, sa synagogue, un cimetiere juif et quelques portes et maisons ayant appartenues dans un passe proche-lointain, a des familles juives.

Voici l'entree du Mellah tel qu'il fut photographie
la semaine derniere


Merci Arrik Delouya






DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 25 janvier 2008 a 20:53

A l'interieur du Mellah...
la semaine derniere




mais c'est aussi cela !





DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 25 janvier 2008 a 20:56

Dans l'enceinte du Mellah, une ruelle...




DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 25 janvier 2008 a 21:00

Et un peu plus loin, quelques portes d'entree de maisons juives...

Pas grand chose, mais significatif tout de meme !







DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 25 janvier 2008 a 21:05

Et qui l'eut cru ? Il y avait aussi un siege de l'Alliance
Israelite Universelle comme le confirme cette ecole renovee depuis
et qui sert d'etablissement scolaire aux enfants de la region.










DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 25 janvier 2008 a 21:07

Les tables ne datent certainement pas, mais c'est a s'y meprendre !grand sourire classique









DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 26 janvier 2008 a 02:12

darlett,


Demnat,trés jolie ville modeste et active sur le flan de l'Atlas.


De passage avec mon ami Albert Ettedgui,Olga et Monique,une amie Parisiénne.

Ville colorée entourée de verdure,qui impréssionne les visiteurs.


Elle posséde trois petits taxis rouges,même une peugeot 206 dernier cri,en plus !!!!............

Le Paradis n'est pas encore perdu,dans les environs,à quelques encablures,le village de BZOU,où vivent encore à ce jour des Juifs,qui achètent du ciment et du fer à béton,pour construire leur maison.


" DANS LA VIE,IL Y A TOUJOURS DE L'ESPOIR !!!!!!!........"


" T A R Z A N " ./.

DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 01:48

Merci cher Tarzan, mais je ne pense pas qu'il soit possible de ramener les roues en arriere.
Moi ce que me semble passionnant dans ces images, c'est de voir la simplicite du quotidien a l'epoque dans ces regions. Tout etait naturel et dans l'habitat, dans l'environnement, dans l'alimentation, dans les vetements, jusqu'aux relations des uns avec les autres.
Beaucoup de choses qu'il est difficile de retrouver depuis...

Bonne soiree
Darlett

DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 02:00

Et pour continuer mon reportage fourni par notre ami Arrik,
voici des fenetres de maison dans ce Demnat qui rappelle beaucoup par
ses couleurs rougeoyantes la ville voisine de Marrakech.

Au coeur de Demnat la semaine derniere...



DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 02:02

L'entree de ce qu'etait le Mellah de l'epoque...



DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 02:04

Une ruelle dans ce Mellah

Photo Arrik Delouya




DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 02:08

Pour revenir a ce que fut l'ecole de l'AIU qui depuis, a ete
totalement restauree, voici le refectoire.








DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 02:11

Economat de l'Ecole ou la Joint Américaine délivrait autrefois la farine

Photo Arrik Delouya



DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 02:14

Le Bain des hommes (hammam)

qui a connu des heures meilleures...


Photo Arrik Delouya



DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 02:17

Encore une vue aerienne de cette petite agglomeration

Photo Arrik Delouya



DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 04:43

La fontaine du Mellah de Demnate




DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 04:43

Une vue generale sur l'ancien cimetiere de Demnate ou
30 % de la population etait juive.





DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 04:46

Une vue plus rapprochee...
Les tombes sont eparpillees au milieu de la verdure.

Un entretien serait necessaire...



DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 04:47

On discutte de tout cela et peut-etre qu'une solution sera trouvee ?

Les notables avec Arrik en casquette a droite.









DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 04:52

Encore une vue du cimetiere avec la muraille qui entoure...




DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2008 a 04:59

Evidemment, il y avait aussi une synagogue dans ce Mellah

mais il ne reste que le souvenir de son emplacement...








DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: Arrik (IP enregistré)
Date: 29 janvier 2008 a 21:06

Citation:
darlett
Suite a une recente visite dans cette region, Arrik Delouya a fait une serie de photos nous permettant ainsi de connaitre quelque peu cette region ou vecurent pour certains d'entre nous, nos ancetres, en bonne entente, suivant le temoignage ci-dessus du Vicomte Georges de Foucault.
Comme le temoignent ces photos, il y avait a Demnate une trentaine de familles juives et on y retrouve les vestiges d'un Mellah avec son ecole de l'AIU, sa synagogue, un cimetiere juif et quelques portes et maisons ayant appartenues dans un passe proche-lointain, a des familles juives.

