SOUVENIRS, SOUVENIRS... :  DARNNA.COM
Nostalgie du Maroc, nos voisins et amis d'enfance. Les differents quartiers ou nous habitions... 
Aller à la page: 12Suivant
Page courante: 1 of 2
Rabat de mon enfance...
Posté par: royrol (IP enregistré)
Date: 22 janvier 2006 a 16:03

Des personnes qui ont grandi a RABAT,rue henri POPP,impasse henri POPP,
rue capitaine PETIT JEAN dans les ann?es 1949 - jusqu'en 1968.
voici des photos r?centes.de Rabat vers le Mellah.
pour ceux qui se rappelle.
a bientot.






Re: Rabat quartier henri Popp.capitaine Petitjean.
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 27 janvier 2006 a 22:29

Cher ami Royrol,
C'est magnifique le quartier de la rue Henri Popp et la rue du Capitaine Petit-Jean,j'ai v?cu ? Rabat de 1958 ? 1960,? la rue d'Avignon,une parrall?le ? l'Henri Popp.
J'ai toujours un ami ? Rabat,? la rue de Grenoble,Coco David Afergan qui travaillait comme tourneur chez Andr?ani ? la rue de Chaouen,pr?s de la Douane.
Coco habite au dessus du garage Petit-Jean qui est devenu,une agence bancaire,et en face Mr.Soudry le tailleur,isra?lite de M?kn?s,et au coin de la rue de Grenoble l'?picier chleuh El Hadj avec rue du Cne Petit-Jean.
Dans le rue Henri Popp,il y avait le Docteur Ben?nati.
En plus,j'avais ?t? fian?? ? une jeune fille espagnole dont ses cousins et sa tante habitaient la rue du 18 juin 1940,au rez de chauss?e,un immeuble sur la gauche en allant ? l'avenue de la R?publique et sur le m?me c?t? que l'h?tel Splendid.
Ton p?re avait-il un magasin dans la rue du 18 juin 1940???
Amiti?s.
Tarzan./.

Re: Rabat quartier henri Popp.capitaine Petitjean.
Posté par: royrol (IP enregistré)
Date: 28 janvier 2006 a 15:00

salut tarzan moi c'est roland benzaken
et oui mon p?re avait le magasin "PHOTOPTIC HENRI"
rue du 18 juin 1940 a RABAT jusqu'en 1967
et toi qui es tu?
voici une photo devant le magasin avec sa chevrolet en 1958
photo avec ma m?re et mon fr?re charly







Re: Rabat quartier henri Popp.capitaine Petitjean.
Posté par: royrol (IP enregistré)
Date: 28 janvier 2006 a 15:02

et une photo place du jour et nuit vers la rue capitaine petit jean








Re: Rabat quartier henri Popp.capitaine Petitjean.
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 26 décembre 2006 a 14:54

Bonjour royrol,

Qui suis-je ?

Avec un peu de retard,mes coordonés sont sur identifiez-vous sur darnna ?
Tu trouveras facilement sur la page n° 14.
Je te souhaîte une bonne fête de Hanuka,et joyeux Noël,et une bonne et heureuse Année 2007.

Mes amitiés.

" T A R Z A N" ./.

Rabat quartier henri Popp.capitaine Petitjean.
Posté par: sarah roche (IP enregistré)
Date: 09 août 2009 a 19:54

Bonjour

Ah ! je suis tombée enfin sur Rabat et les quartiers que j'ai fréquenté, rue de grenoble bien sûr .C'est là que j'ai passé mon enfance et aussi mon adolescence dans la maison que nous occupions il y avait la famille cohen zouzou et aussi la famille bensaquen, c'est vraiment loin tout ça j'y suis retournée et n'ai plus reconnu ma maison Aussi c'est avec plaisir que j'ai revu toutes ces photos et les souvenirs qui vont avec
Merci donc pour ces quelques instants de nostalgie
sarah

Rabat quartier henri Popp.capitaine Petitjean.
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 10 août 2009 a 19:43

Bonsoir sarah roche,


La rue de Grenoble :


Je crois savoir qu'il y a toujours mon ami COCO AFERGAN,qui habite au n°20,au dessus de l'ex garage PetitJean,qui est devenu une agence bancaire.


