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Tanger la nostalgique
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 02 septembre 2006 a 14:37

N'oublions pas Tanger, carrefour culturel et maritime (atlantique et méditerranée), cette ville est la croisée entre le nord européen, le sud africain et l'est oriental.


Pour moi personnellement Tanger a ete la ville obligee pour prendre le ferry-boat qui nous menait chaque annee vers Algesiras en vacances
ou sur le chemin de la France.

Descendre au Grand Socco, cette place centrale, ligne de démarcation entre médina et ville nouvelle. Ici, Tanger est un carrefour d'où s'échappe une immense rumeur. La foule y est dense. Les voitures collées les unes aux autres.

[www.lemonde.fr] lui consacre un article intitule "Tanger, ténébreuse et nostalgique" qui nous mene dans une promenade nostalgique a travers la ville

L'occasion aussi de relire un peu d'histoire et comprendre les rivalités européennes pour le contrôle de cette ville strategique. [fr.wikipedia.org]

Mais il faut aussi le dire, aujourd'hui malheureusement Tanger est lasse, submergée de rancoeur sous le poids de la pauvreté et l'activisme des musulmans intégristes.









Re: Tanger la nostalgique
Posté par: preciosa (IP enregistré)
Date: 03 septembre 2006 a 01:05

gerard merci beaucoup pour cette rubrique sur Tanger, ma ville natale. J'ai lu l'article en question et il m'a transporte dans cette belle ville qui sera toujours dans mon coeur.

Je voudrais inserer d'autres photos sur Tanger pour ce qui connaissent ou sont nes dans cette belle ville.

Merci encore gerard

Reina









Re: Tanger la nostalgique
Posté par: preciosa (IP enregistré)
Date: 03 septembre 2006 a 01:06

une autre









Re: Tanger la nostalgique
Posté par: preciosa (IP enregistré)
Date: 03 septembre 2006 a 01:08

une autre







Re: Tanger la nostalgique
Posté par: preciosa (IP enregistré)
Date: 03 septembre 2006 a 01:12

La premiere photo ce sont les canons du boulevard, la deuxieme le cine alcazar rue d'Italie, et la troisieme vue de la plage et l'avenue d'Espagne (FAR).

une autre







Re: Tanger la nostalgique
Posté par: preciosa (IP enregistré)
Date: 03 septembre 2006 a 01:14

La Place de France







Re: Tanger la nostalgique
Posté par: preciosa (IP enregistré)
Date: 03 septembre 2006 a 01:18

Le boulevard









Re: Tanger la nostalgique
Posté par: preciosa (IP enregistré)
Date: 03 septembre 2006 a 01:30

je continue demain, j'ai des problemes, un message apparait "une erreur est survenue lorsque vous avez essayer d'ajouter ce message"

reina


Re: Tanger la nostalgique
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 03 septembre 2006 a 14:48

Preciosa,

De belles photos qui donnent l' impression d'une ville touristique et agreable.

PS: le message d'erreur peut arriver du a un mauvais contact de quelques secondes entre ton computer et le serveur de Darnna, c'est momentane et bref et fort heureusement rare.

Amities/Gerard




Re: Tanger la nostalgique
Posté par: Sylvain (IP enregistré)
Date: 12 octobre 2006 a 13:23

Bonjour, Tanger c'était aussi pour nous la ville escale avant de traverser le détroit mais en plus, le parfum des marchandises qu'on ne trouvait pas au Maroc Français. Les boutiques des Hindous nous vendaient une camelote incroyable qui faisait notre bonheur : montres minute (on les appellait comme ça parce qu'elles n'étaient garanties que jusque au trottoir du magasin), radio- transistors (les premiers) les nappes plastiques, que les petites filles decoupaient pour faire des rubans aux cheveux, les cigarettes blondes et les bonbons americains.
Toute une époque !!

Sylvain







Re: Tanger la nostalgique
Posté par: Sylvain (IP enregistré)
Date: 12 octobre 2006 a 13:35

et puisque j'y suis : le Virgen of Africa, qui nous faisait traverser le détroit de Gibraltar


Sylvain






Re: Tanger la nostalgique
Posté par: mamie (IP enregistré)
Date: 18 octobre 2006 a 10:42

Bonjour Gérard,

Je connais un peu Tanger car mon grand-père était peintre sur toiles, il habitait à la rue Rubens faut croire que c'était destiné d'habiter dans la rue d'un peintre.

Il connaissait bien tous ces quartiers où il posait son chevalet et parlait parfaitement l'arabe classique et était très intéressant lorsque nous sortions il nous racontait toujours sur l'histoire de la rue, du quartier il était très intéressant mais dommage il n'est plus de monde c'était une encyclopédie de Tanger.

Amicalement

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: preciosa (IP enregistré)
Date: 23 octobre 2006 a 01:55

Salut mamie qui etait ton grand-pere? Je suis de Tanger.

amities

Reina

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: preciosa (IP enregistré)
Date: 23 octobre 2006 a 02:01

L'Avenue Hassan II, et les fleches (j'espere qu'on les voit) montre la fenetre de notre maison.


Re: Tanger la nostalgique
Posté par: mamie (IP enregistré)
Date: 23 octobre 2006 a 15:56

preciosa a ecrit:
-------------------------------------------------------
> Salut mamie qui etait ton grand-pere? Je suis de
> Tanger.
>
> amities
>
> Reina

Bonjour Reina, mon gran-père s'appellait Julien MOLLE peut être l'avez vous connu ?
Amitiés
Mamie



Re: Tanger la nostalgique
Posté par: preciosa (IP enregistré)
Date: 23 octobre 2006 a 23:22

Desolee mamie, mais je ne connaissais pas ton grand-pere.

Si tu veux parler de Tanger je suis la, meme si je n'habite plus notre Tanger nous nous rappellons de notre ville tous les jours.

amities

Reina

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: A.BenMessud (IP enregistré)
Date: 27 octobre 2006 a 16:53


bonjour a tous,

moi je suis aussi d'origine de maroc. j'ai vingt ans et je habite maintenant en hollande.

je suis nee en tanger a la region de hotel ehlen. il ya des personnes ici qui sont aussi de tanger.

amicalement

ben messud

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 09 novembre 2006 a 05:09

L'interieur de la synagogue Souiri a Tanger.

La simplicité caractéristique des synagogues de Marrakech et du sud marocain est à l'opposé du luxe et de la taille impressionnante de celles du nord du Maroc, de Tanger en particulier. À Tanger aussi, les synagogues étaient localisées au mellah et datent pour la plupart de la deuxième moitié du XIXe. Elles étaient géographiquement concentrées dans une seule et même rue, la rue des Synagogues, récemment devenue rue de la Synagogue puisqu'une seule d'entre elles reste ouverte.

[www.mfa.gov.il]




Re: Tanger la nostalgique
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 11 novembre 2006 a 01:03

Chère preciosa,

Une de mes amie vient de décédée,elle habitait Tanger,Mlle Colette MONTEVERDE.

Elle était venue avec ses parents en 1949.

Son père était maître d'hôtel au Robinson,Grottes d'Hercule.

Elle a quittée Tanger pour Larache,où elle a vécue pendant 50 ans dans cette petite ville très sympathique.

Elle était sécrétaire aux Travaux Publics.

Ensuite comme sécrétaire chez un armateur de pêche.


" T A R Z A N " ./.

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 29 décembre 2006 a 03:19

Tourisme…Quelle a ete la destination prefere des Francais, pour cette anne 2006 ?... On pense a l'Espagne ou encore l'Italie... Eh bien, c'est le Maroc qui arrive en tete …Une ville profite particulierement de cet engouement il s'agit de Tanger...
La-bas, l'authenticite est encore preservee... mais les infrastructures sont en plein essort... et les hotels se multiplient ...
a visionner sur le JT de France2 [jt.france2.fr]

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: Marie-Jose (IP enregistré)
Date: 29 décembre 2006 a 12:30

Nous aussi nous prenions souvent le bateau à Tanger mais pour aller au sud du Portugal.

Nous dormions une nuit à Tanger car avant de pouvoir s'y promener, il fallait passer les douanes et Arboua, si mes souvenirs sont bons, on y passait des heures !!! douanes entre Maroc français et espagnol puis entre maroc espagnol et zone internationale de Tanger !
remplir le "tryptique" de la voiture avec les n° des pneus , sans oublier la roue de secours....
vous en souvenez-vous ????

je me suis longtemps demandé pourquoi ce mot barbare pour un carton (jaune???) plié en trois et rempli d'un tas d'infos dur la voiture ....
et ensuite une uit à Séville, obligatoire pour ma mère (espagnole et ayant des souvenirs de Séville),
puis le sud du Portugal.
Nous faisions au total 900 kms et nous prenions 3 jours ...
autant vous dire que les routes vers le Portugal étaient en piteux état à l'époque !!!

souvenirs souvenirs...

Hier soir à la télé, au JT, un reportage sur Tanger, ville la plus visitée par les touristes fançais en 2006 !
on nous a montré des constructions d'hotels et de groupes hoteliers en quantité


Preciosa,
as tu vu ce reportage ????

Amitiés

Marie josé





Re: Tanger la nostalgique
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 29 décembre 2006 a 13:41



Si quelqu'un connaissait Tanger autrefois,ne pourra pas la reconnaître aujourd'hui.

La ville de Tanger a été transformer totalement et a pris de l'ampleur,s'accaparant des centaines d'hectares vièrges pour donner naissance à des projets fantastiques,d'où immergent des quantités d'immeubles de plusieurs étages,de nombreux chantiers en constructions n'en finissent pas,de toute part,du Nord au Sud,de l'Est à l'Ouest.

C'est bien la perle des deux mers,elle sera encore bien outillée,grâce à son nouveau voisin,le port de Tanger-Med,il sera en éxercice pour juillet 2007,bien équipé,avec sortie de chemin de fer et d'auto-route reliant toutes les villes de l'intèrieur.

L'avenir nous informera la suite de ces événements.

" T A R Z A N " ./.

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 27 mars 2007 a 22:11

Auteur: jacky.pom
Date: 27 mars 2007 a 21:11



Cet Article m'a ete envoye par un parent de mon epouse .

Le pere (ZL) de mon epouse etait Albert (Abraham) Nahon Pariente , dont la famille etait la fondatrice de la Sinagogue Nahon qui existe toujours a ce jour a Tanger.

Avec votre permission je me permets de publier cet article qui , je suis sur sera de l'interet de tous nos amis de Darnna Originaires de Tanger.
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Bref aperçu de l´histoire récente des juifs de Tanger', par Mourad Akalay


L'interview que Simon Lévy a accordée à Al Bayane ne peut laisser indifférents tous ceux qui croient en la nécessité de restituer intégralement à l'histoire tout ce qui lui appartient surtout quand il s'agit des relations entre communautés et religions et que l'actualité, dans sa cruelle frénésie, ne retient que ce qui les oppose.


Pour nos compatriotes juifs qui ont quitté leur pays, le plus souvent à contrecœur et sans savoir vraiment pourquoi, mais qui n'ont jamais renié leurs origines, pour les autres, beaucoup moins nombreux, hélas, qui continuent de tenir ici le flambeau de leur civilisation quand ils ont choisi de vivre sur cette terre, justice devrait leur être rendue.
L'histoire enseignée à nos enfants n'a effectivement aucune raison de les ignorer. Ceux qui dans l'Espagne voisine ont voulu passer sous silence les 8 siècles de présence arabe, se sont rendus compte de l'ineptie de cet appauvrissement de leur patrimoine national. Et c'est pourtant bien ensemble que Juifs et Musulmans furent pourchassés, soumis à la question des bourreaux de l'Inquisition et pour certains conduits aux bûchers, et leurs coreligionnaires rescapés expulsés.
En maintenant les nouvelles générations dans l'ignorance de la réalité de l'apport historique de chaque communauté et des rapports séculaires conviviaux entre Juifs et Musulmans, on pousse les nouvelles générations à commettre l'erreur de considérer le conflit du Moyen-Orient comme le résultat d'une opposition ancestrale entre les deux communautés qui expliquerait le calvaire inadmissible que fait subir Israël au peuple palestinien aujourd'hui.

Cette explication, courte et tendancieuse fait le lit des milieux intolérants, pressés de ramener tout à une guerre de religions d'un autre âge. Il faut donc ouvrir toutes grandes nos archives et ne pas craindre d'enseigner la vérité historique du Maroc tel qu'il a été, en sortant de la seule acception évènementielle et dynastique de l'histoire. Comme le dit fort bien Miguel de Unamuno : « Le culte de la vérité pour la simple vérité est l'un des exercices qui élèvent le plus l'esprit et le fortifie ».

Sans prétendre traiter un aussi vaste sujet en quelques lignes, la présente contribution se propose de lever tout juste un petit coin du voile sur la place et le rôle de la communauté juive de Tanger tout au long du siècle dernier. Elle se fonde sur des éléments puisés dans divers documents traitant de l'époque considérée, des renseignements recueillis auprès des proches et de mes propres souvenirs d'enfance.
Une communauté très ancienne

A l'origine, comme dans le reste du pays, la communauté juive du Nord du Maroc était berbère. Par vagues successives, des immigrés juifs venant d'Espagne arrivèrent à Tanger, chassés d'abord par les Wisigoths, ensuite par la « Reconquista » en 1492 pour ceux qui refusaient la conversion puis par l'Inquisition au XVIe et au début du XVIIe pour les autres. La défaite des Portugais en 1578 à Oued Al Makhazine allait être d'un grand soulagement pour cette communauté, alors que Tanger vivait sous occupation portugaise, malgré de brefs intermèdes espagnols, depuis 1471. Elle pouvait enfin se sentir à l'abri des Inquisitions ibériques. Dans son dernier livre intitulé « Le monde moderne et la question juive », (Ed. du Seuil, octobre 2006), Edgar Morin rappelle que : « A l'aube des temps modernes, la diaspora juive favorisa les réseaux de confiance propices aux développements de la banque et du commerce. (…) L'expulsion d'Espagne (1492) et du Portugal (1496) des juifs refusant la
conversion créa une nouvelle diaspora en Toscane, aux Pays-Bas, à Londres, à Hambourg, à Venise, dans l'Empire Ottoman, au Maroc. » et que « En France, Colbert (1656) favorisa l'implantation des Juifs et des Marranes (juifs convertis mais chassés d'Espagne au même titre que les Morisques) pour développer le commerce international au profit de l'économie française ». La plupart des autres pays d'Europe ainsi que la Turquie de Souleymane le Magnifique en firent autant.


