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Re: Depart des Juifs du Maroc
Posté par: makari (IP enregistré)
Date: 15 juin 2006 a 15:37

Merci Darlett, Merci nanouche de votre accueil chaleureux.

Je vous souhaite une tres belle journee. Et a tres bientot.







Re: Depart des Juifs du Maroc
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 22 juillet 2006 a 14:02

Le realisateur Hassan Benjelloun a entame depuis peu le tournage d'un long metrage, Le Bar. Au menu, le depart des juifs au lendemain de l'independance du Maroc qui a perturbe la cohabitation, jusque la assez fraternelle avec la communaute musulmane.


Simon Elbaz (dans le role de Shlomo) et Rubie Kati (dans celui de Hassan).



Re: Depart des Juifs du Maroc
Posté par: charlotte (IP enregistré)
Date: 22 juillet 2006 a 16:11

Le réalisateur marocain Hassan Benjelloun se prépare à entamer le tournage de son dernier long métrage « Le Bar ». Prévu le 05 juillet 2006, le tournage aura lieu dans plusieurs villes marocaines notamment Casablanca, Mohammedia et Bejaâd. Un parterre d'artistes marocains participera dans ce film qui remonte aux années soixante pour raconter le Maroc d'après l'indépendance.

Un nouveau long-métrage du réalisateur Hassan Benjelloun verra incessamment le jour. « le Bar » portera un regard sur une période donnée de l'histoire du Maroc et nous invitera, de ce fait, au voyage dans le temps et à la découverte du climat social, de cette mentalité et de cette ambiance qui régnaient dans les années soixante au Maroc au lendemain de l'indépendance. Ce film véhicule l'image d'un pays où, autrefois, musulmans, juifs et français se côtoyaient, nous explique le réalisateur Hassan Benjelloun. Le temps que dure la trame (quatre vingt dix minute), nous toucherons cette cohabitation qui faisait que tout ce beau monde vivait en parfaite harmonie dans la ville de Bejaâd. Cohabitation, tolérance et coexistence régissaient, en effet, les rapports entre les différentes confessions jusqu'à ce que l'intolérance et l'incompréhension s'installent et gâchent la quiétude rassurante jadis instaurée. Il est, également, question dans le film de l'exode des juifs.

Comme son titre l'indique, l'histoire de cet opus se déroule dans un bar. C'est précisément «Chez Pierre» à Bejaâd. A cet époque, cette petite ville, abritait musulmans, juifs et chrétiens. Ces communautés vivaient en paix sans que rien ne vienne ébranler leur paisible existence. Toutefois, cette vie sereine a été, malheureusement de courte durée. Car le départ des juifs en Israël va bousculer cette sérénité qui profitait à tout le monde.

Re: Depart des Juifs du Maroc
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 27 juillet 2006 a 15:02

En tournage depuis le 5 juillet, l’histoire du «Bar» se poursuit. Récit de la scene tournee actuellement:


Lundi soir à Casablanca, il est 20h. Une ambiance particulière règne dans une villa du quartier Polo à Casablanca. De gros camions surchargés sont stationnés devant cette vieille maison. Qu’on se détrompe. Ce n’est pas d’un déménagement qu’il s’agit. Ce soir-là, c’est le départ des derniers juifs marocains de Bejaad vers Casablanca. Destination : Israël. Un autobus peint en blanc et bleu occupe une partie du jardin ombragé. Ce même bus se chargera du transport de ces derniers, membres de la communauté juive du Maroc.
lire l'article sur [www.aujourdhui.ma]

Re: Depart des Juifs du Maroc
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 04 août 2006 a 15:24

Voici le spectre de la crise vue par le realisateur du film Le Bar et par Simon Levy de la communaute juive.


Quand on lui parle du climat social actuel, Benjelloun, d'un naturel optimiste, repond : "Je pense qu'on est en train de remonter la pente. On va retrouver le Maroc d'autrefois, mais autrement, avec tout ce que cela implique comme modernite".

