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La judéité unie-t-elle tous les Juifs ?
Posté par: akachmir (IP enregistré)
Date: 27 juin 2009 a 12:49

Une question gênante en dehors de mon domaine " Nos Juifs marocains" m’a préoccupé: La judéité unie-t-elle tous les Juifs?
A travers plusieurs lectures relatives aux juifs religieux et laïcs, ma recherche ou plutôt ma curiosité me pousse à chercher une réponse commune qui lie tous les Juifs si différents, vivant dans le monde, ne parlant pas la même langue, ni la même culture, mais partagent le même destin profond et prêts à subir le même sacrifice.

Ces réflexions me font poser une autre question : Qu’est-ce que la judéité ?

Je me suis rendu compte, en lisant d’autres informations qu’il y a aussi certaines tensions quelque fois violentes entre les religieux juifs eux-mêmes. L’exemple des laïcs mués en anti-religieux conduisant le jour du shabbat près des quartiers religieux juste par provocation. Mais, le conflit arabe les réunit pour former un front commun. Alors la question se pose : Qu’est-ce que le peuple juif a-t-il encore en commun ? Que partagent les hommes en noirs, les haredims antisionistes Quel est le point commun entre un juif yéménite et un juif d’origine polonaise ? On arrive à saisir le lien qui tient toutes ces personnes dans une même essence partagée, la judéité ; vu sous l’angle de la modernité. Qu’est-ce que la judéité ? Quel est le dénominateur commun de tous ces juifs si différents que l’on rencontre dans tout le monde. Des scissions sont apparues, empêchant de communiquer les uns avec les autres dans la diversité des façons d’être juif, mais dans l’impossibilité de communiquer, de dialoguer des juifs laïcs et religieux entre eux. Quand un peuple ne peut plus s’asseoir à la même table et partager ensemble le même repas en raison des scissions, des pratiques si différentes des uns et des autres.

Je pense aussi à la pratique de la casherout pour les religieux et le non-respect absolu de ces règles très strictes par les laïcs qui séparent si souvent les familles entre elles, alors comment les juifs vont-ils s’arranger entre eux pour rester un seul et unique peuple ?

Je ne pense pas, vu que les Juifs ont traversé tant d’épreuves, ses traditions et ses coutumes lui ont servi de ciment de base solide à la continuation. De la reconnaissance d’un passé commun, la conscience d’une judéité continue de lier tous les juifs entre eux. La question reste de savoir si cette conscience partagée entre les juifs et les non-juifs de la judéité peut survivre à l’assimilation et à la laïcité d’une part de plus en plus importante du peuple juif.

Si le coeur qui bat pouvait parler




La judéité unie-t-elle tous les Juifs ?
Posté par: Arrik (IP enregistré)
Date: 01 juillet 2009 a 14:17

T'as l'air seul avec tes interrogations.

Un seul bémol cependant, la judéité est intrinséquement et concrétement liée aux juifs et au peuiple juif depuis la nuit des temps

Sans cette judéité qui puise ses racines dans le judaîsme contemporain et ancien il ne peut y avoir d'avoir juive

On nait juif, on ne le devient point

Le judaisme est contre tout prosélitisme, d'où la notion de judéité foncièrement imprégnée vde valeurs judaïques qui t'aident à cultiver avec ou sans la religion ton judaïsme

SI LES JUIFS NE SONT PAS UNIS ALORS C'EST LA FIN DU PEUPLE JUIF

Voilà pour ma contribution

CIAO ET A @




La judéité unie-t-elle tous les Juifs ?
Posté par: Charly Chichportiche (IP enregistré)
Date: 01 juillet 2009 a 19:48

akachmir...les religions n'ont jamais uni les hommes ! bien au contraire - comme si c'était leur unique vocation - elles n'ont fait (et ne font) que les diviser...


La judéité unie-t-elle tous les Juifs ?
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 01 juillet 2009 a 21:33

A cette question, je pourrais repondre par une autre question : le christianisme unit-il tous les chretiens ? ou l'Islam, unit-il tous les musulmans ?

Je ne le pense pas et les divergences de vues sont les memes chez tous independamment de l'identite religieuse car derriere la definition religieuse, il y a avant tout, des hommes et les hommes, nous ne le savons que trop, ne partagent pas tous les memes convictions, ni les memes idees.

Le probleme se pose avec plus d'acuite depuis que le Juif en devenant israelien, a cesse de representer une communaute marginale au sein d'une majorite a l'identite religieuse qui differe de la sienne.

