LE MAROC :  DARNNA.COM
Geographie, histoire, differentes villes du Maroc.  
Aller à la page: PrécédentPremière...56789101112131415Suivant
Page courante: 14 of 15
Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: Lakhdar Omar (IP enregistré)
Date: 28 octobre 2009 a 22:25

Bonjour à tous,

Voilà un autre personnage connu au niveau national et surtout à Essaouira:


Haj Omar Taïssir, l'enfant prodigue des Haha

Haj omar Taïssir est l'un des hommes les plus connus dans les annales de la vie économique du Maroc, au cours de ces dernières décennies. Né à Tamanar, village situé à soixante dix kilomètres au sud d'Essaouira, il commença à travailler dès l'âge de quatorze ans pour subvenir à ses besoins et à celui de ses parents. Il se consacra d'abord à la vente des œufs qu'il achetait dans son village pour les revendre dans les autres souks de la région. Il s'y rendait, à pied, à dos d'âne ou en car. N'ayant pas pu fréquenter les bancs de l'école, c'est en comptant et en recomptant ses œufs qu'il avait appris sa table de multiplication. Au cours de ses voyages, il demandait souvent au receveur du transport s'il ne devait payer qu'une mi-place, en raison de son allure chétive et sa taille moyenne, d'où son surnom de "Nass blassa ".

Lassé par le commerce des œufs, il se lança dans le concassage des pierres. Il travailla au temps du Protectorat avec certaines sociétés françaises qui lui confiaient des marchés dans ce domaine. Il créa ensuite une entreprise de travaux publics qui allait devenir l’une des plus importantes institutions dans le pays. Des ingénieurs des GrandesEcoles, des financiers, des techiniciens et des milliers d’ouvriers travaillaient pour son compte. En 1960, un séisme rasa la ville d'Agadir.

A peine son entreprise de bâtiment fut-elle créée qu'il participa au déblaiement de la ville et à sa reconstruction en lançant partout des chantiers. Infatigable, Haj Omar parcourait le Maroc en long et en large, pour contrôler ses travaux. Souvent, sa voiture lui servait de bureau et de chambre à coucher. Grâce à lui, une bonne partie du réseau routier du pays avait été réalisée. La première autoroute du Maroc reliant Casablanca à Rabat, fit partie de ses réalisations. Il travailla avec toutes les administrations publiques: l'ONCF, l'ONEP, l'OCP, l'ORMVA et l'ONDA. Il n'hésita pas à s'associer avec des groupes étrangers pour réaliser des projets de grandes envergures. A lui seul, Haj Omar, faisait office de multinationale marocaine vers laquelle l'Etat se tournait souvent pour confier des projets gigantesques. Il ne refusait jamais le travail; Il savait qu'il s'agit avant tout de l'intérêt national. Sa renommée franchit les frontières nationales pour s'établir sous d'autres cieux, notamment en Afrique. En Guinée, il construisit la grande mosquée de Conakry pour laquelle il avait été félicité par feu Hassan II et par l'ancien président de la République guinéenne, Mamadou Sékou Touré. Il travailla aussi au Sénégal, au Gabon et en Libye où il exporta son savoir-faire.

Haj Omar décéda le 26 mai 1979, dans une clinique, à Marseille... Il aurait sûrement pensé comme Maurice Contant cette phrase avant de rendre son dernier souffle, en pensant à sa chère tribu des Haha qui l'avait vu naître, grandir et s’épanouir:
Haha m'a donné tous les bonheurs du monde …
Sauf un … celui d'y mourir.

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: bounjimi (IP enregistré)
Date: 29 octobre 2009 a 15:28

Merci SiOmar d avoir evoquer cet homme-qui a fait bp pr sa patrie-et que,presque tt le monde a oublie.Cela fait presque 40 ans que je ne t ai pas vu.vous etiez 1 ami de mon pere lorsqu il etait a Agadir.je me souvien de ta voiture-rouge vif- sport.Alhadj Omar( nass blassa )lahyrhmou etait le mari de ma cousine qui vit tj a Casa,a Ain Sebaa.Merci

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: smimou (IP enregistré)
Date: 29 octobre 2009 a 18:45

Citation:
Lakhdar Omar
Bonjour à tous,
Voilà un autre personnage connu au niveau national et surtout à Essaouira:


