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André Azoulay met en exergue à Montréal les liens séculaires entre l'Islam et le Judaïsme au Maroc
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 17 juin 2015 a 14:00

André Azoulay met en exergue à Montréal les liens séculaires entre l'Islam et le Judaïsme au Maroc



M. André Azoulay, Conseiller du Roi Mohammed VI, a mis en exergue, lundi soir à Montréal, les liens séculaires entre l'Islam et le Judaïsme au Maroc, ainsi que la singularité et la richesse de l'identité plurielle marocaine, nourrie et forgée par la convergence de ses différents affluents et composantes.




M. Azoulay, qui intervenait lors d'une conférence sous le thème "le Maroc, une autre histoire pour un autre futur en terre d'Islam", organisée par l'Association "Mémoires et Dialogue", a souligné que le Maroc est "riche d'une grande histoire juive", enrichie par le partage, l'échange et le contact naturel et permanent depuis des siècles entre imams et rabbins, ajoutant qu'"au delà du lien du sol, les juifs marocains, là où ils sont présents, se réclament de leur attachement au Royaume et se revendiquent de cette fidélité à leur identité, leur héritage et leur culture marocaines".

Devant un aréopage de personnalités issues de divers horizons, M. Azoulay a insisté sur cette "exception marocaine", tout en déclarant sa fierté de partager sa Marocanité, riche d'une grande diversité "voulue et assumée", et d'être à la fois arabe, berbère et juif, "en ces temps de recul collectif, de repli identitaire et d'archaïsme qui minent la communauté des Nations", rappelant que l'Islam et le Judaïsme ont coexisté plus d'un millénaire dans le Royaume, et se sont enrichis, nourris, modelés et façonnés mutuellement.

Dans ce sens, il a indiqué que le Marocain de confession juive n'a aucune "frilosité ou état d'âme" quand il se revendique de son identité ou de ses racines marocaines, soutenant que personne ne peut nier les différentes facettes de l'identité marocaine ou ignorer cette diversité, altérité et complexité qui caractérisent la société marocaine. Il a, à ce propos, rappelé que l'aide au peuple juif pendant la seconde guerre mondiale est venue du Maroc en premier lieu, avant que d'autres pays comme la Tunisie et la Turquie ne lui emboîtent le pas, ajoutant que durant la période de l'inquisition, les familles juives ont aussi trouvé refuge auprès des familles marocaines musulmanes.

Le Conseiller du Souverain a saisi également l'occasion pour mettre en relief la teneur de la Constitution de 2011, qui est "la seule au monde" à dire que l'histoire d'un pays a été écrite par la contribution de l'identité berbère, de la grande civilisation arabo-musulmane, la civilisation juive, et des divers autres affluents, notamment andalous et africain, précisant que "nous sommes aujourd'hui devant une réalité consensuelle au niveau national qui a trouvé sa traduction dans le vote massif des Marocains en faveur de cette nouvelle Loi fondamentale".

Selon M. Azoulay, cette "réalité constitutionnelle", qui est inscrite dans la Loi fondamentale du Royaume, constitue une "percée exceptionnelle de la modernité sociale" réalisée par les Marocains qui, par ce long parcours, ont fait triompher "l'irréfragabilité" de l'histoire du Royaume afin de "ne pas ignorer, marginaliser ou stigmatiser le Maroc dans l'une de ses composantes" et résister ainsi à toute forme de manipulation ou d'instrumentalisation.

Et le Conseiller du Roi de conclure qu'"il est du devoir de chacun de nous d'agir et de participer pour préserver et pérenniser cette dynamique" et de mobiliser les générations montantes pour "résister à l'amnésie des uns et aux tentations des autres".


Nouzha Chekrouni

De son côté, l'ambassadeur du Maroc à Ottawa, Mme Nouzha Chekrouni a souligné la particularité du Maroc, "terre de tolérance et de dialogue intercommunautaire", relevant que "dans un contexte régional caractérisé par les déchirements et les incertitudes, et face aux risques de repli identitaire et les fractures civilisationnelles, on ne peut qu'être fier de notre appartenance au Maroc, dont la diversité culturelle et spirituelle constitue un atout majeur et dont l'attachement aux valeurs d'ouverture, de tolérance et de dialogue lui confère singularité et reconnaissance".

Elle a affirmé, dans ce sens, que le Maroc, "attaché à son histoire, son unité nationale et son intégrité territoriale, sous la conduite ingénieuse d'un Roi fédérateur, engagé dans la démocratie et la modernité", s'est attelé à son développement économique, politique et social, ainsi qu'à une modernisation profonde de ses structures à tous les niveaux et ce, dans le respect de son identité nationale fondée sur l'unité et le pluralisme.

Mme Chekrouni a rappelé que l'histoire du Royaume, caractérisée par la coexistence et la cohabitation entre les Marocains de différentes origines et confessions, a vu sa consécration dans la Constitution de 2011 qui a confirmé cette philosophie du Maroc, fier de ses afflux musulman, juif, berbère, arabe et saharo-hassani, nourri de ses affluents africain, andalou et méditerranéen, une richesse indéniable et gage de l'ouverture de la société marocaine.

La diplomate marocaine a, en outre, soutenu que sous l'impulsion du Roi Mohammed VI, le Maroc a réalisé d'importantes avancées, indiquant que ces acquis, qui constituent le socle de sa stabilité, lui permettent de faire face aux nouveaux défis auxquels est exposée la communauté internationale, notamment l'extrémisme religieux et le terrorisme, et d'appréhender sereinement son futur pour le bien-être et la prospérité de ses citoyens.

Mme Chekrouni, qui a précisé que la communauté marocaine au Canada constitue "un trait d'union solide" entre son pays d'origine et son pays d'adoption, a conclu que le Maroc est fier de cette communauté aussi bien musulmane que juive, qui représente la résultante d'un flux d'immigration de qualité, une particularité et une vertu lui permettant de bien s'intégrer dans le pays d'accueil et de participer activement à sa réussite et à sa richesse identitaire.

La Communauté juive marocaine de Toronto et l'American Jewish Committee se mobilisent pour le Maroc
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 21 mars 2016 a 19:10

La Communauté juive marocaine de Toronto et l'American Jewish Committee ont torpillé les récents propos de Ban ki-moon concernant le Sahara.

