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Le decret d'Alhambra
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 16 septembre 2007 a 04:52

Le decret d'Alhambra


Le décret d'Alhambra, connu pour avoir causé l'expulsion des Juifs d'Espagne, fut publié le 31 mars 1492 par les Rois Catholiques d'Espagne — Isabelle de Castille, mariée à Ferdinand II d'Aragon en 1469 —, suite au triomphe sur les Maures, et la chute de Grenade.

Le décret ordonnait la conversion ou le départ de tous les Juifs d'Espagne, ses territoires et possessions avant le 31 juillet 1492, et aboutit à leur diaspora dans le Maghreb, l'Europe méridionale et l'Empire ottoman, où le sultan Bayezid II avait accepté de leur donner refuge.

La communauté se résigna au décret, à l'exception notable du Rav Don Isaac Abravanel, qui y opposa une farouche résistance, cherchant à faire annuler ou révoquer le décret. On lui prête une réponse au ton prophétique, voire messianique. Il s'agit toutefois d'une création littéraire.

150 000 Juifs choisissent la conversion, 150 000 à 200 000 l’exil en Navarre, au Portugal, en Italie, en Afrique du Nord ou en Méditerranée orientale.





"Du Roi Ferdinand, et de la reine Isabelle, par la grâce de Dieu, Roi et Reine de Castille, du León, d’Aragon et autres possessions de la couronne - au prince Juan, aux ducs, marquis, comtes, les saints ordres, prieurs, chevaliers commandeurs, seigneurs des châteaux, cavaliers, et à tous les Juifs, hommes et femmes de tout âge, et à tous les autres que cette lettre pourrait concerner – que la santé et la grâce soit sur vous.

Vous savez fort bien qu’en nos territoires se trouvent certains mauvais Chrétiens qui se sont judaïsés et sont coupables d’apostasie envers notre Sainte foi Catholique, la plupart étant dues à des communications entre Juifs et Chrétiens. C’est pourquoi, en l’an 1480, nous ordonnâmes que les Juifs soient séparés des villes et cités de nos domaines et qu’il leur soit attribué des quartiers séparés, en espérant que le problème soit résolu par une telle séparation. Et nous ordonnâmes qu’une Inquisition soit établie en un tel domaine; et en douze ans, ça a fonctionné, l’Inquisition a trouvé beaucoup de coupables. En outre, nous sommes informés par l’Inquisition et d’autres que le grand dommage occasionné aux Chrétiens persiste, et que cela continue du fait des conversations et communications qu’ils tiennent avec les Juifs, de tels Juifs tentant par tous les moyens de renverser notre sainte foi Catholique et tentant de détourner de fidèles Chrétiens de leurs croyances.
Ces Juifs instruisent ces Chrétiens sur les cérémonies et observances de leur Loi, la circoncision de leurs enfants, et leur donnent des livres avec lesquels prier, leur décrètent les jours de jeûne, les rencontrent afin de leur enseigner les histories de leur Loi, leur annoncent quand attendre la Pâque, et comment l’observer, leur donnent du pain azyme et des plats préparés rituellement, les instruisent de quoi ils devraient s’abstenir en ce qui concerne les aliments, et d’autres sujets nécessitant d’observer la Loi de Moïse, les invitant à comprendre qu’il n’y a d’autres lois ou vérités en dehors d’elle. De tout ce qui précède, il est donc clair que, sur base de confessions de tels Juifs, autant que de ceux qui ont été pervertis par eux, cela a causé un grand tort et détriment à notre sainte foi catholique.

