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Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: alex (IP enregistré)
Date: 28 décembre 2007 a 09:14

ce sujet ma vraiment choque, j entendais parle des evenements des fes de 1912 et le changement de la capital. mais on nous a jamais dit des details aux ecoles. je sais pas s il faut s excuser ou quoi faire dans de telles situation , evidement c est plus facil de trouver des excuses ( les documents que vous avez presentaient tous montrent en quel etat etaient ces recrutes mais aussi qu il etaient des pilleurs et donc deja des creminels qui ne representent la vrai populaion) . egalement l action du sultant etait bien place et honoable, et meme si il ne pouvait ni sauver le mellah ni meme prendre bien soins des refugies dans son pallais ( ou dar lmakhzen) c est due a leur nombre ( j ai lu 12000 personnes vivaient a ce mellah et le maroc etait en ruine alors l etat ne peut pas faire grand chose pour des milliers de refugiees) . j apprecie que des marchands arabs qui font de la commerce avec les juifs ont tente d aider ( ils connaissent mieux les juifs que ces emutiers ).
mais tout ca, et meme si on rendra la france reponsable de la grande part des morts ( les bombardements ) ceci ne changera pas la seule realite confirme. les juifs de fes ont ete massacre sans raison et pendant 3 jours ( tout ce temps la pour mobiliser une force a leur secours . de l autre part l ambassade de france et des autres pays d europe ne semble pas etre saccage!!!). c est honteux et terrible.
je pense envoyer une copie des documents a mes amis ( surtout ceux qui sont au maroc) la bas on sait une seule version d histoire : les marocains ( musulmans ou juifs) ont vecu des temps defficile surtout apres 1844 (la battaille d isly que le maroc a perdu face au france ) puis les francais sont venu et en 1912 lorsqu on a signe le protectorat les fassi sont revoltes contre l armee francaise et lyaute les massacres et puis il deplacera la capital a rabat pour punir la ville imperialle. je me rappel d aucun mot sur le mellah ou comment les evenements etait declenches. il semble que l etat tente tellement de garder l image du pays de tolerence qu il a peur de nous reveler les pages noires de notre histoire meme si l etat (le sultan) n etait pas responsable.
ce tritl fait honte au maroc

Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 12 janvier 2008 a 10:51

Les evenements de Fes sont relates sur le site [www.sodyna.com]

Ainsi on peut lire :

Les Juifs font les frais des ambitions franco-allemandes

Le 4 mai 1911, suite à une insurrection des marocains nationalistes, les villes de Fès, de Mekhnès et de Rabat sont occupées par les troupes françaises. L'événement provoque un conflit d’intérêts avec les allemands. En avril, des Berbères attaquent le quartier juif de Mekhnès et de Fès. Les Juifs forment un groupe d’auto-défense et repoussent au terme de cinq jours les émeutiers musulmans. Le général français Moinier débarque à Fès le 21 mai. En juillet 1911, un navire de guerre allemand débarque à Agadir. Le 4 novembre 1911, les gouvernements français et allemands signent des accords d’ententes sur leurs zones d’influences respectives en Afrique du Nord.
De Lituanie à Mekhnès


1912 / 1956 ; Maroc sous protectorat français.

Le 30 mars 1912, le traité de Fès imposé et signé entre Moulay Hafiz et le gouvernement français établit le protectorat Français sur le Maroc. La Régence est placée sous les ordres du général Hubert Lyautey qui est nommé résident général jusqu’en 1925. Des gouverneurs militaires sont nommés par régions ainsi que des gouverneurs civils de chaque localité. La communauté juive marocaine est évaluée à plus de 110 000 âmes, dont près de 2 000 âmes à Debdou, la ville des Cohanim. Quelques familles juives quittent les Méllahs, les quartiers juifs, et s’installent en ville, dans les quartiers musulmans ou européens.


Le massacre de Fès.