" T A R Z A N " ./.+$%




RABAT DE MON ENFANCE.....
Posté par: royrol (IP enregistré)
Date: 12 août 2009 a 21:03

Les copains du quartier:Michel,Dadou,Serge,moi Roland et Michèle ma soeur.

Voici l’impasse Henri Popp ou je suis né le 12 mars 1949 dans la chambre de mes parents. Cette rue qui m’a vu grandir, mes premières petites années .

On jouait avec les copains du quartier aux billes , aux osselets , aux noyaux d’abricots,
au jokari , cette balle accrochée à un élastique sur cette ruelle de terre non goudronnée.
J’ai grandi 12 années ici, ça compte pour un enfant.
Le jeudi, on allait avec les copains au quartier de la Tour Hassan.
On montait sur la Tour . On a même joué aux billes la haut .

Ici on dominait toute la ville de Rabat .

Il n’y avait pas d’escaliers, mais une rampe jusqu’en haut pour nous dégourdir les jambes.

De cette tour , on apercevait tout Rabat.


Le drapeau marocain flottait à tout coin de rue et son hymne national était
toujours gravé dans ma tête durant toute ma jeunesse.



Lors de cérémonies , SM le ROI Mohamed 5 avançait sur son cheval suivi des délégations et des cavaliers de la prestigieuse Garde Royale qui ouvraient

le chemin. Toute la foule l’acclamait et les femmes criaient de youyous et
d’applaudissements. Ils venaient de toutes les villes et villages et parfois de très loin . Les drapeaux rouges étoilés flottaient. Des chants d’orchestres et de voix à l’hymne national s’en suivirent. C’était vraiment la fête.


A cette époque , on fréquentait notre cinéma de quartier LE VOX et qui s’appelait auparavant Cinéma Variétés, endroit où tous les chanteurs Français célèbres des années 30 et 40 venaient chanter. Petit cinéma et très bruyant .
Les films étaient du genre westerns, Richard Widmark que j’admirais , John Wayne ,Burt Lancaster ,Gary Cooper…et les films de Jerry Lewis avec Dean Martin.
Les films de Péplum avec le colosse de Rhodes, Spartacus ou Tarasboulba.


A l’extérieur , de petits marchands , à terre sur le trottoir ,de pépites, cacahuètes , maïs grillé , figues de barbarie …
Les autres cinémas de Rabat se trouvaient en ville , j’y allais plus tard vers
l’âge de 13 ans. Citons le Royal , le Marignan , le Colisé et la Renaissance.

Le hammam, bain maure était l’endroit où ma mère, ma petite sœur et moi allions
pour nous laver et nous délasser quelques fois. A l’époque les salles de bains étaient rares. Toutes les femmes se réunissaient avec leurs enfants pour se laver, se frotter
le dos. On préparait le baluchon contenant vêtements propres, serviettes de toilettes
la tasse pour puiser l’eau, le gant pour ôter les peaux mortes et le peigne fin pour
les cheveux. Et tous on rentrait en piaillant dans le bain où l’on ne se voyait presque pas tant les vapeurs dégageaient.

Quels souvenirs de moments heureux de délassement, de bonheur, de joies partagées,
de rires, surtout qu’on se marrait en voyant toutes ces fesses et seins dénudés.


Au bas de nos immeubles passait nous divertir souvent cette troupe d’artistes
' les Gnaouas ' , danser pour une petite pièce.