Et parce que nous savions que le vrai remède à de tels maux et difficultés résidait dans la rupture de toutes communications entre lesdits Juifs et Chrétiens, et à les renvoyer de tous les endroits de nos règnes, nous cherchâmes à nous satisfaire en [l’]ordonnant auxdits Juifs de toutes les villes, villages et endroits d’Andalousie où il apparaissait qu’ils avaient fait de grands torts, croyant que cela suffirait à ce que ceux des autres villes, villages et endroits en nos règnes et possessions cesseraient de commettre les actes susdits. Et du fait que nous avons été informés que ni ceci, ni la justice rendue à certains desdits Juifs reconnus très-coupables desdits crimes et transgressions envers notre sainte foi Catholique, n’a été un remède complet pour éviter et corriger une telle opprobre et offense à la foi et à la religion chrétiennes; parce qu’il apparaît chaque jour qu’un nombre grandissant desdits Juifs continue à perpétrer leurs desseins mauvais et nuisibles où qu’ils résident et conversent ; et parce qu’il n’y a plus de place par où offenser davantage notre sainte foi, tant pour ceux que Dieu a protégés jusqu’à ce jour que pour ceux déjà affectés, c’est à notre Sainte Mère l’Église de réparer et réduire l’affaire à son état antérieur, puisque, du fait de notre faiblesse humaine, il pourrait arriver que nous succombions à la diabolique tentation qui nous assaille continuellement, si sa cause principale n’en était pas retirée, ce qui signifie expulser lesdits Juifs du royaume. Car, à chaque fois qu’un crime grave et détestable est commis par les membres d’un groupe donné, il est raisonnable que soit dissous ou annihilé le groupe, les plus petits étant punis pour les plus grands, l’un pour l’autre ; et que ceux qui pervertissent la bonne et honnête vie des vies et villages, et qui pourraient blesser les autres par contagion, soient expulsés du sein du peuple, et qu’ils pourraient encore, pour d’autres raisons moindres, qui feraient du tort à la République, il en est ainsi à plus forte raisons pour des crimes majeurs de cette sorte, dangereux et contagieux comme ils le sont.

Par conséquent, avec le conseil et l’avis des hommes éminents et des cavaliers de notre règne, et d’autres personnes de connaissance et conscience de notre Conseil Suprême, après avoir beaucoup délibéré, il a été conclu et résolu que soit ordonné à tous les Juifs et Juives de quitter nos royaumes, et qu’ils ne soient jamais autorisés à y retourner.

Et nous ordonnons en outre en cet édit que tous les Juifs et Juives de tout âge, résidant en nos domaines et territoires, partent avec leurs fils et filles, leurs domestiques et parents, grands et petits, quel que soit leur âge, d’ici la fin de juillet de cette année, et qu’ils n’osent pas revenir sur nos terres, fût-ce d’un pied, ni s’y introduire sans permission de quelque manière que ce soit. Tout Juif qui n’obéirait pas à cet édit et serait trouvé en nos royaume et domaines, ou qui retourne dans le royaume de quelque manière que ce fût, encourra la peine de mort, et la confiscation de tous ses biens.
Nous ordonnons en outre que nul, quels que soient son poste ou sa situation de noblesse, ne cache, garde ou défende quelque Juif ou Juive, que ce soit de façon publique ou secrète, à partir de la fin de juillet et au-delà, en leur maison ou en quelque endroit que ce soit de notre règne, sous peine de punition de perte de leurs effets, vassaux, forteresses et privilèges héréditaires.

De façon à ce que lesdits Juifs puissent vendre leur ménage et leurs effets endéans la période donnée, nous les pourvoyons pour le moment l’assurance de notre royale protection et sécurité, de sorte que, d’ici la fin du mois de juillet, ils puissent vendre et échanger leur effets, meubles, et autres objets, et s’en défaire aussi librement qu’il leur plaira ; et que Durant ladite période, personne n’a le droit de nuire, attenter à, ou porter préjudice à leurs personnes ou leurs biens, ce qui est contraire à la justice, et fera encourir la punition qui survient à ceux qui violent notre royale sécurité.
Nous accordons donc la permission auxdits Juifs et Juives d’emporter leurs biens et effets en dehors de nos possessions, que ce soit par voie maritime ou terrestre, à la condition qu’ils n’emportent ni or, ni argent, ni monnaie frappe, ou tout autre objet interdit par les lois du royaume.

Par conséquent, nous ordonnons à tous les conseillers, magistrats, cavaliers, porte blasons, officiels, gentilshommes de la cité de Burgos et autres villes et villages de nos royaumes et possessions, et à tous nos vassaux et sujets, qu’ils observent et se plient à cette lettre, et tout ce qu’elle contient, et qu’ils emploient tous leurs moyens et faveurs à l’exécuter, sous peine de punitions par notre souveraine grâce et de confiscation de tous leurs biens et charges au profit de notre royale maison.

Et de façon à porter ceci à l’attention de tous, afin que personne ne puisse prétendre l’ignorer, nous ordonnons que cet édit soit proclamés dans toutes les places et points de rencontre habituels de toute ville; et qu’en toutes les grandes cités et villages du diocèse, cela soit fait par le tambour de ville en présence du scribe public ; et que ni l’un ni l’autre ne fasse le contraire de ce qui est désiré, sous peine de punitions par notre souveraine grâce et de confiscation de tous les biens et charges de qui que ce soit qui ferait le contraire. Et nous ordonnons de plus qu’une preuve soit fournie à la cour, sous forme d’une déposition écrite, de la façon par laquelle l’édit est exécuté.