Haj Omar Taïssir, l'enfant prodigue des Haha

Haj omar Taïssir est l'un des hommes les plus connus dans les annales de la vie économique du Maroc, au cours de ces dernières décennies. Né à Tamanar, village situé à soixante dix kilomètres au sud d'Essaouira, il commença à travailler dès l'âge de quatorze ans pour subvenir à ses besoins et à celui de ses parents. Il se consacra d'abord à la vente des œufs qu'il achetait dans son village pour les revendre dans les autres souks de la région. Il s'y rendait, à pied, à dos d'âne ou en car. N'ayant pas pu fréquenter les bancs de l'école, c'est en comptant et en recomptant ses œufs qu'il avait appris sa table de multiplication. Au cours de ses voyages, il demandait souvent au receveur du transport s'il ne devait payer qu'une mi-place, en raison de son allure chétive et sa taille moyenne, d'où son surnom de "Nass blassa ".

Lassé par le commerce des œufs, il se lança dans le concassage des pierres. Il travailla au temps du Protectorat avec certaines sociétés françaises qui lui confiaient des marchés dans ce domaine. Il créa ensuite une entreprise de travaux publics qui allait devenir l’une des plus importantes institutions dans le pays. Des ingénieurs des GrandesEcoles, des financiers, des techiniciens et des milliers d’ouvriers travaillaient pour son compte. En 1960, un séisme rasa la ville d'Agadir.

A peine son entreprise de bâtiment fut-elle créée qu'il participa au déblaiement de la ville et à sa reconstruction en lançant partout des chantiers. Infatigable, Haj Omar parcourait le Maroc en long et en large, pour contrôler ses travaux. Souvent, sa voiture lui servait de bureau et de chambre à coucher. Grâce à lui, une bonne partie du réseau routier du pays avait été réalisée. La première autoroute du Maroc reliant Casablanca à Rabat, fit partie de ses réalisations. Il travailla avec toutes les administrations publiques: l'ONCF, l'ONEP, l'OCP, l'ORMVA et l'ONDA. Il n'hésita pas à s'associer avec des groupes étrangers pour réaliser des projets de grandes envergures. A lui seul, Haj Omar, faisait office de multinationale marocaine vers laquelle l'Etat se tournait souvent pour confier des projets gigantesques. Il ne refusait jamais le travail; Il savait qu'il s'agit avant tout de l'intérêt national. Sa renommée franchit les frontières nationales pour s'établir sous d'autres cieux, notamment en Afrique. En Guinée, il construisit la grande mosquée de Conakry pour laquelle il avait été félicité par feu Hassan II et par l'ancien président de la République guinéenne, Mamadou Sékou Touré. Il travailla aussi au Sénégal, au Gabon et en Libye où il exporta son savoir-faire.

Haj Omar décéda le 26 mai 1979, dans une clinique, à Marseille... Il aurait sûrement pensé comme Maurice Contant cette phrase avant de rendre son dernier souffle, en pensant à sa chère tribu des Haha qui l'avait vu naître, grandir et s’épanouir:
Haha m'a donné tous les bonheurs du monde …
Sauf un … celui d'y mourir.

Lakhdar Omar,
Cet homage dédié à Haj Omar Nass Blassa "ALLAH YARHAMOU" me touche car il me rappel mon père "ALLAH YARHAMOU".
Au fait mon père était chauffeur de car chez Sheikh Saiid (car d'Aitmzal) il faisait Mogadore /Souss/Casa.
Haj Omar attendait à TAMANAR le passage de mon père pour monter dans le car avec comme bagage des oeufs de l'huile d'argan et du poulet pour les vendre à casa, au retour il ramène des ustensiles de cuisine en aluminium pour les vendre à TAMANAR.
En prenant place dans le car il demandait à mon père de lui faire payer une demi-place,car il est de petite taille et c'est depuis cet époque quil avait pris ce surnom(nass blassa).
Brahim

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: Lakhdar Omar (IP enregistré)
Date: 30 octobre 2009 a 00:00

Bonjour Si Bounjimi, Bonjour Si Brahim,


Merci d'avoir apprécié ce témoignage concernant le regretté Si Haj Omar Taïssir.

J'ai connu Si Hamid Bounjimi et son frère Abderrahman, que Dieu aient leur âme. J'ai tenté deux fois pour renconter Si Hamid alors qu'il était malade et on m'apprenait souvent qu'il voyageait beaucoup à Agadir.La 3ème fois on m' a annoncé son décès! Franchementj'ai regretté beaucoup de ne pas l'avoir vu avant qu'il décède!