Voici l'entree du Mellah tel qu'elle fut photographiee
la semaine derniere


Merci Arrik Delouya



J'ai photographié cette porte du café qui se trouve en face, à la porte principale du Mellah, le Mardi 22 jANVIER 2008
Bises
Arrik




DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: Arrik (IP enregistré)
Date: 29 janvier 2008 a 21:08

J'étais en mission sur le terrain le 22 Janvier dernier 2008 en compagnie de Jacky Kadoch qui est le préisdent de la communauité juive de Marrakech-Essaouira pour négocier la restauration du cimetière juif de Demnate

Bises
Arrik




DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: Arrik (IP enregistré)
Date: 29 janvier 2008 a 21:09

Citation:
darlett
Evidemment, il y avait aussi une synagogue dans ce Mellah
mais il ne reste que le souvenir de son emplacement...





Trop tard ! Sommes arrivés trop tard pour reconstruire cette vieille syna à Demnate au coeur du Mellah

Arrik




DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: Arrik (IP enregistré)
Date: 29 janvier 2008 a 21:15

Citation:
Arrik
Citation:
darlett
On discutte de tout cela et peut-etre qu'une solution sera trouvee ?
Les notables avec Arrik en casquette a droite.






Sommes ici avec le Pacha et le Maire de la Ville de Demante, devenus amis et avec lesquels nous mettons sur pied une nouvelle coopération à double sens, nous essayons à travers l'aide de notre association des Permanances du judaisme marocain de erstaurer l'école de Demnate qui a été celle de l'AIU, nous faisons une étude de faisabilité humaine avec une visibilité financière et économique pour le développement du toursime local, et les autorités aideront nos doctorants juifs et musulmans à leur ouvrir les porte pourles interviews auprès de la population locale ancienne sur le mémoire juive e répondant à la sempiternelle question des Demanatis : "Pourquoi les Juifs sont-ils partis ? "

Bises
Arrik

Abderrahim Jouhadi Pacha de la Ville de Demnate, Maroc
Hassan Agourram Maire de la Ville de Demnate et ancien député
Signé Arrik




DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: Arrik (IP enregistré)
Date: 29 janvier 2008 a 21:16

Citation:
darlett
La fontaine du Mellah de Demnate




Cette fontaine s'appelait et s'appelle encore "Skaiya"

DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: Arrik (IP enregistré)
Date: 29 janvier 2008 a 21:17

Darlett tes un chou d'avoir posé ces photos, j'en étais incapable, tbkaa aissa




DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 06 février 2008 a 08:14

Au sujet de l'ecole de l'Alliance qui se trouvait a Demnate,

voici une photo ancienne d'une classe

Il s'agit de Jacob Kaplan, grand rabbin de France, en visite à l’école de Demnate au Maroc (sans date).


DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 09 juillet 2008 a 22:34

Visite à Demnate
16 Mars 2008







Par Josiane Mayer née Assouline de Marseille
(Originaire du Maroc et vivant en Israël)
Membre de l’Association « Permanences du Judaïsme Marocain »

Texte transmis par Arrik Delouya que je remercie




La route Marrakech - Demnate traverse quelques villages très modestes dont les petits commerces et habitations s’alignent à proximité du trafic. Une fontaine publique, quelques ânes montés ou chargés, peu de circulation, des moutons paissant. Plus loin, se dessinent les premiers contreforts de l’Atlas aux sommets enneigés perdus dans la brume de ce jour caniculaire. Nous dépassons la petite route qui mène au Saint David Drâa. Quelques kilomètres plus loin, Hassan nous désigne un mausolée à quelques dizaines de mètres de la route. C’est le Saint Yaakov Nahmias appelé par les Musulmans Moul Almoy.

A l’entrée de Demnate, les voitures stationnées, la foule qui se presse nous laisse entrevoir le Souk du Dimanche où nous repasserons en fin d’après-midi. Nous traversons Demnate, petite ville depuis longtemps sortie de ses remparts. Petites échoppes, maisons modestes, cafés où les hommes discutent en ce dimanche matin. Nous nous arrêtons dans un café, celui de l’ami de Hassan, Abdelkarim. Tous deux nous désignent un mur rose brique, juste en face du café. C’est la maison de Yaquot, la dernière juive de Demnate. On ne voit que l’étage supérieur qui dépasse du mur, vieille bâtisse mal entretenue dont les volets sont clos. Elle est restée dans la maison que ses parents avaient achetée à des religieuses dans les années 40( ?).