Les Gnaouas sont en majorité des descendants d’anciens esclaves de populations d‘origines d'Afrique noire. Ce terme regroupe les membres animateurs de la confrérie
comme les maitres musiciens (màalem), les joueurs de crotales (graqeb) et les voyantes-Thérapeutes (chouaafa). Durant leur cérémonies, ils invoquent Dieu, son prophète et des Etres surnaturels susceptibles de posséder les humains.
C’est le màalem, qui a l’aide d’un luth-tambour à trois cordes appelle les saints
et les entités surnaturelles, à prendre possession des adeptes. Ces derniers, une fois' envahis ' par ces forces surnaturelles, s’adonnent alors à la transe.

On attendait tous les ans le cirque Amar qui s’étendait sur un champ dans le quartier de la tour Hassan . Le cirque Antonio avec ses chevaux nains ,les clowns Bobo et Cricri, les dompteurs de lions de l’Atlas, les trapézistes et les acrobates.

On allait voir les animaux en presque liberté dans la nature.

Les jeux de notre enfance se résumaient ainsi: les noyaux de dattes et d'abricots qu'on lançait dans un trou creusé à terre, le jeu de billes de toutes les couleurs, la toupie avec
la ficelle, le jeu du ballon, qu’on lançait vers le mur en chantant, à la balle, jolie balle,au ballon, joli ballon. Le jeu des osselets, les capsules de bouteilles,le jeu de la marelle, le marteau-ciseau: la feuille tombe dans le puits, le ciseau coupe la feuille, le marteau casse le ciseau, le marteau tombe dans le puits.

On récitait: il était une fois, un marchand de foie, qui vendait du foie, dans la ville de
Foix, il se dit ma foi, c’est la dernière fois, que je vends du foie, dans la ville de Foix.
On jouait au jokari; à cache-cache; le saute mouton; au cerceau: on courait dans l‘impasse en poussant avec un bâton un très grand cerceau; à l’élastique; aux osselets; on fabriquait des carrosses avec des planches et des gros roulements à billes et on descendait les petites côtes de notre quartier en évitant les passants. Les scoubidous: des carrés et des ronds , des courts et des longs , des bleus , des rouges , de toutes les couleurs.
Sacha Distel nous chantait: des pommes des poires et des scoubidous bidou ah.

Dans un coin de mon balcon, j’avais une vieille boite à chaussure en carton où
j’élevais des vers à soie. Je cueillais des feuilles de murier toutes fraiches que je changeais tous les jours et je regardais les vers tisser les cocons.
Le plus beau, c’est l’attente, la larve qui sortait du cocon .
Métamorphose, le beau papillon qui commençait à prendre vie. Et les œufs qu’il déposait dans les parois de la boite, plus tard devenaient des vers à soie.
Le cercle de vie continuait.
Petit ,pendant plusieurs années, j’invitais mes cousins ,cousines et amis voisins de mon quartier pour fêter mon anniversaire.


Ma mère préparait un beau gâteau avec des friandises et des boissons.
On mettait les bougies ,on allumait et tout le monde soufflait en même temps.

Ensuite ,mon père ,pour finir la soirée projetait des films super 8 en noir et blanc
de Charlot et Charly Chaplin à notre grand bonheur de rigolades.
J’étais heureux car j’avais reçu de beaux cadeaux.



Pour Noel ,petit ,ma mère nous gâtait et nous amenait voir les belles vitrines illuminées des Galeries Lafayette et surtout voir les beaux jouets qui étaient présentés,ça se terminait par la photo traditionnelle avec le faux père Noel et les joujoux autour.Le lendemain matin, on se dépêchait pour aller découvrir nos cadeaux.On ne le fêtait pas comme les chrétiens mais juste pour marquer le coup pour le cadeau.

La plage des oudaïas, coincée entre la digue qui la sépare de l’océan et le Bou Regreg, dos à la Kasbah est la grande plage de Rabat.

On y allait souvent avec les copains.Prés de la digue, la plage à coté du club nautique est constituée de rochers et d’anfractuosités qui faisait notre délice, pour qui cela constitue de délicieux jacuzzis naturels à marée descendante.