D'autres sont plus sceptiques. Simon Levy envisage une nouvelle menace qui tente de perturber l'entente cordiale entre les deux communautes, celle des islamistes : "Ils sont les ennemis du Maroc. Ce sont des mouvements anti- democratiques, anti-judaiques, qui s'elevent contre le developpement du pays.
Tout le monde s'obstine a fermer les yeux mais ils sont bel et bien en train de s'installer". Nouveau danger " Dans ce film sans fin, une image se fixe : celle qui represente une communautes juive et musulmane comme une grande famille qui, face a des moments de crises, parfois les affronte et parfois prefere se voiler la face.

[www.casafree.com]

Nous ne pouvons toi et moi nous voiler la face: l'islamisme s'installe depuis plusieurs annees au Maroc et la est le danger pour vous, pour moi, pour cette entente entre communautes. L'exemple de l'Algerie toute proche est terrible.

Amities / Gerard




Re: Depart des Juifs du Maroc
Posté par: Oiknine Léon (IP enregistré)
Date: 23 avril 2007 a 06:07

comme cette rubrique parle des departs des juifs du Maroc.
voici quelques statistiques.259.300 departs entre 1948 et 2001 en 53 ans. En 2007 il ne reste plus que 2.300.
Léon


nostalgie des Juifs du Maroc
Posté par: mostafa l'athée (IP enregistré)
Date: 30 avril 2007 a 18:27

dans mon enfance,mon père (musulman modéré)me parlait de ses amis artisans (juifs) qui ont quitté le maroc après "l'indépendance",partis comme ça et disparus à jamais!
dans ses propos je sentais une nostalgie déchirante, et jusqu'à sa mort en 1999(mort à 84 ans) il en voulait impitoyablement aux palestiniens et aux israeliens qui ont déchiré nos rangs nous autres marocains entre juifs et musulmans.
à l'époque ou lui sentait sa nostalgie déchirante (de la belle époque ou nos voisins du quartier étaient juifs), j'étais marxiste sympatisant de "la cause palestinienne" et défendais inconditionnllement "les arabes" contre "les sionnistes".
avec l'age la sagesse commence à me gagner et je sens que le maroc sans ses juifs manque d'équilibre..
avec la sale guerre des religions qui déchire le monde après l'avènement des intégrismes on a tous peur et on regrette la belle époque de la cohabitation paisible dont jouissait le maroc.
on dirait la nostalgie contagieuse! repose en paix,père,les vieux temps ou mon amis mohamed était fou amoureux de leur voisine la jeune sarah est révolue,à jamais!
dur,dur,dur

Re: nostalgie des Juifs du Maroc
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 06 juin 2007 a 16:56

Juifs marocains - Chronique d'une dechirure

Nous avons parle deja sur cette rubrique de ce long metrage de Hassan Benjelloun qui a debute l'annee derniere. Je ne sais pas si le film est sorti mais je serais interessee a savoir ce qu'il en est.

Le long-metrage du réalisateur Hassan Benjelloun, Le Bar, a pour theme le départ des juifs au lendemain de l’indépendance du Maroc qui a perturbe la cohabitation, jusque là (presque) fraternelle avec la communaute musulmane.

Citation:
"Plan large sur le patio de la maison de “Mustapha”. “Barbour”, un juif matelassier vient lui refaire ses matelas. Mustapha, le regarde et lui dit d’un ton rieur “Ils partent tous. Toi aussi tu vas partir ? Tu sais que si tu pars en Israël, tu ne trouveras pas de travail. Radi a t’nesh deban”. Barbour répond, agacé : “Qui t’a dit que j’allais partir ? Toute ma descendance est ici, et j’ai vu le jour ici. Je ne partirai pas !”

Cette scene correspond a 50 secondes du dernier film de Hassan Benjelloun, Le bar. A travers elle, le ton est donné et le sujet paraît évident. Le cinéaste remonte aux années 60 afin de retracer le climat social de ce Maroc d’après l’ indépendance. L’action se déroule donc, à Bejaad, dans un petit patelin qui assiste au départ des communautés juive et française. Le bar “Chez Pierre”, qui réunissait ces communautés pour des moments de détente, doit impérativement fermer. Toutefois, Shlomo, le personnage principal, refuse de quitter le pays. Or, sa présence, à elle seule, empêche la fermeture du bar car une loi stipule que, tant qu’un non musulman demeure dans la ville, l’endroit ne peut être fermé. Voilà qui entraînera des polémiques entre ceux qui voudront qu’il reste, d’autres qu’il s’en aille. Au bout du compte, Shlomo reste, alors que tous ses coreligionnaires quittent la ville.