Les propos tenus par Ban Ki-moon lors de sa récente visite à Tindouf et à Alger ont provoqué un tollé diplomatique, politique, et social au Maroc. Après la colère du gouvernement marocain et la grande marche populaire à Rabat, c’est au tour de la Communauté juive marocaine de Toronto (CJMT) et l'American Jewish Committee (AJC) de s’insurger contre le Secrétaire général de l’ONU.

Le président de la CJMT, Simon Keslassy, a qualifié mercredi les propos du responsable onusien d’"irresponsables, choquants, provocateurs, malavisées, biaisés, contradictoires, inappropriés"... Selon lui, ces déclaration constituent une "grave atteinte" à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du Maroc, et ne font que créer des tensions inutiles autour d'un conflit artificiel qui n'a que trop duré.

Keslassy a condamné le "flagrant parti-pris" de Ban en faveur des thèses des séparatistes et de leurs protecteurs algériens, et ajouté que le Sud-coréen a "outrepassé sa fonction, ses prérogatives et la mission qui lui est dévolue" dans le traitement de ce dossier. Sa sortie "affaiblit et décrédibilise" l'instance onusienne et va à contre-courant des résolutions de l’ONU et du Conseil de sécurité sur la question. Ce qui risque de compromettre tous les efforts déployés jusqu'ici pour régler définitivement ce conflit factice, a précisé le président de la CJMT.

Néanmoins, a insisté Keslassy, la détermination de tous les Marocains, de Tanger à Lagouira et à l'étranger, toutes confessions confondues, à défendre corps et âme leur unité nationale ne sera nullement ébranlée. La marche populaire à Rabat a réaffirmé que "le Maroc restera dans son Sahara et le Sahara demeurera dans son Maroc jusqu'à la fin des temps".

La Communauté juive marocaine de Toronto et l'American Jewish Committee se mobilisent pour le Maroc
Posté par: gilou (IP enregistré)
Date: 21 mars 2016 a 19:40

La communauté juive "marocaine " ( sic )de Toronto si prompte a prendre la defense des intérêts du Maroc frait mieux de d'elever contre les propos de Ban Ke moun contre Israel.Mais on ne l'a jamais entendue.




Michel Serfaty, Rabbin engagé : «C’est en luttant ensemble que le lien entre juifs et musulmans se recrée»
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 16 avril 2016 a 18:49

Michel Serfaty, Rabbin engagé : «C’est en luttant ensemble que le lien entre juifs et musulmans se recrée»


Le Rabbin Michel Serfaty le confesse, être décoré du Wissam Al Archlui a rappelé son attachement profond au Maroc. Une distinction d’autant plus symbolique qu’elle intervient au lendemain des attaques de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher de Paris.



Le Rabbin Serfaty est connu pour son engagement visant à combattre les préjugés dans des quartiers sensibles. Des actions qu’il mène dans le cadre de l’association de l’amitié judéomusulmane de France (AMJF). Cela fait plus de dix ans qu’il sillonne, avec l’imam Mohammed Azizi, les routes de France à bord d’un bus pour promouvoir l’amitié entre juifs et musulmans. Sans agression mais avec humour et pédagogie, le Rabbin Serfaty et l’Imam Azizi tentent, via l’AMJF, de retisser les liens entre ces deux communautés. Le leitmotiv de l’association : «On se ressemble plus qu’il ne semble». C’est pour transmettre ce message à la jeunesse des quartiers sensibles que le rabbin de Ris-Orangis a lancé la chanson «Tous unis» avec le rappeur Coco-TKT.

Afin de mieux comprendre son combat, notre correspondante à Paris, Noufissa Charaï a passé une matinée avec lui dans sa synagogue à Ris-Orangis, une banlieue du sud-est parisien.


L’Observateur du Maroc et d’Afrique. Qu’est-ce qui vous a motivé pour créer l’association de l’Amitié Judéo- Musulmane de France ?

Michel Serfaty : L’association est née en 2004, j’avais alors reçu un appel du président du CRIF qui s’étonnait de ne plus me voir agir, et la même semaine je reçois un appel du recteur de la mosquée de Paris et du président du consistoire et nous décidons de nous réunir pour une nouvelle initiative. Je voulais une action d’envergure nationale avec des moyens, des ressources mais surtout une stratégie. Nous avons lancé la journée de l’amitié judéo-musulmane de France à la Cité des Sciences et de l’Industrie. Il y avait plusieurs stands qui mettaient en évidence des caractéristiques juives et musulmanes et il y avait aussi des musiciens. Nous attendions 200 personnes pour le premier repas, nous avons fini à 800.

Alors que les juifs sont très préoccupés par la montée de l’antisémitisme, nous leur montrons qu’il y a de la place pour une amitié judéomusulmane en France. Depuis les années 2000, et plus exactement depuis qu’Ariel Sharon s’est rendu sur l’esplanade de la mosquée en 2001 une nouvelle forme d’antisémitisme apparait en France. Il n’ y a pas d’actes antisémites à Saint-Michel ou dans le Cantal alors que toutes les régions Île-de-France sont touchées par ce nouvel antisémitisme qui a brutalement éclaté en 2001. Les actes recensés par l’Etat et rendus publics montrent que 95% des auteurs ont des noms de résonance musulmane. Cette année, il y a eu 2020 actes racistes en France, dont 810 à 820 actes antisémites et 410 à 420 actes racistes anti musulmans. C’est préoccupant ! 60% des actes racistes en France concernent la communauté juive et musulmane cumulée. Les actes racistes anti musulmans n’apparaissent que depuis 3 ans et cela peut être dû à différentes raisons. Soit parce que les actes racistes anti musulmans n’étaient pas recensés, soit parce qu’ils n’étaient pas un sujet de préoccupation pour l’Etat. À l’époque, la communauté musulmane était dissoute dans la nation et n’était pas prise en compte par les institutions étatiques.


Le Rabbin Serfaty avec l’imam Azizi.

Au plan spirituel, quels sont, selon vous, les principaux points de convergence entre le judaïsme et l’islam?