Concernant Haj Omar Taïssir, je pense que ce personnage hors pair est mort deux fois:

- la 1ère à la suite d'une déprime causée par les vissicitude administratives.

- la 2ème fois par l'ingratitude d'une société qui l'a vite oublié!

Comme Baudelaire il aurait dit :


" Les vivants,les ingrats, dorment chaudement dans leur drap "


J'ai rendu hommage à Si Omar Taïssir dans un ouvrage intitulé " Au pays d'Anflous " qui est une contribution à l'histoire de la tribu des Haha. (Ouvrage en vente chez Joseph Sebbag et La Fibule à Essaouira )


couverture.jpg

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: bounjimi (IP enregistré)
Date: 30 octobre 2009 a 13:14

Citation:
Lakhdar Omar
Bonjour Si Bounjimi, Bonjour Si Brahim,

Merci d'avoir apprécié ce témoignage concernant le regretté Si Haj Omar Taïssir.

J'ai connu Si Hamid Bounjimi et son frère Abderrahman, que Dieu aient leur âme. J'ai tenté deux fois pour renconter Si Hamid alors qu'il était malade et on m'apprenait souvent qu'il voyageait beaucoup à Agadir.La 3ème fois on m' a annoncé son décès! Franchementj'ai regretté beaucoup de ne pas l'avoir vu avant qu'il décède!

Concernant Haj Omar Taïssir, je pense que ce personnage hors pair est mort deux fois:

- la 1ère à la suite d'une déprime causée par les vissicitude administratives.

- la 2ème fois par l'ingratitude d'une société qui l'a vite oublié!

Comme Baudelaire il aurait dit :


" Les vivants,les ingrats, dorment chaudement dans leur drap "


J'ai rendu hommage à Si Omar Taïssir dans un ouvrage intitulé " Au pays d'Anflous " qui est une contribution à l'histoire de la tribu des Haha. (Ouvrage en vente chez Joseph Sebbag et La Fibule à Essaouira )


[attachment 16219 couverture.jpg]
Bonjour Si Omar. Hamid allahyrhmou,se reposait bcp chez sa soeur( ma mere )a Agadir,avant sa mort.Je vais telephonner a ma cousine a Casa pr qu elle aille chercher ton ouvrage "Au pays d Anflous".Ils seront contents de le lire,elle,son fils Rachid,ses filles Amina et Fatim Zohra.Qd a moi,une fois rentrer au Maroc,ain chaallah,je ne manquerais pas d aller le chercher chez Joseph qui est 1 gd ami.Je vais lui envoyer un email pr me laisser 1 de cote.Merci,longue vie et bonne sante.

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: smimou (IP enregistré)
Date: 30 octobre 2009 a 13:32

Bonjour Si Boujimi,
Votre oncle Si ABDERRAHMAN BOUNJIMI était marié avec la fille de Haj OMAR "ALLAH YARHAMOU? vous me corrigez si je me trompe.
Merci.
Brahim

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: bounjimi (IP enregistré)
Date: 30 octobre 2009 a 14:46

Citation:
smimou
Bonjour Si Boujimi,
Votre oncle Si ABDERRAHMAN BOUNJIMI était marié avec la fille de Haj OMAR "ALLAH YARHAMOU? vous me corrigez si je me trompe.
Merci.
Brahim
salut Mr Smimou.Mon oncle Abderrahman allayrhmou,ne peut se marier avec la fille de haj Omar puisqu il est l oncle de sa mere.La fille de haj Omar est epouse de Omar Souiri,patron de l usine ALBarAD a Casa.L autre,l ainee,est mariee a Si Abderrahman Tigzirine,avocat a Marrakech.

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: smimou (IP enregistré)
Date: 30 octobre 2009 a 15:31

Si Bounjimi,
Merci pour la correction.
Si ABDERRAHMAN "ALLAH YARHAMOU" parckait sa voiture dans mon garage en face du café de france jusqu'à l'année 1981, je le voyais souvent, quand à HAMID "ALLAH YARHAMOU" il était un ami.
Amicalement.
Brahim

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: bounjimi (IP enregistré)
Date: 30 octobre 2009 a 16:56

Citation:
smimou
Si Bounjimi,
Merci pour la correction.
Si ABDERRAHMAN "ALLAH YARHAMOU" parckait sa voiture dans mon garage en face du café de france jusqu'à l'année 1981, je le voyais souvent, quand à HAMID "ALLAH YARHAMOU" il était un ami.
Amicalement.
Brahim
Salut Brahim,je vois bien qui vous etes,tu dois bien etre sur une photo avec ce cher David,qui ne repond pas a mes messages.Je suis content que tu sois toi sur ce site.La voiture etait une Fiat 124 blue ciel.