Le 17 avril 1912 à Fès, les Tabors, les recrues marocaines engagées dans les troupes françaises, se mutinent contre les autorités françaises. Ils sont soutenus en partie par une population musulmane déchaînée. Ils tuent des officiers français à qui ils coupent les têtes, puis, ils se ruent dans le Méllah où ils massacrent pendant trois jours des centaines d’hommes, de femmes et d'enfants juifs, puis, ils pillent et incendient les maisons. Les survivants sont sauvés de justesse suite à l’arrivée du sultan Moulay Yusuf. Le 20 avril Moulay Hafiz nomme une commission de 14 membres, dont le Naguid des Juifs et un représentant de l’Alliance en vue d'évaluer des réparations. En mai, de nouveaux heurts éclatent entre les musulmans et les français. Le 12 août, Moulay Hafiz abdique, Yusuf monte sur le trône.

Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: akachmir (IP enregistré)
Date: 15 janvier 2008 a 21:07

Le Tritel de Fès
Après lecture des sujets du massacre de Mellah de Fès, je contribue par quelques notes et témoignages divers :

- Le Sultan Moulay Hafid est assiègé dans son Palais. La petite garnison française est incapable de défendre la colonie française. Des renforts sont en route, lorsque le 17 Avril, la populace sans avertissement change d’objectif et s’attaque au Mellah. Le bilan est très lourd : 60 morts et plusieurs blessés, la communauté entièrement dépouillée, le tiers du mellah livré au feu et les 12.000 survivants se retrouvent sans abri et sans nourriture. La ménagerie du Palais est évacuée et les malheureux survivants hébétés sont logés dans les cages aux fauves. Hubert Jacques, a fait dans son livre « Les journées sanglantes de Fès » une saisissante description de ces événements qui ont tant marqué l’esprit public dans tout le Maroc. (événements déjà cités dans ce forum).

- C’est vers midi et demi que l’alarme fut donnée au Mellah. Aussitôt toutes les portes furent fermées et les Juifs n’eurent plus qu’un seul espoir : celui que leurs portes pourraient résister aux assauts.

- Par suite de faits de contrebande de cartouches récemment signalés dans le Mellah, l’autorité militaire avait fait rendre toutes les armes du Mellah. Les malheureux sans moyens de défense, se trouvaient donc aucun secours possible, exposés à la fureur bien connue des émeutiers.
- Vers 2 heures, les portes criblées de balles et attaquées au pic et à la hache, tombaient en livrant passage à un torrent de pillards. Les Juifs terrorisés, tendentes ad sidera palma, leur dirent de prendre leurs biens et leurs richesses, mais de leur laisser la vie sauve.

- Par bonheur, une porte nouvelle avait été récemment ouverte dans le mur d’enceinte, permettant de communiquer directement avec la route de Dar-Debibagh. C’est par cette issue que presque tous réussissent à fuir pendant que les envahisseurs s’attardaient à piller.

- Le Sultan prévenu, il fit ouvrir une des portes du palais donnant près du Mellah et offrit asile à tous les rescapés, il a subvenu à leur nourriture et mit à leur disposition tout ce qu’il avait, ordonnant d’ouvrir les caisses et de distribuer les vivres qu’il comptait emporter pour son prochain voyage.

- L’autorité militaire française fit distribuer mille petits pains arabes et le consul d’Angleterre douze cents. Mais là se bornait le premier effort, toutes les réserves de la ville étant épuisées. Le lendemain, les malheureux tombaient d’inanition, sans qu’il fut possible de leur venir en aide. Ils grouillaient par centaines, entassés les uns sur les autres dans de grandes cours, des couloirs, vieux magasins, écuries, sous les voûtes…., partout, enfin.

- Un spectacle le plus original était celui de plusieurs centaines de femmes, de jeunes filles et d’enfants blottis dans des cages bardées de fer réservées aux bêtes féroces du Sultan.

- Pendant une quinzaine de jours, les secours affluant, ils purent, petit à petit regagner leurs demeures hâtivement remises en état provisoire.

- Le trésorier de la Communauté, Shlomo Cohen qui tenait les Chroniques de la ville depuis 1879, rapporte également ces événements avec beaucoup de précision (voir réponses déjà cités précédemment par Arlett).