Ma plage à Rabat en 1956.


Le dimanche matin , ma mère m’envoyait chercher les beignets (sfinjs) au fond du mellah de Rabat.

Je contemplais cet homme accroupi devant sa bassine d’huile bouillante,
je lui commandais une douzaine qu’il attachait avec un ruban vert de feuille de palmier.
Il m’en offrait toujours un de plus que je savourais sur le chemin du retour.



Les plages étaient: Salé, Témara, Val d’Or, Skrirat, Mehdia.

Sur cette route qui va de Rabat vers ces plages, le long de la route bien droite, au loin , on apercevait l’horizon bleu issu de l’océan et du ciel. Vite on avait hâte de faire un plongeon. On plante la guitoune blanche à rayures bleues. On y restait jusqu’au soir
pour attendre ce merveilleux coucher du soleil.
De retour des plages, sur la route, il y a tous ces marchands de fruits, nous prenions toujours de grosses pastèques qu'on avait du mal à soulever.


Le Mellah, au bout de la rue Henri Popp , se regroupaient à une époque ,tous les juifs de Rabat . J’y allais surtout pour vendre des livres de classe à la fin de l’année scolaire pour me faire de l’argent de poche.

Les rues regroupaient de marchands et artisans: la rue de marchands d’épices. Il y avait la rue des bijoutiers ,celle des brodeurs ,des bouquinistes… Le Mellah avait son crieur public ,il sillonnait les rues pour crier un message. Il annonçait à la population une festivité ou encore un évènement chez telle ou telle famille.
Les juifs marocains ont construit des quartiers entiers dans les Mellahs. Ils ont baptisés leurs rues à leur façon en donnant leur propre nom de famille.Le quartier juif du Mellah de Rabat est de création récente, puisque ce n’est qu’en 1808, sous le règne du sultan Moulay Slimane que les juifs furent contraints d’habiter ce quartier qui leur était réservé, au dessus des falaises donnant sur le fleuve Bou Regreg.

Beaucoup de juifs marocains se souviennent des samedis soirs à la synagogue Rbi Chalom Zaoui au Mellah. Etaient assis les notables de Rabat et Salé, tous chantaient ces magnifiques pyoutims par cœur de leurs belles voix. Le kidouch de la hagadah était si intense et si mélodieux, parmi la centaine de fidèles debout dans la cour, dans une dance effrénée de réponses chantées de bons souhaits pour la semaine qui débute, chavoua tov ou mazal tov .

C’était chaud, c’était vibrant, c’était la communauté juive de Rabat qui priait, qui chantait et qui se souhaitait mutuellement les meilleurs vœux.

Nous avions une bonne, prénommée Aïcha, que je revois avec nostalgie à l’horizon lointain de mon rétroviseur.
Celle qui nous amenait souvent le matin à l’école primaire.
Celle qui venait aussi nous chercher à la sortie avec son éternel sourire divin, yallah, yallah, disait-elle.
C’était aussi une femme attentive et bienveillante à nos besoins.
Toujours impeccable dans sa djellaba, ses yeux scintillants quasi voilés révélaient sa bonté auprès de nous.
C’était un membre de la famille maitresse de ses fonctions d’une myriade d’aptitudes. Une brave femme, symbole de toutes nos Fatima et Mahjouba,
le bras droit de nos mères.
Nos bonnes vivaient toute la semaine avec nous, mais prenaient leurs repas dans la cuisine par respect pour nous et rentraient chez elles le shabbat.

Dans la maison régnait l’atmosphère d’un atelier de confection.
Dans un coin se trouvait la fameuse machine à coudre Singer à pédale mais
plus tard ce sera une Bernina toute électrique avec toutes les options.
Les placards étaient remplis de tissus et de modèles de vêtements inachevés.