Et c'est précisément dans le domaine du commerce extérieur que les Juifs du Maroc excellèrent le plus. Mais leur rôle de pionniers dans la mise sur pied des premiers services publics fut loin d'être négligeable. Ce fut notamment le cas des premières liaisons postales ( Mazagan - Marrakech exploitée par Isaac Brudo depuis 1891, soit avant même la fondation de la Poste chérifienne en 1892 par le sultan Moulay Hassan, Tanger – Azaila, Ksar Kbir – Ouezzane, Tétouan – Chaouen, exploitées par les frères Cohen dès 1895, etc.). Comme le rappelle Simon Lévy, leur rôle dans le maintien et le développement de l'artisanat notamment l'orfèvrerie ne fut pas moins important.


Une minorité bien visible

A vrai dire, Tanger offrait avec la diversité des origines de sa population, dans une ville cosmopolite par excellence, un cadre exceptionnel pour la coexistence harmonieuse de toutes les communautés et ce, bien avant l'instauration du statut international en 1923. En effet, la ville du détroit accueillait déjà 648 Chrétiens (appellation consacrée à l'époque pour désigner les Etrangers) en 1868, 1.412 en 1888 puis plus de 8.000 en 1906 soit le triple du total des Etrangers résidant alors au Maroc. A l'avènement du statut international en 1923, la population de la ville était de 60.000 habitants dont 50.000 Marocains répartis entre 35.000 Musulmans et 15.000 Juifs, et 10.000 Etrangers, toutes nationalités confondues.

Pour bien illustrer le poids et l'importance de la communauté juive que lui reconnaissait le statut international, il suffit de voir la composition en 1952 de l'Assemblée Législative Locale présidée par le Mendoub en tant que représentant de la communauté marocaine. Rappelons qu'en vertu du chapitre III du Dahir relatif à l'organisation de l'Administration de la Zone de Tanger (16 février 1924), la composition de l'Assemblée Législative Locale était fixée « en considération du nombre des ressortissants, du chiffre du commerce général, des intérêts immobiliers et de l'importance du trafic à Tanger des différentes puissances signataires de l'Acte d'Algésiras ». Elle était composée de 30 membres dont : 6 Musulmans, 3 Juifs, 4 Français, 4 Espagnols, 3 Anglais, 3 Américains, 3 Italiens, 1 Belge, 1 Hollandais, 1 Portugais. Les Vice-présidents étaient au nombre de 6 parmi lesquels M. Joe Hassan ancien président de la communauté israélite de Tanger mais désigné en tant que représentant du Portugal dont il était le consul honoraire.

Même si le poids de la composante musulmane était fortement minoré, puisqu'elle représentait à elle seule 50 % de la population totale contre 20 % seulement des sièges, la représentativité de la communauté juive l'était également mais dans une moindre mesure, puisqu'elle représentait 15 % de la population mais ne disposait que de 10 % des sièges. La discrimination, sous couvert du poids économique de chaque communauté, était donc dirigée contre les Marocains de façon générale mais plus particulièrement contre les Musulmans.


Sépharades pur jus & Modernistes

A Tanger, au fil du temps, la composante sépharade devint largement prépondérante dans la communauté juive. Avec ses traditions et sa culture propre, elle s'efforcera de les transmettre de génération en génération, préservant ainsi jalousement son identité sépharade.
Ce n'est donc pas un hasard si elle fut immortalisée par les œuvres magistrales de Delacroix, qui séjourna à deux reprises à Tanger en 1832, où il fut l'hôte notamment de la famille Benchimol. Ces toiles font à présent partie du patrimoine universel (« La Mariée juive à Tanger», « Les Noces juives à Tanger», à côté des « Musiciens juifs de Mogador »). L'apport de cette communauté et celui des vagues successives de Musulmans chassés d'Andalousie marquèrent profondément l'histoire et la culture marocaines. Ce qui explique que les deux communautés aient toujours vécu en bonne intelligence, comme le rappelle judicieusement Simon Lévy, mis à part une brève période de l'époque austère Almohade, de sorte qu'aucun Juif n'ait jamais été persécuté en tant que tel, ni encore moins chassé du Maroc. Si la communauté juive de Tanger était d'essence essentiellement sépharade, elle reçut le renfort à partir de 1938 de réfugiés venus d'Europe centrale, en particulier de Hongrie, qui s'y établirent notamment dans les professions libérales et la finance. Parmi ces derniers, le banquier Samuel Reichmann allait, plus tard, faire partie des hautes sphères de la finance d'Amérique du Nord.



Les Juifs tangérois appartenaient à toutes les catégories sociales : le petit artisanat (plombiers, matelassiers, peintres en bâtiments, etc.), l'orfèvrerie et la bijouterie dont ils gardèrent l'exclusivité jusqu'au début des années cinquante, l'import et le commerce de gros, les guichets de changes (depuis les cambistes assis derrière leurs minuscules kiosques en bois du grand sokko, jusqu'aux agences du centre ville), les banques (on n'en dénombrait pas moins de 55 au début des années 50, la première banque d'Etat du Maroc fut créée à Tanger en 1907) et plus rarement dans des fonctions administratives (PTT, justice, etc.) ou la Police (avec même une personnalité d'envergure comme le commissaire principal Israël qui fût décoré par le roi Mohamed V à son retour d'exil).


La convivialité avant tout

Malgré l'absence d'un Mellah traditionnel, le petit peuple vivait principalement aux abords immédiats de l'ancienne médina mais bien à l'intérieur des remparts de la ville construits par les Portugais, dans les quartiers des Béni Ider, à l'angle des rues Touahine et Siaghine, et de Sakkaya Jdida. Il coexistait en parfaite symbiose avec les familles musulmanes qui habitaient souvent les mêmes immeubles, utilisaient les mêmes bains maures (le plus réputé, celui des Béni Ider appartenait à une juive), les mêmes fours spécialisés dans la cuisson de la « Skhina ou @#$%&» du sabbat et des pâtisseries des fêtes juives et autres petits commerces. Dans ce quartier, on ne dénombrait pas moins de sept synagogues sur les douze que comptait Tanger. Quant au premier cimetière juif, il se trouvait à proximité immédiate de ce quartier, attenant à la muraille de la ville, sur son flanc nord, comme l'était d'ailleurs le premier cimetière musulman du côté sud.

La bourgeoisie juive, celle de la finance et du grand négoce, vivait dans les mêmes quartiers et les mêmes immeubles que l'européenne dont elle parlait couramment les langues et partageait souvent la même nationalité. Très occidentalisée, elle disposait de ses propres cinémas, casino, tandis que ses salons de thé et pâtisseries (Pilo et Anidjar) concurrençaient les commerces équivalents détenus principalement par les Français et les Espagnols.


La présence d'une aristocratie financière juive, à travers les banques privées (Banque Pariente, Banque Salvador Hasan, etc.), les Assurances et le grand négoce, ne passait pas inaperçue. De grand noms d'hommes d'affaires d'envergure internationale tels que les frères Pinto, (qui firent don du terrain du Golf Royal de Tanger, de terrains pour la construction d'une mosquée et de différents projets sociaux), les Abensour propriétaires de la banque Pariente dont le siège se trouve actuellement à Genève, les Bergel, les Toledano, des journalistes comme Isaac Laredo, des personnalités engagées dans la vie associative locale tels que Menahem Mouyal, Sananes, qui parlaient couramment l'arabe, ont profondément marqué la vie de la cité.

Le petit peuple, quant à lui, parlait en général espagnol, l'arabe dialectal tangérois mais surtout la Hakitiya, l'idiome juif en usage surtout au Nord du Maroc, avec un accent typique très prononcé. Préservée à partir de son socle initial du vieux Castillan du XVe siècle, avec un mélange d'hébreu, mâtiné de mots arabes, notamment grâce à la proximité historique datant de l'époque d'Al andalous de l'Espagnol, de l'Arabe et de l'Hébreu, la Hakitiya a su garder son authenticité d'origine contrairement aux autres idiomes d'ascendance sépharade, altérés notamment par le Turc, les langues slaves et européennes.

La bourgeoisie juive ne parlait quant à elle la Hakitiya qu'en privé, certainement par snobisme. Ceci étant, la communauté, dans son ensemble, respectait à la lettre la tradition et les préceptes religieux. Les Téfélins, les mariages et surtout les fêtes étaient toujours des évènements qui ne passaient pas inaperçus, en raison de la promiscuité des familles juives et musulmanes qui s'échangeaient toujours gâteaux, pain azim et notamment les plats culinaires de tradition sépharade. Les fêtes juives se signalaient aussi par la fermeture de nombreux commerces et services (Banques, kiosques de change, magasins d'import et de gros, etc.). La tradition vestimentaire était davantage suivie par le petit peuple, en particulier les femmes d'un certain âge. Si les classes moyennes et aisées passèrent très vite au complet cravate, pour les mariages, le caftan traditionnel de la mariée gardait tous ses droits.

L'enseignement israélite

A l'image de la diversité de sa population, Tanger disposait d'un large éventail d'établissements d'enseignement : musulmans, juifs, français, espagnols, italiens et depuis 1950, américain. Comme l'explique fort bien Si Abdelhamid Bouzid, ancien inspecteur de l'enseignement public et personnalité marquante de Tanger, (Coup d'œil sur l'enseignement dans le Tanger International - 1984), l'enseignement musulman n'a pour sa part guère évolué depuis 1788, date de la réforme introduite par le Sultan Sidi Mohamed ben Abdellah (1757-1790). Selon Michaux Bellaire, un recensement datant de 1921 dénombrait 28 écoles coraniques importantes à Tanger. La timide réforme des programmes d'enseignement introduite en 1933 sous l'impulsion de Mohamed V, malgré l'opposition des autorités du Protectorat, ne changera pas fondamentalement la donne. Au par avant, en 1898, l'Alliance française ouvrait en plein cœur de la médina une école pour les enfants musulmans confiée à des instituteurs
algériens dont les témoins de l'époque, souligne A. Bouzid, ont gardé un excellent souvenir.

La première école « hispano-arabe » fut créée en 1907. A partir de 1912, l'école de l'Alliance française changea de statut pour devenir à son tour « franco-arabe ». Mais à la rentrée scolaire 1921-1922, les 3 écoles franco-arabes réunissaient à peine 300 élèves.

Il fallut attendre l'engagement du Mouvement National dans la création des « écoles libres », malgré l'interdiction des autorités coloniales en 1935, pour que voie le jour la première école musulmane indépendante sous l'impulsion de Sidi Abdellah Guennoun en 1936.

A la différence de leurs concitoyens musulmans mais grâce à l'intervention soutenue de l'Alliance Israélite Universelle (créée à Paris en 1860), les Juifs tangérois, étaient scolarisés, au sens moderne du terme, depuis déjà fort longtemps. L'école de l'Alliance israélite de Tanger ouverte en 1865, était la seconde du genre au Maroc après celle de Tétouan. Rappelons que la première école française (privée) l'Institution Robinet du nom de sa fondatrice fut inaugurée en 1885 soit vingt ans après, tandis que le premier établissement d'enseignement espagnol « la escuela de la Mision Catolica » ouvert en 1794 ne s'étendit au secondaire qu'en 1892.



En 1922, soit un an avant l'instauration du statut international, l'effectif de l'école de l'Alliance Israélite était de 1.050 élèves : 409 garçons et 560 filles. Au niveau des programmes d'enseignement, l'Alliance Israélite Internationale avait veillé à y dispenser le français, l'hébreu, l'espagnol et l'anglais. Abdelhamid Bouzid relève pour sa part « l'indice d'émancipation sociale révélé par le nombre élevé de filles scolarisées (54%) » dès 1922 mais regrette aussi avec amertume « la déconcertante absence de l'arabe, langue du pays ». Il faut bien reconnaître que le piteux état de l'enseignement musulman à l'époque ne pouvait malheureusement guère être un argument convaincant pour susciter l'intérêt que la langue arabe méritait. N'empêche que l'aggiornamento qu'a connu ce dernier depuis les années 40 aurait pu changer la donne, mais il n'en fut malheureusement rien. Probablement à cause de la politique de subventionnement de l'enseignement pratiquée par les autorités du Protectorat, car, comme le note A. Bouzid, les écoles israélites rattachées à la Direction de l'Instruction Publique à Rabat émargeaient sur le même budget que les écoles françaises. A titre indicatif, ce budget s'élevait, en 1930-1931, à 58.129,185 F dont 43.265,860 F (74%) étaient réservés aux écoles françaises et israélites et 14.863,365 F (16%) aux écoles musulmanes. Pour sa part le statut de l'Administration Internationale libère cette dernière de tout engagement social en s'en remettant aux seules puissances du Protectorat.

Ceci étant, le niveau et la qualité de l'enseignement de l'école de l'Alliance destiné à former notamment des élites permettaient aux élèves des écoles israélites d'accéder facilement aux lycées européens. Ainsi, dès 1921, un lauréat de l'école de l'Alliance Israélite obtiendra même le diplôme d'ingénieur civil de l'Ecole Centrale de Paris.

En 1953, les écoles de l'Alliance Israélite qui disposaient d'un internat pour les élèves provenant de Ksar Kbir et de Larache, d'une école professionnelle de jeunes filles (94 élèves) et l'autre de garçons (44 élèves) totalisaient près de 1.800 élèves, d'origine sociale essentiellement modeste. Les enfants de la bourgeoisie et dans une moindre mesure des classes moyennes étaient scolarisés dans les établissements européens, surtout français et espagnols.