Lu en cette ville de Grenade le trente-et-unième jour de mars en l’an de notre Seigneur Jésus-Christ - 1492.

Signé, moi, le Roi, moi la Reine, Juan de Coloma, Secrétaire du Roi et de la Reine, laquelle j’ai écrite sur l’ordre de nos Majestés.




Le decret d'Alhambra
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 16 septembre 2007 a 05:02

La reponse d'Abravanel



Vos Altesses, Abraham Senior et moi-même vous remercions pour cette occasion de vous faire part de notre dernière position, au nom des communautés Juives que nous représentons.Comtes,ducs et marquis de la Cour, chevaliers et dames… Ce n'est pas un grand honneur, lorsqu'un Juif est prié de plaider pour la sécurité de son peuple.
Mais c'est une disgrâce plus grande encore, lorsque les Roi et Reine de Castille et d'Aragon, de toute l'Espagne en vérité, en sont réduits à chercher la gloire en expulsant des gens inoffensifs.
Je trouve excessivement difficile de comprendre en quoi chaque Juif, homme, femme, enfant, pourrait poser une menace à la foi Catholique. Ce sont des très, très graves accusations.

Nous vous détruisons ?

C'est le contraire, en réalité. N'avez-vous pas admis dans cet édit avoir confiné tous les Juifs en des quartiers limités, et avoir restreint nos privilèges légaux et sociaux, sans faire mention de ces marques honteuses que vous nous avez forcés à porter ? Ne nous avez-vous pas imposé des taxes oppressantes ? Ne nous avez-vous pas terrorisé jour et nuit avec votre diabolique Inquisition ? Laissez-moi parfaitement clarifier ce point : je ne laisserai pas la voix d'Israël être muselée en ce jour.

Écoutez, O cieux, et tendez l'oreille, Roi et Reine d'Espagne, car moi, Isaac Abravanel, vais vous parler. Moi et ma famille descendons directement du Roi David. De vrai lignage royal, le sang du Messie, coule dans mes veines. C'est mon héritage, et je le proclame au Nom du Dieu d'Israël.

Au nom de mon peuple, le peuple d'Israël, élu de Dieu, je les déclare sans faute et innocents de tous les crimes mentionnés dans cet édit d'abomination. Le crime, la transgression, c'est vous, non nous, qui l'avez commis. Le décret inique que vous proclamez en ce jour, sera votre chute. Et cette année, dont vous imaginez qu'elle est l'année de la plus grande gloire d'Espagne, deviendra celle de la plus grande honte d'Espagne.

De même que l'honneur est la récompense de la vertu d'un individu, le renom des rois et reines est la juste rétribution de leurs actes nobles. Donc, lorsque des actes indicibles sont commis par un individu, sa réputation en souffre. Et lorsque des rois et des reines perpètrent des actes honteux, ils se font un grand tort. Comme on le dit, au plus grande est la personne qui s'égare, au plus grande est l'erreur.

Les erreurs, lorsqu'on les reconnaît tôt, peuvent être corrigées. La brique détachée qui soutient l'édifice, peut être remise en position. De même, un édit erroné, rattrapé à temps, peut être annulé. Cependant, le zèle religieux a sapé la raison, et les conseils malveillants ont perverti le jugement. L'erreur de cet édit deviendra bientôt irréversible, ainsi que l'acte qu'il proclame. Oui, mon Roi, ma Reine, entendez-moi bien : une erreur, votre erreur, profonde et incorrigible, comme l'Espagne n'en a jamais vu auparavant. Vous et vous seuls êtes responsables.