Dès le la fin du deuxième tours, j’ai organisé une exposition avec l’Institut du Monde Arabe et le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme. C’était la première exposition commune. Intitulée «Culture en Partage», elle mettait en lumière les plus grandes similitudes des deux religions : les origines, la naissance, le nom des prophètes, la circoncision, les liens entre sources bibliques et tradition coraniques, le mariage, le deuil, les orientations des lieux de cultes (les musulmans aussi priaient en direction de Jérusalem avant de se rediriger vers la Mecque). L’histoire des juifs en terre d’islam révèle que la rencontre des juifs et des musulmans à travers leur religions, leur productions intellectuels et artistiques ont eu des convergences et des complémentarités. Après, en tant que juif je ne peux pas oublier l’histoire du judaïsme en Libye, en Iran, en Irak, en Tunisie et en Espagne avec la période particulière de l’Andalousie, tout ce passé historique rappel que même s’il y a eu souffrance et douleur a certains moments il y a aussi eu des rencontres et du partage. Les juifs ont plus connu la quiétude en terre d’islam, qu’en terre chrétienne.

Comment êtes-vous reçu dans les cités, quelles sont les réactions ?

Les réactions sont variées. Avec le bus de l’association, nous nous déplaçons dans les zones urbaines sensibles, ce sont des quartiers ghettoïsés, avec un fort taux de chômage, mais également d’échec scolaire et de délinquance. Ainsi, je préfère parler de quartiers incandescents plutôt que de quartiers sensibles. Ce sont des foyers qui peuvent facilement exploser, je les appelle les «brasiers de France et de Navarre». Certains jeunes froissent le tract de l’association lorsqu’ils lisent le mot «juif», mais généralement les amis autour se désolidarisent de cette réaction. Monsieur Azizi intervient dans la conversation car il est légitime, c’est un imam qui a une très bonne connaissance de l’islam. Du coup, il se base sur le Coran pour convaincre les jeunes. Certains parmi eux demandent souvent à monsieur Azizi s’il a reçu une fatwa pour travailler avec un juif. Certains peuvent avoir des expressions violentes, mais ils ne nous agressent jamais. Ceux qui parfois affichent leur aversion des juifs viennent souvent demander pardon et m’embrasser la main à la fin, comme ils le font avec l’imam. Il y a un travail en profondeur à faire avec ces populations, qui n’a jamais été fait. Cette situation est le résultat d’un abandon de ces populations pendant deux ou trois générations. Nous ne les avons pas accompagnées, ni armées de connaissance propre à la civilisation française. Parfois, nous avons des animateurs musulmans de l’association qui nous appellent alarmés et impuissants parce qu’ils sont confrontés à des propos antisémites chez des enfants en bas âge.

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Le Rabbin Serfaty avec l’imam Azizi.


Comment retissez-vous les liens entre le judaïsme et l’islam ?

J’insiste sur le verbe que j’ai choisi pour lancer notre mouvement : «Bâtir» et pas «rebâtir». Les gens de ma génération me disent : «Mais nous avons déjà réussi à vivre ensemble, c’était une période agréable; je réponds que c’est de la nostalgie. » La troisième génération de musulmans vivant en France n’a rien connu de cette période. Par conséquent, il y a une ignorance de la chose juive. Il faut bâtir pour qu’il y ait une prise de conscience de la distance qui s’est établie entre ces deux communautés. Pour tisser les liens, je fais valoir notre présence ensemble en France et le souci que nous avons ensemble, en tant que citoyens, de construire la nation dans laquelle nous vivons. Et cet effort de construire ensemble entraine une solidarité des communautés. Nous pouvons reconstruire le lien entre musulmans et juifs en luttant ensemble contre les discriminations. Il ne fait aucun doute que les populations les plus discriminées en France sont celles des zones urbaines sensibles. Or, elles accueillent une immigration extra-européenne avec des musulmans d’Afrique du nord ou centrale et plus récemment d’orient. En revanche, les juifs en France ne sont pratiquement plus victimes de discrimination. C’est donc en luttant ensemble que le lien se recrée. Nous vivions une crise sociale d’intégration, ces populations discriminées sont confinées, consciemment ou pas. Nous avons laissé ainsi s’installer des zones d’exclusions et d’échecs, autrement dit : des ghettos. Il est de notre devoir de sortir de notre confort, de sortir de nos beaux quartiers, et d’aller à la rencontre de ces populations. Ce geste consiste à sortir de l’entre soi pour rencontrer «l’autre». Je leur dit ensuite : «On se ressemble, plus qu’il ne semble».

En quoi votre collaboration avec un imam, Monsieur Azizi, permet-elle de faire passer le message plus facilement ?

Quand nous, un Rabbin et un imam, arrivons dans un quartier sensible, cela crée toujours la surprise, mais nous avons un rapport de respect à leur égard, pas d’hostilité ou d’agression. Les deux premières années, notre arrivée dans les quartiers surprenait. Un juif et un musulman ensemble ça faisait «flash». Nous nous sommes fixés un objectif : interroger les juifs sur ce qu’ils pensent des musulmans et demander aux musulmans ce qu’ils pensent des juifs. De là, nous avons constaté que les deux avaient une masse considérable de préjugés. Nous avons donc fait appel à des psychologues sociaux pour expliquer les préjugés antimusulmans et antisémites. Nous avons également formé nos équipes qui sont en contact avec les populations afin d’apprendre à identifier un préjugé racial ou xénophobe, le définir et le reconstruire. Il est important de définir ce que représente une agression antimusulmane ou antisémite sur le plan psychologique. Il faut remonter à l’origine du préjugé pour ne pas laisser place à la discrimination.

Le Rabbin Serfaty a sorti en février dernier une chanson «Tous unis» avec le rappeur Coco-TKT.


Vous avez sorti la chanson «Tous unis» avec le rappeur «Coco-tkt» qui a collaboré avec Dieudonné avant de se désolidariser de lui. A qui vous adressez-vous ?

Le Rabbin Serfaty a sorti en février dernier une chanson «Tous unis» avec le rappeur Coco-TKT.
Parfois, il y a de la francophobie dans le rap, il y a la détestation de la France. Il faut donc utiliser leur moyen de communication pour faire passer le message. Du coup, vous avez des jeunes de quartiers qui disent : «Elle est belle la France». Il faut dans un premier temps aimer la France pour ce qu’elle est, et non pas pour ce qu’elle vous donne. Ensuite, je m’adresse aux adolescents, aux enfants mais aussi aux mamans. Les mamans doivent venir aux synagogues pour connaitre les juifs. Celles qui avaient des préjugés finissent par me lancer : «Mais, on nous a menti sur vous».