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: smimou (IP enregistré)
Date: 30 octobre 2009 a 19:11

Bonsoir Si Bounjimi,

Là, ma mémoire est encore bonne, effectivement c'était une FIAT 124 bleu-ciel qu'il avait AL MARHOUM.
Ce qui m'avait frappé en apprenant son décé c'est son jeune âge, mais quand l'heure sonne qu'ont soit jeune ou vieux, c'est l'heure, enfin c'est la loi de la vie.
Amicalement.
Brahim

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: echkol (IP enregistré)
Date: 30 octobre 2009 a 20:35

Dunes d'Essaouira : Autant en emporte le vent

Écrit par libe.ma
Étendues sur une superficie de 11.800 hectares, les dunes de sables mouvants d'Essaouira constituent un périmètre forestier protégeant efficacement la ville et ses liaisons routières avec Safi et Marrakech, formant sur le plan scientifique une réserve naturelle protégée.
Qualifiées d'œuvre historique par les botanistes et les écologistes, ces dunes sont actuellement soumises à un travail de déstabilisation et de destruction massive qui prend la forme d'une invasion du béton à travers des projets touristiques et immobiliers où le souci économique l’emporte sur une approche écologique.
Une sérieuse menace de déséquilibre de l'environnement guette actuellement le littoral de la ville qui subit, depuis plusieurs années, des irrégularités liées à la gestion de ses ressources naturelles en termes de biodiversité singulière. Elément qui a permis à la paisible Mogador d'accéder au répertoire des sites d'intérêt biologique et écologique (SIBE). De ce fait, la zone dunaire et l'archipel, désormais patrimoine mondial, ont intégré la liste Ramsar des zones humides.
Les dunes d'Essaouira sont actuellement confrontées à des facteurs dévastateurs encore plus graves que ceux du début du vingtième siècle. Il ne s'agit plus de simples activités de pâturage ou de coupes anarchiques au niveau forestier. C'est toute une machine infernale due à l’urbanisation, et un dangereux processus de cession des sites répertoriés au profit d'opérateurs immobiliers et touristiques qui sont en train de changer les caractéristiques de cet héritage écologique conçu avec patience et persévérance dès le début du siècle précédent.
Créée en 1760, la ville d'Essaouira située en bordure de l'océan Atlantique, et soumise à une forte fréquence du vent et à une importante érosion marine des roches friables, charriant sur le rivage d’importantes quantités de sable, était entourée d’une forêt dense de genévriers de 14.000 hectares, prolongée par des massifs forestiers de thuya et d'arganier s'étendant à l'est et au sud sur 300.000 hectares.
Elle avait fait l'expérience d'un massacre du couvert forestier avoisinant suite à l'exploitation abusive du bois pour répondre aux besoins d'une urbanisation émergente (construction de maisons, pâturage, bois de chauffage) qui n'a pas pris en considération l'intérêt vital du couvert végétal dans la protection de la ville contre le mouvement constant des sables maritimes déplacés par le vent du nord soufflant 291 jours par an. Un siècle et demi plus tard, il n'existait plus de forêt dans un rayon de 8 à 15 km.
"La construction de la ville, qui allait devenir rapidement un des ports importants du Maroc de l'époque, nécessita de gros besoins en bois de construction que fournissait la forêt de genévriers, située aux portes de la ville. Mais l'exploitation fut menée sans appliquer aucune règle sylvicole, en se contentant de couper des arbres donnant les poutres les plus intéressantes. C'est ainsi que l'on trouve encore à Essaouira de très vieilles maisons, dont la charpente et même l'ossature des murs, sont constituées· par d'énormes poutres de genévrier. Si les gros arbres furent débités pour fournir des poutres, les plus petits servirent à fabriquer du charbon de bois. Celui-ci était consommé par les habitants pour la cuisson de leurs aliments, et bientôt, avec la création du port, exporté par bateau.
A ces exploitations massives inconsidérées s'ajoutèrent les abus de pâturage. Les premiers habitants, et les riverains de la nouvelle ville, pour alimenter en viande et en lait les nouveaux citadins, développèrent leurs troupeaux en les nourrissant traditionnellement dans la forêt limitrophe", témoigna C. Sulzlee, ingénieur principal des Eaux et Forêts au Maroc dans un article-témoignage publié en 1962.