L'Administration Internationale et le Social

A juste titre, A. Bouzid fait remarquer que, sur le plan de l'enseignement au moins, la population musulmane n'a tiré aucun profit de l'essor économique et urbanistique qu'a connu la ville de Tanger durant les 33 ans d'Administration internationale. Si la communauté juive s'en est finalement mieux sortie, c'est grâce à l'implication de l'Alliance Israélite Internationale et au soutien au plan budgétaire, certainement pas désintéressé, des autorités du Protectorat. Ce qui était anormal, c'était le désintérêt manifeste de ces autorités pour la promotion de l'enseignement moderne, en dehors de quelques écoles franco-arabes destinées surtout aux fils de notables.

Pour ce qui est de l'infrastructure sanitaire, elle a pratiquement été créée bien avant l'instauration du statut international en 1923. En effet, Tanger a bénéficié d'un encadrement sanitaire pluraliste dès la fin du XIXe qui répondait à l'époque aux besoins spécifiques de chaque communauté même si les différents hôpitaux étaient ouverts également à la population musulmane. Historiquement, ce fut une mission médicale anglaise débarquée en 1883 qui mit sur pied le premier hôpital du Maroc, le « Hop House » du Marshan. Puis en 1886 ce fut le tour de la Mission Franciscaine espagnole qui réussit même à fonder une « Ecole de médecine » installée dans le premier hôpital espagnol. Sur initiative du Sultan Moulay Hassan Ier, un groupe de jeunes militaires marocains y reçut même une formation paramédicale.

L'Hôpital Français fut créé en 1903 et rejoint en 1911 par l'Institut Pasteur de Tanger tous deux installés dans le quartier du Marshan.
En 1905, l'hôpital Asile Benchimol ouvrit ses portes au quartier Hasnouna. Financé par la communauté juive, il accueillait surtout les nécessiteux de la communauté mais il acceptait aussi les patients musulmans. L'implantation de cette institution à Tanger dès le début du siècle et la qualité des soins qui y étaient prodigués, montrent jusqu'à quel point la communauté juive a su s'adapter à l'évolution du monde moderne presque aussi rapidement que les puissances étrangères.
Tout près de l'Hôpital Benchimol, l'Ospedale Italiano s'installa, en 1926, dans l'ancien palais du Sultan Moulay Hafid.




Dans la foulée, la médecine privée devait prendre toute sa place après les initiatives prises par les puissances étrangères intéressées par une présence durable de leurs ressortissants à Tanger. Des cliniques privées ouvrirent peu à peu notamment celle du Dr. Anderson, du Dr Saft ou surtout celle du Dr. Cabanié qui, le premier, eut à soigner les blessés ramenés du front de la guerre du Rif (1921-1926). Le certificat médical délivré à l'une des victimes est d'ailleurs cité par les associations réclamant « la vérité sur l'usage des armes chimiques durant cette guerre ». Sur la centaine de médecins et de chirurgiens dentistes que comptait Tanger en 1950, 30 étaient de nationalité espagnole, 30 de nationalité française et le reste de nationalités diverses, parmi lesquelles une douzaine étaient juifs et trois seulement musulmans dont le regretté Dr. Abdelatif Benjelloun dirigeant du parti de l'Istiqlal à Tanger.


La saga du docteur Many

En 1915, débarqua à Tanger un médecin juif palestinien né à Hébron qu'il a quitté en 1910, du nom du Docteur Many, diplômé de l'université américaine de Beyrouth. Installé d'abord à Mogador, il devait très vite être appelé au service du sultan Moulay Hafid, à Fez qu'il quitta à la destitution de ce dernier pour s'établir définitivement à Tanger.
C'était un personnage hors du commun tant par sa bonhomie, sa chevelure blanche bien garnie et ses grosses lunettes noires, que par son comportement. Il tenait son cabinet privé, qui ne désemplissait pas, d'abord au quartier de Sakkaya Jdida où il circulait à dos d'âne, puis au quartier du Marshan non loin de l'hôpital français et de l'Institut Pasteur. Ne payaient la consultation que ceux qui le pouvaient. Il officiait en outre à l'hôpital Benchimol dont la vocation était de soigner bénévolement ses patients, prenant la suite du Dr Zpivakov un juif d'origine russe arrivé à Tanger en 1905.



Bien que profondément laïc (quand il décida de se marier ce fut avec une française non juive agrégée d'histoire) il était respectueux des usages de chacun sans pour autant se laisser phagocyter par les activistes de sa communauté. Il lui arrivait ainsi de préconiser à un malade juif anémié de manger du porc ou de la viande de cheval. Il avait son franc-parler et n'hésitait pas à dénicher et tancer les « malades imaginaires » en arabe avec un fort accent du Machrek.

Quand il subodorait un risque de scène de ménage, il décrétait le huis clos avec son malade et ne prenait plus de gants pour aller au fond des choses. C'était un pince-sans-rire mais il lui arrivait de s'étouffer de rire en écoutant les détails croustillants des explications de certains de ses patients dont il connaissait souvent, comme dirait M. Mahjoubi Aherdane, le « pedigree ». Ces prescriptions médicales étaient toujours réduites au strict minimum avec un recours presque systématique aux remèdes de la médecine traditionnelle. C'était le seul homme de Tanger qui avait accès à tous les foyers de la médina, le plus souvent tard le soir en raison de son emploi du temps plus que chargé. Expérimenté comme aucun autre médecin, compétent et intègre, les Tangérois ne juraient que par lui. Rares sont les familles qui ne lui doivent pas d'avoir sauvé au moins l'un des leurs. Il a continué d'exercer jusqu'à sa mort à plus de quatre-vingts ans.

En guise d'hommage pour services rendus à la population, une rue du Marshan fut baptisée à son nom par le premier conseil municipal élu après l'indépendance (1962), mais dès la mise en place du conseil suivant, la rue fut débaptisée pour on ne sait quelle obscure raison, si ce n'est l'ingratitude humaine.


L'exode

L'émigration de la population juive la plus déshéritée vers Israël puis le Canada commença timidement dès 1953. Très vite, la communauté juive dont le nombre s'élevait à 17.000 en 1955, sur un total de 150.000 habitants, n'était plus que de 200 âmes vingt ans plus tard et moins de 100 à présent. Il s'agit incontestablement d'une « espèce en voie de disparition » car 99,5 % de ses membres ont préféré quitter le pays, il est vrai sous aucune contrainte, dans l'espoir d'une vie meilleure ailleurs.


Des noms sont restés célèbres en Europe, en Amérique du Nord comme du Sud. D'autres le sont devenus comme Shlomo Ben Ami ancien ambassadeur d'Israël à Madrid, puis ministre des affaires étrangères et actuellement député membre du parti travailliste. Une colombe parmi d'autres.
Ceci dit, sans avoir été aussi massive, l'émigration des autres communautés a connu elle aussi une forte accélération durant la même période, en raison du marasme économique ayant frappé la ville après la suppression du régime fiscal particulier dont elle jouissait et que lui garantissaient tour à tour son statut international puis la Charte Royale de Tanger. Les cadres étrangers mais aussi les jeunes salariés marocains se retrouvant subitement sans emplois, prirent massivement le chemin de l'exil vers l'Europe, tandis que banquiers, commerçants juifs et indiens se rabattirent sur Gibraltar. Les classes moyennes juives, quant à elles, émigrèrent surtout vers l'Amérique latine, principalement le Venezuela et l'Argentine, et accessoirement l'Amérique du Nord. Il faut dire qu'il n'était pas rare que les membres de la bourgeoisie juive disposassent des nationalités les plus diverses, certains étant même parvenus à se faire nommer consuls honoraires de divers pays en particulier sud-américains.

Si l'on ajoute que les professions qui allaient souffrir le plus de la récession étaient précisément celles où la présence juive était plus prépondérante, on comprend alors ce rush incroyable vers le départ qui s'accentua pour le petit peuple des artisans et des travailleurs indépendants avec l'entrée en action, dès la fin des années 50 de l'exode vers Israël organisé plus ou moins officieusement par les pouvoirs publics de l'époque. Un hôtel du centre ville, l'hôtel Mabrouk a été réquisitionné spécialement pour l'accueil des candidats au départ qui provenait de toutes les régions du Maroc. Dans le sillage de cette opération d'évacuation massive, les coreligionnaires tangérois ont certainement dû leur emboîter le pas.


Que reste-t-il de cette présence aujourd'hui ?

Un quartier, jadis dans la périphérie de la ville, Ouad Lihoud (le vallon des Juifs) à présent à la charnière du quartier résidentiel de la montagne et du quartier populaire du Dradeb, porte encore curieusement ce nom, sans que l'on en sache vraiment la raison.
Longtemps délaissées, les petites synagogues de la médina ont été restaurées depuis par une ONG juive américaine, celle de la rue Touahine ayant pour sa part été transformée par la Fondation Lorin en musée du souvenir de Tanger. Les bâtiments de l'hôpital Benchimol et de l'école de l'Alliance israélite sont toujours là. Certains commerces portent encore sur leurs frontons des noms évocateurs (« La estrella de Oro », ou des noms de familles juives tangéroises bien connues).

Quelques amoureux inconditionnels de la ville du détroit y ont gardé un pied à terre comme un cordon ombilical qu'ils refusent de couper, et qui leur sert de prétexte pour revenir, avec leurs progénitures, sur les pas de leurs parents. D'autres, beaucoup plus nombreux, reviennent régulièrement en pèlerinage pour découvrir ce qu'il est advenu de leurs anciennes demeures, du commerce de leurs proches, de leurs anciens voisins musulmans. Ils se rendent compte très vite que le souvenir de leurs familles est toujours vivant et c'est avec les yeux humides que les embrassades s'échangent dès que l'identification a lieu. Il suffit de donner quelques indices, parfois un simple prénom ou un surnom, la raison sociale d'une boutique… Quand le temps d'un passage par Tanger, on leur pose la question : Mais pourquoi donc êtes-vous partis ? On reçoit toujours la même réponse : « En réalité, on n'en sait vraiment rien ! ».

Le tangérois Isaac Azancot exprime bien ce regard chargé à la fois d'émotion et d'espérance dans son livre « Le temps du passage » (CY éditions, décembre 2002) : « Comment surmonter la nostalgie qui me consume ? Pourrais-je creuser un moule dans ma tristesse pour y mettre mes bonheurs et ma joie ? Je dois chercher à l'intérieur cette graine de ma substance, pour la porter à ceux qui construisent, pour qu'une maison s'élève sur les ruines de la violence. » Une espérance et un vœu que l'on ne peut que partager.


Mourad Akalay




Re: Tanger la nostalgique
Posté par: MESSAGE DEPLACE (IP enregistré)
Date: 27 mars 2007 a 22:12

Auteur: tarzan
Date: 27 mars 2007 a 22:34


jacky-pom,


Merci de cette longue lecture très bien détaillée du passage de l'histoire de cette magnifique ville de Tanger.

Cet amalgame de diverses communautés vivant ensemble dans un accord de parfaite armonie d'entente.

Aucune déscrimination ne se faisait sentir.

Quand j'ai découvert Tanger pour la première fois en 1951,j'avais ressenti une sensation de liberté.

Pour moi,cette découverte m'a paru hors du commun.

Que ce soit un Hindou,un Marocain juif ou musulman,un Italien,un Espagnol,un Français,un Portugais,un Belge,un Américain,un Hollandais ou un Anglais,le tout de chacun,était respecter à la même échèlle au niveau de la Civilisation policée.

Cette ville d'une éxtrème ambiance ne dormait jamais !!!!!!......

Je demandais aux propriétaires de l'hôtel"FUENTES" (1953) :

" COMMENT FONT-ILS POUR DORMIR ???"

Ils me répondirent : "LA MOITIE DORT LE JOUR,ET L'AUTRE MOITIE LA NUIT !!!".(Sic !!!!!......).


Amitiés.

" T A R Z A N " ./.





Re: Tanger la nostalgique
Posté par: jacky.pom (IP enregistré)
Date: 27 mars 2007 a 22:47

Cher Tarzan , merci pour ton message , en effet Tanger a toujours ete une ville super interressante , surtout quand elle etait sous le regime International , je me souviens que nous allions souvent a Tanger , car il y avait tellement de petits magasins et tellement de produits a acheter , comme par exemple les montres , meme je me rappelle que les epiciers vendaient des montres !!!!!!!!!!!!
Si j'ai bonne memoire l'avenue principale s'appelait l' Avenue Pasteur et une patisserie tres aime des Tangerois qui s'appellait PORTE et mes amis tangerois pretendaient que leurs gateaux etaient meilleurs que ceux de LA PRINCIERE et du TRIANON a Casablanca , grosses discussions car je maintenais mordicus qu'ils etaient completement dans l'erreur et qu'ils ne connaissaient rien en patisserie .
Quelle belle epoque , et combien de souvenirs .
Mes meilleures amities .

JACKY

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 21 avril 2007 a 21:39

La Consul générale du Royaume du Maroc à Montréal, Mme Souriya Otmani, a invité les citoyens marocains de confession juive établis au Canada à soutenir la candidature de la ville de Tanger pour l'organisation de l'Exposition internationale de 2012"".
""Je sais que les Tangérois sont nombreux à Montréal et je les invite à soutenir du mieux qu'ils le peuvent la candidature de Tanger pour abriter l'exposition universelle de 2012"", a dit Mme Otmani en s'adressant mardi aux membres de la communauté juive marocaine de Montréal à l'occasion de la célébration de la fête de fin de la pâque Juive (Mimouna).




Re: Tanger la nostalgique
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 22 avril 2007 a 00:40



Très bonne initiative de la part de Madame la Consul Général du Royaume du Maroc à Montrèal,d'inviter les citoyens Marocains de confèssion israélite établis dans tout le Canada,à soutenir la candidature de Tanger pour l'Exposition Intèrnationale de 2012.

Mes hommages à Madame Souriya Otmani.


" T A R Z A N " ./.

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 23 avril 2007 a 20:57

Et voici une jolie photo d'une tangeroise de l'epoque !