Notre table de salle à manger remplie de robes qui ne demandaient qu’à être terminées. On essayait de trouver une petite place pour prendre notre déjeuner.
Il fallait faire attention de ne pas toucher les tissus pour ne pas salir.
L’Après midi ,c’était le défilé, ma mère avait des rendez vous de clientes
qui venaient essayer leurs vêtements. Il fallait plusieurs essayages avant de
livrer le modèle. Il y avait aussi deux petites mains (apprenties) qui aidaient.

Le travail ne manquait pas car c’était surtout des clientes assez fortes qui ne trouvaient pas dans le commerce leur taille.
J’ai toujours eu ce souvenir de machine à coudre qui travaillait très tard le soir,
j’écoutais le va et vient de cette pédale à pied grinçante.
Il y avait du retard de livraison, il fallait avancer le travail, mais ma mère
n’arrêtera jamais.
Toute sa vie durant, ce travail l’a passionné, travaux de couture pour les clientes, pour la famille, pour les enfants, une retouche, un ourlet, elle était sollicitée de partout.
Elle était courageuse et ne refusait aucun travail.

Je la voyais, de bonne heure le matin, sur la table de la salle à manger, en silence pour ne pas nous réveiller, dessiner les patrons à la craie grise et découper aux ciseaux,
le travail de la journée.
Un peu partout trainaient des revues de mode. Et chaque fois aujourd’hui encore,
lorsque j’aperçois une de ces revues, je ne peux m’empêcher de les feuilleter
sans penser à cette époque.
Par terre, il fallait surtout faire attention à ne pas marcher pieds nus. Au sol des
aiguilles et épingles trainaient un peu partout.

Au bout de la rue Henri Popp, celle qui menait au Mellah, il y avait le café de la
Ibense de Mr Benoliel et le milk bar, rendez vous de la jeunesse juive pour y déguster un bon expresso, manger une glace , boire un aqualimone ou faire une partie de carte.

Le samedi soir, en face, on allait diner au chouaye de Mr Meyer, restaurant où on y servait des grillades de boulettes, saucisses de foie et râtes farcies.
On pouvait sentir l’odeur jusqu’au cinéma Vox là haut à 1km.
A l’entée du mellah se trouvait le coiffeur Mr Ohayon qui n’avait qu’un bras.

Au coin de l’impasse Henri Popp se trouvait notre épicier Rhali , c’est là que
j’ai bu pour la première fois mon 1er coca cola ,pepsi cola, judor et crush orange.

Au 96 rue du Mellah, se tenait la librairie-papeterie Elie Louski. Nous achetions
tous nos livres et cahiers d’école, encriers ,plumes et crayons.

A la rue Souika ,on appelait 'chicago' toutes ces petites échopes qui vendaient des
vêtements pas chers et de bonne qualité ,on pouvait même marchander.

Je n’ai pas oublié les figues de barbarie que nous mangions avec les copains au
retour de la plage de Salé. On disait au petit marchand de commencer à couper et
on mangeait, on mangeait, on mangeait, il ne se rappelait plus combien il avait servi.
Puis vient le moment où il devait encaisser, on se sauvait dans toutes les directions. Il courait après nous avec son couteau bien aiguisé jusqu’à essoufflement.


Depuis l’immeuble Modoloni, où on habitait et pour aller à la ville, il y avait un raccourci par le jardin de Triangle de vue qui date des années 30.
Ce jardin est très reposant, quand le soleil était au zénith, on venait seul ou en famille
se promener à l’ombre ou s’allonger sur les pelouses .

A Rabat il y avait toujours des fêtes et des cérémonies. On assistait aux fantasias
de tambourins bruyants, des chanteuses dansant du ventre et des femmes hurlant avec des youyous, les coups de feu des cavaliers qui se succèdent à un rythme effréné nous faisaient sursauter.
Une poussière grise envahit nos narines et nos poumons et la chaleur insupportable
en début d’après midi, brùle les corps.
C’est la fête pour les marocains. Chevaux, musique, soleil, poussière: c’est la Fantasia, communion entre l’homme et le cheval.


