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Re: LETTRES HEBRAIQUES ET LEUR SIGNIFICATION
Posté par: nanouche (IP enregistré)
Date: 27 avril 2007 a 16:19





Mem, treizième lettre de l'alphabet




Symbolisme


Le mem symbolise le retour vers l'intérieur. Le nom mem vient de maïm, l'eau, mot composé de mi qui regarde son reflet inverse im pour nous enseigner que dans chaque question se trouve le reflet d'une autre question. Cette lettre est celle de l'introspection qui nous pousse à descendre en nous et à nous interroger sur notre existence.
Le mem est la lettre de l'eau, symbole de l'écoulement de la vie et de la sagesse divine. La lettre mem suggère simultanément le révélé et le caché, c'est pour cela que cette lettre est l'initiale de Moïse, qui révèle la loi et de Messie, qui demeure caché. Ainsi, le mem ouvert représente la thora révélé et le mem fermé représente la thora cachée.

Origine


L'idéogramme du Mem est une simple ligne ondulée, dont la volonté est très certainement de figurer le mouvement de l'eau.
Mais il ne faut pas oublier que la tradition hébraïque développe très largement le concept des "eaux d'en haut" et des "eaux d'en bas". Ainsi, outre son simple symbolisme aquatique, le Mem établit un lien entre l'avant et l'après-Création. On peut imaginer que le bâton du berger, décrit par le Lamed, se mette à vibrer par la force des puissances célestes, dans le Mem, pour en faire jaillir les eaux de la vie. Le passage du bâton à l'eau se retrouve dans le Livre de l'Exode (17:5-6) :
"D-ieu dit à Moïse : «Passe en tête du peuple et prends avec toi quelques anciens d'Israël ; prends en main ton bâton, celui dont tu as frappé le Fleuve et va. Voici que je vais me tenir devant toi, là sur le rocher (en Horeb), tu frapperas le rocher, les eaux (Mayim) en jailliront et le peuple boira.» C'est ce que fit Moïse, aux yeux des anciens d'Israël.
Noublions pas que le bâton prolonge la main du Youd et du Kaph.

Signification


Le nom Mem, vient du mot Mayim, l'eau, toujours au pluriel en hébreu. Cela pour signaler qu'il existe des eaux supérieures et des eaux inférieures, séparées lors du deuxième jour de la Création et donnant à l'eau, par cette considération, un symbolisme de dualité.
Les eaux primordiales constituent la "matière Mère", qui nourrit et pénètre tous les règnes de la nature.

Forme de la lettre


La forme de la lettre Mem est constituée par la lettre Kaph, qu'un Vav vient fermer en laissant une ouverture vers le bas. Ainsi, le Vav qui se trouvait en haut, dans le lamed, est descendu au niveau du Kaph. Les deux lettres, Kaph et vav, totalise 26, valeur du Tétragramme.

Guématria


Sa valeur numérique 40 apparaît systématiquement dans la Bible pour signaler un isolement et une transformation (la traversée du désert).
Cette valeur désigne le temps nécessaire pour accomplir un processus de maturation menant à la fructification par la purification. Le nombre 40 revient souvent dans la Bible pour exprimer la durée correspondant approximativement à une génération humaine, s'il s'agit d'années.
40 correspond à une période de mutation et de transformation pour accéder à un changement radical, on peut citer :
- les 40 jours du Déluge (Gen. 7:4)
- les 40 jours de Moïse sur la Montagne (Ex. 24:18)
- les 40 ans dans le désert (Nomb. 14:33)
- 40 jours d'exploration de Canaan (Nomb. 13:25)
- Elie marche 40 jours à Horeb (Rois 19:8).
L'eau de la vie, Mem, se symbolise également par le lait, dont le nom hébreu "h'alav", possède une valeur numérique.
La valeur pleine de Mem est 80, qui est un nombre précisant que Mem est une lettre servant de support, comme le montrent les mots 'Yessod" fondement, et "Kiss", siège, de valeur 80.




Re: LETTRES HEBRAIQUES ET LEUR SIGNIFICATION
Posté par: jam_cool_man (IP enregistré)
Date: 28 avril 2007 a 22:44

j'ai qelque ecriture francais comment vous pouvez m'aiddez a les publier

Re: LETTRES HEBRAIQUES ET LEUR SIGNIFICATION
Posté par: nanouche (IP enregistré)
Date: 29 avril 2007 a 23:49





Noun, quatorzième lettre de l'alphabet



Symbolisme


La lettre noun représente le poisson mais aussi le serpent. Noun est la réversibilité et l'émergence, l'harmonie des mixtes, tout ce qu'une graine produit.
La lettre noun est aussi le symbole du fondement (sefer habahir). Il faut souligner que le noun évoque ce qui est caché ou englouti dans les profondeurs. Il a souvent une connotation féminine, et signale une intimité que l'on cherche à préserver des regards indiscrets.

Origine


Sur le sens de l'idéogramme protosinaîtique, les avis sont partagés. Certains discernent, dans le mouvement du signe, la représentation d'un serpent d'eau ou d'une anguille. D'autres, s'appuyant sur le nom noun qui en arabe et en araméen signifie "poisson", voient dans cette graphie la tête d'un poisson sortant verticalement de l'eau, la bouche ouverte.
Comme si le poisson voulait quitter son élément aquatique et prendre une bouffée d'air, à l'image d'un plongeur après une longue apnée. Il s'agirait alors de la naissance hors des eaux du Mem, et l'appel du premier souffle montrerait la pénétration de l'âme. Il s'agit là d'un stade intermédiaire entre l'instabilité de l'eau et la stabilité du soutien du Samekh, qui suit le Noun.

Signification


Le mot Noun désigne la perpétuation.
Le mot araméen 'Noun", poisson, montre la fructification et la productivité.


Forme de la lettre


La forme écrite du Noun fait allusion à quelqu'un qui près être tombé, se soulève sur sa hanche et tourne sa tête vers l'arrière dans la direction du Mem de Mélekh, le roi, à qui il lance un appel de soutien (Samekh)" (Autioth de R. Akiva). La forme du Noun s'obtient par une courbure du Vav.

Guématria


Sa valeur numérique 50 évoque, principalement dans la Kabbale, les 50 Portes de l'Intelligence (Binah) et à ce titre représente l'homme complet. C'est le nombre de l'accomplissement et du renouveau.
Le mot Noun, a une valeur de 106, identique au mot " biqésh" signifiant chercher, interroger et demander. Ces dénominations sont des qualités typiques de la séfirah Binah, sources des 50 Portes. 106 est également la valeur de "qav", la ligne ou l'axe, dont la forme du Noun final est l'image.




Re: LETTRES HEBRAIQUES ET LEUR SIGNIFICATION
Posté par: nanouche (IP enregistré)
Date: 30 avril 2007 a 14:47





Samekh, quinzième lettre de l'alphabet




Symbolisme


La lettre samekh représente le soutien ainsi que les arêtes du poisson. Dans ce cas, le samekh devient l'arbre de vie de la tradition, le chemin tracé. Mais c'est un chemin que l'on suit sans regarder avec le risque de se faire enfermer, ce que montre sa forme arrondie. La lettre samekh représente tous nos attachements, nos passions sur lesquelles on s'appuie, mais qui agissent comme un piège qui se referme.
Samekh est le destin, le mouvement circulaire, ce qui tend et siffle telle la corde de l'arc et le serpent de la Génèse.