Merci chere Angele !


Re: Tanger la nostalgique
Posté par: Itzik (IP enregistré)
Date: 14 mai 2007 a 10:20

Un week-end, - loin du centre-ville...
l´entrée de la Kasbah



Le Café Hafa, - célèbre coin des „artistes"!



Le phare du Cap Spartel,
l´océan Atlantique d´un côté et la mer Méditerranée de l´autre...




L´espace infini...


Bien dommage que j´avais oublié de prendre ma canne à pêche...!


Des barbecues à perte de vue...





La vieille ville, vue à partir du bateau qui nous ramenait à Algéciras




Bonne journée, les amis!

Ces photos ont été prises vers la fin août 2005






Re: Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 14 mai 2007 a 14:41

Wooowww quelles belles photos de Tanger !!!! C'est bien la mer comme je m'en souviens !!!! un bleu presque turquoise et infini !!! Ah si je pouvais m'installer dans une de ces villes au bord de l'eau, ce serait le bonheur total !

Merci Itzik et bravo pour ces belles prises de vues. Tu as vraiment le coup d'oeil et la sensibilite de l'artiste. Chapeau !




Re: Tanger la nostalgique
Posté par: Itzik (IP enregistré)
Date: 14 mai 2007 a 15:02

Merci de tes gentilles paroles, darlett. Ca fait vraiment plaisir de lire de telles réactions.

Nous allons repasser par Tanger à la fin du mois, si D-eu veut...

Nous partons de Hambourg en voiture et tu peux bien t´imaginer que nous avons hâte de retourner faire un tour au Maroc.

Bonne journée!

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: echkol (IP enregistré)
Date: 14 mai 2007 a 16:26

ITSIK

tu va ds ton pays? et en voiture!!!!
tu as de la chance de pouvoir le faire en voiture ( pas de problemes si 2 conducteurs) j'espere que tu auras du bon temps (pas la meteo)
car toujours beau



david=echkol

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 23 mai 2007 a 05:15

Deux belles photos du Tanger de l'epoque



et une autre avec le Blvd Pasteur et le Cafe de Paris. Qui se souvient ?






Re: Tanger la nostalgique
Posté par: mamie (IP enregistré)
Date: 23 mai 2007 a 12:53

Bonjour,

Qui pourrai m'indiquer où se trouve la rue Rubens à Tanger et si vous avez un plan cela m'aiderait. Avec tous mes remerciements d'avance.

Amicalement.




Re: Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 04 juin 2007 a 23:09

Encore de belles photos du Tanger de l'epoque.
Il s'agit de photos totalement inedites. Epoque 1900-1919

Le grand Souk de Tanger au Maroc





















Re: Tanger la nostalgique
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 22 juillet 2007 a 14:32

Nouvelle vitrine du royaume

Voici quelques extraits que RFI consacre a Tanger, on y trouve nostalgie, desamour d'un feu roi pour la ville, benediction du nouveau, et le probleme crucial du travail au Maroc, en bref a travers Tanger c'est le nouveau Maroc en entier que l'on entrevoit.





Bientôt, on ne les entendra plus. Ces coups de corne de brume annonçant l’arrivée ou le départ des ferries au port de Tanger, dont le grondement sourd monte jusqu’à la médina, résonneront à une quarantaine de kilomètres, vers l’est. C’est là, après quatre ans de travaux titanesques que Tanger Med, désormais l’un des plus grands ports d’Afrique, vient d’accueillir, en juillet, ses premiers bateaux et containers. Pour quelque 10 milliards de dirhams financés par l’Etat marocain et des acteurs privés, Tanger Med aura une capacité cinq fois plus grande que celle du vieux port, bientôt reconverti en marina de plaisance.


Après quarante ans de léthargie socioéconomique, entretenue par le désamour que vouait l’ancien roi Hassan II au Rif rebelle, Tanger et sa région ont aujourd’hui la bénédiction de son fils Mohammed VI pour espérer devenir une nouvelle vitrine du royaume. Une modernisation bienvenue pour redorer une réputation noircie par la contrebande, le trafic de drogue et les drames de l’immigration clandestine, autant de maux qui ont contribué à faire des quartiers pauvres de Tanger, comme Beni Makada, un fief de l’intégrisme.


Même les promesses d’emplois ne semblent pas s’adresser aux Tangérois, en l’absence de formations adéquates. « Un jour, des habitants de Ksar Sghir, la plupart pêcheurs et agriculteurs, sont descendus demander du travail sur le chantier Tanger Med. Sans succès », rapporte Zemmouri. « Quand une compagnie vient, elle ramène ses travailleurs, renchérit Abdelhak, chauffeur. On se sent exclus de tout ça. Même les jeunes sur l’affiche de Tanger 2012 ont été castés à Casablanca ! », lance-t-il, caustique.


Un demi-siècle après l’ «âge d’or» tangérois, dont seul profita un microcosme de banquiers, intellectuels et artistes, l’avenir de la ville est-il réservé aux touristes, à la jetset et aux promoteurs ?

lire tout l'article:[www.rfi.fr]




Re: Tanger la nostalgique
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 01 août 2007 a 03:46

et c'est au tour du Monde de parler de Tanger.
Extraits sur "la mal-aimée qui prend sa revanche", l'Expo 2012 (In'cha Allah), la Casbah et les francais qui se bousculent pour acheter les ryads.


1. Tanger la mal-aimée prend sa revanche. Mythique au début du XXe siècle, à l'époque de son statut international, la ville était tombée en désuétude sous Hassan II. L'ancien roi se méfiait d'elle et de la région nord depuis la rébellion du Rif, en 1959. La voilà remise à l'honneur. Mohammed VI, l'actuel souverain, est aux petits soins pour elle.



2. L'autre grande fierté de la capitale du nord, aujourd'hui forte d'un million d'habitants, serait de remporter, en novembre, l'organisation de l'Exposition internationale de 2012. La compétition est rude face à Wroclaw (Pologne) et Yeosu (Corée du Sud), mais Tanger a ses chances. "Ce serait un formidable accélérateur de développement pour la région !" souligne-t-on à la wilaya (préfecture). Tout le monde croise les doigts. "Tanger Expo 2012" est devenue cause nationale, presque autant que le Sahara occidental. Même une entreprise privée comme La Vache qui rit y va de son panneau de soutien, à la sortie de la ville.



3. Le prix de l'habitat explose à Tanger, au fur et à mesure que la ville sort de l'oubli. La casbah, l'une des plus belles du Maroc, est très prisée des étrangers. On lui trouve l'authenticité qu'a perdue Marrakech. Les Français s'y bousculent pour acheter, de plus en plus cher, des ryads. Ils en font leur résidence secondaire ou des maisons d'hôte. Bernard-Henri Lévy - à qui certains reprochent d'avoir fait faire des travaux dans sa maison, qui bouchent partiellement la vue sur la mer -, Yves Saint Laurent, Pierre Bergé, ou encore le chanteur Renaud font partie de ces nouveaux Tangérois.

En investissant les lieux, ces étrangers sauvent-ils la casbah ou la vident-ils de son âme ? "Sans eux, notre patrimoine aurait déjà disparu, notre vie culturelle aussi", répond, catégorique, Abdeslam, un Tangérois aux allures de seigneur, qui habite l'une des plus belles maisons de la vieille ville.

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: jano (IP enregistré)
Date: 30 août 2007 a 00:13

bonsoir
et ce soir c'est au tour de M6(chaine de télé française) de faire un reportage sur le faste des fêtes organisées par de très riches étrangers et par la jeunesse dorée marocaine...
...à Vomir
on ne parle pas du peuple de Tanger, mais ils ne parlaient dans ce reportage que de fric. On sait d'où il vient ce fric : prostitution, trafic de drogue, trafic humain
ça me désespère
jano

Tanger la nostalgique
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 02 septembre 2007 a 01:31

Bonsoir jano,

Tu sais les Médias sont en quelques sortes comme les agents immobiliers,ils font de la publicité et soupoudrent les yeux avec leurs reportages sur le faste des fêtes de récéptions,afin d'attirer le plus possible d'investisseurs étrangers et de riches industriels,les artistes,les rentiers pour en faire leurs lieux de résidence à merveille.

La plupart des capitaux qui élus domicile sur la place,doit être"blanchis"automatiquement.

On ne demande pas d'éxplication,d'où est sa provenance ??????

" IL Y AURAIT BEAUCOUP DE CHOSES A VERIFIER !!!!!!! ".


" T A R Z A N " ./.

Tanger la nostalgique
Posté par: Marie-Jose (IP enregistré)
Date: 02 septembre 2007 a 19:34

Le Bd Pasteur
je m'en souviens Darlett mais au début desannées 50 quand noius allions en vacances au sud du Portugal chez les grands parents ..
et le grand souk que l'on appelait Socco grande , mot mi espagnol mi arabe !
mais je n'y suis jamais allée ..

souvenirs souvenirs ...

et puis d'abord viennent les investisseurs, les riches et c'est seulement après que les moins bien lotis peuvent venir ou vivre du tourismme ... c'ets mon opinion ...
alors espérons pour les tangérois que ce soit ainsi aussi ...
La Mosquée de Casablanca fut aussi construite par Bouyghes ...
et auj tous les cars de touristes s'y arrêtent et des petits commerces se sont ouverts dans les quartiers environants ...
c'est là que j'ai acheté mes dernières caw caw au sucre !!!
car je ne visite pas cette :mosquée pour laquelle tous les marocains ont du payer ... pour Bouyghes et un autre pays riche très riche ...

Amitiés à tous ..

Marie José

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: james cohen (IP enregistré)
Date: 20 octobre 2007 a 21:45

Citation:
darlett
L'interieur de la synagogue Souiri a Tanger.
La simplicité caractéristique des synagogues de Marrakech et du sud marocain est à l'opposé du luxe et de la taille impressionnante de celles du nord du Maroc, de Tanger en particulier. À Tanger aussi, les synagogues étaient localisées au mellah et datent pour la plupart de la deuxième moitié du XIXe. Elles étaient géographiquement concentrées dans une seule et même rue, la rue des Synagogues, récemment devenue rue de la Synagogue puisqu'une seule d'entre elles reste ouverte.

[www.mfa.gov.il]

DESOLE ,MAIS A TANGER IL N'Y AVAIT PAS DE MELLAH ,LES JUIFS SUIVANT LEURS POSSIBILITEE HABITAIENT UN PEU PARTOUT,LES PLUS AISES AU MARSHAN MAIS LA VILLE QUE L'ON POUVAIT DIRE EUROPEENNE C'ETAIT LE BOULEVARD PASTEUR ET SES ENVIRONS .LA SYNAGOGUE LA PLUS CELEBRE ETAIT CELLE DE NAHON ( VOIR LE SITE TANGER ANTES Y AHORA ) DANS LA VIELLE VILLE IL Y AVAIT LE PETIT SOCCO , LA FUENTE NUEVA ETC..

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: james cohen (IP enregistré)
Date: 20 octobre 2007 a 21:56

Citation:
preciosa
L'Avenue Hassan II, et les fleches (j'espere qu'on les voit) montre la fenetre de notre maison.

COMMEMT S'APPELLAIT TA RUE ? AU TEMPS BEAU DE TANGER INTERNATIONAL ?

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: james cohen (IP enregistré)
Date: 20 octobre 2007 a 22:07

Citation:
jacky.pom
Cher Tarzan , merci pour ton message , en effet Tanger a toujours ete une ville super interressante , surtout quand elle etait sous le regime International , je me souviens que nous allions souvent a Tanger , car il y avait tellement de petits magasins et tellement de produits a acheter , comme par exemple les montres , meme je me rappelle que les epiciers vendaient des montres !!!!!!!!!!!!
Si j'ai bonne memoire l'avenue principale s'appelait l' Avenue Pasteur et une patisserie tres aime des Tangerois qui s'appellait PORTE et mes amis tangerois pretendaient que leurs gateaux etaient meilleurs que ceux de LA PRINCIERE et du TRIANON a Casablanca , grosses discussions car je maintenais mordicus qu'ils etaient completement dans l'erreur et qu'ils ne connaissaient rien en patisserie .
Quelle belle epoque , et combien de souvenirs .
Mes meilleures amities .

YA HASRA ALIK !!ON VOIT QUE TU N'ETAIS PAS A "LA ESPAGNOLA" RUE DU STATUT . IL EST VRAI QUES LES GATEAUX FRANCAIS A CASA OU AUTRE PART ETAIENT DIFFERENTS !! MAIS SI TU ALLAIS AU CAFE DES OUDAIAS A RABAT TU VERRAIS LES BONS GATEAUX ARABES AVEC UN THE VERT AU NAANA !! HEIN ? KOULCHI BEL KAHIDA !!




Re: Tanger la nostalgique
Posté par: james cohen (IP enregistré)
Date: 20 octobre 2007 a 22:38

chere amie darlett,
les photos de Tanger inseree par Itsik ,sont prises sur le site TANGER ANTES Y AHORA active par Rigallor , il y en a publie des centaines sur Tanger et les environs ( Arcila, Tetuan ) C'EST PAR EXECELLENCE LE SITE DES TANGEROIS .

QUOIQUE CES PHOTOS NE SONT PAS COPYRIGHT " RENDONS A CESAR CE QUI LUI APPARTIENT " TOUT AU MOINS LE "KAVOD" DE LES AVOIR PUBLIES !!

MAIS MES COPAINS CORSES AURAIENT DIT " HE BENE DE QUOI JE ME MELLE ? "

MERCI QUAND MEME D'AVOIR MIS TANGER SUR VOTRE SITE , C'EST ENCORE UNE DES PRINCIPALES PORTES DU MAROC !! tant a l'entree qu'a la Sortie .

C_+b^b+^




Re: Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 20 octobre 2007 a 23:02

Bonsoir James,

Je pense que tu te trompes car Itzik est un fameux voyageur et il venait justement de revenir du Maroc ou il a pris des photos magnifiques que tu peux retrouver sur pas mal des rubriques.