La nostalgie du cinéaste

Pour Hassan Benjelloun, revenir sur cette période de l’histoire marquée par cette cassure était essentiel. Cette séparation à la fois soudaine et brutale, le cinéaste s’en souvient encore : “J’ai vécu à Settat, avec une famille de cinq juifs musiciens. Un jour je me suis réveillé et je n’ai trouvé personne. La rue était vide. J’ai demandé à ma mère où ils étaient partis, elle m’a répondu alors “Mchaouw L’falestine”. C’était la première fois que j’entendais ça. C’est une image qui m’a marqué. J’ai une sorte de nostalgie de cette période”.

La séparation a été douloureuse pour les deux côtés. à l’image de son personnage Shlomo, l’acteur Simon Elbaz était présent à Bejaad à cette époque. “Ces départs ont été vécus comme un arrachement, un déracinement. C’est une injustice de l’histoire. Ces différentes communautés cohabitaient ensemble au Maroc. L’art, le mode de vie, tout était partagé. C’était important que le Maroc ait son indépendance mais ça n’aurait pas dû entraîner ça”.

Vagues d’exil, entre fiction et réalité

Les relations du tandem juif/musulman n’ont pas toujours été un long fleuve tranquille. C’est une longue histoire entachée de tiraillements et de désaccords orchestrés par des événements politiques tels que la création de l’Etat d’Israël proclamé en 1948. L’événement a entraîné, par les contestations et émeutes qu’il a provoquées, une première vague d’émigration vers la Palestine. Cette période a été suivie par le départ d’une dizaine de milliers de juifs en 1955, résultant d’une négociation du pouvoir marocain avec les Etats-Unis en échange d’avantages financiers. Enfin dans les années 60, le Maroc assiste aux départs progressifs des couches populaires, exil dû en partie à la propagande anti-juive, menée par l’Istiqlal en 1967, entraînant le boycott des commerces juifs.

Ainsi, comme le précise Simon Levy, secrétaire général de la communauté juive de Casablanca, l’exode a connu trois grandes vagues. Le Bar de Benjelloun se focalise principalement sur les lendemains de l’indépendance du Maroc dans les années 60, pointant du doigt les départs précipités de l’époque. Des gens disparaissaient du jour au lendemain. Toutefois, Simon Levy émet un désaccord : “Benjelloun mélange tout. Les départs clandestins se sont faits avant 61. Après ce furent des départs organisés, avec la participation des organes du pouvoir, passeports collectifs... Quand je lui en ai parlé, il m’a répondu, ’ce film est une fiction qui s’inspire de la réalité’. Toutefois, la confusion est indéniable”.

Vue par le cinéaste, la période est longue et s’étire dans le temps, au gré d’ententes mais aussi de tensions et de ruptures. Difficile de retranscrire un tel état d’esprit en une heure et demie. Benjelloun garde un objectif : “Rendre compte d’une partie de l’histoire du Maroc. On parle souvent d’émigration, mais ces départs sont la plus grande émigration qu’on ait connue. Je veux provoquer la réflexion des gens, des jeunes qui n’ont pas vécu cette cohabitation. Je voudrais qu’ils prennent conscience que ces départs ont laissé un manque dans notre culture”. Le bar se veut être le témoin de cette coexistence et tolérance anciennes qui régissaient les rapports des deux communautés. “Les intentions restent certes tout à faits louables”, conclut Simon Levy.

Le spectre de la crise

Son propos sur la nécessité de témoigner est d’autant mieux reçu que la communauté juive est passée de 200 000 en 1960 à quelque 4000 actuellement. “Un lien indestructible nous lie au Maroc”, confie André Didier président du Comité de la communauté israélite de Fès, Sefrou, et Oujda. Pour Simon Elbaz, “ce film parvient à utiliser le passé pour traduire et exprimer une situation qui pourrait arriver à n’importe quel moment, entre communautés”. Une interrogation sur l’évolution ou la dégradation des relations d’un brassage interculturel.