Hassan nous dit qu’il s’agit en fait de 2 maisons au milieu d’un grand jardin qui fut magnifique mais qui n’existe plus aujourd’hui. Nous attendons Yaquot. Elle doit arriver dans quelques minutes. Impossible de faire la différence entre les Musulmanes et Yaquot. En tout cas pour nous. Elle n’a que 55 ans mais semble plus âgée. Corpulente, vêtue d’une longue jupe et de plusieurs couches de chandails malgré la chaleur, la tête enserrée dans un turban, chaussée de gros chaussons de laine rouge, se déplaçant avec peine…elle s’approche de nous , nous embrasse avec chaleur puis s’assoit à notre table.

Dans son visage vieilli, les yeux démentent le reste de la physionomie, ils sont pétillants et intelligents. Elle parle l’arabe, le berbère, le français, l’hébreu. Je la filme quelques minutes en lui posant des questions. Elle semble avoir beaucoup de connaissances, sans doute peu ordonnées et qui sont le résultat de sa grande solitude, d’après Abdelkarim.

Il dit qu’elle a beaucoup lu car elle vit seule depuis tant d’années. Elle se joint à nous dans la voiture et nous prenons la direction de Sidi Nasser UmHasser.

Un peu au dessus de Demnate, nous nous arrêtons pour contempler la petite ville depuis les hauteurs. Hassan nous situe au loin l’emplacement du cimetière juif.

Nous roulons encore 2 ou 3 km et arrivons au Pont Naturel de Um Hasser. Là, l’Oued a creusé de formidables gorges dans lesquelles nous descendons par un escalier aménagé. Au dessus des gorges, se dresse un pont naturel, merveille de la nature sur lequel la route passe quelques 200m plus haut.

Nous remontons sur la route et malgré la chaleur, Yaquot insiste pour que nous descendions de l’autre côté du Pont jusqu’au cours d’eau afin de nous montrer l’emplacement du Saint appelé par les Musulmans Sidi Nasser Um Hasser et par les Juifs Um Hasser (de l’eau en berbère).

Arrivés en bas, Yaquot nous désigne une petite résurgence, sous un gros rocher à quelques mètres du lit de l’oued. C’est ici nous dit-elle. Puis elle avise 2 hommes assis à l’ombre d’un olivier et leur emprunte une timbale de plastique qu’elle remplit et qu’elle boit en premier avant de nous la tendre l’un après l’autre. Françoise d’abord, puis moi, Hassan et enfin Abdelkarim.

Elle veille à ce que nous en avalions jusqu’à la dernière goutte.
« Buvez et faites un vœu, le Saint l’exaucera » Depuis de nombreuses générations, les femmes musulmanes comme juives viennent, selon la tradition, se tremper dans les eaux de la source afin de demander un mari ou de guérir leur stérilité. Elles ont coutume jusqu’aujourd’hui d’y abandonner un vêtement ou un accessoire de leur costume (ceinture, écharpes, chemise..) Hassan nous dit que le lieu de sépulture du Saint n’est pas connu mais Yaquot, d’un geste vague nous dit : « C’est ici qu’il est enterré » Puis, Yaquot se plie en deux pendant de nombreuses minutes et fouille dans le lit de la source, choisissant avec soin quelques petits cailloux qu’elle remet à chacun, nous conseillant de les placer sous notre oreiller pour bénéficier de la protection du Saint.

Vingt minutes plus tard, nous arrivons au cimetière juif de Demnate en empruntant une petite route cabossée grimpant à flanc de colline. De part et d’autre de la route, un mur de 1m50 de hauteur. Au sommet de la colline, quelques maisons se dressent arborant des lignes de linge multicolore flottant au vent chaud. Yaquot nous explique qu’à droite se trouve la sépulture des femmes .Là, le mur, détruit partiellement, donne un accès libre au cimetière. Le mur d’enceinte de la sépulture des hommes est complet, sans brèche et le gardien nous en ouvre le petit portail verrouillé.