Vous dites que dans les quartiers où vous vous rendez, certains ne connaissent pas des juifs, la ghettoïsation est-elle un frein pour le vivre ensemble ?

Il y a deux phénomènes qui se cumulent. D’une part, l’échec de l’intégration. De l’autre, des phénomènes d’acculturation en échec. Cela révèle que nous avons laissé s’installer les cultures des pays d’origines dans un niveau primaire et ils regorgent de préjugés homophobes, contre les femmes, mais aussi de préjugés antisémites. Parfois, j’ai des phrases comme «Vous le Rabbin, vous avez la clef de la richesse». Ce sont des préjugés qui relèvent de la croyance. Ceux qui les profèrent n’ont pas l’impression que c’est antisémite.

En quoi l’antisémitisme a-t-il changé de nature ?

Nous faisons la distinction entre le nouvel antisémitisme des années 2000 et celui qu’il y a eu en Europe à partir du Ve siècle, jusqu’à la Shoah. Cet antisémitisme historique était indéniablement lié au mépris du juif enseigné par l’église catholique romaine et protestante. Cet antisémitisme était concret, dans la mesure où l’église a introduit dans sa liturgie l’enseignement du mépris du juif considéré comme un peuple déicide. Puis, il y a eu l’espoir de la substitution de l’église au judaïsme en Israël. Cela s’est manifesté par les croisades ou les meurtres rituels. Le nouvel antisémitisme se déclenche, à travers l’Europe et pas seulement en France, avec beaucoup de brutalité dans les années 2000 lorsque Ariel Sharon se rend sur l’esplanade de la mosquée et qu’éclate l’intifada. Certains veulent vite lier cet antisémitisme au conflit israélo-palestinien, mais ce n’était qu’un déclencheur d’un phénomène latent.

Mais distinguez-vous antisémitisme d’antisionisme ?

C’est une pierre d’achoppement dans mes échanges avec de nombreux musulmans de France. Même avec ceux aux profils culturels avancés par rapport à celui des banlieues. Ils ne font pas de différence entre la politique du gouvernement israélien et le juif israélien que l’on dissimule derrière l’expression sioniste. D’autant plus que, comme j’aime le rappeler, sioniste vient de «Sion», ce qui correspond pour les juifs dans la bible à Jérusalem. Or, nous aimons Jérusalem, même les musulmans aiment Jérusalem qu’ils appellent «Al-Quds». Par conséquent, nous sommes sionistes. L’amour de Sion a été transmis aux juifs depuis des millénaires. C’est une erreur d’utiliser le terme antisioniste. Ils peuvent dire qu’ils sont opposés à la politique israélienne et à ce moment-là c’est un débat d’opinions. Alors que le terme «anti-sioniste» est ambivalent. Surtout lorsqu’il y a une ignorance sur le sens du mot. Il ne faut pas que cela sonne comme une opposition à l’existence d’Israël. Il vaut mieux se déclarer anti-politique israélienne, anti-politique coloniale israélienne, mais pas anti-sioniste car cela revient à nier l’existence d’Israël.

Vous dites que lorsque vous avez été agressé en 2003, c’est parce que dans l’esprit de vos agresseurs vous représentez le colon israélien ?

Ils utilisent le prétexte du lien des musulmans aux Palestiniens pour dire que le juif est comme un soldat Tsahal et cette assimilation est facile et rapide. C’est un déclencheur d’une détestation du juif, indépendamment du conflit israélo-palestinien. Mais, au-delà du conflit, il y a des jeunes qui refusent d’étudier la Shoah par exemple.

Mais ce sont des exceptions, voire des épiphénomènes, cela ne risque-t-il pas de stigmatiser l’ensemble des jeunes de ces quartiers ?

Je suis en partie d’accord. C’est-à-dire qu’il y a un danger de la généralisation et une facilité avec laquelle nous transportons ces exceptions sur l’ensemble des musulmans. Je ne suis pas d’accord en revanche pour considérer cela comme un épiphénomène. Il y a plusieurs mouvances de l’islam de France en fonction des mosquées. Il y en a qui font encore le «douâa» tous les soirs du ramadan en disant «Ô Dieu, fait disparaitre de la terre les juifs et les chrétiens». Dans certaines mosquées salafistes, certains l’avouent et considèrent que c’est un rite. Pourtant, je rappelle qu’au Maroc le roi a émis un décret interdisant ce genre de «douâa».

La montée de l’islamophobie vous inquiète-t-elle ?[b]

Je veux préciser que le mot «islamophobie» n’existe pas encore dans le dictionnaire. La langue n’a pas encore désigné un mot pour qualifier l’acte raciste antimusulman. L’islamophobie y mêle la religion. Le problème c’est que les actes sont dirigés contre l’homme et non contre la religion. L’islamophobie insinue une interdiction de la critique de la religion musulmane, ce qui revient au blasphème. Or, ce n’est pas en accord avec la société laïque française. Mais il est indéniable qu’il y a eu des actes racistes antimusulmans.

[b]Et quels sont les préjugés des juifs sur les musulmans ?


Les Rabbins me disent souvent «Ismaël détestait Isaac et par conséquent jamais les musulmans ne pourront aimer un juif». C’est un préjugé antimusulman d’origine religieuse. Il n’y a pas de rapport entre un texte vieux de 2500 ans, des images symboliques et la réalité actuelle. Nous ne pouvons pas transposer la mythologie Abrahamique à la réalité sociale d’aujourd’hui. Il ne faut pas faire d’assimilation.

Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, a appelé les juifs de France à venir s’installer en Israël. Le nombre de départ «Alya» a explosé depuis 2013. Cela vous inquiète-t-il ?