Origine


L'idéogramme du Samekh est la continuité du Noun, car quoique le nom signifie "appui", dans sa version la plus ancienne l'idéogramme représentait un "poisson".
Toutefois le protosinaitique n'a pas gardé la forme du poisson, mais seulement son squelette, c'est-à-dire ses arêtes.
Nous pouvons ainsi faire le lien avec le sens le plus généralement accepté du Samekh, c'est-à-dire l'appui et le soutien. Car le squelette est la charpente qui "soutient" le corps.
La graphie du Samekh évoque également un arbre avec ses branches, mais il s'agirait alors plutôt d'un arbre à aiguilles, comme le pin. Comme le montre la Bible, le squelette qui soutient est la nature féminine :
Adam dit : celle-ci, cette fois, c'est l'os de mes os et la chair de ma chair! Celle-ci sera appelée lsha (femme)" (Genèse 2 :23).
Les trois barres horizontales sont les trois degrés de l'âme (Néfesh, Roua'h, Neshamah), que le Noun a aspirés, et l'axe vertical est le principe qui les soutient et qui leur sert de charpente.

Signification


Samekh vient de la racine "samakh" qui évoque l'action de "se poser sur", "mettre sur", "appuyer".
Par extension, elle forme les verbes "appuyer" et soutenir", mais également "réconforter".


Forme de la lettre


Le Samekh est formé par un cercle noir contenant un espace blanc.
L'espace blanc intérieur représente la nature divine, entièrement spirituelle, détachée des contraintes matérielles (Séfer haTémounah). Le cercle noir symbolise la terre entière remplie de la Gloire divine omniprésente. "Le pourtour du Samekh désigne D-ieu, le protecteur, et l'intérieur désigne Israël, qui en dépend" (Autioth de R. Akiva).

Guématria


La valeur 60 du Samekh montre l'abondance et l'accomplissement d'un temps, d'un espace, ou d'autres phénomènes. Ce nombre concerne également la protection, comme le montre le Cantique des Cantiques (3:7-8) : "60 héros sont autour de lui, des héros d'Israël, tous armés d'épées". La forme ronde du Samekh évoque également un réceptacle, représenté par le mot '"kéli", dont la valeur est 60.
La valeur complète du mot Samekh est égale à 120. Cette valeur symbolise l'accomplissement d'un cyde et le temps de la venue de la mort. Cette valeur est représentée par le mot "tsal", signifiant "ombre". Samekh est la quinzième lettre, la somme des 15 premiers nombres est égale à 120.




Re: LETTRES HEBRAIQUES ET LEUR SIGNIFICATION
Posté par: masschou (IP enregistré)
Date: 30 avril 2007 a 15:32

salut nanouche kol hakavod
masschou

Re: LETTRES HEBRAIQUES ET LEUR SIGNIFICATION
Posté par: nanouche (IP enregistré)
Date: 01 mai 2007 a 15:31

hasslama masschou fein ghberti???????

Re: LETTRES HEBRAIQUES ET LEUR SIGNIFICATION
Posté par: nanouche (IP enregistré)
Date: 01 mai 2007 a 15:35





Ayin, seizième lettre de l'alphabet




Symbolisme


Ayin, qui est un "oeil", apporte la vision et la perspicacité pour sortir du conditionnement du Samekh ; les idées fausses s'y brisent et les oeillères tombent. Le sens de Ayin est aussi la "source", ainsi il est la "vision de la source", l'aptitude à percevoir toutes choses. Ayin est le passage dans le domaine limité du visible, et montre des apparences, qui dans certains cas, sont trompeuses. C'est le symbole de : vision, perception, point de vue, révélation, théorie, réflexion de l'âme, passage de l'invisible au visible.

Origine


L' idéogramme. du Ayin est un simple cercle, résultant du dessin d'un oeil. D'ailleurs le mot Ayin signifie oeil.
Ils se trouvent qu'en hébreu Ayin, désigne une source.
Ainsi, l' idéogramme symbolise la vision de la source ou de la source de la vision.

Signification


Bien que la signification de Ayin soit oeil, ce mot doit être mis en relation avec le mot mayan, qui désigne une source où eau s'écoule.
L'oeil qui reçoit est une source permettant à la lumière du soleil de nous illuminer intérieurement, de même Ayin est la source par laquelle nous parvient le shefa, l'énergie abondante de la lumière divine. L'oeil est un microcosme résumant la création, par lequel l'âme perçoit le monde matériel et s'y manifeste.
Le blanc de l'oeil est similaire au parchemin de la Torah en recevant l'encre, symbolisée par l'iris. Ainsi l'oeil est un intermédiaire entre le Torah extérieure et la Torah intérieure. Le midrash signale que la Torah est une illumination pour les yeux et une lumière pour toutes les lampes comme il est dit : la mitsvah est une lampe et la Torah est une lumière (proverbes 6:23) (Autioth de Rabbi Akivah).
La racine Ayan, supporte les significations suivantes : couler, épier, regarder à travers, oeil (par s'écoulent les larmes).

Langue hébraïque


Oeil, source, apparence, multiplicité, ressemblance, regarder, approfondir, lire.

Forme de la lettre


La forme du Ayin est constituée par un Youd, à droite, dans lequel vient se poser un Zayin, à gauche ; les deux étant rattachés par leurs bases. Youd et Zayin ont ensemble une valeur de 17 (10+7), valeur attribuée à "tov", le bien. Ainsi, Ayin devient le support du 'Ayin tov", le "Bon oeil", en opposition au "mauvais œil".
La lettre Ayin est l'initiale du nom Esaü: "Esaü l'ancêtre d 'Edom est symbolisé par le pied courbé du Ayin, car en dépit de sa puissance, il devra dans le futur succomber devant Israël" (Autioth de Rabbi Akiva). Israël, c'est-à-dire Jacob contient le Youd du monde futur qui s'extrait du Ayin.

Guématria


Sa valeur numérique 70 est le plus haut degré de l'étude, indiquant que la Torah contient 70 niveaux de lectures.
Le vin, 'Yayin" en hébreu, possède également cette valeur ; ce qui fait dire au Talmud : 'Quand le vin (Yayin) entre, le secret (sod) sort" (Erouvim 65a).
Le vin exprime les qualités internes du raisin d'où il provient, au même titre que le Sod exprime l'essence divine la plus cachée. 70 est le nombre de l'achèvement universel, c'est pourquoi il sert de valeur à "Adam veh'avah", autrement dit : "Adam et Eve". Mais l'oeil peut également devenir la source de Vision apocalyptique, c'est pourquoi 70 est aussi la valeur de "Gog veMagog"(Gog et Magog).
La valeur pleine du mot "Ayin" [11;j est égale à 130, nombre représentant le Tétragramme, de valeur 26, dans les cinq degrés de l'âme (26 x 5 = 130). De même qu'un fleuve tire sa source d'une rivière, la Torah prend sa source au Sinaf, de valeur 130.




Re: LETTRES HEBRAIQUES ET LEUR SIGNIFICATION
Posté par: nanouche (IP enregistré)
Date: 02 mai 2007 a 18:58




Pé, dix septième lettre de l'alphabet




Symbolisme


La lettre pé désigne la bouche. A l'origine, il s'agit de lèvres symbolisant la parole et l'expression. Le mot pé, la bouche, inversé devient, af, le nez. Ces deux organes permettrent la circulation de l'air mais l'un doit fonctionner dans le sens contraire à l'autre : le nez doit inspirer et la bouche exhaler et parler. En fonctionnant ainsi, la bouche devient l'organe de l'expression intérieure sans l'influence des forces externes qui passent par le nez.