J’aimais bien cet immeuble Mondoloni et le nom chantonnait bien.
En face ,le jardin Triangle de Vue, la rue Capitaine Petit Jean et la rue de la Marne, sur la place, le café le Coq d’Or, la pharmacie Vedel, Ets Susini et autres commerces.

A l’entrée de ce jardin ,pour accéder en ville ,il y avait toujours ce porteur d’eau en habit traditionnel que l’on ne trouve qu’au Maroc.


Il nous tendait à chaque passage sa tasse d’eau fraiche servie avec grand respect.
Comment refuser. Il y avait aussi un marchand de gaufrette ronde et longue,
il avait une sorte de socle en fer dessiné en bleu, avec une roulette dessus.
On devait tourner cette roulette comme au millionnaire , marquée de 1 à 5 .
On gagnait autant de gaufrettes qu’il était indiqué de chiffres.
Ensuite ,le marchand de glaces ,le marchand de mais grillé ,le marchand avec
toutes les variétés de pépites et cacahuètes ,un autre avec son plateau de millefeuilles.

Je me baladait souvent en ville, avenue Mohamed 5. C’est ici que se trouvaient les
cinémas. C’est au cinéma Renaissance que l’ai vu le premier James Bond contre le Docteur No, avec Sean Connery et Ursula Andress. Ensuite West Side Story, sorti en 62. Au cinéma Colisé le premier film des Beatles, quatre garçons dans le vent. Il y avait de l’ambiance ce jour là. Je connaissais toutes leurs chansons. Je collectionnais tous leurs 45 tours.

J’ai connu aussi les cinémas le Marignan et le Royal.


A cette époque, on choisissait notre place sur un plan avec un numéro au guichet. On réglait, ensuite une ouvreuse nous accompagnait à l’intérieur munie de sa torche pour nous éclairer, elle nous remerciait après qu’on lui donnait une petite pièce en guise de pourboire.
Au début il y avait toujours un documentaire, les actualités marocaines, puis le lancement du film de la semaine suivante , puis dix minutes d’entracte et le film.
Aux actualités, on voyait toujours Sa Majesté Le Roi inaugurer un nouveau complexe, les officiels lui baisaient la main, on lui offrait du lait et des dattes en signe de bienvenue. Des plus grands choisissaient toujours les places situées au poulailler pour la raison qu’ils amenaient leur petite copine et ce n’était pas précisément pour voir le film, mais pour flirter.
Il y avait la publicité pour Fly Tox, plus de mouches, plus de moustiques.
A l’entracte une voix criait dans un haut parleur: bonbons-esquimaux-caramels-chocolats ,demandez nos crèmes glacées aux charmantes ouvreuses.
Après c’était, mesdames et messieurs, veuillez regagner vos places, le film va commencer.
En 1961, une place de cinéma coutait 3,75 francs, soit 50 cents d'euros.

A 13 ans, en 1962, c’était la période ' yéyé ', j’écoutais Johnny avec son 'souvenirs souvenirs' et 'let's twist again', Sylvie avec 'je serai la plus belle pour aller danser',Sheila'vous les copains je ne vous oublierais jamais',cloclo 'belles belles belles',Richard Anthony 'j'entends siffler le train',Françoise Hardi 'tous les garçons et les filles',Franck Alamo 'biche oh ma biche',Eddy Mitchell 'toujours un coin qui me rappelle', les Chats Sauvages et les autres. Coté anglais, les Beatles en 62 'love my do', les Rolling Stones 'satisfaction'. Coté usa, Elvis Presley, Paul Anka, les Beach Boys. Coté italie, Gigliola Cinquetti remporte l'eurovision 1964 avec 'no,no,leta'.