Mais si tu peux me donner le lien sur ce site dont tu parles, je pourrais ainsi voir ce qui s'y trouve.

Merci a toi
Darlett

Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 20 octobre 2007 a 23:05

Bon, j'ai retrouve le site par Google mais impossible d'y entrer car il faut s'enregistrer et je n'ai pas la patience.

Merci James

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: preciosa (IP enregistré)
Date: 21 octobre 2007 a 02:17

Citation:
james cohen
Citation:
preciosa
L'Avenue Hassan II, et les fleches (j'espere qu'on les voit) montre la fenetre de notre maison.

COMMEMT S'APPELLAIT TA RUE ? AU TEMPS BEAU DE TANGER INTERNATIONAL ?


Oui james cohen La rue s'appellait Calle Alejandria, mais en 1964 (approx.) elle s'appellait deja Hassan II, hors je ne sais pas la date du changement de nom.

Reina

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: preciosa (IP enregistré)
Date: 21 octobre 2007 a 02:30

darlett je pense que james cohen a raison, ces photos sont "deja vu" c'est vraiment une coincidence, le site de rigallor sur Tanger est excellent, tout y est sur Tanger, il a plus de 10,000 photos.

jacky.pom je me rappelle de Porte, salon de the surtout pour les riches.

Je vous nomme les autres patisseries qu'on avait a Tanger et qui vendaient des delices de gateaux.

La Bonbonera
L'epi D'or
Pilo
Pino
La Espanola

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 21 octobre 2007 a 02:35

Citation:
james cohen
chere amie darlett,
les photos de Tanger inseree par Itsik ,sont prises sur le site TANGER ANTES Y AHORA active par Rigallor , il y en a publie des centaines sur Tanger et les environs ( Arcila, Tetuan ) C'EST PAR EXECELLENCE LE SITE DES TANGEROIS .

QUOIQUE CES PHOTOS NE SONT PAS COPYRIGHT " RENDONS A CESAR CE QUI LUI APPARTIENT " TOUT AU MOINS LE "KAVOD" DE LES AVOIR PUBLIES !!

MAIS MES COPAINS CORSES AURAIENT DIT " HE BENE DE QUOI JE ME MELLE ? "

MERCI QUAND MEME D'AVOIR MIS TANGER SUR VOTRE SITE , C'EST ENCORE UNE DES PRINCIPALES PORTES DU MAROC !! tant a l'entree qu'a la Sortie .

C_+b^b+^



Desolee James Cohen et Preciosa mais je ne suis absolument pas d'accord avec cela. D'ailleurs en regardant de plus pres, j'ai reconnu son adorable epouse qui figure sur plusieurs de ces photos et c'est son habitude de la montrer en photo ainsi de loin ou de pres. Je reconnais son sourire et sa silhouette.
Je ne pense pas du tout qu'Itzik ait eut besoin de reprendre des photos a quiconque, il passe son temps en voyage et photographie enormement les paysages.
Ces photos sont a lui, cela ne fait aucun doute ! Desolee.




Tanger la nostalgique
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 21 octobre 2007 a 02:41

Bonsoir les amis de Tanger,

Les patisseries de Mme Porte éxiste et la ESPANOLA de la rue de la Liberté,en face du consulat de France existent toujours.

Toujours bien entretenues et les chics rideaux aux fenêtres.



TOUJOURS LES TANGEROIS SONT FIERS DE LEURS PATISSERIES ET DE LEURS GATEAUX !!!!!......(Pas vrai préciosa)


" T A R Z A N " ./.

Tanger la nostalgique
Posté par: james cohen (IP enregistré)
Date: 03 novembre 2007 a 17:42

j'ai habite Tanger depuis 1948 , Calle de los Christianos ,non loin du Socco Chico ,dans un appartement que nous avions loue a la Famille Benitah ( les oncles de Holita Benitah actuellement a Ashdod ) Ma mere et mes tantes (nees elles memes a Tanger ) y retrouverent toute une famille dont nous avions ete separes jusqu'a la fin de la WW 2. Pour moi , qui avait grandi a Rabat , ce fut une toute nouvelle vie et jávais decide de me "Naturaliser"Tangerois vu que tous mes grands parents ainsi que mon pere etaient nes a Tanger, JÁI MEME PASSE MA BAR MITZVA A TANGER A LA SYNAGOGUE DE NAHON ,UN GRAND PRIVILEGE POUR MOI ( Car en fait jétais quand meme encore un peu 'Forastero': cést pourquoi je me permets de publier un ancien document recupere dans les affaires de mon feu pere .

Racconter ma vie a Tanger jusqu'en 1956 , serait racconter les meilleures annees de ma jeunesse sinon de toute ma vie !!!
J'ai aujourdhui 73 ans et AMRI MA NENSSIK YA TANJA !! NUNCA TE OLVIDARE !! CIUDAD DE MI JOVENTUD Y DE MIS AMORES !!


(tu)(tu)(tu)(tu)(tu)

JH.COHEN




invitation a la circicision de mon pere et lui meme a 20 ans.jpg

Tanger la nostalgique
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 05 novembre 2007 a 00:38

Bonsoir james cohen,

Etant en touriste en venant de Mèknès pour passer mes vacances et visiter Tanger en juin 1953,durant les huit jours séjounés à l'Hôtel"FUENTES" du petit socco,j'avais fait la connaissance à la Patisserie"PILO"d'un tangérois qui était le facteur de la Postes Chérifiènne,Mr.Léon BOTBOL,qui habitait,calle de la Playa,N°26.

Gentil garçon,sympathique,qui aimait parler le français,même en plus très bavard.

Je l'avais retrouver en 1957,à Méknès,pour passer un éxamen à la Postes de Mèknès.

Et,la 3éme coïncidence,en 1961,je le retrouve à Casablanca,il tenait un magasin de représentation de marque de Wyskye,rue Mostafa El Mâani,l s'est marier à une fille de colon de Foucauld,ils ont ensuite divorcer,un enfant de cette union.

Il était devenu malade des rheins,il est décédé en France.

L'As-tu connu ????

Amitiés.


" T A R Z A N " ./.

Tanger la nostalgique
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 05 novembre 2007 a 00:51

- LA PREMIERE VISITE ROYALE DE S.M.MOHAMMED VI - 13 octobre 1999 -

La place des Nations en pleine euphorie d'attente d'émotions,

Les services d'ordre très bien renforcés pour cette solanélle circonconstance.

Les beaux tapis multicolores sont étalés sur la grande place.
44.JPG

Tanger la nostalgique
Posté par: james cohen (IP enregistré)
Date: 05 novembre 2007 a 15:17

cher Tarzan, Tout d'abord je tiens a te feliciter pour ton surnom sur Darnna , tu as pris le nom du heros prefere de mon enfance, dont j'avais toute la serie de livres et dont jái vu ,je crois, presque tous les films ,(avec Johnny Weissmuller) en particulier au "VOX" de Rabat .

A Tanger , non je n'ai pas connu Mr Leon BOTBOL dont tu parles !! Jái connu certaines jeunes filles du meme nom , mais je crois que leur parents etaient des commercants a la rue des Shiaguins !

Mais la photo que tu as publie ,sur la place des Nations a remue des tas de souvenirs , car j'habitait non loin de la !! Mais a lépoque on mettait les tapis ( dont jávais un tres bel exemplaire tisse aux Oudais de Rabat ) a la maison !!

Cependant ,noblesse oblige !! n'est ce pas ??

Entre nous , j'ai connu personellement ( dans notre jeunesse , nous avions joue au bascket au lycee) le feu Sultan Hassan 2 , íl n'etait alors encore que Prince heritier , et son jeune frere : Moulay Abdellah ( Allah i rahmou , lui aussi) qui quoique Prince Imperial ,etait tres simple , discret et pourrait on dire ,un bon copain !!B*%B*%B*%B*%

JH.COHEN

Tanger la nostalgique
Posté par: james cohen (IP enregistré)
Date: 05 novembre 2007 a 15:52

Darlett,
le site sur tanger dont nous parlons est
: [siempretanger.niceboard.com]
et en tant que WEBMASTER je crois que c'est un 'must", il y a beaucoup de photos tres interessantes .Et il n ý a aucune restriction pour s'ínscrire . ( C ést vrai dans certains cas cést tres ennervant !! mais parfois ca vaut le coup ! )
Non seulement je les ai receuillies sur mon HD , mais cela m'a permit de voir des coins que je n'avais pas connu , surtout Arcila qui est la ville natale de ma Grand mere paternelle ( En paz descance ).
Ce qui me froisse un peu ,c'est qu'on s'est empresses de changer les noms des rues ( Comme dans tout le Maroc en General) et il serait assez difficile de sý retrouver .
Quant a Rigallor , il doit etre tres fier de son Epouse !!
Ils etaient dernierement en Israel.

Ah! j'oubliais de vous remercier , jái solutionne le probleme de mon scanner , il suffisait de bien lire le mode d'emploi ( le Help ).
Avant de sauvegarder ( Save) il suffit de choisir le format ( ex:jpeg )

avec mes sinceres Amities !!

JH.COHEN




Tanger la nostalgique
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 06 novembre 2007 a 02:33

Bonsoir cher ami james cohen,

Je te fais savoir que mon surnom de"TARZAN"n'a pas été décider par moi-même,c'est plutôt d'en féliciter à mon ami intime,qui m'a fait entrer par force dans DARNNA,c'est ETTEDGUI ALBERT.

Par force dans DARNNA ????

J'ignorais totalement,ce que c'était l'internet !!!!!Et,en plus comme un ignorant-intélligent qu'on se croit,j'ai fini à la fin,de me décider d'apparaître dans ce forum,d'où nous nous rencontrons actuéllement.

Je suis très touché,que cette photo de la place des Nations,te rappéles de bons souvenirs.

Alors,tu as connu sûrement mon ami ELIAS SERRUYA,de la calle Nuéva N°6,près de la calle de Italia,dont se trouvait le magasin de chaussures"LE CHAT BOTTE"?????
Le père d'Elias était le représentant et importateur du sucre à Tanger.


" T A R Z A N " ./.

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: james cohen (IP enregistré)
Date: 06 novembre 2007 a 23:39

a darlett,
Oui en effet je viens de revoir les photos d'Itsik sur tanger et je crois que comme tu dis il est un excellent photographe , car les angles de vue sont peut etre meilleurs que ceux des äutres !!

De plus , plus on revoit Tanger , c'est pour , nous ,les anciens Tangerois un veritable plaisir !!

surtout pour ceux qui n'ont pas la facilite d'y aller plus souvent !! a partir d'íci (Israel) voyager a l'etranger n'est pas donne a tout le monde !! Malgre les "cartes de credit" qui a un certain niveau sont une veritable "Epidemie"!!

JH.COHEN

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: james cohen (IP enregistré)
Date: 07 novembre 2007 a 00:07

Cher Ami Tarzan , Non je n'ai pas connu Elias Serruya , mais le magasin de chaussures "le chat botte"dont tu parles n'etait pas sur la calle de Italia , a moins quíls y aient eu une sucursale ,ce magasin qui appartenait aux freres Benchimol ( Neveux par alliance d'une de mes Tantes) le Magasin principal etait sur la rue du Statut , aujourdhui la rue de la "Liberte" !! cétait un petit Magasin non loin de l'hotel Minzah .
Les freres Benchimol sont decedes il ya tres longtemps , et peut etre quá ton epoque le fond de commerce a ete transfere a la calle d'Italia ou il y avait aussi ( d'apres des souvenirs de ma feue Mere ) depuis le debut du 20 eme siecle, l'agence des machines a coudre "SINGER" .
Sa soeur y avait apprit a coudre dans sa jeunesse .

Quant a moi , a la calle de Italia jávais de tres bonnes amies , les soeurs Benhamou et surtout : Lolly Bentolila , que tu as peu etre connues.

JH.COHEN




Tanger la nostalgique
Posté par: tarzan (IP enregistré)
Date: 17 novembre 2007 a 01:23

- LA SPECIALITE DES TANGEROIS,LE PETIT DEJEUNER "SPECIAL" -



LE CAFE "LUXOR" PRES DES ARENES DE TOROS,SUR LA ROUTE DE TETOUAN A TANGER,LE 1ER AOUT 2000.

J'AVAIS FAIT LA CONNAISSANCE D'UN VOYAGEUR SYMPATHIQUE DANS LE TRAIN DE CASABLANCA A TANGER-MOGHORA,ET AYANT SA FAMILLE DANS CE QUARTIER,NOUS AVONS FAIT LE CHEMIN ENSEMBLE A PIED,JE LUI AI PROPOSER DE PRENDRE CE PETIT DEJEUNER.

JE N'EN CROYAIS PAS MES YEUX,DE LA FACON PRESENTEE,TOUT EN ORDRE,ET QU'ELLE QUALITE EN TOUT,LE CAFE AU LAIT EST A 50/50,ET DU CAFE "CARRION",
LES OEUFS SUR LE PLAT A L'HUILE D'OLIVE,QU'ELLE SAVEUR,ET LES OLIVES MAISON DE TROIS COULEURS MACEREES A L'AIL,ET A LA FIN,LE PAIN MAISON D'UNE EXELLENTE QUALITE AU BLE DUR,LES MORCEAUX DE SUCRE SONT EN ATTENTES POUR LA SAVEUR DU CLIENT,LES VERRES D'EAU GLACEES SONT EGALEMENT EN PRESENCE GRACE A L'ART DU GARCON DE CAFE,MAITRE POUR LA CIRCONSTANCE,SURTOUT NE PAS OUBLIER LES PETITES SERVIETTES BLANCHES EN PAPIER ENROULEES DANS UN DES VERRES SUR LA TABLE........