Origine


A l'origine, le dessin d'une bouche était parfaitement représenté avec ses deux lèvres parallèles, mais progressivement, le graphisme s'est incliné et la partie inférieure a disparu.
Il est intéressant de noter que les deux lettres correspondant à des parties du visage sont côte à côte. L'œil du Ayin permet de mémoriser et de communiquer silencieusement, tandis que la bouche transmet vers l'extérieur ce que l'oeil a mémorisé, parfois secrètement.
Par la bouche, passent le souffle, la parole et la nourriture, c'est l'ouverture permettant l'échange et la communication avec le monde environnant. C'est l'une des portes fondamentales permettant l'échange vital.

Signification


Le nom Pé, désigne la bouche mais permet également de désigner un lieu, si on le vocalise "po", et signifie alors "ici" ou "à cet endroit.
Ce nom vient de la racine 'paah", dont le sens est 'souffler", 'disperser", et par extension : "vent", "région du ciel", "côté", "coin".


Forme de la lettre


D'après le Talmud, la courbure du Pé fait allusion à une bouche ouverte, et symbolise la flexibilité de la bouche humaine, la capacité d'exprimer les idées par la parole.
Dans la Kabbale, la structure du Pé est formée par un kaf symbolisant un 'keli", un réceptacle, contenant un Youd, symbole de spiritualité. Ainsi, le Youd dans le Kaph fait allusion aux dix commandements dans l'Arche et l'âme dans le corps. Le Youd de la spiritualité dans le Pé, signale que la bouche ne doit parler que de spiritualité.
L'espace vide et blanc à l'intérieur du Pé représente la forme de la lettre Beth.

Guématria


La valeur numérique 80 de la lettre Pé, est définie par les Sages (Aboth 5:24), comme l'âge de la Gvourah (rigueur), en allusion à la puissance spirituelle dominant les impulsions du corps.
C'est à 80 ans que Moise fut apte à devenir un messager de D-ieu pour transmettre la Parole de la Torah. Ce nombre est connu, dans la guématria, comme une valeur symbolisant une structure sur laquelle on peut se poser, ce que montrent les mots :"Yessod", le fondement, et "kis", le trône, de valeur 80.
La valeur pleine de Pé, 81, est très proche de sa valeur usuelle. ce nombre montre que la bouche permet d'exprimer l'existence, c'est pourquoi le mot "a-noki", JE SUIS, a cette valeur.
81 est aussi un trône : "kissé".




Re: LETTRES HEBRAIQUES ET LEUR SIGNIFICATION
Posté par: nanouche (IP enregistré)
Date: 03 mai 2007 a 13:32





Tsadé, dix huitième lettre de l'alphabet




Symbolisme


La lettre tsade symbolise l'acceptation d'une sublimation, dans le but d'accéder à un autre niveau d'existence ou de conscience ou bien de changer de cycle. Le sefer abahir présente le tsade comme la lettre du tsadik, du Juste, qui a su se sublimer et devenir un fondement par lequel les autres existences peuvent continuer d'exister. La tradition enseigne que pour que le monde subsiste, il est impératif qu'il y ait toujours trente-six Justes sur terre.
Il symbolise également la vie simultanée dans deux mondes, le monde présent (olam azéh), et le monde futur (olam abah)

Origine


L'évolution primitive du Tsadé est assez difficile à comprendre, il semble qu'à l'origine il s'agissait d'un homme couché, peut être même d'un cadavre, vu de profil. Mais le protosinaïtique semble vouloir indiquer un hameçon ou une ancre.
L'hameçon peut aller dans la même direction, car il permet de fixer une proie mouvante. Ainsi, par ces symboles, le Tsadé semble provoquer une lutte entre le solide et le liquide, ou le fixe et le mobile. Peut-être sert-il tout simplement à fixer la parole du Pé, dans ce cas, le Pé symboliserait la Torah orale et le Tsadé la Torah écrite.

Signification


Tsadé vient de la racine "tsad", "côté" et fait penser au mot "tsidi", "latéral".
La racine la plus probable pour le mot "tsadé", est "tsadah", qui signifie "poursuivre", "traquer". On peut également signaler la racine araméenne "tseda", signifiant "dessein", "plan".


Forme de la lettre


La lettre Tsadé est formée par un Noun courbé, symbole d'humilité, surmonté par un Youd, symbole de la domination de l'esprit divin, chevauchant les humbles. Selon une autre interprétation kabbalistique, Noun fait allusion à l'Arche d'Alliance et le Youd à Joseph (qui commence par un Youd) le Tsadik.

Guématria


La valeur numérique 90 de la lettre Tsadé représente la sublimation par la mobilisation des forces internes et par extension l'expression du silence, comme le montre le mot "domén".
90 est également la solidarité universelle réalisée, allusivement décrite par le mot "kelali", dont le sens est "universel", "collectif". De plus la cohésion est réalisée par le "roi", "mélék'h", en hébreu, supportant également lavaleur 90.
La droiture du Tsadé, est également symbolisée par la colonne de droite du Temple, qui s'appelait "Yakin", de la même valeur.
La valeur pleine du Tsadé est égale à 104. Ce nombre exprime tout le potentiel du Roi David, "David Melek'h", qui a réuni les tribus autour du projet du Temple et en a posé les fondements.




Re: LETTRES HEBRAIQUES ET LEUR SIGNIFICATION
Posté par: nanouche (IP enregistré)
Date: 04 mai 2007 a 15:30




Kouf, dix neuvième lettre de l'alphabet




Symbolisme


Koph signifie à la fois "chas d'aiguille" et "singe". C'est la destruction des illusions par la connaissance de la vraie lumière, son action est semblable à une arme tranchante qui accorde à l'homme le pouvoir de séparation entre le réel et l'illusoire.
Koph symbolise la spontaneïté, l'amour de la vie, la communauté.

Origine


L'idée de la forme d'un singe ou du chas d'une aiguille est valable devant le graphisme du Koph protosinaïtique, mais ne peut tenir face aux formes plus anciennes.
Le prototype de cette lettre peut tout autant symboliser un estomac, un visage de face et un hachoir.
Mais en considérant que la lettre suivante (Resh) est le sommet d'une tête et que la précédente (Tsadé) est un homme couché, il est vraisemblable que le rôle de cette lettre consiste à faire passer de l'état couché à debout, ou du fixe au mobile.
Ainsi, il est possible que cette lettre ait pour fonction de soutenir la tête et de lui assurer mobilité, dans ce cas, on pourrait voir dans le Koph, le crâne supporté par les vertèbres cervicales.
Koph serait, dans ce cas, la tête qui se redresse pour contempler les cieux et les mondes célestes.

Signification


La racine 'Qouf" exprime un déplacement circulaire. Ainsi, la barre verticale du Koph est le chemin par lequel on s'élève et la courbure est un mouvement circulaire imposé.
Le rnot Koph est très proche de "Haqaf" désignant contour figé. Ce mot introduit "haqafàh", qui est un cycle, une révolution planétaire.
Par son nom, Koph est également lié à la parole car il est constitué par `qav", qui signifie à la fois "fil" et 'voix", et se termine par pé, la bouche.

Forme de la lettre


La lettre Koph est constituée par un Kaph et un Vav, dont les valeurs 20 et 6 permettent d'obtenir 26, valeur du tétragramme.
Le Sefer Maguen David fait remarquer que la forme du Koph a la valeur 26 du tétragramme, et que les deux autres lettres de son nom, Vav-pé, ont une valeur de 86, identique au Nom Elokim.