On dansait le twist, lançé par Chubby Checker, ensuite le jerk en 66, le madison
(Billy Bridge) le locomotion (Sylvie Vartan) le hully-gully (sheila)
le mashed potatoes (Claude François) le surf (Trini Lopez) le slop, le letkiss.


J’ai terminé mes études avec un certificat d’aptitude professionnelle en poche, et
ça tombait bien car en juillet ,on quittait le Maroc définitivement avec regret
pour la France. Paris 1967.


En résumé,


Rabat, c’est la ville où j’ai vu le jour,
c’est la ville de mon enfance,
la ville de ma bar mizvah.
J’y ai passé toute mon adolescence.
Rabat, c’est la ville de ma première cigarette,
c’est la ville de mon premier bal,
la ville de mon premier flirt.
Je ne t’oublierai jamais.



LIRE mon récit et voyager au MAROC sur mon BLOG: [rolbenzaken.vip-blog.com]

RABAT DE MON ENFANCE.....
Posté par: sarah roche (IP enregistré)
Date: 16 août 2009 a 13:25

Bonjour
Cette fois-ci j'ai tout lu, merci encore pour tous ses souvenirs, dans ma tête, j'ai tout imprimé, mais j'avoue qu'en regardant les photos, j'avais oublié les rues , moi c'est la rue de grenoble et j'y suis retournée avec mon mari, je n'arrivais pas à retrouver la maison de mon enfance, mais je l'avais tellement décrite que mon époux l'a tout de suite reconnue, maintenant une rue un peu sale encombrée de voiture, des barreaux aux fenêtres, mais bon il y a le reste enfin tout ce que vous avez énumérés les zoudaïas, les plages, etc... ce qui me manque c'est toute la tribue que nous formions, jamais seul, toujours entourés de la famille, des amis et toutes ses réunions , ces mariages auquels vous participiez, même si vous n'étiez pas conviés, oui, j'ai aussi la nostalgie de tout ça Je pensais un jour faire comme vous coucher tous ces souvenirs sur papier, pour l'instant sur les toiles, j'applique toutes les couleurs du maroc , dont ma tête et mes yeux sont remplies, je suis bien plus agée que vous j'avais 20 ans en 57 lorsque j'ai quitté Rabat, et mon frère s'appelle charlie musicien encore de nos jours
je reprendrai une autre fois cette discution
cordialement sarah

Rabat quartier henri Popp.capitaine Petitjean.
Posté par: sarah roche (IP enregistré)
Date: 18 août 2009 a 15:23

..Bonjour Tarzan

Merci pour le renseignement , l'autre jour j'avais besoin d'un extrait de naissance concernant mon frère maurice, et aprés maintes démarches auprés de l'administration du Maroc qui sont demeurées vaines, on m'a demandé connaissez-vous quelqu'un qui habite Rabat? et j'ai répondu qu'a ma connaissance il n'y avait plus personne, alors je constate que ce n'est pas le cas, Je suis complètement déconnectée de la réalité
cordialement sarah

Les Anciens de Rabat
Posté par: royrol (IP enregistré)
Date: 20 octobre 2009 a 17:13

je rentre de voyage de Rabat et du Maroc de 15 jours ,voici photos et récits en cliquant ici et voir article: Maroc . voyage 2009.
Récit et photos.

[rolbenzaken.vip-blog.com]

Voyage à Rabat, Meknes, Fés, Ifrane, Azrou, Ouzoud, Marrakech, Essaouira, Casablanca....et vraiment enchanté!

Re: Rabat quartier henri Popp.capitaine Petitjean.
Posté par: Myriam Sibony (IP enregistré)
Date: 19 janvier 2010 a 03:03

Citation:
royrol
et une photo place du jour et nuit vers la rue capitaine petit jean



Je m'appelle Myriam Sibony,

Mon pere avait une synagogue, dans notre maison et beaucoup d'hommes venaient prier dans cette synagogue sur la Rue Capitaine petit Jean. Est-ce qu'il y a des personnent qui ont des photos de cette rue ou est-ce qu'ils se rapellent de cette synagogue. Mon pere est decede. Il s'appelait Haim Sibony, et il avait un fabrique d'aluminium devant la maison. Articles de menages Le Lion
30 Rue Capitaine PetitJean. a Rabat.