Cet appel du pied n’est pas récent, il prolonge ce qu’a fait Sharon et d’autres. Tous considèrent Israël comme «Terre de refuge des juifs». C’est ce que nous appelons «le droit au retour». Le mouvement d’Alya n’a jamais cessé depuis 1948. Jusqu’aux années 70, ils étaient en moyenne 700 juifs de France à faire chaque année la Alya. Au début des années 2000, nous en étions à 1200 Alyas en moyenne. Donc ce n’était pas très inquiétant. Mais, brutalement, en 2013, le nombre est passé à plus de 2500. Pour 2015, ils annoncent 12.000 Alyas ! C’est indéniablement lié à l’antisémitisme sachant que l’Etat n’a rien fait pour le prévenir pendant 10 ans. Cela a commencé avec la réaction de Lionel Jospin après l’incendie de la Synagogue de Trappes. Quant à Nicolas Sarkozy, qui disait pourtant : «Quiconque attaque un juif attaque la République », il n’a rien fait pour lutter contre l’antisémitisme. Le premier à agir est Manuel Valls. Les derniers attentats ont créé un sentiment de peur. 60% des Français disent craindre les musulmans alors que le problème n’est pas les musulmans. Il ne faut pas généraliser ! Il s’agit d’une minorité radicale. Lorsque vous vous penchez sur le profil des auteurs, vous remarquez qu’ils viennent tous des quartiers sensibles. En grande partie, ce sont des voyous et ils ont trouvé un prétexte pour devenir soit disant des musulmans radicaux, mais le musulman moyen n’a rien à voir avec tout cela. Le danger est de verser dans une généralisation hâtive, mais aussi d’ignorer une réalité, à savoir que la majorité de ces actes ont été commis par des jeunes issus de ces quartiers, ayant un manque de culture et d’intégration.

Pourtant c’est dans des pays musulmans, y compris au Maroc que des juifs ont vécu en sécurité. Au Maroc, avez-vous déjà ressenti de l’antisémitisme ?

Dans le panorama des pays musulmans, il n’y a aucun doute que le Maroc est une exception. Je rappelle avec plaisir que le Maroc est le seul pays musulman qui n’a pas expulsé ses juifs. Le nationalisme marocain a été contenu aussi par les rois du Maroc alors qu’en Tunisie, en Libye, en Egypte et en Irak, le nationalisme a eu pour conséquence la persécution des juifs et leur expulsion. J’ai passé mon enfance à Marrakech dans un quartier entre le Mellah et la médina, je sortais sans inquiétude pour me rendre à l’école. Je n’ai jamais eu d’inquiétude, alors que dans la France d’aujourd’hui, des parents sont inquiets pour leurs enfants. Je le redis, au Maroc je circulais en toute liberté. J’ai vécu des moments où les musulmans venaient à la rencontre des juifs avec plaisir pour construire des cabanes de Souccot. Ils offraient des fleurs, du fromage et de du beurre pour Pessah. Il y avait une véritable complicité. Parfois, des amis au Maroc me mettaient en garde contre certains quartiers où soit disant «les musulmans égorgeaient les juifs» et les juifs eux ne se promenaient pas avec la dague. Donc, il y avait cette image qui revenait. Sinon, il y avait parfois l’expression «dak lihoudi lakhor». Après, nous avons pour le Maroc un profond amour, nous étions «des étrangers en terre natale». C’est-à-dire que tous les juifs ont été scolarisés dans les écoles de l’Alliance. Ils nous disaient de parler français et pas l’arabe. Ils nous enseignaient l’histoire des Gaulois plutôt que celle des dynasties marocaines ou de moments forts comme lorsque Youssef ben Tachfine appelait les juifs pour être médecins et «toujares sultan» (Commerçants du sultan).

Mohammed V a reçu, le 20 décembre dernier, à titre posthume, le prix Liberté à la Synagogue B’nai Jeshurun à New York pour avoir protégé les juifs du Maroc. Cette histoire est-elle connue par ces jeunes que vous rencontrez ?


La princesse Lalla Meryem a remis, le 1er février 2015 à Paris, au Rabbin Michel Serfaty wissam Al Arch de 3e classe (officier) décerné par le Roi Mohammed VI.
Malheureusement, les jeunes musulmans arrivant en France, en Belgique et Hollande ont été happés par les mouvances wahhabites. Le Royaume cherche les moyens de garder dans son giron ses sujets de la diaspora. Nous subissions cette dérive wahhabite qui a gagné des musulmans de cette diaspora. Lorsque je rencontre des familles marocaines, je leur parle du Roi Mohammed V qui a répondu au régime de Vichy : «Les juifs sont mes sujets» pendant la guerre, tout en gérant ses relations avec la France. Il accueillait les délégations rabbiniques et représentatives de la communauté juive pour les rassurer et leur dire : «Nous sommes ensemble et la crise passera». Lorsque Vichy essaye d’aller contre la volonté du Roi, Mohamemd V va lui tenir tête et il tente de limiter les restrictions imposées aux juifs. Par la suite, les Américains vont à leur tour donner raison au Roi.

Et les juifs de la nouvelle génération connaissent-ils cette histoire?

Les juifs la connaissent. Elle est publiée dans la presse juive, française, israélienne et américaine. Les juifs originaires du Maroc ont tous une profonde conscience de ce que le Maroc a fait pour eux.

Au lendemain du printemps arabe, il y a eu une révision constitutionnelle au Maroc. La constitution stipule désormais que l’unité du Royaume est «forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamiques, amazigh et saharo-hassani, l’identité marocaine s’est nourrie et enrichie de ses affluents africains, andalous, hébraïques et méditerranéens». Cette reconnaissance dans les textes était-elle importante pour vous ?

Cet acte de Mohammed VI, à savoir la révision de la constitution, mérite notre immense admiration. C’est une invitation qu’il a faite aux juifs pour rappeler leurs apports culturels pendant des siècles au Maroc. Je compare l’acte de Mohammed VI aux gestes des grands hommes de France comme Alexandre Dumas, l’abbé Grégoire qui ont plaidé pour que la première convention reconnaisse le droit d’égalité des citoyens juifs de France, ce qui a permis leur émancipation. Le premier pays à le reconnaître, sur le plan constitutionnel, c’est le Maroc, c’est extraordinaire! Le Royaume reste un pays unique dans sa relation avec les juifs. C’est un pays qui offre la possibilité d’avoir des instituts universitaires hébraïques. Il faut que les Marocains d’ici restent fidèles à leur histoire et qu’ils ne se laissent pas contaminer par la détestation des juifs que le wahhabisme et le salafisme tentent de répandre à travers le monde.