D'autre part, il me semble que l'un des facteurs determinants pour la persistance du peuple juif aura ete, bien ironiquement, l'antisemitisme et le harcelement des non-juifs vis-a-vis de ceux qu'ils consideraient comme "differents". En poursuivant et en definissant l'autre comme l'"etranger", on aura contribue a le sceller au sein de sa communaute et c'est justement en cela que les choses different en Israel.
Israel est venu liberer le Juif de cette definition d'etranger et en se liberant, d'autres barrieres sont tombees. Ainsi on assiste, au sein de la communaute israelienne a une autre definition du Juif qui devient, a l'image des autres, laiques et "non-religieux" amenant a des conflits identiques aux conflits qui se presentent ailleurs sauf qu'en Israel, il n'y a pas separation de la religion et de l'Etat d'ou la virulence des oppositions.




La judéité unie-t-elle tous les Juifs ?
Posté par: gilou (IP enregistré)
Date: 05 juillet 2009 a 11:14

La judeité n'a pas de lien avec le judaisme, héritier des pratiques rituelles ou aussi bien qu'agnostique. C'est une définition péjorative de comportements souvent considérés comme asociaux par les peuples chrétiens principalement. Elle devient une caractéristique fantasmagorique des communautés juives, que les lois discriminatoires ont amplifiée par les interdictions innombrables d'exercer des métiers manuels.

La judeité a presque toujours été synonyme méprisant d'usure et de richesse en occident, jusqu'à nos jours.

Ce concept n'a pas été repris par l'Islam, qui n'a pas cherché à définir les juifs autrement que par l'enseignement coranique de la haine, la seule caractéristique n'étant que théologique, fondée sur l'appropriation de la mission prosélyte de l'Islam originel par la secte hebraique, dénoncée par le prophète venu rétablir la vérité enfin révélée.

L'histoire prouve que le principal facteur d'unification des Juifs a été la volonté millénaire des descendants des tribus exilées de retrouver une patrie émancipatrice et libératrice. Pratiques religieuses et querelles politiques sont bien ancrées dans la société israelienne et dans les communautés encore exilées pour prouver que l'unification des Juifs, et d'ailleurs des Musulmans et des Chrétiens reste utopique.

Beaucoup d'exégètes sont persuadés que l'humanité retrouvera l'harmonie pacifique des différences, quand les religions perdront leur ròle législatif contraignant. La faculté individuelle de différencier le Bien et le Mal reprendra le rôle primordial confisqué par les idéologies totalitaires.




La judéité unie-t-elle tous les Juifs ?
Posté par: kirstine (IP enregistré)
Date: 05 juillet 2009 a 17:23

Je suis entrain de lire une vie des Médicis et on y parle du Concile de Florence en 1439 et de Gémiste Pléthon qui discute religion avec un médecin juif, Messer Elias (mais je pense que ce dernier est juste "fictif" pour permettre la discussion. Pléthon lui par contre a bien existé.....

Georges Gemistos dit Pléthon (vers 1360, Constantinople - 1452 ou 1454 ), philosophe byzantin.

Pléthon considère que la philosophie de Platon héritière, avec celle de Pythagore, de la sagesse des mages disciples de Zoroastre, peut sauver l'Hellade à une époque où l'empire romain byzantin n'est plus qu'un empire fantôme. Il propose des réformes économiques, sociales et politiques destinées à accompagner la reconquête de l'Hellade à partir de Sparte (Mistra), centre du Péloponnèse, et il entend fonder le politique sur un polythéisme hiérarchique et une théologie affirmative.

Pléthon naît vers 1360 à Constantinople dans une famille sacerdotale orthodoxe dans laquelle il reçoit une formation classique complète.

Il se rend à la cour du sultan, à Andrinople, et étudie chez Elisha, un Juif probablement adepte de la Falsafa, et bon connaisseur des commentateurs d'Aristote.

Pléthon retourne ensuite à Constantinople où il acquiert une grande réputation comme professeur et comme érudit. Il a pour élève, par exemple, Marc Eugénikos, dont il soutiendra les positions anti-unionistes au concile de Florence.

Mais l'Eglise, inquiète du contenu de ses enseignements, tente de le faire exiler. Il est alors envoyé, vers 1407, par l'empereur Manuel II Paléologue, avec qui il reste en bons termes, à Mistra, ville proche de l'antique Sparte, et il devient conseiller de Théodore II, le jeune despote de Mistra.

Il y fonde et développe ce qu'il appelle lui-même sa "phratrie", qui sera si importante ensuite pour la diffusion du platonisme en Occident. Il compte parmi ses disciples Bessarion.