RABAT DE MON ENFANCE.....
Posté par: atoupry (IP enregistré)
Date: 20 janvier 2010 a 09:13

pourquoi ce matin, suis-je passée lire cette rubrique? mystère!!je viens de revivre toute mon enfance et ma jeunesse, à un où deux passages, j'ai tout vécu...la machine à coudre Singer de ma maman, je l'ai ramené, et elle trône dans ma chambre transformée en commode(je mettrais une photo).toutes les mamans faisaient de la couture jusque tard dans le soir...surtout quand il y avait beaucoup d'enfants dans les familles.
j'ai relevé un oubli: te rappelles-tu le "marchand de gaufrettes", il avait une grande boite en forme de tonneau, sur le couvercle il y avait un e roulette en cuivre qui reluisait( une roulette genre roulette de Casino) je ne me souviens pas du nombre "de sous", car à l'époque il y avait des sous troués, que nous demandait le marchand, ensuite il nous faisait tourner la roue, et là où elle s'arrêtait, nous avions le droit aux gaufrettes fourrées du nombre indiqué: 1, 2,3 . je ne me souviens pas qu'il y ait eu plus que le chiffre 5.
et le marchand (à la sortie de l'école de la Tour Hassan) qui tenait un grand baton sur lequel s'enroulait une sorte de bonbon coloré, qu'il nous découpait à la mesure de nos sous.. ça collait au dent mais qu'est-ce que j'aimais ça...
je suis retournée à RABAT, plusieurs fois, j'ai cherché partout si je retrouvais ces 2 marchands de gâteries et n'ai pas trouvé..
je vais avoir bientôt 76 ans et de tout mes souvenirs d'enfance, d'une enfance merveilleuse, ce sont ces souvenirs là qui reviennent me hanter en premier.
en tout cas merci, d'avoir énuméré tous ces souvenirs.
j'habitais, rue de Nîmes, près de la Cathédrale ST Pierre, et pour m'y rendre, je traversais la Place Piétri, petit marché, avec des boutiques de fleurs, s'était ravissant, cette place est devenu une place moderne, impersonnelle, car le marché et les fleurs ont été déplacés...et tout ce quartier a beaucoup changé, les jolies villas avec jardins ont disparu, il n'y a que des immeubles, l'appartement de ma famille est devenu, l'atelier et le four, du boulanger patissier qui s'est installé à côté.... j'ai beaucoup pleuré en voyant tous ces changements.
aujourd'hui je vais vivre dans mes souvenirs que tu as réveillé..


RABAT DE MON ENFANCE.....
Posté par: atoupry (IP enregistré)
Date: 20 janvier 2010 a 14:02

voilà ce que j'ai fait avec la Singer de ma maaman. les deux meubles à troirs viennent tout droit du Maroc, que j'ai mis pour encadrer la machine, que j'ai décapé repeinte entièrement.,j'ai enlevé le moteur qui rentrait dans la cavité centrale et en ai fait un tiroir.cette commode, se trouve dans ma chambre, ce qui fait que je l'ai tous les jours sous les yeux et que je revois ma maman courbée sur son ouvrage...






Les Anciens de Rabat
Posté par: CYBULSKI (IP enregistré)
Date: 31 janvier 2010 a 13:28

je recherche des ami j abiter ce cartier en1973

Aller à la page: 12Suivant
Page courante: 1 of 2


Désolé, seuls les utilisateurs enregistrés peuvent poster sur ce forum.
Veuillez cliquer sur S'identifier pour vous enregistrer

   Rechercher sur
 

  Web    
Darnna

© 2008 Darnna.com - All rights reserved.

'