Guématria


La guématria du Koph est 100, ce nombre représente l'accomplissement du cycle des décimales (10 x 10 = 100). "De nos jours, en l'absence du service du Temple, un minimum de 100 bénédictions doit être récité chaque jour" (Midrash Alfa-Beita).
De plus, la valeur 100 conforte l'idée circulaire du Koph, car elle est la valeur de "yamim" (jours), de "kelim" (réceptacles), et de "Kaph", le creux de la main.
Koph a une guématria de 186, identique à celle de "Maqom", le "lieu", compris également dans le sens d'Omniprésence de D-ieu, manifestée par la 'Qedoushah", la Sainteté.
La sainteté est le supplément nécessaire à l'homme, c'est pourquoi "moussaf " supplément, a cette valeur.




Re: LETTRES HEBRAIQUES ET LEUR SIGNIFICATION
Posté par: nanouche (IP enregistré)
Date: 06 mai 2007 a 15:36




Rech, vingtième lettre de l'alphabet




Symbolisme


La lettre rech est identifiée à roch, la tête ou le commencement (autioth de rabbi akiva). C'est aussi le sommet, l'humilité. Il représente le plus haut niveau en son genre. La courbure du rech montre un changement de direction offrant le choix entre l'élévation et la dégradation.
rech est le symbole de la pensée, de l'intellect, de l'énergie mentale, du déclenchement.

Origine


Autant par son nom que par ses graphismes les plus primitifs, il est certain que la lettre Resh représente une tête humaine vue de profil. Cette tête cherche à symboliser la conscience qui nous domine, l'origine de toute chose et le sommet de l'existence. Il s'agit d'une tête humble et dépouillée, car le chas de l'aiguille du Qof, qui précède le Resh, ne laisse passer que l'essentiel, uniquement les forces ayant eu la capacité de véritablement s'unifier. La tête sans corps est l'esprit manifesté, libéré des contraintes corporelles.

Signification


Le nom de la lettre "Resh", est un mot évoquant la pauvreté et la misère mais, par sa racine, dans le sens de "repartir de zéro".
Mais le sens premier vient du mot "Resh" araméen signifiant 'tête' et qui correspond au mot hébreu "rosh", qui en plus de la signification "tête", évoque aussi le 'principal" et le "plus haut en son genre".


Forme de la lettre


La forme de la lettre Resh évoque une tête de profil, dont le tracé est constitué par la lettre Vav.

Guématria


La lettre Resh représente la valeur 200, qui est la dualité des principes et l'âme du cosmos. Cette valeur est la guématiria du mot 'étsem", dont le sens est "substance", 'essence", "os". Et du mot "qadmon", "archétype", "ancien", mot rejoignant le principe" du Resh.
La valeur pleine de Resh est égale à 510. Ce nombre est la guématria de "Sarah" , l'épouse d'Abraham, dont les lettres sont une permutation du nom Resh.
Une autre permutation de Resh, fait apparaitre "Shir", le 'cantique", qui signifie également "résidu", "quintessence".
Une dernière permutation du nom fait apparaître "yashar" "droit", qui, si l'on ajoute Aleph et Lamed en finale, donne le mot Israël. L'apparition du mot "droit", nous enseigne que le Resh est pauvre mais droit.




Re: LETTRES HEBRAIQUES ET LEUR SIGNIFICATION
Posté par: nanouche (IP enregistré)
Date: 07 mai 2007 a 13:35




Shine, vingt et unième lettre de l'alphabet




Symbolisme


La lettre Shine représente la dent qui est un symbole de force vitale. Cette lettre symbolise l'esprit et l'énergie en mouvement et décrit l'action d'une force centrifuge.
Cette lettre rayonne par ses branches et montre l'expansion. Les trois branches du Shine représente l'âme : nefesh, roua'h et nechamah. Les trois têtes reliées montrent la distinction des unités.
Shine est le symbole de l'émotion, du but de la vie et de l'individualité.

Origine


Le graphisme du Shine est effectivement une dent, mais plus précisément la simplification d'une molaire.
Ainsi le dessin originel cherche à nous signaler le symbole de la dent qui malaxe mais surtout de sa racine. D'ailleurs, en hébreu le mot "racine" montre un Resh (tête) entouré par deux Shine (une molaire de chaque côté) : shorésh.
Ainsi Shine symbolise la racine de la tête, c'est-à-dire l'esprit, racine de l'existence.

Signification


Le nom Shine, écrit avec un Youd au centre, n'a pas de signification directe, à part celle de désigner la 21e lettre de l'Alphabet hébreu.
L'origine du nom est plus généralement attribuée au mot "shén", signifiant "dent".
On peut souligner également que l'hébreu "sana", signifie "haïr", "détester".
La même écriture, prononcée "shena" en araméen, est une racine signifiant "être changé", "être différent", mais encore "changer", "modifier", "transgresser".


Forme de la lettre


La forme de la lettre Shine est constituée par trois Vav, réunis par la base, chacun surmonté d'un Youd. Il symbolise par sa forme la symétrie et l'unité de toutes les triades.
La tradition enseigne qu'à l'origine le Shine n'avait pas trois mais quatre branches, la branche supplémentaire représentant le Olam haBa (Monde Futur).
Selon d'autres sources, le Shine à trois branches symbolise les patriarches, tandis que celui à quatre branches représente les matriarches : "Le Shine avec trois têtes fait référence aux patriarches Abraham, Isaac et Jacob, alors que le Shine avec quatre têtes fait référence aux matriarches : Sarah, Rébecca, Rachel et Léa" (Ora'h H'ayim).
Le Shine à quatre branches est inscrit sur le Téfilin de la tête.

Guématria


La valeur numérique 300, de Shine, est connue pour être celle de "Roua'h Elokim" (Esprit d'Elokim).
Ce nombre est celui de l'activité indépendante et libre.
La valeur pleine du Shine est égale à 360, nombre connu pour marquer l'accomplissement du cercle. Il représente également dans les traditions anciennes, le cycle d'une année. Il se trouve d'ailleurs que le mot hébreu "shanah", année, semble reposer sur la même racine que Shine. De plus, l'expression 'haShanah", l'année, totalise 360.




Re: LETTRES HEBRAIQUES ET LEUR SIGNIFICATION
Posté par: nanouche (IP enregistré)
Date: 08 mai 2007 a 15:45







Tav, vingt deuxième lettre de l'alphabet




Symbolisme


La lettre tav est la marque, le signe, le symbole : le Sceau Divin.
Dernière lettre de l'alphabet hébreu, elle représente l'aboutissement de la création et la totalité des choses créées. Notons que les trois dernières lettres de l'alphabet forment le mot rishet, qui veut dire : quadriller, montrant la création terminée, enveloppée et structurée.

Origine


Le Tav est issu du simple dessin d'une croix, qui n'a évidemment aucun rapport avec la croix chrétienne.
L'idéogramme du Teth montrait une croix enfermée dans un cercle, la croix se retrouve avec le Tav, mais cette fois libérée de la limitation du cercle. Ce cercle symbolisait l'emprise des cycles de 1, existence. La croix du Tav est totalement libre et peut rayonner dans les quatre directions à travers les quatre éléments de la nature et les quatre mondes mystiques. Cette croix montre le retour à l'unité de la source des quatre fleuves sortant de l'Eden, notre véritable racine (Shin).
Avec le Tav se termine l'alphabet mais également toutes les contraintes qui réduisent la lumière de l'âme, qui peut désormais révéler sa véritable nature.

Signification


Le nom Tav est un signe en forme de croix sur la selle d'un chameau, ce nom vient de la racine "tavah", supportant trois types de significations :
1 - "marquer","désigner", "dessiner".
2 - 'être en deuil", "la peine".
3 - "habiter".
Le mot 'tav" est très proche de "tohou"(de Tohu Bohu), qui désigne un chaos.


Forme de la lettre


La lettre Tav est formée par la réunion des lettres Daleth et Noun. Ces deux lettres forment le mot "dan", le "juge".