Après la France, la deuxième plus grande communauté de Marocains résidant à l’étranger se trouve en Israël. Souhaitez-vous leur retour au Maroc à travers une Alya inverse, d’Israël vers le Maroc ?

L’amour pour le Maroc est indéniable pour les juifs du monde entier. Il y a des juifs de Montréal qui envoient des médicaments au Maroc, des professeurs qui organisent des cours gratuitement pour le Maroc. L’amour des juifs pour le Maroc est exceptionnel. Mais avec le contexte actuel mondial, je ne pense pas qu’ils reviennent. Ils sont installés et enracinés dans de nouveaux pays. En revanche, les juifs du Maroc se mobilisent pour ce pays, à titre de reconnaissance, sur les plans scientifique, artistique et culturel. Moi, je pourrai demain dispenser des cours gratuitement, je donnerai mon temps au Maroc sans problème et beaucoup le font ou seraient prêts à le faire. Il y a une reconnaissance qui traduit un sentiment de gratitude pour le Maroc, en plus de notre affection.

Cette interview a été publiée dans L’Observateur du Maroc et d’Afrique du 8 avril 2016

Michel Serfaty, Rabbin engagé : «C’est en luttant ensemble que le lien entre juifs et musulmans se recrée»
Posté par: CEREJIDO (IP enregistré)
Date: 17 avril 2016 a 09:57

Tout cela c'est du pipo, il faut venir assister aux défilés antisémites actuellement dans les rues de Paris et autorisés par le Préfet qui lui-même doit être un "RAT"
J'ai bien vu les visites de ce rabbin, les arabes de banlieues le respectent sans plus et ne lui accordent aucune attention particulière.

premier festival du film juif de Casablanca
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 29 avril 2016 a 17:10

Près de 500 personnes ont assisté au premier festival du film juif de Casablanca, qui a été organisé dans la ville marocaine par une Juive séfarade originaire d’Atlanta.


Maurice Elbaz et Vanessa Paloma Elbaz, les organisateurs du premier festival du film juif, à Casablanca, en avril 2016.

L’événement de trois jours, qui a pris fin mercredi dans les bureaux du Stade olympique casablancais (SOC), présentait trois films sur les « conséquences de l’émigration des Juifs issus du tissu social marocain », a déclaré au JTA l’organisatrice, Vanessa Paloma, jeudi. Chaque projection a attiré environ 150 spectateurs, a-t-elle ajouté.


L’un des deux longs-métrages projetés était « Aida », qui a également été présenté par le Maroc aux Oscars du cinéma pour le meilleur film en langue étrangère, à propos de la bataille contre le cancer d’un professeur de musique juif vivant à Paris.

L’autre film était « Midnight Orchestra », une production de 2015 sur le fils d’un musicien juif qui a quitté le Maroc au milieu des tensions raciales provoquées par la guerre de Yom Kippour.

Les réactions au festival ont été extrêmement positives, a déclaré Paloma, chanteuse de musique judéo-espagnole et chercheuse sur l’identité et les arts dans le judaïsme marocain. Elle vit à Casablanca depuis 2009 avec son mari marocain juif, Maurice Elbaz, qui l’a aidée à produire le festival sur un budget restreint, mais malgré tout suffisant puisque les cinéastes ont renoncé à leurs frais.

Mais l’événement a également provoqué des réactions négatives au Maroc, qui bien que ce soit l’un des rares pays du monde musulman où l’héritage juif est célébré ouvertement, a néanmoins un lobby anti-Israël véhément qui recourt parfois à la rhétorique antisémite.

Jaouad Benaissi, auteur et ancien membre du parti l’Union socialiste des forces populaires, s’est plaint sur Facebook du thème du festival, écrivant que « les œuvres d’art de l’homme n’ont rien à voir avec la religion », et donc que le thème juif était inapproprié – un message similaire à celui de Abdelilah Jouhari, un journaliste qui a accusé Paloma de « tenter de faire des affaires avec la religion », tel que rapporté par le site d’informations Le 360.

« J’ai répondu que Juif ne signifiait pas nécessairement religieux, mais également culturel et que, dans la tradition des festivals de films juifs qui existent partout dans le monde, nous voulons commencer ce dialogue autour de l’histoire du Maroc, de la culture et des traditions des Juifs comme présentées sur grand écran », a déclaré Paloma à JTA.

En 2013, 200 islamistes ont manifesté à Tanger contre la projection d’un documentaire sur les Juifs marocains parce qu’il mentionne Israël.
Source: ToI




premier festival du film juif de Casablanca
Posté par: gilou (IP enregistré)
Date: 30 avril 2016 a 12:31

DEux cretins de plus qui essaient de convaincre les arabes que nous aurions la nostalgie de notre vie anterieure parmi eux.C'est ce qui crée chez nos persecuteurs le sentiment qu'ils finiront pas vaincre et eliminer ceux qui ne croient plus qu'au retour definitif à SIOn

Relations: Maroc - Communautes juives a travers le monde
Posté par: elide910 (IP enregistré)
Date: 31 mai 2016 a 09:07

touts le monde a la nostatalgie du pays ou il est nee

Relations: Maroc - Communautes juives a travers le monde
Posté par: gilou (IP enregistré)
Date: 31 mai 2016 a 14:54

Pauvre Elie,ce n'est pas des pays ou ils sont nés,que les juifs ont la nostalgie.C'est d'une période de tranquillité relative pendant laquelle les Juifs ont toujours cru partout qu'elle serait eternelle.Et partout ils ont compris que la pretendue tolérance des peuples n'était qu'illusion passagère.Que seul le retour à Sion leur procure definitivement la liberté.

Relations: Maroc - Communautes juives a travers le monde
Posté par: elide910 (IP enregistré)
Date: 31 mai 2016 a 23:15

Citation:
gilou
Pauvre Elie,ce n'est pas des pays ou ils sont nés,que les juifs ont la nostalgie.C'est d'une période de tranquillité relative pendant laquelle les Juifs ont toujours cru partout qu'elle serait eternelle.Et partout ils ont compris que la pretendue tolérance des peuples n'était qu'illusion passagère.Que seul le retour à Sion leur procure definitivement la liberté.
pauvre gilou incapable de repondre poliment

Témoignage: Isobel Manon Press nous raconte son pèlerinage au Maroc
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 14 février 2017 a 18:23

Juive marocaine née et ayant vécu toute sa vie aux Etats-Unis, Isobel Manon Press nous raconte son pèlerinage extraordinaire sur la terre de ses ancêtres...