Quand on lui parle du climat social actuel, Benjelloun, d’un naturel optimiste, répond : “Je pense qu’on est en train de remonter la pente. On va retrouver le Maroc d’autrefois, mais autrement, avec tout ce que cela implique comme modernité”. D’autres sont plus sceptiques. Simon Levy envisage une nouvelle menace qui tente de perturber l’entente cordiale entre les deux communautés, celle des islamistes : “Ils sont les ennemis du Maroc. Ce sont des mouvements anti- démocratiques, anti-judaïques, qui s’élèvent contre le développement du pays. Tout le monde s’obstine à fermer les yeux mais ils sont bel et bien en train de s’installer”. Nouveau danger ? Dans ce film sans fin, une image se fixe : celle qui représente communautés juive et musulmane comme une grande famille qui, face à des moments de crises, parfois les affronte et parfois préfère se voiler la face."

Source : [www.bladi.net]






Depart des Juifs du Maroc
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 22 décembre 2007 a 18:23

L’exode des Juifs du Maroc
Prof. David Bensoussan


Président de la Communauté sépharade unifiée du Québec



Peut-on dire des Juifs marocains qu’ils sont des réfugiés au même titre que les Juifs d’Égypte chassés dans les vingt-quatre heures ou les Juifs d’Irak ou de Lybie qui firent l’objet de massacres ?

Il faut s’entendre sur la définition d’un réfugié. Il y a des réfugiés en temps de guerre et cela n’est pas le cas des Juifs marocains. Il y a un ensemble de conditions qui font que l’on ne voit plus son avenir dans son pays natal et cela convient mieux à la condition des Juifs marocains.

Quelles sont donc les raisons de l’exode des Juifs marocains ?

Il y a eu un sentiment de libération avec l’établissement de l’État d’Israël. Il y a eu également la crainte qu’après le départ des Français en 1956,l’insécurité reviendrait comme aux temps qui prévalurent avant le Protectorat. Beaucoup voyaient dans l’émigration en Europe ou en Amérique la possibilité d’améliorer leurs conditions socio-économiques. Il y a eu aussi les conversions forcées de jeunes juives au début des années soixante. En parallèle à cela, le Maroc s’est aligné sur les positions radicales de la Ligue arabe, ce qui a eu pour effet de créer un malaise certain parmi les Juifs du Maroc et les répercussions des conflits du Moyen Orient les ont poussés à quitter le pays.

En quoi l’attrait de l’État hébreu a-t-il influé sur l’émigration des Juifs du Maroc?

Pour beaucoup, la renaissance de l’État d’Israël a constitué un évènement messianique marquant la fin de l’exil et de ses tourments et le début de la redemption. L’identification avec la mère patrie judéenne ne s’est jamais estompée au cours des millénaires et la liturgie juive a identifié le retour à Sion avec la fin de l’humiliation : Le vécu des Juifs en terre marocaine a connu de grands moments de symbiose certes, mais aussi de grands moments de détresse. Bien que de nombreuses personnalités juives servirent les souverains avec loyauté, il n’en demeure pas moins que le petit peuple a traversé des conditions d’humiliation difficiles et pas seulement en temps de crise. Mais la fierté ressentie avec la renaissance de l’État hébreu a été partagée par de nombreuses communautés juives à travers le monde sans qu’elles n’aient pour autant connu d’exode massif.

Il y eut une seconde vague d’émigration après la fin du Protectorat français Avant le Protectorat, les routes n’étaient pas sécuritaires. Les exactions commises contre les ressortissants juifs sont restées pour la plupart impunies. Les Archives de l’Alliance israélite universelle abondent d’exemples d’injustice flagrants qui ont été à l’origine de très nombreuses interventions diplomatiques. Le Protectorat a veillé à ce que le système judiciaire marocain qu’il supervisait soit mis en application de façon rigoureuse. Tout crime devenait imputable devant les autorités. Avec l’indépendance du Maroc, acceptée avec beaucoup de fierté par la communauté juive, une grande crainte latente n’en tourmentait pas moins les esprits et les Juifs se demandaient s’ils seraient à nouveau sans protection.