Je commence à tourner entre les rares tombes qui subsistent en surface et les (encore plus rares) épitaphes. L’endroit est beau, entouré de collines verdoyantes. Sur le versant opposé de la colline, un peu plus bas, un petit mausolée se dresse. Celui d’un autre saint.
Des bruits de voix me font relever la tête.

Yaquot s’adresse avec véhémence au gardien du cimetière.

- Des maisons ont été construites sur l’emplacement du cimetière au sommet de la colline et -bien que les faits ne soient pas nouveaux- Yaquot laisse échapper sa colère.

L’émotion que je ressens à la vue de ce cimetière se double d’une légère déception.Bien sûr, j’avais imaginé qu’il serait en mauvais état mais j’avais le secret espoir d’y trouver au moins une épitaphe au nom de mes ancêtres. Mais non, rien.


Leurs pierres tombales se sont évaporées, comme celles de tant d’autres, entraînées par les eaux de pluie qui ravinent les collines chaque hiver, brisées par le soleil de plomb des jours et le froid glacial des nuits, détériorées par des mains d’ hommes en quête de matériaux de construction « gratuits ».Pourtant, leurs sépultures sont là ,sous l’ herbe rare que les moutons broutent .
Ils sont là tous ceux qui ont peuplé le Mellah de Demnate, qui ont prié dans ses synagogues, étudié dans ses Slat, produit et commercé dans ses souks, génération après génération.

Du cimetière, nous redescendons vers Demnate. A l’entrée du Mellah, Yaquot nous désigne une petite mosquée rose.
« Ici, c’était la synagogue de ma famille. Mon père en a fait don pour la transformer en mosquée, à condition qu’elle soit bien entretenue et ne tombe pas en ruine »
Hassan nous fait remarquer qu’on y accède par des escaliers, ce qui n’est pas habituel pour les mosquées. Nous continuons notre chemin pour arriver sur une petite place à l’entrée du Mellah. L’ancienne école del’AIU l’Alliance Israélite Universelle se trouve ici, entourée de hauts murs. C’est aujourd’hui une école primaire publique.

De là, nous empruntons un dédale de ruelles étroites et sombres, bordées de maisons en pisé, recouvertes pour certaines de crépi. La plupart des maisons sont hautes deux ou trois étages. Leurs façades sont percées de petites fenêtres grillagées dont les volets intérieurs en bois sont clos. Certaines semblent abandonnées, d’autres sont tout simplement en ruines. Tous les quelques mètres, Yaquot s’arrête et nous désigne une maison:

« Ici c’était la maison des Barchichat. Ils sont partis pour Marrakech dans les années 50.Ici habitait la famille Ammar…Ici la famille….

Au fond d’une ruelle, au pied de la grande mosquée au minaret blanc,Yaquot nous désigne quelques escaliers.

Ici c’était le mikvé

Puis nous passons devant les ruines de deux synagogues, amas de pierres qu’il nous aurait été impossible d’identifier sans les souvenirs de Yaquot. La visite se termine. Nous reprenons la route de Marrakech en faisant une dernière halte au souk de Demnate, immense terrain poussiéreux où se vendent à même le sol ou sur de petits étals, légumes, épices etc... Le coiffeur /barbier officie sous une petite tente.

Il est déjà tard et l’on charge charrettes et camions de marchandises. Sur ce même terrain poussiéreux, mes ancêtres et ceux ce Hassan et d’Abdelkarim commercèrent peut-être il y a plus de 150 ans.

Je devais voir Demnate.

Josiane precieuse




DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: DemnateOnline (IP enregistré)
Date: 02 décembre 2008 a 22:27

Bonjour tout le monde
J'était trés heureux de tomber par hasard sur ce forum et lire tous ces mots merveilleux qui sont écris par amour pour cette belle ville et avec une touche de nostalgie aux années de lumière de celle-ci.
Je suis natif de Demnate, j'y reste plus trop souvent, obligé par les mes études et par le travail, mais ma famille est toujours là et mon coeur aussi.
Je suis l'un des enfants fidels de ce paradis marginalisé, et depuis longtemps j'ai pas cessé de militer à la limite de mes modestes moyens pour son progrés et sa prospérité; J'ai adhéré aussi à une association à Demnate et on a fait beaucoup ensemble pour cette ville , son développement et sa culture.
Avec mes modestes moyens toujours j'ai créé un site qui est le premier et le seul dédié à celle-ci, je le maintien tout seul, l'actualisant tout seul ... malgrés que j'ai toujours appelé la jeunesse via celui-ci a participer a son enrichissement et a militer pour leur ville; Parce que j'adis, je suis pas souvent làbà, plusieurs informations m'échappent de temps en temps et je trouve du mal a l'actualiser ... bref;
Je vous remerci tous sur ce forum d'avoir penser à votre paradis d'origine, et je vous invite a participer et enrichir son portail, un forum y est aussi disponible , j'attend vos participations, vos remarques et suggestions,et vos critiques. Participons tous a la renaissance de notre paradis.
Bienvenue sur www.demnate.fr.tc

DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: izakaren (IP enregistré)
Date: 10 décembre 2008 a 00:55

Bonsoir tout le monde et particulièrement les Demnatis sans frontières.
Moi aussi, je me suis épris par ce bijou perdu au milieu de cette grande et vielle oliveraie et délaissé par ces filles et fils. Regardons mes frères et sœurs sa muraille qui s'agonise et se meurt devant nous. Regardons aussi ses marabouts et mausolées qui furent autrefois les refuges psychologiques de tout un chacun de nous. Regardons aussi, le pont de Dieu "IMINIFRI «qui demande de le secourir d'une mort sûre. Il n'est plus naturel, car il est totalement défiguré. Le béton a conquit la rivière de "Sidi Nacer Omhaser".Les panneaux signalétiques et les pilons de télécommunications perchaient dessus. Les constructions (l’auberge, la commune,..), le parking des véhicules et le passage des poids lourds pourraient entrainer sa destruction .J’interpelle tout le monde et en particulier les filles et fils de DEMNAT, de faire quelques choses, d’agir, d’écrire de plaidoyer etc.., chacun a sa façon (matériellement, moralement,…) pour secourir les patrimoines de notre aimable ville.

DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: demnatium (IP enregistré)
Date: 01 janvier 2009 a 17:41

Hey everybody,

I am so sorry to write in English because hadchi li 3ta llah. I am inviting you to see the website about Demnate's History. Your contributions are very important.

www.demnate.doc.ma

Hope to see your active participation. You can express yourself in any language you like.

All the best and God bless you

Iwiss_n_Demnate

DEMNAT, paradis perdu...
Posté par: Jean-Luc V. (IP enregistré)
Date: 04 août 2010 a 13:20

Bonne idée que de publier cet extrait de "Reconnaissance au Maroc".

Redonnons toutefois au victomte de Foucauld son prénom : Charles (et non Georges).

«Demnate ou la mémoire ressuscitée»
Posté par: aaron (IP enregistré)
Date: 10 mai 2011 a 14:21

Imin’Ifri, impressionnant site touristique
Imin’Ifri, c’est le pont naturel. D’après les géologues, ce pont est la résultante du dépôt de calcaire engendré par le déversement de l’eau des deux versants en face de l’oued, et ce, sur plusieurs millions d’années. Ces dépôts ont d’abord tapissé les rebords des deux versants, créant ainsi deux socles solides ou piliers sur lesquels des néoformations calcaires se sont déposées, pour réaliser en fin de compte une lame de continuité, ou arche.
Imin’Ifri est surtout le lieu de résurgence des sources étalées çà et là sur une trentaine de mètres, dans le lit de l’oued que jonchent une multitude de monolithes, lesquels délimitent, par endroits, des nappes d’eau légèrement profondes et limpides : lieu de prédilection pour les baignades.
Les baigneurs, après quelques instants passés dans l’eau fraiche, s’exposent au soleil sur les pierres lisses. Ce sont les crues de l’oued qui façonnent ces flaques en guise de piscine de fortune. L’une des flaques est délimitée à dessein par de grosses pierres attenantes les unes aux autres, destinées à recevoir une clientèle particulière. Il s’agit du sanctuaire du Saint Sidi Mhasser. Ce saint a donné son nom à l’oued.
Imin’Ifri est donc le seul centre estival de la région. Les gens s’y rendent, quand la canicule sévit dans la ville et les villages avoisinants, pour se rafraîchir dans les flaques d’eau de l’oued, lesquelles ont été approfondies par les crues antérieures. L’eau est tellement fraîche que le baigneur ne s’y trempe que quelques minutes pour aller s’étaler sur les monolithes avoisinants implantés dans le lit de l’oued. Certains, plus organisés, se rendent dans ce site en famille, dressent une tente de fortune, où on passe du bon temps pendant que la marmite fume sur son feu de bois n
Source : «Demnate ou la mémoire ressuscitée»
(Editions Dar Attawhidi, 2008)