Dans un article publié sur le site du magazine Jewish in Seattle, une juive marocaine née aux Etats-Unis raconte son retour à la terre de ses ancêtres. Lors d’un voyage d’étude à Marrakech, Isobel Manon Press convainc son professeur, trois condisciples, ainsi que leur guide de l’aider à retrouver la maison d’enfance de sa grand-mère, à Marrakech. Cette dernière, qui vit également aux Etats-Unis, ne lui a pourtant donné que de vagues indications sur l’endroit.

Notre étudiante et ses compagnons se rendent donc au mellah (quartier juif) de la ville ocre. Là, une femme intriguée par le groupuscule s’approche pour s’informer de l’objet de leur présence. Le guide lui répond et lance un regard dans la direction de Press. Le visage de l’inconnue s’illumine soudain et elle explique que son grand-père était le boulanger principal du quartier et qu’il était très lié aux familles juives, même s’il n’en était pas un. Elle propose même de les aider. Nos aventuriers arrivent éventuellement à la maison d’enfance de la grand-mère, qu’ils retrouvent grâce au hammam avoisinant. Même si elle n’entre pas dans la maison, les occupants absents, notre jeune étudiante se sent «en paix et chez elle».

Un an plus tard, à Seattle, elle rencontre un israélien du nom de Roï. La mère de ce dernier a le même nom de jeune fille que la grand-mère de Press: Azran. Après avoir comparé des photos de familles et d’autres bouts d’informations, ils réalisent leur histoire commune. Et il se trouve que la mère de Roï est également originaire de Marrakech, et qu'elle l’y a déjà emmené une fois. Les deux jeunes conviennent dès lors que ces courts pèlerinages ne sont juste pas assez.

Press déplore que de nombreux jeunes juifs marocains restent détachés du royaume malgré le fait avéré qu'il leur est très amical. La jeune américaine craint que la relation au Maroc ne continue de s’affaiblir de génération en génération. Elle exhorte, pour finir, tous les jeunes juifs marocains, dont les ancêtres ont quitté leur ancienne terre, à entreprendre ce pélerinage, car "après tout, je suis la somme de l’histoire de ma famille, et cela fait partie de moi que je le veuille ou non".

Source:[www.h24info.ma]

Témoignage: La SAGA Marocaine de Jacques Levy
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 14 février 2017 a 18:34

Natif de Casablanca, Jacques Levy vit en Suisse alémanique depuis quarante ans, à Meilen, une petite localité située à dix kilomètres de Zurich.

Ancien élève de l’ORT de Genève et diplômé de l’École d’Ingénieurs de Genève, ce spécialiste en Communication interculturelle et cinéaste chevronné -il a réalisé plusieurs documentaires et deux films consacrés aux Châteaux de la Loire- donne régulièrement des conférences dans de nombreux pays sur des thèmes relatifs à l’Histoire et à la littérature.

Consultant international en hôtellerie, Jacques Levy est professeur invité dans diverses écoles hôtelières (Lausanne, Montreux, Glion…). Il est aussi conseiller en stratégies d’entreprises.

Il est l’auteur de plusieurs livres sur le confort et la Communication.

Profondément attaché à son pays natal, le Maroc, et au riche héritage culturel sépharade que ses aïeux lui ont légué, Jacques Levy rend un vibrant hommage au terroir qui l’a vu naître et à sa lignée familiale dans un magnifique et très émouvant livre autobiographique paru dernièrement, En ce temps-là. Histoires et portraits. Récit.



Dans En ce temps-là, Jacques Levy relate avec brio et un grand talent littéraire des épisodes marquants, et souvent cocasses, de la vie des membres de sa famille au Maroc.

Ce livre très captivant est constitué d’une trentaine de courts récits.

Jacques Levy narre le quotidien et les péripéties de personnages colorés et iconoclastes qui nous remémorent par moments les héros excentriques qui peuplent l’univers mythique, englouti par les vicissitudes de l’Histoire, du grand écrivain sépharade Albert Cohen.

Qu’est-ce qui a motivé Jacques Levy à dépeindre dans cette magnifique fresque littéraire le monde jadis disparu dans lequel sa fratrie a vécu depuis 1492, année de l’expulsion des Juifs d’Espagne par les Rois catholiques?

“Je suis très attaché au Maroc. J’y retourne régulièrement. Je suis allé récemment avec mes deux petits-fils, âgés de 21 ans et 15 ans. Je leur ai fait découvrir les lieux de mes racines à Casablanca. J’ai gardé d’excellents contacts avec des amis marocains musulmans. Bien que mon père était natif de Tanger et ma mère originaire de Larache, on parlait l’espagnol à la maison, moi j’ai toujours été un Casablancais invétéré”, raconte Jacques Levy en entrevue via Skype depuis sa résidence à Meilen.

Mais ce qui l’a le plus motivé à évoquer, sous forme de récits de vie, l’histoire des membres de sa famille à différentes périodes de l’Histoire du Maroc, c’est la “nostalgie d’un passé heureux”.

“Je tenais absolument à mettre en évidence ce passé heureux par rapport à la “propagande” qui existe aujourd’hui autour du judaïsme marocain. En effet, certains Juifs marocains -grâce à Dieu ils ne sont pas légion!- ne cessent de claironner que les Juifs vivaient malheureux au Maroc, qu’ils ont été forcés de quitter ce pays parce qu’ils étaient persécutés par les Arabes. C’est un tissu de mensonges, réplique Jacques Levy sur un ton catégorique. Il est vrai que les Juifs ont eu peur durant certaines périodes nationalistes mouvementées de l’Histoire du Maroc contemporain. Mais ces derniers ont été certainement embrigadés par les Madrihim venus d’Israël pour les encourager à faire leur Aliya. Les Juifs qui sont restés au Maroc vivent extrêmement bien et sont très bien considérés par les Musulmans marocains. Le Maroc est le seul pays arabo-musulman où le conseiller financier du Roi est un Juif, André Azoulay.”