Quelles furent les conséquences de l’alignement du Maroc sur les positions radicales de la Ligue arabe?

Au lendemain de l’Indépendance, le courrier avec Israël fut interrompu. Les pays arabes se sont lancés dans des initiatives visant à étouffer l’État d’Israël, tout comme le boycott économique et l’opposition au détournement des eaux du Jourdain. Par ailleurs, lors de la visite du président égyptien Gamal Abdel Nasser, la police interna ceux qui se promenaient avec des kippot, et l’incident diplomatique causé par l’emprisonnement d’un rabbin suisse mit fin à cette mesure sans nom. Le naufrage du bateau Pisces avec ses émigrants clandestins au large du Détroit de Gibraltar a mis à jour la condition précaire des Juifs marocains et a suscité chez ces derniers une prise de conscience de la précarité de leur état. Les difficultés faites aux Juifs pour l’obtention d’un passeport ne firent qu’augmenter leur inquiétude. Les autorités marocaines finiront par accepter qu’une émigration discrète des communautés juives du Maroc se fasse.
À ces facteurs vint s’ajouter l’affaire des conversions forcées... Au cours de la première moitié des années soixante, la grande majorité des Juifs marocains quitta à tout jamais le Maroc. Le journal du parti Istiqlal affichait régulièrement sous le titre Encore une victoire de l’Islam les photos de filles juives mineures qui se seraient converties de leur plein gré sans permettre à leurs parents de les voir. Il y eut même un kiosque qui vantait ces rapts de mineures juives à la Foire internationale à Casablanca. Ces conversions orchestrées par le Ministère des affaires islamiques ne prirent fin qu’après plusieurs années. Mais les dommages qu’elles firent furent énormes.
L’aspiration à de meilleures conditions économiques fut aussi une des causes de migration... L’attrait de la possibilité de faire des études universitaires à l’étranger a incité de nombreux jeunes à partir pour un certain temps. Beaucoup voyaient en l’Occident la possibilité de se tailler une meilleure situation économique et enviaient la démocratie ouverte qui y prévalait, sans crainte de parler d’Israël. Ceci dit, beaucoup auraient pu revenir au Maroc car les opportunités d’affaires ne manquaient pas. Mais d’autres considérations de stabilité et de sécurité sont entrées en jeu.

Comment les conflits du Proche Orient ont-ils influé sur les relations judéo-musulmanes au Maroc ?

Au lendemain de la guerre des Six jours, il y eut des incidents isolés perpétrées contre des personnes juives. Il y eut aussi une campagne de boycottage contre les pharmacies juives sous prétexte que leurs propriétaires auraient pu faire parvenir une aide à Israël. Le Maroc envoya un détachement militaire sur les hauteurs du Golan. La solidarité exprimée par le Maroc envers les états arabes belligérants n’avait jamais pris en considération jusque là le sort des Juifs marocains établis en Israël. Ce ne sera qu’après la Guerre de Kippour en 1973 que le Maroc visera à encourager des initiatives de paix israélo-arabe. À cela vient s’ajouter en filigrane la reprise de thèses biaisées sur le conflit israélo-arabe par les médias marocains et l’influence dénaturante de l’enseignement de la haine que déversent les médias arabes contre Israël ou même contre les Juifs.

Quelle a été la position de la monarchie ?