Guématria


La valeur numérique 400, du Tav, représente la vie dans la réunion des consciences essentielles, symbolisées par les 4 fleuves sortant de l'Eden.
Il est intéressant de remarquer que "shékelim', "les consciences", possède cette guématria. De plus, Tav étant la vingt-deuxième lettre, faisant allusion aux 22 femmes saintes, il se trouve que le mot "nashim", "femmes", a 400 pour valeur numérique.
La valeur pleine de Tav est égale à 406, comme pour le mot "atha", "toi", qui montre la reconnaissance mutuelle d'Aleph et de Tav, le commencement et la fin.




l'hebreu
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 08 mai 2006 a 17:03

L'interet de la langue hebraeque depasse de loin le cadre purement linguistique. Langue de la Bible, l'hebreu fut longtemps considere comme " la mere de toutes langues ". Apres des siecles de somnolence pendant lesquels l'hebreu ne fut qu'une langue liturgique et une langue ecrite, il connaet depuis pres de cent ans une veritable resurrection sur la terre qui l'a vu naetre. Apprendre l'hebreu permet aux eleves l'acces e un monde nouveau, en ce qui concerne l'aspect linguistique et culturel.

On sait que l'hebreu a cesse d'etre utilise comme langue orale vers l'an 200 de notre ere. Tombe en desuetude comme langue parlee, il a neanmoins continue d'etre employe comme langue ecrite par certains juifs instruits jusqu'au XIIe siecle, epoque oe il a connu une certaine renaissance litteraire. En realite, si l'hebreu parle etait une langue morte, il n'en etait pas ainsi pour la langue ecrite. C'est ce qui fait dire au linguiste Claude Hagege: eL'hebreu n'etait plus vivant, mais il n'etait pas mort.' Depuis le debut du Moyen ege jusqu'au XXe siecle, l'hebreu a continue e servir de langue vehiculaire ecrite non seulement entre les rabbins, mais aussi entre les marchands parce qu'il etait couramment utilise pour la comptabilite. Or, durant plusieurs siecles, les usagers de l'hebreu ecrit ont continue e creer de nouveaux mots afin de satisfaire les besoins de la communication.

A la fin du XVIIIe siecle, des intellectuels juifs ont tente, en Allemagne, de refaire de l'hebreu une langue vernaculaire qui puisse rivaliser avec l'allemand; l'experience s'est soldee par un echec. L'hebreu est reste une langue strictement ecrite, comprise seulement par des inities et dotee d'un vocabulaire restreint, archaeque, essentiellement e base biblique et souvent coupe des realites modernes.

De jeunes juifs, consideres e l'epoque comme idealistes, commencerent e s'installer en Palestine vers les annees 1880. Parmi eux, un immigrant d'origine lituanienne, Eliezer Ben Yehouda (1858-1922) qui a ete le pionnier du mouvement pour la renaissance de l'hebreu comme langue parlee. Ayant immigre en Terre d'Israel en 1881, il prene l'usage de l'hebreu dans les foyers et e l'ecole, cree des milliers de mots nouveaux, fonde deux periodiques en langue hebraeque, est co-fondateur du Comite de la langue hebraeque (1890) et redige plusieurs volumes d'un Dictionnaire complet de l'hebreu antique et moderne, en 17 tomes, commence en 1910 et acheve par sa seconde femme et son fils en 1959.


Evidemment, Ben Yehouda puisa dans l'hebreu biblique pour accomplir son oeuvre, mais il emprunta egalement des milliers de mots e l'arabe, e l'arameen ainsi qu'aux judeo-langues.

En 1880, afin de faire le point sur ses convictions, Ben Yehouda ecrivit une lettre ouverte e l'editeur Smolenski que celui-ci publia dans le mensuel juif viennois Ha-Shah'ar:

Pourquoi en etes-vous arrive e la conclusion que l'hebreu est une langue morte, qu'elle est inutilisable pour les arts et les sciences, qu'elle n'est valable que pour les esujets qui touchent e l'existence d'Israel'e Si je ne croyais dans la redemption du peuple juif, j'aurais ecarte l'hebreu comme une inutile entrave. J'aurais admis que les maskilim [partisans de l'equivalant juif de l'epoque des Lumieres (Haskala)] de Berlin avaient raison de dire que l'hebreu n'avait d'interet que comme un pont vers les Lumieres. Ayant perdu l'espoir dans la redemption, ils ne peuvent voir d'autre utilite e cette langue. Car, Monsieur, permettez-moi de vous demander ce que peut bien signifier l'hebreu pour un homme qui cesse d'etre hebreu. Que represente-t-il de plus pour lui que le latin ou le grece Pourquoi apprendrait-il l'hebreu, ou pourquoi lirait-il sa litterature renaissantee

Il est insense de clamer e grands cris: eConservons l'hebreu de peur que nous ne perissions!' L'hebreu ne peut etre que si nous faisons revivre la nation et la ramenons au pays de ses ancetres. C'est la seule voie pour realiser cette redemption qui rien finit pas. Sans cette solution nous sommes perdus, perdus pour toujours.

[...] Il ne fait guere de doute que la religion juive sera capable de survivre, meme en terre etrangere. Elle changera son visage selon l'esprit du moment et du lieu, et son destin sera celui des autres religions. Mais la natione La nation ne pourra vivre que sur son sol, et c'est sur cette terre qu'elle renouvellera sa jeunesse et qu'elle produira de magnifiques fruits, comme dans le passe.

L'objectif de Ben Yehouda est tres clair: l'hebreu ne peut exister que s'il revit au pays de ses ancetres. En 1881, pour realiser ses projets, il emigra en Palestine. Ben Yehouda fut le premier juif e parler hebreu e la maison et e elever ses enfants dans cette langue. En plus de mettre ses idees en pratique, il entreprit des appels e la population locale afin d'encourager chacun e parler l'hebreu en famille. Mais il obtint peu de succes, car dix ans apres son arrivee en Palestine il ne pouvait compter que sur quatre familles de Jerusalem. Il Il crea, en 1890, la va'ad halashon, la Commission de la langue hebraeque, qui allait devenir, en 1948, l'Academie de la langue hebraeque. Entre 1881 et 1903, quelque 30 000 juifs arriverent en Palestine. Cet inlassable artisan de la renaissance de l'hebreu qu'etait Ben Yehouda fonda alors, en 1898, un reseau d'ecoles hebraeques destinees e enseigner l'hebreu aux nouveaux immigrants. Entre 1910 et 1920, naquirent les premiers enfants dont les parents ne parlaient que l'hebreu e la maison, c'est-e-dire les premiers enfants juifs e ne connaetre que cette langue, apres cet intervalle de 1700 ans.

Mais les convictions de Ben Yehouda ne lui attirerent pas seulement des felicitations. Il dut subir les persecutions de la part des juifs ultra-orthodoxes de Jerusalem qui s'opposaient au sionisme et e la renaissance de l'hebreu. Alors que la Palestine etait sous le regime de l'Empire ottoman, les ultra-orthodoxes proclamerent son eexcommunication' et denoncerent Ben Yehouda au gouverneur turc ecomme revolutionnaire'. Il fut arrete et ne dut sa liberation que gr,ce e l'intervention du baron de Rothschild.