Une fois la forêt déboisée, aucun obstacle ne s'opposa plus à l'oeuvre du vent. Les sables envahirent l'intérieur des terres, formant des dunes qui furent constamment en mouvement sous l'effet des vents du nord. Les maisons des quartiers est de la ville étaient ensablées. L'avenir de la ville semblait décidément compromis.
En 1918, un deuxième souffle fut donné aux travaux de fixation des dunes déjà entamées en 1914. Un considérable dispositif humain, financier et matériel fut mobilisé pour réussir une gigantesque opération de reboisement et de fixation des dunes sur plusieurs hectares. Les méthodes de fixation variaient entre l'usage de moyens physiques, l'introduction de plantes fixatrices rapides, et puis la création d'un peuplement forestier qui avait permis, entre autres, la replantation de genévriers sur plusieurs hectares.
Achevé en 1986, le processus de fixation et de reboisement des dunes exige un effort durable d'entretien et de densification pour éviter toute fragilisation des zones dunaires (90% sur le domaine territorial de la municipalité d'Essaouira, 10% dans les communes rurales Sidi Kaouki au sud et de My Bouzerktoune et Ounagha au nord) connues pour leur richesse floristique, et regorgent d'une diversité de mammifères (sanglier, chacal, genette, mangouste, loutre, lièvre, et belette) et une avifaune nicheuse et migratrice et bien d'autres espèces d'oiseaux rares.
"Mais le climat n'est pas le seul obstacle au travail du forestier. Dès les premières années après la fixation, les arbres introduits sont encore tout petits, et une abondante végétation de plantes pastorales apparaît constituant un pâturage de très bonne qualité, attirant le bétail des riverains. Les branchages placés pour la fixation, donnent un ou deux ans après un excellent bois de chauffage bien sec, commode à ramasser, léger à transporter, et facile à écouler à bon prix auprès des utilisateurs (cafés, bains, boulangers, qui apprécient cet excellent combustible quasi gratuit). Enfin, les dunes boisées, situées aux portes de la ville, attirent tout naturellement les promeneurs, alors que le simple piétinement du sol brise les fines radicelles des végétaux introduits, les faisant périr à brève échéance.
En fait, une forte proportion des surfaces anciennement fixées ne porte qu'un boisement médiocre, et cela est dû en grande partie aux délits antérieurs. Il y a un demi-siècle, le brigadier chef Dupuy était déjà à l’œuvre pour arrêter cette dégradation. La lecture de son livret journalier nous indique que chaque jour ou presque, il constatait la présence de nombreux troupeaux en délit.
Il conduisait ce bétail en fourrière, quand il le pouvait. De plus, il arrivait à cette époque-là que les coupables, protégés par les autorités, ne soient pas punis.
Le même livret révèle que les délits qu’il constata furent sans· sanctions, et qu'il reçut même l'ordre des « services municipaux d'Essaouira » de ne plus faire de tournées dans le secteur de Chicht « pour éviter toute histoire » (page 6 à la date du 29-11-1914)", peut-on encore lire sur le même document de C. Sulzlee.
Un siècle après, l'écosystème de la ville se retrouve encore une fois menacé, à cause de cette extension urbanistique anarchique motivée par des soucis purement économiques qui ne prennent pas en considération le long chemin parcouru par plusieurs générations de forestiers qui ont réussi à transformer les dunes mouvantes d'Essaouira, considérées au début du siècle comme un danger pour l'avenir de la ville, en vraie richesse naturelle, une réserve biologique et écologique singulière répertoriée Ramsar.
Faut-il encore rappeler que les sables de la ville font l'objet depuis plusieurs années, d'actes de pillage commis par des transporteurs et des camionneurs qui sillonnent les routes de la province au vu et au su des autorités élues et locales? Pourtant, il n'y a aucune carrière de sable autorisée par les services municipaux.
Ces crimes écologiques ont été même officialisés par la cession de plusieurs dizaines d'hectares au profit de projets immobiliers et touristiques. Des milliers de tonnes de sable sont transportées au quotidien vers d'autres villes pour des chantiers de construction et partant garnir les comptes de certains particuliers.
Les dunes de la ville ne sont plus sous l'effet des vents nordiques, elles sont en train de subir la loi d'une poignée de spéculateurs qui ont découvert les vertus économiques du sable maritime. Peut-être allons-nous un jour nous réveiller et apprendre la mauvaise nouvelle de l'expatriation des sables de Mogador vers les plages caillouteuses de pays européens, ou d’ailleurs !