Invité à participer au concile de Florence (1438-1439) en vue de l'union des Eglises, il se rend en Italie avec la délégation grecque. Rapidement déçu par la demande insistante faite aux Grecs d'adopter le Filioque que les orthodoxes considèrent comme une addition illégitime au Credo, Pléthon cherche à faire l'union d'une manière plus philosophique. A Florence, il est en contact avec Léonardo Bruni, l'un des premiers traducteurs de Platon. Cosme de Médicis, qui vient souvent écouter Pléthon dans des réunions où le philosophe explique en quoi Aristote est en désaccord avec Platon et pourquoi il a tort, semble très intéressé par ce que Pléthon enseigne sur les mages. Selon Marsile Ficin, il conçoit alors le projet d'une sorte d'Académie : il fera traduire Platon en latin.

Après le concile, Pléthon retourne à Mistra où il poursuit son oeuvre jusqu'à un âge très avancé. Il meurt le 26 juin 1452, ou bien en 1454. Après sa mort, on fait saisir son œuvre principale, le Traité des lois qui, ramené à Constantinople en 1460 (7 ans après la prise de la ville par les Turcs), est partiellement brûlé par le patriarche orthodoxe Georges Scholarios Gennade.

Les restes de Pléthon, exhumés par Sigismond Pandolfe Malatesta et emportés à Rimini, se trouvent aujourd'hui dans un sarcophage installé sur un mur du "Tempio Malatestiano".

Laila

La judéité unie-t-elle tous les Juifs ?
Posté par: kirstine (IP enregistré)
Date: 05 juillet 2009 a 18:22

Autre personnage cité dans mon livre et prétexte à réflexions.....Philon d'Alexandrie.

Philon d’Alexandrie (vers -12 - vers +54) est un philosophe juif hellénisé né à Alexandrie. Les rares détails biographiques le concernant se trouvent dans ses propres œuvres, en particulier Legatio ad Caium ou Légation à Caius (Ambassade chez Caligula) et chez Flavius Josèphe (Antiquités xviii. 8, § 1; xix. 5, § 1; xx. 5, § 2). Le seul événement dont la date est sûre est d'ailleurs cette participation à l'ambassade que les Juifs d'Alexandrie envoyèrent à l'Empereur Caligula en l'an 40 pour demander sa protection à la suite des émeutes anti-juives, dont ils avaient été victimes de la part des Grecs. Son âge à cette époque, de 50 à 70 ans, est incertain. Eusèbe de Césarée le cite abondamment dans son «Histoire Ecclésiastique» sections XVIII et XIX dans laquelle il décrit la vie des thérapeutes d'Alexandrie.

Il symbolise le judaïsme d’Alexandrie, étape vers le christianisme, dans la mesure où celui-ci est à la fois issu du judaïsme et de l'hellénisme. Pour les chrétiens, Philon est juif. Mais pour les juifs orthodoxes, lui et sa communauté d'Alexandrie sont les prototypes des "juifs assimilés". Comme pour d'autres transfuges ultérieurs, Flavius Josèphe, Spinoza ou Freud, sa culture biblique, son attachement au peuple juif alimentent sa pensée universaliste. Il est convaincu que le monothéisme de Moïse est universel et il veut en convaincre ses lecteurs grecs.

Connaissant parfaitement les systèmes philosophiques grecs, Philon est à ce point influencé par Platon qu'il en épouse même le style, avec toutefois les hellénismes des Juifs d'Alexandrie. On cite souvent ce jeu de mots d'un contemporain : "Philon platonise, Platon philonise". Ses textes sont intéressants pour l'étude de la philosophie néo-platonicienne, mais surtout pour sa lecture de la Bible, qu'il lisait dans la traduction des Septante. Il fait notamment des personnages bibliques des allégories. Il est bien possible qu'il ignorât l'hébreu, mais la question est controversée.

Selon Claude Tresmontant, Philon d'Alexandrie aurait aussi influencé les premières communautés chrétiennes.

Laila

La judéité unie-t-elle tous les Juifs ?
Posté par: gilou (IP enregistré)
Date: 05 juillet 2009 a 20:38

Il est frappant de constater à l'évocation de tous ces personnages et sans revenir sur les luttes tribales et la disparition des tribus,que le concept chrétien de judeité est celui qui est le plus éloigné de la conscience collective des Juifs. Il n'y pas sur la planète plus de différences morphologiques, d'incompatibilités théologiques, de contestations liturgique, d'oppositions philosophiques, que celles qui caractérisent les communautés et même les individus.

Et si l'on se réfère aux bulles papales jusqu'à Jean 23, aux sujets des délibérations des conciles, la judeité permettait de justifier l'universalité des exactions, spoliations, de communautés différentes.






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