L'une des oeuvres les plus remarquable de Ben Yehouda fut sans nul doute la redaction d'un grand dictionnaire de la langue hebraeque. Aide d'une equipe, il readapta l'hebreu au monde moderne et publia enfin le Grand Dictionnaire de la langue hebraeque ancienne et moderne, appele e l'origine le Thesaurus Totius Hebraitatis. Apres avoir parcouru quelque 40 000 ouvrages, il reussit e terminer, avant sa mort (en 1922) les cinq premiers tomes (sur un total de 16) de son dictionnaire; les onze autres volumes furent completes par une equipe d'amis fideles e son esprit. Fait remarquable, le Grand Dictionnaire contient, pour chacune des entrees, une traduction en allemand, en russe, en franeais et en anglais, ainsi qu'une indication de la racine arabe correspondante (C. Hagege).

Puis, peu avant sa mort, c'est-e-dire lors de la periode du mandat britannique qui commenea en 1918, Ben Yehouda reussit e faire en sorte que l'hebreu devienne l'une des trois langues officielles de la Palestine, avec l'anglais et l'arabe. Nous savons aujourd'hui qu'il s'en est fallu de peu pour que l'allemand evince l'hebreu; si ce n'avait ete de l'issue de la Premiere Guerre mondiale et du discredit qui couvrit l'Allemagne, l'allemand aurait constitue certainement l'une des trois langues officielles de la Palestine. En raison de tout ce qu'a accompli Ben Yehouda, celui-ci est reconnu aujourd'hui comme le epere de la renaissance de l'hebreu'. C'est en sa memoire que de nombreux b,timents et quantite de rues portent son nom en Israel.

Entre 1919 et 1947, la population juive tripla et passa e 1,9 million. e partir de 1948, l'immigration juive prit des proportions considerables. Plus de 1,6 million de juifs sont venus trouver refuge en Israel. Cet amalgame d'hommes et de femmes provenant de plus d'une centaine de pays parlaient autant de langues diverses.


L'Etat d'Israel ne menage pas ses efforts pour promouvoir l'hebreu et aider les immigrants e apprendre cette langue. Le moyen privilegie, c'est l'oulpan, c'est-e-dire l'eecole de langue hebraeque' qui dispense en des cours intensifs les bases de l'hebreu parle et ecrit, ainsi que la comprehension, parallelement aux rudiments de la culture, de l'histoire, de la geographie et de l'instruction civique d'Israel. Cet enseignement a pour objet principal d'aider les nouveaux arrivants e s'integrer aussi rapidement et aussi aisement que possible dans la vie sociale, culturelle et economique du pays, bref, dans un environnement qui parle l'hebreu. Une session normale dure cinq mois, e raison de 28 heures de cours par semaine. Le nombre des eleves est generalement limite e 20 et les cours comptent trois niveaux: debutant, intermediaire et avance. e la fin de leur oulpan, les debutants peuvent esperer maetriser un vocabulaire d'environ 2000 mots.

Le premier oulpan, l'Etzion, ouvrit ses portes e Jerusalem en 1949. Il en existe aujourd'hui des centaines (au moins 800 oulpanim) dans l'ensemble du pays dispensant des cours e plus de 80 000 eleves et repartis dans pres de 350 lieux differents: villes, kibboutzim, usines, hepitaux, bases militaires, universites, centres communautaires et organismes du gouvernement. Les oulpanim sont geres par le Departement des adultes au ministere israelien de l'.ducation, de la Culture et des Sports. Il existe aujourd'hui des oulpanim specialises pour les professionnels, par exemple, pour les medecins, les enseignants ou les comptables, mais egalement pour les personnes ,gees, les malentendants ou les non-voyants, etc.
En Israel, on compte plus de 25 quotidiens et 400 periodiques de toutes sortes. Avec une population e peine plus nombreuse, certains pays ne disposeraient que d'une dizaine de quotidiens. La societe israelienne semble donc hyper-informee. Les quotidiens sont generalement publies en hebreu, mais plusieurs quotidiens sont publies en anglais, et un seul paraet en hebreu simplifie. La plupart des magazines sont publies en hebreu; les autres sont en ehebreu simplifie', en anglais, en arabe, en franeais ou dans l'une ou l'autre des langues immigrantes. Le Jerusalem Post publie un hebdomadaire en franeais. Les journaux arabes sont tres peu nombreux et connaissent une faible diffusion. De plus, l'.tat hebreu limite severement la circulation des journaux etrangers, surtout arabes, e l'interieur des territoires palestiniens dont il contrele encore les frontieres. Ainsi, les echanges de publications entre la Jordanie et la Cisjordanie sont toujours interdits, en depit d'un accord jordano-palestinien de fevrier 1999.

En 1966, le ministere de l'.ducation et de la Culture avait cree une television educative diffusant en hebreu. Mais, etant donne la faible diffusion de cette langue dans le monde, la television israelienne ne peut produire elle-meme toutes ses emissions. Une grande quantite de sa production est donc d'origine etrangere, essentiellement americaine, et offerte aux citoyens en anglais avec des sous-titres hebreux. Or, les nouveaux arrivants - 38 % des Israeliens - ont beaucoup de mal e lire les sous-titres, puisque l'hebreu, une langue consonantique, ne note pas les voyelles. Il faut une bonne connaissance de la langue ecrite pour ereconstruire' les mots. Afin d'eviter la efuite des telespectateurs' vers des chaenes ceblees en langues etrangeres, les principales chaenes israeliennes ont decide de diffuser des emissions en anglais, en franeais, en russe, etc., avec des sous-titres en anglais, en russe, en amharique, etc. De plus, afin de contrer la propagande anti-sioniste, le gouvernement a cree des 1979 une television publique en langue arabe. Plusieurs des emissions consacrent une plage horaire quotidienne en arabe (environ 20 heures/semaine); le reste des emissions provient de programmes en hebreu sous-titres en arabe. Par ailleurs, gr,ce e des fonds de l'Agence juive, le reseau est complete par un service d'emission surtout en ehebreu simplifie', en anglais, en franeais et en russe, mais egalement en yiddish, en judeo-espagnol, en hongrois, en roumain, etc. Les Israeliens peuvent capter par le c,ble trois chaenes de television franeaises (France 2, Arte et TV5).

L'ecoute radiophonique est tres elevee en Israel; le gouvernement en profite pour normaliser l'hebreu, diffuser les mots nouveaux, souligner les erreurs linguistiques, etc. La radio constitue pour nombre d'Israeliens un guide linguistique tres utile. Plusieurs fois par jour, la radio et la television diffusent en ehebreu simplifie' des nouvelles e l'intention des immigrants. Les journalistes diffusent generalement les nouvelles en hebreu et traduisent eux-memes les nouvelles en provenance de l'etranger. La radio israelienne diffuse, en raison de trois fois par jour, des emissions en anglais, en franeais, en russe, en amharique, en espagnol, etc

C'est de l'hebreu... et bien autre chose encore !

L'hebreu fait partie de ces langues dites "rares" qui eveillent la curiosite sitet evoquee. Mais qui donc parle hebreu e Et oe e Y a-t-il un rapport entre l'hebreu ancien, celui de la Bible, et l'hebreu moderne e Le professeur d'hebreu connaet bien l'etonnement teinte d'interet qui apparaet sur le visage de son interlocuteur lorsqu'il lui apprend que - tenez-vous bien - l'hebreu est enseigne en France dans le secondaire!

Tentons de percer, quelque peu, le mystere.

L'hebreu est l'une des langues alphabetiques les plus anciennes dont nous possedons la trace ecrite. Plusieurs trouvailles archeologiques temoignent de la presence de l'hebreu en terre de Canaan (territoire correspondant plus ou moins e celui d'Israel aujourd'hui) plus de mille ans avant Jesus-Christ et les chercheurs s'accordent pour dater le debut de la redaction de la Bible au VIIIeme siecle. C'est donc dans cette langue que nous sont parvenus les recits de la creation du monde, du deluge, c'est dans cette langue qu'ont ete rediges les textes sur le premier Hebreu et premier monotheiste Abraham, sur Joseph vendu par ses freres, sur Moese conduisant son peuple vers la liberte, sur David defiant Goliath. La litterature biblique, qui s'etend sur pres de huit siecles, est d'une richesse insoupeonnable : recits e caractere historique (les Rois), poemes (le cantique des cantiques, les psaumes), reflexions philosophiques (l'Ecclesiaste)...