Tanger la nostalgique
Posté par: MESSAGE DEPLACE (IP enregistré)
Date: 02 décembre 2007 a 02:42

Posté par: doukali
Date: 30 novembre 2007 a 16:33


Re: Tanger la nostalgique
Posté par: james cohen (IP enregistré)
Date: 16 décembre 2007 a 23:26

Citation:
preciosa
Le boulevard




OLA REINA , ME GUARDE UNA FOTO TUYA DE JOVENCITA LLENDO POR EL BLVD ANTEO CERCA DE MI CASA ( antes de marcharme de Tanger)

LA FOTO DEL BLVD PASTEUR ME RECUERDA DEMASIADO DE COSAS ( ya hasra !!!)

JH.COHEN




Tanger la nostalgique
Posté par: james cohen (IP enregistré)
Date: 16 décembre 2007 a 23:43

POUR TOUS EUX QUI S'INTERESSENT A TANGER : voir le site Tanger Siempre y Ahora !! Cést plein de photos de Tanger,Tetuan et Arcila !!

Je les ai toutes sur mon PC , mais impossible de tout publier sur Darnna!! ce serait de la discrimination ( pour les "Forasteros" dont je suis un moi meme !! vu que je suis ne a Rabat (quoique de parents qui etaient Tangerois)!!

le site :

[siempretanger.niceboard.com]

JH.COHEN




Tanger la nostalgique
Posté par: mogador2 (IP enregistré)
Date: 18 décembre 2007 a 10:42

Un autre aspect de Tanger...Devinez où se trouve cette galerie?
Amicalement
Mogador2
devanture.jpg

Tanger la nostalgique
Posté par: RICHARD CLAUDE (IP enregistré)
Date: 22 décembre 2007 a 20:22

Une photo plus ancienne.

Mes parents en 1928, sur la plage de TANGER .

Amicalement

RICHARD




Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 25 décembre 2007 a 08:53

Et pour ceux qui aimerait connaitre un bref apercu de l'histoire recente des Juifs de Tanger, voici un excellent article publie par Mourad Alkalay.
Quoique assez long, je le reprends integralement car il me semble qu'il fait une analyse, qui tout en etant breve, permet de reconstituer l'histoire moderne des Juifs de Tanger avant leur depart du Maroc.

[www.marruecosdigital.net]

L’interview que Simon Lévy a accordée à Al Bayane ne peut laisser indifférents tous ceux qui croient en la nécessité de restituer intégralement à l’histoire tout ce qui lui appartient surtout quand il s’agit des relations entre communautés et religions et que l’actualité, dans sa cruelle frénésie, ne retient que ce qui les opposent.

Sans prétendre traiter un aussi vaste sujet en quelques lignes, la présente contribution se propose de lever tout juste un petit coin du voile sur la place et le rôle de la communauté juive de Tanger tout au long du siècle dernier. Elle se fonde sur des éléments puisés dans divers documents traitant de l’époque considérée, des renseignements recueillis auprès des proches et de mes propres souvenirs d’enfance.

Une communauté très ancienne

A l’origine, comme dans le reste du pays, la communauté juive du Nord du Maroc était berbère. Par vagues successives, des immigrés juifs venant d’Espagne arrivèrent à Tanger, chassés d’abord par les Wisigoths, ensuite par la « Reconquista » en 1492 pour ceux qui refusaient la conversion puis par l’Inquisition au XVIe et au début du XVIIe pour les autres. La défaite des Portugais en 1578 à Oued Al Makhazine allait être d’un grand soulagement pour cette communauté, alors que Tanger vivait sous occupation portugaise, malgré de brefs intermèdes espagnols, depuis 1471. Elle pouvait enfin se sentir à l’abri des Inquisitions ibériques. Dans son dernier livre intitulé « Le monde moderne et la question juive », (Ed. du Seuil, octobre 2006), Edgar Morin rappelle que : « A l’aube des temps modernes, la diaspora juive favorisa les réseaux de confiance propices aux développements de la banque et du commerce. (…) L’expulsion d’Espagne (1492) et du Portugal (1496) des juifs refusant la conversion créa une nouvelle diaspora en Toscane, aux Pays-Bas, à Londres, à Hambourg, à Venise, dans l’Empire Ottoman, au Maroc. » et que « En France, Colbert (1656) favorisa l’implantation des Juifs et des Marranes (juifs convertis mais chassés d’Espagne au même titre que les Morisques) pour développer le commerce international au profit de l’économie française ». La plupart des autres pays d’Europe ainsi que la Turquie de Souleymane le Magnifique en firent autant.

Et c’est précisément dans le domaine du commerce extérieur que les Juifs du Maroc excellèrent le plus. Mais leur rôle de pionniers dans la mise sur pied des premiers services publics fut loin d’être négligeable. Ce fut notamment le cas des premières liaisons postales ( Mazagan - Marrakech exploitée par Isaac Brudo depuis 1891, soit avant même la fondation de la Poste chérifienne en 1892 par le sultan Moulay Hassan, Tanger – Azaila, Ksar Kbir – Ouezzane, Tétouan – Chaouen, exploitées par les frères Cohen dès 1895, etc.). Comme le rappelle Simon Lévy, leur rôle dans le maintien et le développement de l’artisanat notamment l’orfèvrerie ne fut pas moins important.


Une minorité bien visible

A vrai dire, Tanger offrait avec la diversité des origines de sa population, dans une ville cosmopolite par excellence, un cadre exceptionnel pour la coexistence harmonieuse de toutes les communautés et ce, bien avant l’instauration du statut international en 1923. En effet, la ville du détroit accueillait déjà 648 Chrétiens (appellation consacrée à l’époque pour désigner les Etrangers) en 1868, 1.412 en 1888 puis plus de 8.000 en 1906 soit le triple du total des Etrangers résidant alors au Maroc. A l’avènement du statut international en 1923, la population de la ville était de 60.000 habitants dont 50.000 Marocains répartis entre 35.000 Musulmans et 15.000 Juifs, et 10.000 Etrangers, toutes nationalités confondues.

Pour bien illustrer le poids et l’importance de la communauté juive que lui reconnaissait le statut international, il suffit de voir la composition en 1952 de l’Assemblée Législative Locale présidée par le Mendoub en tant que représentant de la communauté marocaine. Rappelons qu’en vertu du chapitre III du Dahir relatif à l’organisation de l’Administration de la Zone de Tanger (16 février 1924), la composition de l’Assemblée Législative Locale était fixée « en considération du nombre des ressortissants, du chiffre du commerce général, des intérêts immobiliers et de l’importance du trafic à Tanger des différentes puissances signataires de l’Acte d’Algésiras ». Elle était composée de 30 membres dont : 6 Musulmans, 3 Juifs, 4 Français, 4 Espagnols, 3 Anglais, 3 Américains, 3 Italiens, 1 Belge, 1 Hollandais, 1 Portugais. Les Vice-présidents étaient au nombre de 6 parmi lesquels M. Joe Hassan ancien président de la communauté israélite de Tanger mais désigné en tant que représentant du Portugal dont il était le consul honoraire.
Même si le poids de la composante musulmane était fortement minoré, puisqu’elle représentait à elle seule 50 % de la population totale contre 20 % seulement des sièges, la représentativité de la communauté juive l’était également mais dans une moindre mesure, puisqu’elle représentait 15 % de la population mais ne disposait que de 10 % des sièges. La discrimination, sous couvert du poids économique de chaque communauté, était donc dirigée contre les Marocains de façon générale mais plus particulièrement contre les Musulmans.


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Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 25 décembre 2007 a 08:55

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Sépharades pur jus & Modernistes

A Tanger, au fil du temps, la composante sépharade devint largement prépondérante dans la communauté juive. Avec ses traditions et sa culture propre, elle s’efforcera de les transmettre de génération en génération, préservant ainsi jalousement son identité sépharade.
Ce n’est donc pas un hasard si elle fut immortalisée par les œuvres magistrales de Delacroix, qui séjourna à deux reprises à Tanger en 1832, où il fut l’hôte notamment de la famille Benchimol. Ces toiles font à présent partie du patrimoine universel (« La Mariée juive à Tanger», « Les Noces juives à Tanger», à côté des « Musiciens juifs de Mogador »). L’apport de cette communauté et celui des vagues successives de Musulmans chassés d’Andalousie marquèrent profondément l’histoire et la culture marocaines. Ce qui explique que les deux communautés aient toujours vécu en bonne intelligence, comme le rappelle judicieusement Simon Lévy, mis à part une brève période de l’époque austère Almohade, de sorte qu’aucun Juif n’ait jamais été persécuté en tant que tel, ni encore moins chassé du Maroc. Si la communauté juive de Tanger était d’essence essentiellement sépharade, elle reçut le renfort à partir de 1938 de réfugiés venus d’Europe centrale, en particulier de Hongrie, qui s’y établirent notamment dans les professions libérales et la finance. Parmi ces derniers, le banquier Samuel Reichmann allait, plus tard, faire partie des hautes sphères de la finance d’Amérique du Nord.

Les Juifs tangérois appartenaient à toutes les catégories sociales : le petit artisanat (plombiers, matelassiers, peintres en bâtiments, etc.), l’orfèvrerie et la bijouterie dont ils gardèrent l’exclusivité jusqu’au début des années cinquante, l’import et le commerce de gros, les guichets de changes (depuis les cambistes assis derrière leurs minuscules kiosques en bois du grand sokko, jusqu’aux agences du centre ville), les banques (on n’en dénombrait pas moins de 55 au début des années 50, la première banque d’Etat du Maroc fut créée à Tanger en 1907) et plus rarement dans des fonctions administratives (PTT, justice, etc.) ou la Police (avec même une personnalité d’envergure comme le commissaire principal Israël qui fût décoré par le roi Mohamed V à son retour d’exil).


La convivialité avant tout


Malgré l’absence d’un Mellah traditionnel, le petit peuple vivait principalement aux abords immédiats de l’ancienne médina mais bien à l’intérieur des remparts de la ville construits par les Portugais, dans les quartiers des Béni Ider, à l’angle des rues Touahine et Siaghine, et de Sakkaya Jdida. Il coexistait en parfaite symbiose avec les familles musulmanes qui habitaient souvent les mêmes immeubles, utilisaient les mêmes bains maures (le plus réputé, celui des Béni Ider appartenait à une juive), les mêmes fours spécialisés dans la cuisson de la « Skhina ou @#$%&» du sabbat et des pâtisseries des fêtes juives et autres petits commerces. Dans ce quartier, on ne dénombrait pas moins de sept synagogues sur les douze que comptait Tanger. Quant au premier cimetière juif, il se trouvait à proximité immédiate de ce quartier, attenant à la muraille de la ville, sur son flanc nord, comme l’était d’ailleurs le premier cimetière musulman du côté sud.
La bourgeoisie juive, celle de la finance et du grand négoce, vivait dans les mêmes quartiers et les mêmes immeubles que l’européenne dont elle parlait couramment les langues et partageait souvent la même nationalité. Très occidentalisée, elle disposait de ses propres cinémas, casino, tandis que ses salons de thé et pâtisseries (Pilo et Anidjar) concurrençaient les commerces équivalents détenus principalement par les Français et les Espagnols. La présence d’une aristocratie financière juive, à travers les banques privées (Banque Pariente, Banque Salvador Hasan, etc.), les Assurances et le grand négoce, ne passait pas inaperçue. De grand noms d’hommes d’affaires d’envergure internationale tels que les frères Pinto, (qui firent don du terrain du Golf Royal de Tanger, de terrains pour la construction d’une mosquée et de différents projets sociaux), les Abensour propriétaires de la banque Pariente dont le siège se trouve actuellement à Genève, les Bergel, les Toledano, des journalistes comme Isaac Laredo, des personnalités engagées dans la vie associative locale tels que Menahem Mouyal, Sananes, qui parlaient couramment l’arabe, ont profondément marqué la vie de la cité.

Le petit peuple, quant à lui, parlait en général espagnol, l’arabe dialectal tangérois mais surtout la Hakitiya, l’idiome juif en usage surtout au Nord du Maroc, avec un accent typique très prononcé. Préservée à partir de son socle initial du vieux Castillan du XVe siècle, avec un mélange d’hébreu, mâtiné de mots arabes, notamment grâce à la proximité historique datant de l’époque d’Al andalous de l’Espagnol, de l’Arabe et de l’Hébreu, la Hakitiya a su garder son authenticité d’origine contrairement aux autres idiomes d’ascendance sépharade, altérés notamment par le Turc, les langues slaves et européennes.
La bourgeoisie juive ne parlait quant à elle la Hakitiya qu’en privé, certainement par snobisme. Ceci étant, la communauté, dans son ensemble, respectait à la lettre la tradition et les préceptes religieux. Les Téfélins, les mariages et surtout les fêtes étaient toujours des évènements qui ne passaient pas inaperçus, en raison de la promiscuité des familles juives et musulmanes qui s’échangeaient toujours gâteaux, pain azim et notamment les plats culinaires de tradition sépharade. Les fêtes juives se signalaient aussi par la fermeture de nombreux commerces et services (Banques, kiosques de change, magasins d’import et de gros, etc.). La tradition vestimentaire était davantage suivie par le petit peuple, en particulier les femmes d’un certain âge. Si les classes moyennes et aisées passèrent très vite au complet cravate, pour les mariages, le caftan traditionnel de la mariée gardait tous ses droits.

[www.marruecosdigital.net]

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Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 25 décembre 2007 a 08:57

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L’enseignement israélite

A l’image de la diversité de sa population, Tanger disposait d’un large éventail d’établissements d’enseignement : musulmans, juifs, français, espagnols, italiens et depuis 1950, américain. Comme l’explique fort bien Si Abdelhamid Bouzid, ancien inspecteur de l’enseignement public et personnalité marquante de Tanger, (Coup d’œil sur l’enseignement dans le Tanger International - 1984), l’enseignement musulman n’a pour sa part guère évolué depuis 1788, date de la réforme introduite par le Sultan Sidi Mohamed ben Abdellah (1757-1790). Selon Michaux Bellaire, un recensement datant de 1921 dénombrait 28 écoles coraniques importantes à Tanger. La timide réforme des programmes d’enseignement introduite en 1933 sous l’impulsion de Mohamed V, malgré l’opposition des autorités du Protectorat, ne changera pas fondamentalement la donne. Au par avant, en 1898, l’Alliance française ouvrait en plein cœur de la médina une école pour les enfants musulmans confiée à des instituteurs algériens dont les témoins de l’époque, souligne A. Bouzid, ont gardé un excellent souvenir.
La première école « hispano-arabe » fut créée en 1907. A partir de 1912, l’école de l’Alliance française changea de statut pour devenir à son tour « franco-arabe ». Mais à la rentrée scolaire 1921-1922, les 3 écoles franco-arabes réunissaient à peine 300 élèves.