- RabbiYossef Messas se fait le porte parole de la Communauté de Meknès et envoie une lettre aux habitants de Fès où il exprime la douleur profonde et sincère de ses compatriotes : « Comment pourrais-je décrire l’étendue de notre deuil, la profondeur de notre douleur à l’annonce de cette funeste nouvelle. Notre cœur a fondu, notre langue s’est collée à notre palais, il n’y avait plus en nous aucune vie, notre esprit s’est noirci et aucune nourriture n’est venue à notre bouche, toute la ville est émoi, chacun pleure, de chaque gorge monte une prière et une lamentation. Comment en une nuit est tombée aux pieds…. Que Dieu vous protège et subvienne à vos besoins de sa main large et généreuse et qu’un tel malheur jamais ne revient… »

- M. Moyal le directeur de l’école d’Alliance confirme dans le rapport qu’il envoie à Paris. « C’est seulement Vendredi entre cinq heures et six heures qu’un fuyard nous arriva et nous raconta le sac de Fès. Dès le samedi soir on organise une souscription qui rapporte dans les 10.000 francs. Jamais il ne m’a été donné d’assister à un pareil élan de générosité. Plusieurs notables dont la fortune ne dépasse pas 20 à 30.000 francs ont souscrit de 225 à 425 francs, des journaliers qui ne gagnent pas 2 francs par jour, nous ont apporté de 5 à 10 francs. En ces pareils moments les Isrëlites de Meknès ont à mon avis donné un exemple de solidarité unique au monde.

- Le rédacteur de Chroniques de Fès écrit en 1912 (cité par Rabbi David Ovadia dans son livre « Fès et les Rabbins » : De Meknès, ils ont envoyé une lettre de condoléances, de l’argent, des vêtements usagés et du pain sec qu’ils ont ramassé dans les familles. Notre communauté a été vexée par cette aide apportée par la communauté de Meknès. Certains vont jusqu’à dire qu’à Meknès, on s’est même réjoui de nos malheurs à cause du mal que nous disons d’eux. Pour l’argent, nous n’avions d’autre solution que de l’accepter. Pour les vêtements nous les avons distribués aux Juifs de Meknès qui habitaient chez nous. Quant au pain sec, nous l’avons jeté parce qu’il était immangeable » Ce qui tiendrait à prouver que même aux moments les plus critiques, le folklore ne perd pas ses droits….

Si le coeur qui bat pouvait parler

Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: akachmir (IP enregistré)
Date: 15 janvier 2008 a 21:20

Suite et conclusion

Querelle d’un autre âge car avec cet épisode apocalyptique prend fin un période, celle du vieux Maroc archaïque renfermé sur ses préjugés et ses coutumes. On le quitte sans regrets dans l’ensemble de la communauté juive marocaine. Deux attaques en dix ans, la traumatisme du massacre et du pillage de Fès, le Vieux Maroc disparaît sous ses plus mauvais jours, et il est rejeté dans l’obscurité des temps ou comme on dit à Meknès : Zmane (du mot hébreu temps). Désormais dans la conscience collective il y a distinctement deux temps dans l'histoire: avant et après. Avant l'arrivée des Français et après. Une nouvelle aube se lève.

Si le coeur qui bat pouvait parler




Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 15 janvier 2008 a 21:38

Voici a ce sujet le temoignage de Hubert-Jacques

Les Evènements de Fès les 17 - 18 - 19 avril 1912


Le 30 mars 1912 le sultan Moulay Hafid signe à Fès le traité de Protectorat mais la nouvelle doit rester secrète jusqu'à son départ pour Rabat fixé au 17 avril . Le départ du sultan et celui de l'ambassade conduite par M.Régnault, ministre de la France à Tanger, qui avait reçu la signature du traité doivent avoir lieu le même jour, à quelques heures d'intervalle.