Mais force est d’admettre que le Maroc s’est vidé de ses Juifs en l’espace de quelques décennies.

“C’est vrai, reconnaît Jacques Levy. Mais il y a aussi une autre vérité, malheureusement éludée. Beaucoup de Juifs marocains, particulièrement parmi ceux vivant en Israël, un pays qui ne les a pas accueillis très fraternellement, regrettent d’avoir quitté le Maroc. Plusieurs milliers de Juifs marocains, dont un grand nombre d’Israéliens, retournent chaque année dans leur pays natal, notamment pour prendre part aux célébrations des Hilloulot.”

Tout en étant toujours très attaché au Maroc, Jacques Levy ne ressent plus de nostalgie à l’égard de son pays natal.

“J’ai tué ma nostalgie pour le Maroc le jour où je suis retourné dans ce pays travailler pendant deux ans. J’étais déjà à la retraite. Un ami m’a demandé de l’aider à réorganiser une école de gestion qu’il a fondée à Casablanca. Je me suis alors frotté à la réalité du monde marocain avec des yeux d’adulte. La nostalgie que je portais en moi était celle de l’enfance. Quand j’ai revu le Maroc avec des yeux d’adulte, je me suis vite rendu compte que ce pays était une réalité bien différente de celle que j’avais imaginée dans mes songes nostalgiques. J’ai pris alors conscience que je n’éprouvais plus aucune nostalgie pour le Maroc et que je devais désormais composer avec une réalité et un passé réels.”

Jacques Levy est-il optimiste ou plutôt pessimiste en ce qui a trait à l’avenir du Séphardisme?

“Le Séphardisme est une forme de trésor que nous avons conservé pendant plus de cinq siècles dans la Diaspora. Je tiens à rappeler que les “vrais” Sépharades sont les descendants des Juifs bannis d’Espagne en 1492. Mais, aujourd’hui, le judéo-espagnol se meurt. Je suis le dernier de ma famille à parler encore cette judéo-langue vernaculaire. Mes frères et sœurs, plus jeunes que moi, comprennent le judéo-espagnol, mais ne le parlent pas. Je crains que cette langue et le fabuleux patrimoine culturel qu’elle colporte ne tombent peu à peu dans les arcanes d’un passé révolu. C’est lamentable!”

Source: [www.cjnews.com]

Salle comble à New York pour fêter l’exceptionnelle proximité entre l’Islam et le Judaïsme au Maroc
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 01 avril 2017 a 15:08

L'exceptionnelle proximité entre l’Islam et le Judaïsme au Maroc a fait salle comble, jeudi soir à New York, pour plébisciter, dans une ambiance où s’entremêlaient joie et émotion perceptibles, le Maroc de tous les possibles, un Maroc qui montre la voie en ces temps de doutes et de repli identitaire, à la faveur des ressorts profonds et largement consensuels authentiquement ancrés dans l’ADN de la société marocaine.

"Quel autre pays que le Maroc aurait pu réunir au coeur de New York une salle comble pour fêter l’exceptionnelle proximité entre l’Islam et le Judaïsme, dont mon pays est le porte-drapeau le plus emblématique en Méditerranée", a affirmé M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi, qui recevait le Prix “Pomgranate Award for Lifetime Achievement”, décerné par la Fédération Sépharade Américaine (ASF).




En effet, l’auditorium du Center for Jewish History de New York a été dans l’incapacité d’accommoder un public nombreux et enthousiaste dans cette ambiance de retrouvailles et de partage d’un passé commun, d’un présent qui montre la voie et d’un avenir qui promet. Pour permettre à tout le monde de suivre une programmation riche et variée, les organisateurs ont dû aménager une salle attenante reliée à l’auditorium via la retransmission en circuit fermé.

L’ambiance est allée crescendo au fur et à mesure que se déployait le programme de cette cérémonie avec des prestations du célèbre chanteur Enrico Macias, qui a puisé dans son riche répertoire pour célébrer la coexistence, la nostalgie et le vivre-ensemble, de la jeune chanteuse koweïtienne Ema Shah venue spécialement de Koweït pour l’occasion, des artistes Neta Elkayam et Amit Hai Cohen, ainsi que du baryton David Serero, qui a entonné magistralement l’hymne national marocain devant une audience qui l’accompagnait dans une ambiance de communion d’une rare intensité.

Cette rencontre a illustré les riches facettes de l’universalité du modèle marocain, qui a été consacrée par la nouvelle Constitution adoptée en 2011, en stipulant que l’identité nationale est une et indivisible, et en insistant que cette “unité, forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen”.

Dans une déclaration à la MAP, David Dangoor, Président de l’ASF a tenu à souligner que Sa Majesté le Roi Mohammed VI représente un modèle non seulement pour les dirigeants de la région, mais bien du monde entier de par les actions louables que le Souverain a entreprises notamment pour la restauration des cimetières et autres sites juifs à travers le Royaume.

“SM le Roi n’a eu de cesse de montrer la voie et est de ce fait un modèle pour les dirigeants non seulement dans la région, mais bien dans le monde entier”, a affirmé M. Dangoor, qui s’est réjoui du fait que le Souverain a bien voulu donner Ses Hautes Instructions pour la restauration des cimetières juifs et autres sites qui préservent l’héritage juif à travers le Royaume.

“Je porte une admiration inégalée à l’égard de Sa Majesté”, a souligné M. Dangoor, qui a fait savoir que “l’ASF célèbre, au sein de notre musée, tout ce que le Souverain a entrepris pour la restauration des sites juifs”.



Selon M. Dangoor, “ce que le Maroc a pu réaliser en termes de coexistence, de reconnaissance de l’histoire et de générosité d’esprit est tout simplement incomparable”.

Cette cérémonie a été marquée par la présence notamment de l’Ambassadeur, Représentant permanent du Royaume à l’ONU, Omar Hilale, du Président-directeur général du Groupe OCP, Mostapha Terrab, du Consul général du Royaume à New York, Mohammed Benabdeljalil, du Responsable de la diplomatie publique à l’Ambassade du Royaume à Washington, Larbi Rmiki, ainsi que de diplomates internationaux accrédités à l’ONU et à Washington, outre des représentants de la communauté juive marocaine en Amérique du nord.




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