La monarchie alaouite a protégé les Juifs contre les excès. Néanmoins, ceux ci étaient pris en étau entre les oppositions de droite (L’Istiqlal) et l’opposition de gauche. La première, nationaliste et islamiste, se promettait d’interdire l’émigration et la seconde, doctrinaire, se promettait de s’en prendre aux Juifs en qui elle voulait voir le symbole du capitalisme. Il a toujours été clair que si la monarchie venait à être renversée, les Juifs seraient les premiers à écoper. Le roi Mohamed V avait une affection réelle envers ses sujets juifs et l’avait courageusement démontré durant la Seconde guerre mondiale en refusant d’appliquer les lois racistes du Gouvernement de Vichy. Le roi Hassan II entreprit d’encourager les initiatives de paix entre Israël et l’Égypte après la guerre de Kippour. Il fut extrêmement déçu que le président égyptien Anouar El Sadate signât un traité de paix séparé avec Israël car il espérait un accord global. Les contacts et les ouvertures faites par la suite entre le Maroc et Israël furent mis en veilleuse durant l’Intifada.
Le roi Mohamed VI continue la politique de protection des Juifs. Il doit cependant composer avec le parti islamique du PJD qui fait de la propagande antijuive et anti-israélienne son cheval de bataille. Il faut cependant noter que le Maroc a été un des rares pays arabes qui a respecté le patrimoine religieux des Juifs marocains et qu’il est le seul pays arabe ou il existe un musée juif.

Qu’est-ce que le futur réserve aux Juifs marocains ?

Il est déplorable que la nouvelle génération n’ait pas connu la bonne harmonie qui existait entre Juifs, Arabes et Berbères. Cette harmonie a existé malgré les conditions d’humiliation difficiles subies par les Juifs au cours de l’histoire et dont les séquelles n’ont pas été éliminées. La nouvelle génération au Maroc est soumise à un barrage de propagande qui horrifie parfois la génération précédente qui a connu des rapports de compassion et parfois même d’amitié réelle avec les Juifs.
Quant aux Juifs du Maroc, ceux-ci ont subi plusieurs mutations au cours de l’histoire, de l’époque gréco-romaine jusqu’à l’époque contemporaine. Ils en connaissent une autre aujourd’hui. Toutefois, l’empreinte culturelle judéomarocaine est très forte et contribue à modeler le vécu des Juifs des générations futures.

Depart des Juifs du Maroc
Posté par: andre (IP enregistré)
Date: 22 décembre 2007 a 18:41

Est-ce-qu´on peut me dire, plus ou moins, combien de juifs ont quitté le Maroc pour aller en Israël, entre la création de l´état d´Israël en 1948 et l´indépendance du Maroc en 1956?

"A"

Depart des Juifs du Maroc
Posté par: Oiknine Léon (IP enregistré)
Date: 23 décembre 2007 a 05:04

Citation:
andre
Est-ce-qu´on peut me dire, plus ou moins, combien de juifs ont quitté le Maroc pour aller en Israël, entre la création de l´état d´Israël en 1948 et l´indépendance du Maroc en 1956?
"A"

Les departs des juifs du Maroc.
=======================
Je n'ai pas de chiffre pour 1956,
probablement une centaine de mille
En 1948 ils étaient 265.000
En 2001 seulement 5700 sont restés au Maroc
et 2007 il ne reste plus que 2.300

Léon

Depart des Juifs du Maroc
Posté par: CEREJIDO (IP enregistré)
Date: 23 décembre 2007 a 08:10

Oui c'est le chiffre de 2300 âmes restants actuellement qu'il faudrait prendre en compte, et la majorité se trouve à CASABLANCA.

Depart des Juifs du Maroc
Posté par: gilou (IP enregistré)
Date: 23 décembre 2007 a 11:47

1948-1956 ,78560 départs toutes destinations,dont 75000 initialement vers Israel.

Depart des Juifs du Maroc
Posté par: andre (IP enregistré)
Date: 23 décembre 2007 a 12:20

Merci à tous pour vos réponses

"A"

Re: Depart des Juifs du Maroc
Posté par: jeannot (IP enregistré)
Date: 06 février 2008 a 00:14

Toujours sur ce sujet qui a fait déjà beaucoup couler d'encre,
voici un article en PDF paru, il n'y a pas longtemps, très certainement et qui peut-être intéressera, aussi je le place :

[www.maroc-hebdo.press.ma]


Pourquoi les Juifs ont quitté le Maroc - Les réalisateurs Hassan Benjelloun et Mohamed Ismaël sortent chacun un film sur l'exode des Juifs marocains dans les années soixante. L'occasion de revenir sur ce chapitre de l'histoire du Maroc.

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