La situation politique du moment est sérieuse, une bonne partie du Moyen Atlas est en effervescence et les dispositions de la population de Fès à l'égard de la France sont moins bonnes qu'un an auparavant où les troupes du général Moinier avaient rompu l'encerclement de la ville par les tribus insurgées de la région. L'occupation de Fès par les troupes françaises n'a amélioré en rien la situation de la population et la déception est perceptible.

Le secret de la signature du traité et du départ du sultan a été éventé et des rumeurs font état de la présence autour de la ville de guetteurs des tribus qui envisagent de se rassembler pour attaquer la ville et reprendre à l'ambassadeur « l'acte de vente » d'une partie du domaine de l'islam à une puissance infidèle.


La révolte
Le 17 avril au matin, à l'occasion de la paye, deux tabors d'infanterie et un de cavalerie, casernés à la Casbah des Cherarda, se mutinent et agressent leurs instructeurs. Ils se rendent au Dar el-Makhzen pour exposer leurs griefs au sultan qui les fait renvoyer sans vraiment les recevoir. Les tabors révoltés se répandent en ville et massacrent leurs officiers et les chrétiens qu'ils rencontrent.
On s'attend d'un moment à l'autre à l'invasion du quartier du Douh où habitent la plupart des européens et où se trouvent les principales ambassades et l'hôpital militaire. Le général Brulard, commandant d'armes, établit son poste de commandement à l'hôpital.
Les émeutiers massacrent les militaires et civils français qu'ils rencontrent, l'hôtel de France est envahi et la propriétaire est tuée. Le poste des télégraphistes à l'entrée du Douh est incendié.
Le Mellah est envahi et pillé . Une dizaine de milliers de juifs se précipitent vers le Dar el-makhzen qui leur ouvre ses portes.
L'émeute partie de Fès-Jdid se propage de proche en proche jusqu'au bas de la ville et tous les quartiers sont atteints.
Il faudra l'intervention des troupes casernées à Dar Makhzen et à Dar Debibagh et de leurs sections d'artillerie qui bombardent les quartiers occupés par les émeutiers pour dégager les européens assiégés. La plupart d'entre eux ont été sauvés par des Fassis qui au péril de leur vie les ont caché, quelques uns ont été recueillis par le pacha de Fès-Jdid et conduits au Dar el-Makhzen puis de là à Dar Debibagh pendant la nuit.
Après une soixantaine d'heures d'insurrection la situation est progressivement contrôlée mais les dégâts sont majeurs. La grande rue du Mellah n'est plus qu'un amas de ruines où gisent des cadavres d'hommes, de femmes et d'enfants conséquence tout à la fois des massacres commis par les émeutiers et des bombardements par l'artillerie pour déloger les révoltés .
La population du Mellah est entassée dans les cours du Dar el-makhzen où elle commence à mourir de faim malgré les distributions de pain que fait faire Moulay Hafid. Pour les mettre à l'abri des intempéries les femmes et les enfants sont logés dans les cages inoccupées de la ménagerie du sultan où ils voisinent avec les fauves.
Les pertes humaines sont importantes, environ soixante cinq morts et soixante quinze blessés pour les civils européens et les militaires français ou marocains. Les pertes du Mellah sont d'au moins une cinquantaine de tués et d'une quarantaine de blessés. Les pertes concernant les tabors révoltés et la population musulmane n'ont pu être évaluées « même approximativement » !

Les causes
Les causes de la sédition ont été décrites comme multiples et utilisées par chacun en fonction de ses intérêts ou de sa lecture politique des événements.
Pour M .Régnault la révolte des tabors est un accident fortuit ayant des causes purement militaires. Le général Moinier au contraire la tient pour totalement fomentée par le Makhzen.

Les soldats marocains (askris) des tabors auraient été conduits à la révolte par deux mesures militaires principales: le sac et l'ordinaire. Il avait été décidé que l'askri porterait le sac, or il assimilait le sac à un bât (barda) et considérait son port comme une humiliation à laquelle il ne voulait se soumettre à aucun prix.
Quant à l'ordinaire, une réforme de la solde a été annoncée lors de la paye du 17 avril : le soldat recevait une solde incluant une indemnité pour se nourrir, il se nourrissait ensuite comme il le voulait, généralement mal car il utilisait cette indemnité pour nourrir aussi la ou les femmes qui vivaient avec lui .L'état major a décidé de supprimer l'indemnité de nourriture, en augmentant légèrement la solde mais en retenant la moitié ou les deux tiers de cette solde pour la création de l'ordinaire, l'askri serait mieux nourri mais plus sa compagne . Ce serait l'étincelle qui aurait mis le feu aux poudres.