De même que les armes sont la mesure du pouvoir d'une nation, les arts et lettres mesurent sa sensibilité profonde. Oui, vous avez humilié les infidèles musulmans par la force des armes, prouvant votre aptitude dans l'art de la guerre. Mais qu'en est-il de votre état d'esprit ? De quel droit les Inquisiteurs écument-ils tout le pays en brûlant des livres par milliers sur des bûchers publics ? De quel droit les hommes du clergé veulent-ils à présent brûler l'immense bibliothèque Arabe de ce grand palais Maure et détruire ses manuscrits incunables? eh bien, de votre droit, mon Roi et ma Reine.
Au cœur de votre cœur, vous vous méfiez du pouvoir de la connaissance, et ne respectez que le pouvoir. Pour nous, Juifs, c'est différent. Nous, Juifs, chérissons terriblement la connaissance. Dans nos foyers et nos maisons de prière, l'étude de la Torah est la poursuite de toute une vie. Etudier est notre passion, notre vie durant, c'est le cœur de notre être, la raison, selon nos Sages, pour laquelle nous avons été créés. Notre amour ardent de l'étude aurait pu contre-balancer votre excessif amour du pouvoir. Nous aurions pu bénéficier de la protection qu'offraient vos armées royales, et vous auriez pu profiter de nos avancées et échanges dans les connaissances. Je vous dis que nous aurions pu nous aider mutuellement nous aider.

De la même façon qu'on nous rappelle notre impuissance, votre nation souffrira du déséquilibre des forces que vous avez initié. Pendant les siècles à venir, vos descendants paieront chèrement votre erreur actuelle. Puisque c'est le pouvoir des armes que vous admirez, vous deviendrez en vérité une nation de conquérants - avides d'or et de richesses, vivant par l'épée, régnant d'une poigne de fer. Cependant, vous deviendrez une nation d’illettrés ; vos institutions d'apprentissage, craignant la contamination par des idées étrangères hérétiques d'autres pays, et d'autres peuples, ne susciteront plus le respect. Au cours du temps, le nom jadis si grand d'Espagne deviendra un sujet de plaisanteries parmi les nations : l'Espagne, pauvre relique ignorante, l'Espagne, une nation si prometteuse qui a si peu accompli.

Et lorsqu'un jour, l'Espagne se demandera : qu'est-il advenu de nous ? Pourquoi sommes-nous un sujet de moqueries parmi les nations ? , les Espagnols de ce jour regarderont dans leur passé, et se demanderont comment cela a pu se produire. Et les gens honnêtes (avec eux-mêmes) désigneront ce jour, cette époque, ce temps, où leur décadence en tant que nation commença. Et la raison de leur déchéance qu'ils découvriront ne sera autre que leurs révérés Rois Catholiques, Ferdinand et Isabelle, conquérants des Maures, expulseurs des Juifs, fondateurs de l'Inquisition, et destructeurs de l'esprit de découverte Espagnol.

Cet édit est un aveu de la faiblesse du Christianisme. Il montre que nous, Juifs, sommes capables de gagner la dispute séculaire entre les deux fois. Il explique pourquoi il y a des "faux Chrétiens", c'est-à-dire des Chrétiens dont la foi a été ébranlée par les arguments des Juifs, qui savent mieux.

Il explique pourquoi la nation chrétienne serait aussi blessée qu'elle le prétend. Dans leur désir de faire taire l'opposition Juive, la majorité chrétienne a décidé de ne plus débattre, mais plutôt d'éliminer le source de cette dangereuse dissension. La parole ne sera plus accordée aux Juifs à dater d'aujourd'hui.
Ceci est la dernière occasion de défendre notre cause sur le sol espagnol. Dans ces quelques derniers moments de liberté qui me sont accordés par le Roi et la Reine, moi, en tant que porte-parole du Judaïsme espagnol, vais m'attarder sur un point de dispute théologique. Je vais vous laisser un message d'adieu, même si vous n'allez pas l'aimer.

Ce message est simple. Le peuple historique d'Israël, tel qu'il s'est traditionnellement constitué, est le juge in fine quant à Jésus et ses prétentions messianiques. Comme le Messie était destiné à sauver Israël, c'est à Israël de décider quand il a été sauvé. Notre réponse, la seule réponse qui importe, est que Jésus fut un Faux messie. Tant que le peuple d'Israël vit, tant que le peuple de Jésus lui-même continue à le rejeter, votre religion ne pourra jamais être considérée comme vraie. Vous pouvez bien convertir tous les peuples et les sauvages du Monde, tant que vous ne l'aurez pas converti au Judaïsme, vous n'aurez rien prouvé, si ce n'est que vous parvenez à persuader les mal-informés.

Nous vous laissons avec cette connaissance. Car, bien que vous puissiez disposer de notre pouvoir, nous possédons la plus haute vérité. Bien que vous puissiez disposer de nos personnes, vous ne pouvez disposer de nos âmes sacrées et de la vérité historique dont nous sommes seuls témoins.