Il fallut attendre l’engagement du Mouvement National dans la création des « écoles libres », malgré l’interdiction des autorités coloniales en 1935, pour que voie le jour la première école musulmane indépendante sous l’impulsion de Sidi Abdellah Guennoun en 1936.
A la différence de leurs concitoyens musulmans mais grâce à l’intervention soutenue de l’Alliance Israélite Universelle (créée à Paris en 1860), les Juifs tangérois, étaient scolarisés, au sens moderne du terme, depuis déjà fort longtemps. L’école de l’Alliance israélite de Tanger ouverte en 1865, était la seconde du genre au Maroc après celle de Tétouan. Rappelons que la première école française (privée) l’Institution Robinet du nom de sa fondatrice fut inaugurée en 1885 soit vingt ans après, tandis que le premier établissement d’enseignement espagnol « la escuela de la Mision Catolica » ouvert en 1794 ne s’étendit au secondaire qu’en 1892.

En 1922, soit un an avant l’instauration du statut international, l’effectif de l’école de l’Alliance Israélite était de 1.050 élèves : 409 garçons et 560 filles. Au niveau des programmes d’enseignement, l’Alliance Israélite Internationale avait veillé à y dispenser le français, l’hébreu, l’espagnol et l’anglais. Abdelhamid Bouzid relève pour sa part « l’indice d’émancipation sociale révélé par le nombre élevé de filles scolarisées (54%) » dès 1922 mais regrette aussi avec amertume « la déconcertante absence de l’arabe, langue du pays ». Il faut bien reconnaître que le piteux état de l’enseignement musulman à l’époque ne pouvait malheureusement guère être un argument convaincant pour susciter l’intérêt que la langue arabe méritait. N’empêche que l’aggiornamento qu’a connu ce dernier depuis les années 40 aurait pu changer la donne, mais il n’en fut malheureusement rien. Probablement à cause de la politique de subventionnement de l’enseignement pratiquée par les autorités du Protectorat, car, comme le note A. Bouzid, les écoles israélites rattachées à la Direction de l’Instruction Publique à Rabat émargeaient sur le même budget que les écoles françaises. A titre indicatif, ce budget s’élevait, en 1930-1931, à 58.129,185 F dont 43.265,860 F (74%) étaient réservés aux écoles françaises et israélites et 14.863,365 F (16%) aux écoles musulmanes. Pour sa part le statut de l’Administration Internationale libère cette dernière de tout engagement social en s’en remettant aux seules puissances du Protectorat.

Ceci étant, le niveau et la qualité de l’enseignement de l’école de l’Alliance destiné à former notamment des élites permettaient aux élèves des écoles israélites d’accéder facilement aux lycées européens. Ainsi, dès 1921, un lauréat de l’école de l’Alliance Israélite obtiendra même le diplôme d’ingénieur civil de l’Ecole Centrale de Paris.
En 1953, les écoles de l’Alliance Israélite qui disposaient d’un internat pour les élèves provenant de Ksar Kbir et de Larache, d’une école professionnelle de jeunes filles (94 élèves) et l’autre de garçons (44 élèves) totalisaient près de 1.800 élèves, d’origine sociale essentiellement modeste. Les enfants de la bourgeoisie et dans une moindre mesure des classes moyennes étaient scolarisés dans les établissements européens, surtout français et espagnols.


L’Administration Internationale et le Social

A juste titre, A. Bouzid fait remarquer que, sur le plan de l’enseignement au moins, la population musulmane n’a tiré aucun profit de l’essor économique et urbanistique qu’a connu la ville de Tanger durant les 33 ans d’Administration internationale. Si la communauté juive s’en est finalement mieux sortie, c’est grâce à l’implication de l’Alliance Israélite Internationale et au soutien au plan budgétaire, certainement pas désintéressé, des autorités du Protectorat. Ce qui était anormal, c’était le désintérêt manifeste de ces autorités pour la promotion de l’enseignement moderne, en dehors de quelques écoles franco-arabes destinées surtout aux fils de notables.

Pour ce qui est de l’infrastructure sanitaire, elle a pratiquement été créée bien avant l’instauration du statut international en 1923. En effet, Tanger a bénéficié d’un encadrement sanitaire pluraliste dès la fin du XIXe qui répondait à l’époque aux besoins spécifiques de chaque communauté même si les différents hôpitaux étaient ouverts également à la population musulmane. Historiquement, ce fut une mission médicale anglaise débarquée en 1883 qui mit sur pied le premier hôpital du Maroc, le « Hop House » du Marshan. Puis en 1886 ce fut le tour de la Mission Franciscaine espagnole qui réussit même à fonder une « Ecole de médecine » installée dans le premier hôpital espagnol. Sur initiative du Sultan Moulay Hassan Ier, un groupe de jeunes militaires marocains y reçut même une formation paramédicale.
L’Hôpital Français fut créé en 1903 et rejoint en 1911 par l’Institut Pasteur de Tanger tous deux installés dans le quartier du Marshan.
En 1905, l’hôpital Asile Benchimol ouvrit ses portes au quartier Hasnouna. Financé par la communauté juive, il accueillait surtout les nécessiteux de la communauté mais il acceptait aussi les patients musulmans. L’implantation de cette institution à Tanger dès le début du siècle et la qualité des soins qui y étaient prodigués, montrent jusqu’à quel point la communauté juive a su s’adapter à l’évolution du monde moderne presque aussi rapidement que les puissances étrangères.
Tout près de l’Hôpital Benchimol, l’Ospedale Italiano s’installa, en 1926, dans l’ancien palais du Sultan Moulay Hafid.

Dans la foulée, la médecine privée devait prendre toute sa place après les initiatives prises par les puissances étrangères intéressées par une présence durable de leurs ressortissants à Tanger. Des cliniques privées ouvrirent peu à peu notamment celle du Dr. Anderson, du Dr Saft ou surtout celle du Dr. Cabanié qui, le premier, eut à soigner les blessés ramenés du front de la guerre du Rif (1921-1926). Le certificat médical délivré à l’une des victimes est d’ailleurs cité par les associations réclamant « la vérité sur l’usage des armes chimiques durant cette guerre ». Sur la centaine de médecins et de chirurgiens dentistes que comptait Tanger en 1950, 30 étaient de nationalité espagnole, 30 de nationalité française et le reste de nationalités diverses, parmi lesquelles une douzaine étaient juifs et trois seulement musulmans dont le regretté Dr. Abdelatif Benjelloun dirigeant du parti de l’Istiqlal à Tanger.


La saga du docteur Many

En 1915, débarqua à Tanger un médecin juif palestinien né à Hébron qu’il a quitté en 1910, du nom du Docteur Many, diplômé de l’université américaine de Beyrouth. Installé d’abord à Mogador, il devait très vite être appelé au service du sultan Moulay Hafid, à Fez qu’il quitta à la destitution de ce dernier pour s’établir définitivement à Tanger.
C’était un personnage hors du commun tant par sa bonhomie, sa chevelure blanche bien garnie et ses grosses lunettes noires, que par son comportement. Il tenait son cabinet privé, qui ne désemplissait pas, d’abord au quartier de Sakkaya Jdida où il circulait à dos d’âne, puis au quartier du Marshan non loin de l’hôpital français et de l’Institut Pasteur. Ne payaient la consultation que ceux qui le pouvaient. Il officiait en outre à l’hôpital Benchimol dont la vocation était de soigner bénévolement ses patients, prenant la suite du Dr Zpivakov un juif d’origine russe arrivé à Tanger en 1905.

Bien que profondément laïc (quand il décida de se marier ce fut avec une française non juive agrégée d’histoire) il était respectueux des usages de chacun sans pour autant se laisser phagocyter par les activistes de sa communauté. Il lui arrivait ainsi de préconiser à un malade juif anémié de manger du porc ou de la viande de cheval. Il avait son franc-parler et n’hésitait pas à dénicher et tancer les « malades imaginaires » en arabe avec un fort accent du Machrek.
Quand il subodorait un risque de scène de ménage, il décrétait le huis clos avec son malade et ne prenait plus de gants pour aller au fond des choses. C’était un pince-sans-rire mais il lui arrivait de s’étouffer de rire en écoutant les détails croustillants des explications de certains de ses patients dont il connaissait souvent, comme dirait M. Mahjoubi Aherdane, le « pedigree ». Ces prescriptions médicales étaient toujours réduites au strict minimum avec un recours presque systématique aux remèdes de la médecine traditionnelle. C’était le seul homme de Tanger qui avait accès à tous les foyers de la médina, le plus souvent tard le soir en raison de son emploi du temps plus que chargé. Expérimenté comme aucun autre médecin, compétent et intègre, les Tangérois ne juraient que par lui. Rares sont les familles qui ne lui doivent pas d’avoir sauvé au moins l’un des leurs. Il a continué d’exercer jusqu’à sa mort à plus de quatre-vingts ans.
En guise d’hommage pour services rendus à la population, une rue du Marshan fut baptisée à son nom par le premier conseil municipal élu après l’indépendance (1962), mais dès la mise en place du conseil suivant, la rue fut débaptisée pour on ne sait quelle obscure raison, si ce n’est l’ingratitude humaine.


[www.marruecosdigital.net]


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Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 25 décembre 2007 a 09:02

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L'exode

L’émigration de la population juive la plus déshéritée vers Israël puis le Canada commença timidement dès 1953. Très vite, la communauté juive dont le nombre s’élevait à 17.000 en 1955, sur un total de 150.000 habitants, n’était plus que de 200 âmes vingt ans plus tard et moins de 100 à présent. Il s’agit incontestablement d’une « espèce en voie de disparition » car 99,5 % de ses membres ont préféré quitter le pays, il est vrai sous aucune contrainte, dans l’espoir d’une vie meilleure ailleurs. Des noms sont restés célèbres en Europe, en Amérique du Nord comme du Sud. D’autres le sont devenus comme Shlomo Ben Ami ancien ambassadeur d’Israël à Madrid, puis ministre des affaires étrangères et actuellement député membre du parti travailliste. Une colombe parmi d’autres.

Ceci dit, sans avoir été aussi massive, l’émigration des autres communautés a connu elle aussi une forte accélération durant la même période, en raison du marasme économique ayant frappé la ville après la suppression du régime fiscal particulier dont elle jouissait et que lui garantissaient tour à tour son statut international puis la Charte Royale de Tanger. Les cadres étrangers mais aussi les jeunes salariés marocains se retrouvant subitement sans emplois, prirent massivement le chemin de l’exil vers l’Europe, tandis que banquiers, commerçants juifs et indiens se rabattirent sur Gibraltar. Les classes moyennes juives, quant à elles, émigrèrent surtout vers l’Amérique latine, principalement le Venezuela et l’Argentine, et accessoirement l’Amérique du Nord. Il faut dire qu’il n’était pas rare que les membres de la bourgeoisie juive disposassent des nationalités les plus diverses, certains étant même parvenus à se faire nommer consuls honoraires de divers pays en particulier sud-américains.

Si l’on ajoute que les professions qui allaient souffrir le plus de la récession étaient précisément celles où la présence juive était plus prépondérante, on comprend alors ce rush incroyable vers le départ qui s’accentua pour le petit peuple des artisans et des travailleurs indépendants avec l’entrée en action, dès la fin des années 50 de l’exode vers Israël organisé plus ou moins officieusement par les pouvoirs publics de l’époque. Un hôtel du centre ville, l’hôtel Mabrouk a été réquisitionné spécialement pour l’accueil des candidats au départ qui provenait de toutes les régions du Maroc. Dans le sillage de cette opération d’évacuation massive, les coreligionnaires tangérois ont certainement dû leur emboîter le pas.


Que reste-t-il de cette présence aujourd’hui ?

Un quartier, jadis dans la périphérie de la ville, Ouad Lihoud (le vallon des Juifs) à présent à la charnière du quartier résidentiel de la montagne et du quartier populaire du Dradeb, porte encore curieusement ce nom, sans que l’on en sache vraiment la raison.
Longtemps délaissées, les petites synagogues de la médina ont été restaurées depuis par une ONG juive américaine, celle de la rue Touahine ayant pour sa part été transformée par la Fondation Lorin en musée du souvenir de Tanger. Les bâtiments de l’hôpital Benchimol et de l’école de l’Alliance israélite sont toujours là. Certains commerces portent encore sur leurs frontons des noms évocateurs (« La estrella de Oro », ou des noms de familles juives tangéroises bien connues).
Quelques amoureux inconditionnels de la ville du détroit y ont gardé un pied à terre comme un cordon ombilical qu’ils refusent de couper, et qui leur sert de prétexte pour revenir, avec leurs progénitures, sur les pas de leurs parents. D’autres, beaucoup plus nombreux, reviennent régulièrement en pèlerinage pour découvrir ce qu’il est advenu de leurs anciennes demeures, du commerce de leurs proches, de leurs anciens voisins musulmans. Ils se rendent compte très vite que le souvenir de leurs familles est toujours vivant et c’est avec les yeux humides que les embrassades s’échangent dès que l’identification a lieu. Il suffit de donner quelques indices, parfois un simple prénom ou un surnom, la raison sociale d’une boutique… Quand le temps d’un passage par Tanger, on leur pose la question : Mais pourquoi donc êtes-vous partis ? On reçoit toujours la même réponse : « En réalité, on n’en sait vraiment rien ! ».

