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Le fils de Mogador de David Bensoussan de Montreal
Posté par: Arrik (IP enregistré)
Date: 30 mars 2005 a 15:19

Le Fils de Mogador
de David Bensoussan


Alain revit ce que sa memoire a pu retenir de Mogador. Des evenements et des impressions ressortent tels des affluents qui viennent alimenter aujourd'hui encore la personne qu'Alain est devenue. Ils sont le reflet d'un monde disparu a tout jamais et qui renait de ses cendres dispersees aux quatre coins du monde.

Le flot des souvenirs fend l'ecume des vagues aux puissants grondements qui viennent se fracasser sur les murailles de la ville dans un ressac perpetuel, avant de se retirer en chuintant sur le sable des plages ensoleillees de l'enfance.
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Ne a Mogador au Maroc, David Bensoussan est l'auteur de nombreux volumes didactiques en electronique, d'un commentaire de la Bible : La Bible prise au berceau, et de nombreux recits pour enfants.
L'ouvrage de souvenirs, Le fils de Mogador, le roman historique, Sur les rives de Mogador et le volume d'enluminures Mariage a Mogador (en collaboration avec Asher Knafo) font revivre le glorieux passe de la ville.


David Bensoussan, Asher Knafo

Quand les juifs quitterent definitivement Mogador apres y avoir connu pendant trois siecles des hauts et des bas, ce fut comme si, encore une fois, ils partaient en exil. Mais a l’encontre de l’autre exil, le grand exil d’Israel, celui la n’avait rien de mortifiant ou de tragique. Au contraire, c’etait un exil ou on se plaisait, je dirais meme un exil ou l'on se vautrait avec delice.

Le Mogadorien se batit un petit monde, un ilot de tranquillite qui le distrait des ennuis de la vie courante. Il entoure cet ilot d’une mer bleue lenifiante, c’est la mer de ses souvenirs, et quand il a un moment libre, il se hisse sur le plongeoir (le fameux plongeoir de Taghart a la plage de Mogador) pique une tete dans l’ocean qui le recoit a bras ouverts et qui l’aide a se retrouver dans le labyrinthe de ses souvenirs.

Quand nous etions jeunes a Mogador, nous entendions souvent ces propos decretes avec vehemence : a Aimitlo sheur! a ‘ Tkhel feh se Dzen ‘. Le premier se disait quand, par exemple, un mari quittait sa femme pour se prelasser dans les bras d’une autre et refusait obstinement de’ecouter les suppliques de ses amis qui lui enjoignaient de regagner son foyer. Le deuxieme se disait pour le meme genre de cas par ceux qui ne croyaient pas aux sortileges mais affirmaient avec passion qu’il existait en dessous de nous un autre monde, le monde des Zneun c’est-e-dire des djinns qui n’attendaient que l’occasion de venir la nuit nous pincer (ca, c'etait dans le moindre des cas) ou d’investir notre personne pour agir en notre lieu et place (ca, c’etait nettement plus grave!)

Quel Sheur, quel djinn est entre dans le corps des Mogadoriens pour qu’ils refusent si obstinement de delaisser les chimeres de leurs souvenirs mogadoriens et reviennent a la realite ? Ne serait-ce pas par le fait de quelque elixir que nos meres nous ont mis dans notre soupe en nous enjoignant vivement : ‘ Kel soppa ‘ - mange ta soupee


Quel est cet engouement qui saisit un Marcel Krespil, professeur eminent d’universite en Amerique et le pousse a paraphraser ‘ Hiroshima mon amour ‘ en donnant a son livre le titre ‘ Mogador mon amour ‘ ? Ou qui entraine un Ami Bouganim a aller « Entre vents et marees « pour nous faire rencontrer les fous et les mendiants de son enfance en nous contant ses ‘ Recits du mellah ‘ ? Ou qui pousse un Pol-Serge Kakon, chanteur et troubadour, s delaisser sa chere chanson francaise pour nous faire passer sous ‘ Bab Sbaea ‘ – ‘ La Porte du lion ‘ afin de nous faire connaitre les dedales de Mogador a la poursuite de l’impenetrable ‘ Rica la vidae ‘ et, enfin, qui oblige un Isaac D. Knafo a se confiner dans son Kibbouts pendant vingt ans pour eriger a sa ville natale un ‘ Memorial de Mogador ‘ ?

David Bensoussan, auteur de cet excellent livre sur Mogador, n’avait que dix ans en la quittant. Trop jeune - dira-t-on ‘pour avoir des souvenirs de sa ville ou pour le moins, des souvenirs precis. Et, voulez vous que je vous le dise ? En effet, il n’en a pas! Il ne se souvient presque de rien ! Mais quand il prend sa plume en main les voila (les souvenirs) qui rappliquent! Ils se precipitent, se mettent a la queue derriere sa plume en clamant : Moi aussi ! Moi aussi je suis la ! Et alors, ils apparaissent tous avec une precision hallucinante. Demandez-lui (a Bensoussan) de parler l’arabe de son enfance, il le fera peut-etre, mais d’une maniere gauche et hesitante, et pourtant quand il ecrit un de ses contes (j’ai failli dire ‘ drelatiques ‘) en judeo-arabe il retrouve un langage enrichi de dictons et d’expressions mogadoriennes qu’on croyait a tout jamais perdus.

Le Fils de Mogador qui n’est autre que l’auteur, vous prend par la main (des fois a la gorge) pour vous emmener dans une promenade virtuelle mais fascinante a travers ce Mogador qui, cinquante ans apres, hante toujours ses ressortissants. Vous voile dans le Souk Jdid, buvant avidement les paroles des anciens et prenant parti pour telle ou telle position sur l’etymologie d’un mot dont on n’avait plus depuis longtemps souvenir ou bien, subitement devenus enfants, vous ecoutez, sagement assis sur les bancs du Talmud Thora, les cours donnes par Rabbi Mseeud Elkabas ou par Rabbi Yitshaq Haroche. Vous visitez tour a tour le Fort portugais, les remparts de la Scala, la Place Publique, la Attara, vous passez par la rue du Consul Koury et vous vous recueillez avec le souvenir de Rbi Mseeud Tamsot. Et, si vous etes fatigues, asseyez-vous gentiment devant l’oncle Meyer qui vous donnera une belle lecon d’histoire ou, si vous n’aimez pas l’histoire, allez donc au chapitre La Ala pour ecouter avec ravissement cette belle musique qui prenait ses racines dans l’Andalousie.

David Bensoussan a tout d'abord ecrit des dizaines d’ouvrages scientifiques, puis s’est penche attentivement sur le monde biblique pour rediger un magnifique volume en trois tomes ‘ La Bible prise au berceau ‘, pour enfin trouver le temps de se consacrer a sa veritable passion : la litterature. Le resultat la, devant vous.

Arriko




Re: Le fils de Mogador de David Bensoussan de Montr?al
Posté par: hassanazdod (IP enregistré)
Date: 02 avril 2005 a 19:21

arrik
sur ma demande
david bensoussan m a expedie son livre.je l ai lu et relu et je l en remercie infiniment
hassan



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