Demnate, oubliée de l’Atlas, mémoire du judaïsme marocain
Posté par: aaron (IP enregistré)
Date: 10 mai 2011 a 14:28

Dans les années quarante du siècle dernier, sur 3 000 habitants de la ville le tiers était juif. Le mellah, les deux saints, Rabi David Draa et Sidi Mhasser, le cimetière hébraïque... la ville a été marquée par la culture juive.


Tapie au pied de l’Atlas, à une centaine de kilomètres de Beni-Mellal, elle peut sembler, au visiteur de passage, dépourvue d’intérêt, ennuyeuse, retranchée du temps et de la civilisation. Impression trompeuse : Demnate, terres fertiles en amazigh, peuplée actuellement de 25 000 âmes, est riche en histoire, regorge de sites naturels qui n’ont rien à envier à sa voisine Azilal et ses chutes d’Ouzoud. Riche en terres agricoles aussi : oliviers, amandiers, caroubiers s’étendent sur des milliers d’hectares et font la réputation de la région. Riche, enfin, de ses femmes et ses hommes, toujours fiers, qui ont bravé les aléas d’un climat et d’une nature pas toujours cléments, pour améliorer leur quotidien et sortir leur cité de l’oubli. Certains parmi ses habitants sont devenus célèbres. Le réalisateur et scénariste Ahmed Bouanani, décédé en février dernier, justement à Aït Oumghar, un douar palpitant de vie dans les environs de Demnate en fait partie. Il a grandi dans la région avant de la quitter pour s’envoler vers Paris, en vue de faire des études à l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC). L’air de la montagne et la simplicité de ses habitants l’ont fait revenir au bercail, pour rendre son dernier souffle loin des tracas de la ville.

Sur les 3 000 juifs d’antan on n’en compte plus qu’une personne, qui travaille à la bachaouiya