Ecoutez, Roi et Reine d'Espagne, car en ce jour, vous avez rejoint la liste des malfaiteurs envers les descendants de la Maison d'Israël. Si vous cherchez à nous détruire, vos vœux seront vains, car de plus et plus puissants dirigeants ont tenté d'en finir avec nous, et tous ont échoué. En vérité, nous prospérerons dans des contrées lointaines. Car, où que nous allions, le Dieu d'Israël est avec nous. Quant à vous, Roi Ferdinand et Reine Isabelle, la main de Dieu atteindra et punira l'arrogance dans vos cœurs.

Honte à vous, auteurs d'iniquité. Pendant des générations à venir, on racontera et répétera combien votre foi est mauvaise, combien votre vision fut limitée. Mais, plus que vos actes de haine et de fanatisme, on se souviendra du courage du peuple d'Israël, qui a résisté au pouvoir de l'empire espagnol, attachés à l'héritage religieux de nos pères, résistants à vos appâts et vos mensonges.
Expulsez nous, chassez nous de cette terre que nous ne chérissons pas moins que vous.

Cependant, nous nous souviendrons de vous, Roi et Reine d'Espagne, ainsi que nos livres Saints se rappellent de ceux qui ont cherché à nous nuire. Nous, Juifs, hanterons vos hauts-faits dans les pages d'histoire… et la mémoire de nos souffrances infligera un plus grand dommage à votre nom que tout ce que vous pourriez espérer nous faire.
Nous nous souviendrons pour toujours de vous et de votre vil Décret d'Expulsion





Toutefois, le texte ci-dessus, bien qu'écrit dans le style d'Abravanel est une fiction littéraire, publiée pour la première fois en 1988, dans "Le Décret d'Alhambra", roman de David Raphaël, basé sur les récits qu'en firent les Juifs expulsés à l'époque

Néanmoins, il est historiquement avéré qu'Abravanel et Abraham Senior avaient obtenu audience auprès des souverains.
Selon une légende, qui circulait à l'époque de l'expulsion même, ils seraient presque parvenus à inverser la volonté des monarques, leur offrant 300000 ducats d'or.
Cependant, le Fray Tomas de Torquemada, grand Inquisiteur, et surtout confesseur d'Isabelle, aurait fait irruption la bave aux lèvres, et, après avoir jeté la croix aux pieds d'Isabelle, vitupéré en la frappant à la tête : « Judas a vendu son maître pour 30 deniers d'argents, et toi, tu t'apprêtes à le refaire ! »

Le decret d'Alhambra
Posté par: itri (IP enregistré)
Date: 17 septembre 2007 a 20:38

bonsoir darlett
quel courage.ce n'est pas etonnant.il ya un proverbe qui dit (ya basta mi nombre ke es abravanel)c.a.d il suffit que mon soit abravanel.il resume la fierte et la bonne fortune d'etre né de cette famille.

Le decret d'Alhambra. Abrogation.
Posté par: Warda (IP enregistré)
Date: 26 septembre 2015 a 21:16

Le décret d'Alhambra a été abrogé en 1967, grâce à l'initiative de l'écrivain Dominique Aubier qui a lancé le dossier. Auteur du livre "Don Quichotte prophète d'Israel", lors de ses recherches aux archives de la Moncloa à Madrid, elle se rendit compte que le fameux décret était officiellement toujours en vigueur et n'avait jamais été abrogé. Elle en discuta avec son proche ami, le ministre Manuel Fraga Iribarne qui, à sa demande, instruisit le dossier et le fit parvenir au plus haut sommet de l'Etat. C'était en plein époque franquiste. C'est ainsi que le livre "Don Quichotte prophète d'Israël" atterrit sur le bureau du "Caudillo" comme pièce accompagnant le dossier d'abrogation du décret. Le nécessaire fut fait rapidement, mais avec l'instruction formelle de n'en faire aucune médiatisation.
En 1992, le gouvernement démocratique de Felipe Gonzales a réitéré l'abrogation, en lui donnant la publicité accompagnant l'anniversaire de la découverte de l'Amérique par Cristophe Colomb.
En 2014, le Parlement espagnol (Cortes) a voté la loi permettant aux descendants des séfarades exilés depuis 1492 de retrouver la nationalité espagnole.
En 2015, le gouvernement de Rajoi applique la loi qui entre en vigueur le 1 octobre 2015, pour une durée de 3 ans.
Finalement, tout cela a été rendu possible… car à l'origine de l'initiative il y a "Don Quichotte".






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