Donc, au commencement, l'hebreu est la langue de la Bible. Mais encore ?

L'alphabet hebraeque comprend vingt-deux lettres dont... vingt-deux consonnes. Les voyelles ne font pas partie de l'ossature du mot, de son sens, et le lecteur doit "deviner" la prononciation. Cette donnee desareonne parfois le lecteur debutant, d'autant plus que, pour corser les choses, l'hebreu se lit et s'ecrit de droite e gauche. Pourtant, peu e peu, la logique presque mathematique de la langue se met en place. Comme les autres langues de la famille semitique, l'hebreu construit des verbes et des mots autour de racines triliteres (trois lettres) selon des modeles bien precis. Ainsi, tres rapidement, le debutant peut lui-meme former un verbe e partir d'une racine, comme dans un jeu d'assemblage, de construction.

L'hebreu, oui, mais pour quoi faire ?

- pour connaetre la civilisation hebraeque, celle du Livre, et bien entendu, pour comprendre d'oe est issue la pensee judeo-chretienne fondatrice du monde europeen au sens large du terme, de sa morale et de ses principes ;

- pour completer une formation classique (latin, grec) et s'orienter vers des etudes d'histoire antique, d'archeologie, de langues anciennes ;

- pour participer aux echanges commerciaux et culturels entre la France et Israel.

Par ailleurs, les discussions de paix entre Israel et ses voisins arabes laissent presager un essor economique de cette region du bassin mediterraneen tant par le tourisme que par les investissements des Etats-Unis et de la C.E.E.

Enfin, dans le domaine des nouvelles technologies, Israel occupe une place de leader sur la scene internationale et constitue l'un des peles d'attraction favoris des industries de pointe. Entre tradition et modernite, de la Bible e Internet, l'hebreu est toujours present !


dany

www.morrim.com





Re: l'hebreu
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 09 mai 2006 a 06:25

PEUPLE ET SA LANGUE

Extrait de L'arche, mensuel du judaisme franeais , Ne518 - avril 2001 - pages 32 e 38

par Henri PASTERNAK

Le peuple juif et la langue hebraeque entretiennent depuis trois millenaires une relation extraordinaire : ils ont grandi ensemble, ils ont vecu une longue periode fusionnelle, puis des amours contraries avec des separations douloureuses et des retrouvailles passionnees. Le nom meme de la langue est significatif : l'ivrit, c'est la langue de l'Ivri, de l'Hebreu - c'est-e-dire, selon les etymologies, soit le descendant d'ever (eber, ancetre d'Abraham), soit le passeur qui vient d'au-dele (ever) le fleuve. Et dans la periode contemporaine, lorsque les peres fondateurs du sionisme ont recherche un vocable pour designer le e nouveau Juif e dont le destin serait lie e celui de la renaissance d'Israel, c'est tout naturellement le mot Hebreu qu'ils sont choisi. Lien passionnel donc, oe la langue n'est pas un outil de communication mais exprime la quintessence de la personne.

Comme toute histoire d'amour, celle-ci a son roman des origines. Commeneons donc par le commencement. Le recit biblique attribue au patriarche Abraham des origines chaldeo-mesopotamiennes ; de meme, les racines de l'hebreu remontent e la mere des langues semitiques, l'akkadien, qui, venu de Mesopotamie, se repand dans l'ensemble du Proche-Orient et se combine aux dialectes locaux. En terre de Canaan, cela donnera l'hebreu pre-biblique dont les traces les plus anciennes figurent dans les tablettes trouvees e Tell el-Amarna, qui datent du quatorzieme siecle avant l'ere chretienne.

L'inscription de Siloe decouverte e la fin du siecle dernier et qui date de -700 environ, relate le percement du tunnel commande par le roi Ezechias pour alimenter en eau la ville de Jerusalem. Deux equipes d'ouvriers sont e l'ouvre, venait respectivement de la ville et de la source. L'inscription decrit le moment emouvant oe les deux equipes se rejoignent : e .Alors que les mineurs levaient le pic et qu'il n'y avait plus que trois coudees e percer, on entendit la voix de l'un appelant l'autre. e

Un peu plus tardifs, divers ostraca (pluriel de ostracon, e huetre e en grec : tesson portant des inscriptions) nous renseignent e la fois sur la langue employee par leurs auteurs et sur les problemes auxquels ils font face. Ainsi un ostracon de Lakhish fait etat d'une correspondance entre un fonctionnaire nomme Hoshayahou et son e seigneur e Yaosh, le commandant de Lakhish ; nous sommes e l'epoque du prophete Jeremie, lorsque le royaume de Juda est aux prises avec Nabuchodonosor.

Dans ces documents, l'ecriture est alphabetique avec des caracteres proches du phenicien. Mais la langue est celle de la Bible, telle que nous la connaissons. Et pour cause : e cette epoque, la codification des premiers chapitres du texte biblique est deje en cours. Aux passages les plus anciens, que caracterise un rythme incantatoire (le Cantique de la mer, la prophetie de Bilam ou le cantique de Deborah), s'ajoutent entre le - VIIeme et le - VIeme siecle les magnifiques discours des prophetes. Cette langue evolue naturellement au fil des siecles, et subit l'influence des autres langues de la region. Influence renforcee par l'exil babylonien (-586), et sensible dans les chapitres de la Bible qui ont ete transcrits durant la periode du Second Temple (e partir de -538).

LA CANONISATION DE LA BIBLE

L'arameen, langue dominante du Proche-Orient, se substitue progressivement e l'hebreu dans l'usage quotidien. Le grec s'y ajoutera par la suite, principalement dans les milieux aises. Le livre de reference demeure cependant la Bible hebraeque. Celle-ci connaet un long processus de canonisation, c'est-e-dire de definition formelle de son contenu. Le canon de la Torah au sens strict du terme (les cinq premiers livres de la Bible, ou Pentateuque) est sans doute anterieur e l'exil de Babylone. Le canon des Prophetes daterait du debut du IIIeme siecle avant l'ere chretienne, et celui des autres ecrits (Ktouvim) formant la troisieme partie de la Bible est intervenu plus tard encore.

Dans ce processus de canonisation qui a dure plusieurs siecles, de nombreux textes ont ete ecartes (certains trouveront place dans la version catholique de la Bible) et d'autres, bien plus nombreux, ont ete perdus e jamais. Les textes retenus, au terme de ce processus, couvrent un millenaire de civilisation et sont donc loin d'etre homogenes par le vocabulaire et par la grammaire. L'ensemble, cependant, forme un livre qui se lit d'un bout e l'autre et dont les diverses composantes definissant la langue de la Bible.

Cette langue, e vrai dire, ne s'appelle pas encore l'hebreu. Nommee chez Isaee e langue de Canaan e, ou encore e langue juive e c'est-e-dire langue du royaume de Juda, elle est designee dans la litterature talmudique par l'expression de e langue sainte e (il s'agit alors de distinguer la langue biblique des idiomes en usage e cette epoque). Elle ne prendra son nom actuel que lorsque l'on aura pris conscience de son unicite profonde, une unicite qui ne tient pas tant e sa structure syntaxique qu'e sa fonction symbolique. L'appellation e hebreu e sera alors adoptee pour designer non pas telle ou telle couche linguistique mais la langue du peuple juif dans sa continuite. L'hebreu porte la Bible, et est porte par elle ; la langue et le livre, preserves par les Juifs e l'egal des joyaux les plus precieux, leur serviront de viatique dans tous les pays oe ils seront disperses.