Le tangérois Isaac Azancot exprime bien ce regard chargé à la fois d’émotion et d’espérance dans son livre « Le temps du passage » (CY éditions, décembre 2002) : « Comment surmonter la nostalgie qui me consume ? Pourrais-je creuser un moule dans ma tristesse pour y mettre mes bonheurs et ma joie ? Je dois chercher à l’intérieur cette graine de ma substance, pour la porter à ceux qui construisent, pour qu’une maison s’élève sur les ruines de la violence. » Une espérance et un vœu que l’on ne peut que partager.

Mourad Akalay

[www.marruecosdigital.net]




Tanger la nostalgique
Posté par: Itzik (IP enregistré)
Date: 12 janvier 2008 a 16:09

Bonjour chers Tangérois,

Si vous avez envie de voir quelques photos de votre belle ville, y a qu´à clicker sur "les temps modernes" et ensuite sur "Les aventures de Léon Oiknine".

Et si notre chère darlett ne voit pas d´inconvénients, ca sera avec plaisir que je les placerai dans votre rubrique!!!

Je vous souhaite une excellente journée, et Chavouh tov!

Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 20 janvier 2008 a 09:01

TANGER
INTERIEUR DE SYNAGOGUE


Photo transmise par Arrik Delouya







Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 12 mars 2008 a 05:02

Je ramene cette rubrique aux premieres loges pour demontrer a nouveau a James Cohen que les photos placees ci-dessus sont bien celles prises par Itzik personnellement lors de son dernier voyage a Tanger et ne proviennent d'aucun autre site.


Amities
Darlett

Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 18 juin 2008 a 13:09

Bonjour,

Voici un clip de la synagogue Moise Nahon de Tanger. Merci David-Echkol pour m'avoir fait connaitre cette video.

Video tres touchante et on peut voir la synagogue intacte aujourd'hui.

Voici le texte qui est joint a cette video placee par un de ses petits-fils :

"Visite de la Synagogue construite par mon arrière grand père Moïse Jacob Nahon en 1876 à Tanger, sa tombe et celles de mes grand oncles et tantes dans le vieux cimetière Juif avec sa vue sur le détroit de Gibraltar"






Tanger la nostalgique
Posté par: echkol (IP enregistré)
Date: 18 juin 2008 a 17:10

Darlett

j'ai vu la photo de cette synagogue de tanger (juste une carte postale) et j'ai eu envie de t'envoyer la video car j'ai trouver SUPER
MAIS , j'ai jamais su que c'etait ton arriere grand pere
KOL HACAVOD il as un merite EXEPTIONNEL
merci a toi pour avoir partager avec les autres
david

Tanger la nostalgique
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 19 juin 2008 a 14:07

Merci Echkol, mais non, et je le regrette beaucoupsceptique, il ne s'agit pas de mon grand pere car je suis une Soussan par ma mere et une Elharar par mon pere.
Non, je ne faisais que reprendre le texte qui etait joint au clip et, en effet, cela pouvait preter a confusion. Je vais faire la correction d'ailleurs.

En tous les cas, merci a toi pour cette video formidable.

Darlett




Tanger la nostalgique
Posté par: preciosa (IP enregistré)
Date: 21 juin 2008 a 01:36

J'ai trouve le video sur la synagogue Nahon formidable, merci darlett et Echkol.

Tanger la nostalgique
Posté par: Itzik (IP enregistré)
Date: 21 juin 2008 a 10:14

Bien le bonjour de la belle ville de Tanger, où nous séjournons depuis hier après-midi!

Tanger la nostalgique
Posté par: echkol (IP enregistré)
Date: 21 juin 2008 a 11:56

ITIK

habibi j'espere avoir des photos pris par toi de cette ville
longtemps compter comme la porte de l'europe
david

Re: Tanger la nostalgique
Posté par: nissay10 (IP enregistré)
Date: 06 juillet 2008 a 21:47

Citation:
Marie-Jose
Nous aussi nous prenions souvent le bateau à Tanger mais pour aller au sud du Portugal.
Nous dormions une nuit à Tanger car avant de pouvoir s'y promener, il fallait passer les douanes et Arboua, si mes souvenirs sont bons, on y passait des heures !!! douanes entre Maroc français et espagnol puis entre maroc espagnol et zone internationale de Tanger !
remplir le "tryptique" de la voiture avec les n° des pneus , sans oublier la roue de secours....
vous en souvenez-vous ????

je me suis longtemps demandé pourquoi ce mot barbare pour un carton (jaune???) plié en trois et rempli d'un tas d'infos dur la voiture ....
et ensuite une uit à Séville, obligatoire pour ma mère (espagnole et ayant des souvenirs de Séville),
puis le sud du Portugal.
Nous faisions au total 900 kms et nous prenions 3 jours ...
autant vous dire que les routes vers le Portugal étaient en piteux état à l'époque !!!

souvenirs souvenirs...

Hier soir à la télé, au JT, un reportage sur Tanger, ville la plus visitée par les touristes fançais en 2006 !
on nous a montré des constructions d'hotels et de groupes hoteliers en quantité


Preciosa,
as tu vu ce reportage ????

Amitiés

Marie josé


Bonjour
je me permet de vous écrire car je cherche des informations sur une liaison par bateau entre tanger et le maroc , j'ai lu la conversation sur le forum
de darnna est ce que c'est possible d'avoir des information sur la compagnie maritime (nom et comment acheter les biais )qui effectue cette liaison cette le maroc et le Portugal

Merci beaucoup .

Tanger la nostalgique
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 29 juillet 2008 a 19:00

TANGER, VILLE FRONTIERE



Tanger est une ville où les deux rives de la Méditerranée se touchent des yeux.

Ville frontière, Tanger n’est plus seulement une ville internationale, comme elle le fut jadis, mais une ville transnationale. “C’est-à-dire qu’elle vit au quotidien dans un espace temps très peu national ”, comme le souligne Michel Péraldi qui a dirigé ce numéro de La pensée de midi.

Cité à nulle autre pareil, Tanger est traversée et débordée par de nombreuses frontières. Ce sont les multiples facettes de cette ville complexe que ce numéro se propose de dévoiler. A partir des contes cruels et savoureux de M’rabet, de récits singuliers, recueillis et partagés avec la complicité de la revue Nejma, d’histoires de vie comme celle d’Elena Prentice ou à l’heure du cocktail chez Paul Bowles, qui témoignent d’un cosmopolitisme toujours vivace, de la Calle del Diablo et des Lucioles de la nuit tangéroise décrites par Mona Kezari et Abdelmajid Arrif, des rebelles de la mondialisation, qui cherchent à traverser la frontière vers l’Europe comme une bravade et un défi trop souvent mortel (Mercedes Alavarez), des jeux subtils à propos du respect des bonnes mœurs ou des spéculations dans la Casbah (Carole Viché, Julien Le Tellier et Catherine Mattéi), sans oublier ce qui fait le mythe de Tanger dans sa relation au cinéma (Simona Schneider), ou sa réalité d’une ville entre deux mers, confrontée à l’invisible ou trop visible présence d’un mur, dans le récit de Driss Ksikes.

Tanger, une ville aimantée par sa relation à la frontière…

TANGER, VILLE FRONTIERE
Numéro 23, février 2008 [ISBN-13: 978-2742772957 - 17 euros]

Tanger la nostalgique
Posté par: Vicky Batista (IP enregistré)
Date: 30 août 2008 a 20:39

PARA TODOS LOS AMANTES DE TANGER COMO LO SOY YO, NACIDA ALLI Y TANGERINA HASTA EL ALMA. AHORA VIVO EN VALENCIA, PERO GRACIAS A ESTAS PAGINAS, PUEDO RECREARME Y PASAR "EL CHARCO" CADA VEZ QUE QUIERO. ESTE VERANO ESTUVE ALLI, Y MARAVILLOSO COMO SIEMPRE, CAMBIADO, MODERNO, PERO SUS CALLES DIGUEN MENCIONANDO EN SILENCIO EL MISMO MENSAJE MISTERIOSO QUE LAS HACEN INOLVIDABLES.
uN BESO A TODOS.
tAALA FRASKUM....

Tanger la nostalgique
Posté par: larcom (IP enregistré)
Date: 23 septembre 2008 a 01:40

AU sujet des ferry le meilleur C'est LE MAJESTIC de la CIE Grand navi veloci ITALIENNE IL FAIT GENES BARCELONE TANGER avec un prix plus intéressant que la Comarit et comanav, de plus service nicquel et tre peu de retard il part une fois par semaine de barcelone à 14 HEURES;les ferry qui partent de Sete sont à bout de souffle et plus chers.

Tanger la nostalgique
Posté par: james cohen (IP enregistré)
Date: 13 octobre 2008 a 13:56

OLA !! PRECIOSA, GRACIAS POR LAS FOTOS DE NUESTRO PUEBLO QUERIDO !!

AUNQUE VIVO EN OTRAS COSTAS DEL MEDITERRANEO , GUARDO MUY DENTRO DEL ALMA ESOS FELICES TIEMPOS EN LA PLAYA DE TANGER !!!

CON MUCHO CARINO SI SE ME PERMITE !!! Y FELIZ ANO NUEVO !!

JH.COHEN




Tanger la nostalgique
Posté par: herge (IP enregistré)
Date: 19 janvier 2009 a 06:11

Un projet de ville nouvelle est lancé pour désengorger Tanger, baptisée Ch'Rafate ("beauté" en arabe)
La métropole du détroit de Gibraltar est confrontée à une forte pression démographique. Sa population atteint le million d'habitants, contre 150 000 lors de l'indépendance, en 1956.


Tanger la nostalgique / Mama Rida
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 21 mars 2009 a 15:08

L'ouvrage "Une rencontre avec Lucia" sera présenté le 03 avril prochain au Palais des Institutions Italiennes de Tanger.

Il s'agir d'un livre témoignage sur le docteur Lucia Servadio Bedarida, une jeune médecin juive qui avait fuit l'Italie en 1939 à cause des lois raciales décrétées par le régime fasciste de Mussolini. Elle trouva refuge à Tanger la cosmopolite et s'y installa pour exercer en tant que gynécologue durant près de 40 ans.

Beaucoup de Tangérois se souviennent encore de celle que l'on avait baptisé affectueusement "Mama Rida". Une dame au grand cœur et fort appréciée pour son travail et son humanisme.




Tanger la nostalgique
Posté par: Budaudi (IP enregistré)
Date: 22 mars 2009 a 13:40

c´est bien grace a vous que j´ai connu Mogador (Essaouira)

il est juste que je vous envoi a un endroit Tanger
[www.siempretanger.net]

J´espere que tu te rejouis autant que moi avec Mogador

excuse monfranÇais

abelardo valencia budaudi

Tanger la nostalgique
Posté par: Budaudi (IP enregistré)
Date: 22 mars 2009 a 13:45

fumador de kif.jpg

Deríére photo arrivé a la web
abelardo

Tanger la nostalgique
Posté par: Budaudi (IP enregistré)
Date: 25 mars 2009 a 03:13

Espero que este sillon en la Sinagoga Nahon fuera el suyo, aunque en

Tanger había muchos Cohen

un saludo de

abelardo , un tangerino
sinagoganahon14rw7.jpg

Tanger la nostalgique - hommage à la ville
Posté par: aaron (IP enregistré)
Date: 06 octobre 2009 a 15:57

Dans son roman "La Chienne de vie de Juanita Narboni", Angel Vazquez trouve l’inspiration nécessaire pour rendre un hommage à la ville qui l’avait vu naître: TANGER

Juanita Narboni, la narratrice de sa propre histoire, parle cette langue vernaculaire, importée par les juifs séfarades installés au Maroc et transformée par la présence espagnole dans le rift. Vazquez s’est employé à reconstituer ce castillan mâtiné d’hébreu, augmenté d’arabe dialectal, mais aussi d’expressions françaises importées au temps où le pays faisait partie de la sphère d’influence de l’empire colonial. On y trouve même quelques bribes d’anglais puisque Juanita est britannique, par son père. Mais au-delà de la nationalité, elle appartient tout entière à Tanger. Comme elle le dit elle-même : « Cette histoire d’être anglaise-espagnole, ou espagnole-anglaise… Autrefois, ça n’existait pas, on disait : "Je suis tangéroise" et voilà tout. »

La dernière partie du roman est doublement déchirante. Tous ceux que Juanita a aimés sont partis, et dans sa vieillesse solitaire, elle voit disparaître le monde qu’elle a toujours connu. Lorsqu’elle évoque encore, pêle-mêle, les fêtes juives et le chant du muezzin, les pâtisseries marocaines et le thé anglais, les églises italiennes et le lycée français, ce Tanger cosmopolite où les Européens régnaient, elle sait déjà que tout ça n’existe plus que dans ses souvenirs qui s’éloignent.

Tanger la nostalgique
Posté par: shlomodo (IP enregistré)
Date: 02 septembre 2011 a 00:34

mon pere samuel dodo et ma mere julie benaioun sont nes a tanger en 1900 et 1902.le pere de ma mere - salomon benaioun - editait a tanger l'hebdomadaire La Liberte en francais et en judeo arabe. iletait aussi chef de la chorale de la synagogue Nahon. ma mere y etait soprano.mon pere assistait aux repetitions de la chorale a la synagogue pour y courtiser ma mere. possedant une voix fausse, il a ete refuse de la chorale mais a fini par conquerir ma mere. je n'ai pas connu cette synagogue, mais ce clip a eveille en moi une tres profonde emotion et une nostalgie imaginaire angoissante.moi je suis ne a casa.
shlomo (salomon) dodo

Tanger la nostalgique
Posté par: shlomodo (IP enregistré)
Date: 05 septembre 2011 a 00:24

cette carte d'invitation a ete imprimee dans l'"IMPRIMERIE FRANCAISE DU MAROC" de Salomon Benaioun. c'est mon grand pere maternel. il imprimait et editait aussi l'hebdomadaire "La Liberte" de 1915 a 1922.
je vous serai tres reconnaissant de m'indiquer ou puis je voir cette carte - et d'autres , si vous en avez - . retrouver cette trace de mon grand pere sur votre site m'a cause une emotion intense . merci pour votre aide!
shlomo DODO ashkelon/ israel



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