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: Lakhdar Omar (IP enregistré)
Date: 01 novembre 2009 a 08:16

Le mellah de Mogador possédait plusieurs saints. Celui dont on redit volontiers la gloire, vécut pendant la première moitié du dix neuvième siècle et repose aujourd'hui dans le cimetière de la communauté d'Essaouira. Haïm Pinto, premier de ce nom, était Rabbin-juge au tribunal rabbinique de Mogador. Son domicile, situé à côté des remparts, fut transformé après son décès en synagogue. On y admirait son banc de bois sur lequel il s'asseyait pour écouter les doléances. Ce rabbin a une réputation de sainteté en raison de ses charismes. Deux livres lui ont été consacrés, l'un dû à la plume de Makhlouf Mazaltarim (Shévah Hayim) et l'autre à celle d'Abraham Ben Attar (Shenoth Hayim). Ils célèbrent ses miracles et sa vie particulièrement pieuse. Après sa mort en 1935 ou 1940, les Juifs de Mogador ainsi que leur descendance installée dans tous les coins du monde, lui envoient toujours jusqu'au fond de son sépulcre, leur souvenir attristé et leur salut fraternel.

Pour l'étymologie de " pinto" , j'ai 2 versions :

- elle vient du mot ' peintre' pinto en italien, synonyme de 'sebbag '
- Benito qui signifie ' béni' ou Benoit. ( Notre ami David pourra me corriger)

En raison de l'importance des membres de la communauté juive à Essaouira qui dépassait la communauté musulmane en une certaine période, il y avait environ trente deux synagogues dont deux existent encore de nos jours : Slate Attia et Slate Rabbi Haïm Pinto, contre seulement sept mosquées.

En ce qui concerne Slate Attia, la plus prestigieuse, située la première du côté droit de la rue Ziri Ben Attia, juste à l'entrée de la rue Laalouj après l'ancien consulat de Grande Bretagne, cette synagogue fut construite avec des matériaux importées de Manchester en Angleterre. Elle n'était fréquentée que par les membres de l'Oligarchie. Actuellement ce lieu de culte a la porte et fenêtres barricadées!

Par contre,l'Eglise catholique qui n'a été inaugurée qu'en 1936 par Mgr. Henri Vielle, est toujours en activité. En fait, les fidèles sont plus souvent des touristes de passage,principalement Espagnols et Italiens et plus rarement des membres de la communauté européenne vivant à Essaouira.
page145.jpg

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: oueld sidi magdoul (IP enregistré)
Date: 01 novembre 2009 a 09:30

pinto cest le nom d une famille portugais , cette famille elle est etait

toujours plus pres des rois de portugal.

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: echkol (IP enregistré)
Date: 01 novembre 2009 a 12:04

Mon cher Omar

moi te corriger a toi? jamais de la vie
tu as des info (1ere classe)
je te rajoute seuleument le pere de Rabbi Haim pinto , venu du portugal
et si tu veux la suite ca sera avec grand plaisir, toujours present pour ma ville et ses enfants de part le monde
david




01-11-2009 10;50;26xxxxxxxxxxxx.JPG

Noms de rues de Mogador et les oubliés de l'histoire...
Posté par: Lakhdar Omar (IP enregistré)
Date: 01 novembre 2009 a 12:48

Merci David et merci Ouled Sidi Mogdoul pour vos renseignements sur sa sainteté Haïm Pinto!

Si il y a d'autres informations sur ce personnage ne manquez pas à les faire connaitre. Il me manque aussi des renseignements sur Slat Attia.

Merci!

Aller à la page: PrécédentPremière...56789101112131415Suivant
Page courante: 14 of 15


Désolé, seuls les utilisateurs enregistrés peuvent poster sur ce forum.
Veuillez cliquer sur S'identifier pour vous enregistrer

   Rechercher sur
 

  Web    
Darnna

© 2008 Darnna.com - All rights reserved.

'