UNE LANGUE VIVANTE

En Terre d'Israel, nous l'avons vu, les dominations politiques et les influences culturelles ont ete e l'hebreu son rele exclusif de moyen de communication. Dans la vie quotidienne, les gens ont recours e d'autres langages. L'hebreu ne disparaet pas pour autant, aussi longtemps que les Juifs sont majoritaires dans le pays et entretiennent le desir d'y restaurer leur independance. Il semble meme qu'il se transforme et s'enrichisse des apports des autres langues. Les manuscrits de la mer Morte - decouverts il y a un demi siecle, et qui font toujours l'objet d'etudes et de controverses - indiquent qu'e la fin de la periode du Second Temple, il y a deux mille ans environ, la langue biblique classique coexiste, au moins sous forme ecrite, avec un hebreu plus moderne. Ce dernier nous est connu sous le nom d' e hebreu de la Mishna e, du nom du code de la Loi juive dont la redaction finale date de la fin du deuxieme siecle de l'ere chretienne. Les experts considerent aujourd'hui que cet hebreu, quoique considere comme e la langue des Sages e, a encore e ce moment-le les caracteristiques d'une langue populaire. Cependant, le poids croissant des communautes diasporiques relativement au nombre des Juifs demeurant en Terre d'Israel, puis l'ecrasement par Rome des dernieres revoltes juives, mettent un terme e cette evolution. La Guemara, le commentaire de la Mishna compile entre le troisieme et le cinquieme siecle et qui avec elle constitue le Talmud, est redigee en arameen. Avec la perte de l'autonomie juive en Terre d'Israel, la langue hebraeque semble avoir perdu son caractere de langue parlee.

L'hebreu reste pourtant, contre toutes les apparences, une langue vivante. Tout au long du Moyen Age il fait l'objet des etudes des savants juifs. Ceux-ci le dotent d'une grammaire, jusque-le inexistante - ou, plus exactement ils degagent des regles grammaticales latentes dans les textes anciens, qui permettront de mieux lire ces textes. et d'en ecrire de nouveaux. Les savants juifs developpent aussi des systemes de vocalisation, dont le systeme dit de Tiberiade, invente au VIIIeme siecle, qui s'imposera dans l'ensemble du monde juif.

Car l'ecriture de l'hebreu ancien n'indiquait que les consonnes. Procede economique et logique, lorsque tout un chacun savait prononcer les mots. En cas de doute, quelques ajouts de lettres (presents deje dans l'hebreu biblique) permettaient de resoudre le probleme. Mais lorsque l'hebreu cessa d'etre une langue parlee, la question devint critique : on ne savait plus comment prononcer e coup ser - et, pire encore, raison de l'existence de nombreux doublons, le sens meme des mots pouvaient preter e confusion. On imagina donc des symboles, places e cete des lettres ou sous elles, destines e combler ce manque (1). Cette vovalisation obeissait e des regles qui constituaient un sous-ensemble de la grammaire hebraeque. Le texte biblique lui-meme fut vocalise retroactivement (e l'exception des rouleaux de la Torah, qui conservent leur forme originelle) et on ajouta des signes necessaires e la cantilation. Ainsi, grece au travail des massoretes (du mot hebraeque massora, tradition), l'hebreu fut e la fois renforce dans sa structure traditionnelle et enrichi de regles qui faciliterent sa transmission.

POeMES RELIGIEUX ET POeSIE eROTIQUE

L'histoire d'amour qui unit le peuple juif e la langue hebraeque prend alors tout son sens. Exiles de leur terre mais ne cessant d'esperer le retour e Sion, les Juifs s'accrochent e leur langue comme e un symbole identitaire. Non seulement ils prient en hebreu trois fois par jour, non seulement les textes sur lesquels repose leur culture sont ecrits principalement en hebreu (plus une partie en arameen, l'ancienne langue populaire devenue paradoxalement une sorte d'extension savante de l'hebreu), mais ils continuent de correspondre en cette langue d'un pays e l'autre.

Et ils continuent de creer en hebreu. Des poemes religieux, dont certains (les pyoutim) prennent une forme rituelle tres elaboree et d'autres, comme ceux de Yehouda Halevi, sont des merveilles de fraecheur. Des poesies profanes aussi, avec ces chansons e boire et ces poemes erotiques qui se multiplient dans l'Espagne de l'Age d'Or. Des textes philosophiques et scientifiques en grand nombre, qui couvrent toutes les disciplines alors e l'honneur. Des commentaires rabbiniques, des traites de pensee juive, des chroniques, des ouvres de fiction. En un mot, une litterature qui s'etend sur des siecles et qui, par son abondance, sa variete et sa qualite se compare favorablement e la litterature produite durant cette meme periode par n'importe quel peuple. Avec cette difference que le peuple juif demeure disperse, et que les persecutions d'une part, la pression de l'environnement d'autre part, reduisent peu e peu le champ oe s'exerce l'influence de l'hebreu.

UN COMPAGNON SECRET

On a pu dire, cependant, de l'hebreu ce que l'on a dit du shabbat : les Juifs l'ont conserve, et il les a conserves. Langue de culture et de religion, de communication et de reflexion, il est demeure l'axe central de la continuite juive. La lettre hebraeque a toujours exerce sur les Juifs une fascination qui n'a guere d'equivalent dans les autres cultures. Cela resulte, certes, de la saintete accordee e ces lettres porteuses du message divin ainsi qu'aux mots qu'elles composent. Mais il y a le bien plus qu'un attachement religieux au sens courant du terme.

L'hebreu representait ce dont les Juifs etaient prives depuis des generations : la capacite d'exprimer eux-memes sans entraves, leurs propres termes, un rapport au monde. Quel que fet le comportement de ses voisins non-juifs - bienveillant ou hostile, respectueux ou meprisant -, le Juif ne redevenait pleinement lui-meme qu'au moment oe il rentrait dans son foyer, dans sa synagogue, dans sa salle d'etude. L'hebreu lu, prie ou chante etait alors son compagnon secret. Une veritable histoire d'amour.

On attribue frequemment le renouveau de la langue hebraeque e la renaissance de l'Etat d'Israel. Il y a le une grande part de verite : l'existence d'un centre oe l'hebreu se parle, se vit et se transmet a joue sans aucun doute un rele essentiel pour cette langue - et pour le patrimoine dont elle est porteuse. Cependant, on peut en partie retourner la proposition. La volonte de raviver la source hebraeque du judaesme, le desir de creer en hebreu une nouvelle litterature embrassant tous les sujets, l'aspiration naeve e un nouvel homme e hebreu e affranchi des chaenes de l'exil : autant d'expressions d'un renouveau qui ont precede le sionisme politique et sont indissociables de ses progres ulterieurs. En ce mois oe les Juifs d'Israel et du reste du monde commemorent la renaissance de l'etat juif, il etait donc necessaire de rappeler cette autre histoire d'amour que chaque Juif porte dans son cour.

1. En hebreu contemporain, la vocalisation n'est plus utilisee que pour les textes d'enseignement de l'hebreu et pour la poesie. Cependant, au cas oe une ambiguete pourrait apparaetre sur le sens d'un mot precis, on ajoute les voyelles. L'ecriture dite e pleine e, dont l'usage se generalise, permet egalement de preciser le sens e l'aide des caracteres habituels, sans recourir
? la vocalisation.




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