Pour les tenants de l'origine politique de la révolte le sultan porte une lourde responsabilité dans l'atmosphère de malaise qui règne au Maroc depuis quelques mois: ses tergiversations dans la négociation en vue de la signature du traité de protectorat, ses menaces d'abdiquer, sa hâte à quitter Fès après la signature et certains propos tenus aux oulémas pour leur prouver qu'il n'avait cédé que sous la contrainte; propos parfois également déformés et grossis par un entourage qui ne souhaite pas voir se mettre en place une nouvelle organisation administrative et qui aurait pu pousser à la révolte des soldats .
Cette lecture différente des causes de l'insurrection entraîne une tension dans les relations entre civils et militaires, relations qui n'avaient jamais été très cordiales .Le général Moinier persuadé de la trahison du sultan, du makhzen et d'une bonne partie de la population de Fès veut proclamer l'état de siège, exercer des représailles et lever une contribution de guerre pour punir la ville. M .Régnault exerçant les fonctions -à défaut d'en avoir déjà le titre- de résident général s'oppose à ces mesures.
Le gouvernement français autorise la proclamation de l'état de siége, interdit les représailles et ordonne de surseoir au recouvrement de toute indemnité . Il se rend compte également de l'urgence qu'il y a à réunir tous les pouvoirs civils et militaires dans une même main qui ne pouvait être que militaire.
L’arrivée de Lyautey
Le décret du 27 avril 1912 nomme le général Lyautey commissaire Résident Général de la République Française au Maroc.
M.Régnault initialement pressenti pour être le premier Résident Général quitte Fès le 6 juin 1912 en même temps que le sultan. Les deux convois se séparent au col du Zegota, l'un se dirige vers Rabat, l'autre sur Tanger, où le « Du-Chayla » attend le ministre pour le ramener en France.


Enfin seul, le général Lyautey peut donner libre cours à son génie organisateur. Le Protectorat qui avait mal commencé bénéficiera finalement des émeutes de Fès avec la nomination de Lyautey dont l'oeuvre marquera durablement le Maroc.

Bibliographie:
- Capperon Louis : Au secours de Fès 1912 Librairie militaire H. Charles-Lavauzelle
- Hubert-Jacques : Les journées sanglantes de Fès 1913 Librairie Chapelot
- Dr F Weisberger : Au seuil du Maroc moderne 1947 Les éditions de la Porte .


Source : www.adafes.com




Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 16 janvier 2008 a 02:10

Toujours concernant cet evenement, voici ce que ce document donne comme temoignage. Il s'agit de ma traduction personnelle de l'hebreu au francais et excusez les imperfections de langage. je corrigerai plus tard.

La signature du Protectorat entre le Maroc, la France et l'Espagne le 30 Mars 1912 a ouvert la voie a une revolte generale de la population contre le Roi qui fut accuse d'avoir trahi son peuple et vendu son pays.
Dans sa ville de Fes, le roi etait en etat de siege. Le 17 avril, les soldats du roi combattirent les francais et en tuerent quelques uns. Les petites forces francaises n'etaient pas en mesure de combattre le soulevement populaire. Lorsque les francais virent qu'ils ne pouvaient seuls combattre les forces locales, ils se retrancherent dans des abris solides. Les emeutiers frustres de ne pouvoir les atteindre, retournerent leur rage contre les juifs beaucoup plus vulnerables.

Ainsi commencerent 3 jours de ravages et pillages, evenement qui porte le nom arabe de TRIT'L qui signafia l'un des plus grand carnage vecu par les Juifs pendant ce millenaire.
Leur souvenir resta marque longtemps en eux et symbolisa une epoque terrible qui souligna l'arrivee des Francais au Maroc.




Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 16 janvier 2008 a 04:22

Il s'agit du temoignage du directeur de l'Alliance Israelite Universelle de Fes ou c'etait sa premiere annee d'activite au Maroc, dans un document qu'il envoya a Paris et dans lequel il loua la bonte de la communaute de Meknes qui participa a l'aide des Juifs de Fes a la suite des evenements.

(Texte traduit de l'hebreu par mes soins)

"Seulement Jeudi entre 5h et 6 heures du soir, nous avons appris pour la premiere fois ce qui s'etait passe a Fes par l'arrivee d'un refugie. Samedi soir, nous avons organise immediatement une collecte de 10.000 Francs. Je n'avais jamais vu une telle generosite.
Quelques notables dont leur richesse ne s'elevait pas plus que 25.000 ou 30.000 francs firent don de 225 a 425 francs et les ouvriers qui ne gagnaient pas plus de 2 francs par jours, firent don de 5 et 10 francs chacun. A cette occasion, les Juifs de Meknes demontrerent une generosite si grande, qu'on n'avait jamais encore vue ici."

Ce qui se disait d'un cote, n'etait pas ressemblant a ce que dit a Fes et que ce temoignage confirme :
"De Meknes, ils ont envoye des condoleances et de l'argent, et de vieux vetements et du paix rassis, qu'ils ont recueillis dans les familles. Notre communaute s'est sentie vexee de cette aide venue de la communaute de Meknes et le bruit se repand que les gens de Meknes se sont rejouis de ce qui arrivait aux Juifs de Fes et qu'ils medisaient sur eux. En ce qui concerne l'argent, il n'y avait pas le choix mais les vetements defriches, nous les avons distribues aux Juifs de Meknes qui habitaient chez nous et le pain nous l'avons jete car il etait immangeable"

"Le souvenir de ces evenements a ete vif pendant quelques annees a Fes et il y eut des differends avec les representants du Protectorat sur le montant des indemnites qui leur revenaient et les Juifs de Fes n'eurent qu'une petite compensation d'un grand malheur".




Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 07 février 2008 a 04:29

Pour revenir a ces emeutes sanglantes de Fes en 1912, voici en inedit un temoignage detaille paru sur Le Bulletin annuel de l'Alliance Israelite Universelle au Maroc.
Les evenements sont decrits en menus details et j'espere que la lecture ne sera pas trop laborieuse mais c'est le mieux que j'ai pu faire avec ses documents.

Voici dont tous les documents inedits que je place les uns apres les autres.
Bonne lecture








Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 07 février 2008 a 04:31

BULLETIN ANNUEL DE L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE PARU EN 1912


















.../...




Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 07 février 2008 a 04:33

.../...

















.../...




Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 07 février 2008 a 04:43

.../...(Bulletin annuel de l'AIU paru en 1912)

Ce temoignage est passionnant car c'est un temoignage "on live" de ce qui s'est vraiment passe
durant ces emeutes et il ne fait aucun doute d'apres ces papiers
que les assaillants etaient les "Berberes et les Askrits" revoltes.


















.../...




Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 07 février 2008 a 04:46

.../...(Bulletin annuel de l'AIU paru en 1912)













Et une lettre du Gerant du Consulat de France a Fes

a la communaute israelite signee L. Mercier...





.../...




Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 07 février 2008 a 04:50

.../...(Bulletin annuel de l'AIU paru en 1912)


Voici la reponse du Resident Lyautey pour annoncer les reparations
futures du Mellah

















.../...




Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccages)
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 07 février 2008 a 04:51

.../... (Bulletin annuel de l'AIU)













Les evenements de FES en 1912 - Trit'l (saccage)
Posté par: andre (IP enregistré)
Date: 07 février 2008 a 16:22

Ce qui semble curieux dans cette correspondance, est l´absence totale d´une mention des causes de la majorité des dégats concernant les maisons du mellah et dont le bombardement de ce dernier par l´artillerie française en était responsable...

"A"




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