Impossible d’évoquer Demnate aussi sans se rappeler du «Fquih», le célèbre Mohamed Basri, figure de proue de la Résistance contre le régime du Protectorat, condamné à mort plusieurs fois après l’indépendance, tout comme il serait incongru de se rendre à Demnate sans visiter le mellah, quartier des juifs qui ont habité cette ville depuis des temps immémoriaux, avant d’être poussés malgré eux vers l’exil aux quatre coins du monde. Brahim Taggount, professeur de maths et secrétaire général de l’Association Aït Oumghar pour la culture, le développement et l’environnement, qui nous reçoit chaleureusement ce matin pluvieux du 23 avril, a tenu à nous accompagner pour une visite à travers les ruelles de ce fameux mellah. Le quartier juif garde toujours le même nom, ses maisons et ses échoppes n’ont pas changé, Seuls ses habitants ont changé. Il n’y a plus de juifs, uniquement des musulmans de la ville qui l’habitent désormais ou qui y travaillent comme couturiers, tailleurs ou commerçants. «Sur les 3 000 habitants de Demnate dans les années quarante du siècle dernier, un tiers était constitué de juifs. Il n’en reste plus qu’un seul, une sexagénaire, qui travaille à la bachaouiya de la ville», nous informe Brahim sur un ton de désolation.
Une bâtisse surplombe la porte d’entrée du mellah : la synagogue Ben Hakkou. Elle est toujours à sa place et n’a subi la moindre retouche. Avant leur départ, les juifs l’ont vendue à un musulman qui l’a transformée en mosquée. La tolérance, raconte-on encore parmi la population de Demnate actuelle, était de mise entre les deux communautés. «On respectait tant les lieux de culte que les dignitaires religieux. Musulmans et juifs se souhaitaient la bonne fête. Le musulman n’avait aucune raison de mettre en doute la religion de Moïse. D’ailleurs, quand il entendait prononcer les noms de Moïse ou de Jésus, il disait aussitôt : “Que la paix soit sur lui”», écrit H’mida Baddag, auteur d’un livre intitulé Demnate ou la mémoire ressuscitée (édition Dar Attawhidi, 2008). La tolérance et le respect mutuel entre les deux communautés étaient-ils vraiment le trait marquant de cette relation ? Rien n’est moins sûr. La construction du mellah au XIXe siècle avait pour objectif, comme c’est le cas d’autres villes du Maroc, de séparer juifs et musulmans qui se livraient des batailles rangées pour une raison ou une autre. (Les historiens parlent même d’une tuerie anti-juive en 1854).
Et l’eau, entre autres, était l’une des raisons de ces disputes. Les musulmans accusaient les juifs de jeter leurs déchets dans une saguia utilisée par les deux communautés, et qui souillaient ainsi l’eau qu’ils utilisaient pour leur ablution.
Il n’empêche, le mellah constitue en ce XXIe siècle une partie de la mémoire de la ville et l’une des destinations prisées des touristes. De même pour les marabouts juifs, à l’instar du saint Rabbi David Draa qui continue d’attirer des pèlerin juifs qui viennent implorer sa bénédiction. On peut encore citer le cimetière hébraïque, à Tighermine, à proximité de Demnate, dont les sépultures n’ont subi aucune détérioration, encore moins une profanation. Et l’on se rappelle encore jusqu’à nos jours du sanctuaire judéo-musulman, le saint Sidi Mhasser (qui donna son nom au fleuve), vers lequel les femmes stériles, musulmanes et juives, se tournaient pour implorer la baraka. La femme juive s’y rendait le samedi, la musulmane le vendredi. Elles s’y déshabillaient en toute quiétude, et chacune avant de partir faisait des offrandes, grains de blé ou de maïs, tout en implorant la bénédiction du saint.
Le Dr H’mida Baddag est lui-même originaire du douar Aït Oumghar (enfants du cheikh en amazigh) et a pu faire de brillantes études de médecine, d’abord à Rabat, ensuite à Toulouse pour se spécialiser en chirurgie. Il est maintenant retraité, et bien que résidant à Rabat, il est souvent à Demnate pour ses activités associatives, au sein notamment de l’association éponyme. Ce jour du 23 avril, il s’y trouve justement pour assister à une réunion de cette dernière avec deux membres d’Humaniteem, une ONG humanitaire française qui assiste et subventionne nombre de projets montés par des ONG en Afrique. Celui sur lequel travaillent les deux ONG actuellement concerne le forage d’un puits et la canalisation de l’eau jusqu’aux chaumières du douar Aït Oumghar. Le projet est ficelé, les travaux de forage sont terminés, mais reste encore l’essentiel : acheminer l’eau jusqu’aux chaumières des usagers du douar, quelque 500 âmes, habitant 150 foyers. La réunion eut lieu, après la visite du mellah, autour d’un succulent couscous dans la maison de Brahim. Il faut dire que l’eau constitue un sérieux problème pour les douars disséminés dans les alentours de Demnate, non pas qu’elle est rare, puisque les sources jaillissant des montagnes se comptent par centaines dans la région, mais parce qu’elle est polluée. Les analyses nécessaires sont faites et il n’y a plus le moindre doute pour les membres de l’ONG marocaine : l’eau de la fontaine du douar est infecte et donc imbuvable. L’origine de cette pollution ? La construction d’un hôtel dans les environs du douar. «La fosse septique que le propriétaire a creusée ne répond pas aux normes, et elle a contaminé la nappe phréatique», accuse Abdelmalek Khay, le président de l’association, lui aussi professeur de maths dans un collège à Demnate. Donc, le seul moyen pour boire une eau saine est de creuser un puits, loin de l’hôtel. Il a fallu creuser 103 mètres pour avoir une eau pure et abondante. Seulement, met en garde M. Khay, l’eau du puits ne devrait servir qu’à la consommation. Pour toute autre utilisation, «il faut sensibiliser la population pour n’utiliser que l’eau de la fontaine». Un gros travail reste donc à faire. Et un autre gros problème à résoudre : quel moyen utiliser, le moins cher et le plus efficace, pour alimenter la pompe d’eau ? Le gasoil, l’énergie solaire ou l’électricité ? La question est débattue par les membres des deux ONG sous tous ses angles, sans pouvoir aboutir à une solution.
SOURCE:[www.lavieeco.com]



Désolé, seuls les utilisateurs enregistrés peuvent poster sur ce forum.
Veuillez cliquer sur S'identifier pour vous enregistrer

   Rechercher sur
 

  Web    
Darnna

� 2008 Darnna.com - All rights reserved.

'