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Re: l'hebreu
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 09 mai 2006 a 06:52

BEN YEHUDA





L'une des oeuvres les plus remarquable de Ben Yehouda fut sans nul doute la redaction d'un grand dictionnaire de la langue hebraeque. Aide d'une equipe, il readapta l'hebreu au monde moderne et publia enfin le Grand Dictionnaire de la langue hebraeque ancienne et moderne, appele e l'origine le Thesaurus Totius Hebraitatis. Apres avoir parcouru quelque 40 000 ouvrages, il reussit e terminer, avant sa mort (en 1922) les cinq premiers tomes (sur un total de 16) de son dictionnaire; les onze autres volumes furent completes par une equipe d'amis fideles e son esprit. Fait remarquable, le Grand Dictionnaire contient, pour chacune des entrees, une traduction en allemand, en russe, en franeais et en anglais, ainsi qu'une indication de la racine arabe correspondante (C. Hagege).





Re: l'hebreu
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 09 mai 2006 a 19:07

Lire ou raconter la vie d'Eliezer Ben Yehuda, et sa lutte pour la renaissance de la langue hebraeque :

Eliezer Ben Yehuda nait en Lituanie, et commence ses etudes dans une yeshiva, qu'il quitte pour se rendre dans une petite ville oe Dvora Yonas, fille d'un ecrivain connu, lui enseigne le russe et le franeais. Il se rend ensuite e Paris pour y entreprendre des etudes medicales. Pendant tout ce temps, il lit de nombreux ouvrages en hebreu, et redige aussi des articles dans cette langue; c'est alors qu'il adopte le nom de "Ben Yehuda" (son vrai nom est Perlman). Il decide de monter en Eretz Israel en 1881.
Dvora Yonas vient le rejoindre : ils se rencontrent au Caire, oe ils se marient, puis se rendent en Palestine. Dans le bateau qui les mene e Jaffa, Eliezer commence e enseigner l'hebreu e Dvora, et des lors ils ne parleront plus que dans cette langue.

Ben Yehuda s'installe e Jerusalem, oe les Juifs forment alors une communaute tres demunie, mais qui constitue deje la majorite des habitants de la ville. Il commence e travailler au journal hebreu Ha'havatseleth ("Le lis"). En 1884, il fonde son propre journal Hatsvi ("Le cerf"), dans lequel il exhorte les Juifs e construire Eretz Israel et e ne parler qu'en hebreu, avec la prononciation sepharade. Il presente aussi de nouveaux mots qu'il invente pour enrichir la langue hebraeque moderne.

En dehors de son travail de journaliste, E. Ben Yehuda est professeur e l'ecole de l'Alliance Israelite Universelle. Il y enseigne toutes les matieres en hebreu, bien qu'il soit difficile pour les eleves d'etudier dans cette langue qu'ils ne parlent pas chez eux et dans laquelle il n'existe pas de manuels scolaires

Le travail incessant et la pauvrete provoquent une rechute de la tuberculose dont il avait souffert dans son adolescence. Il sent que ses jours sont comptes, et il redouble d'ardeur au travail, selon sa devise : "Le jour est court et le travail est grand" (Pirkei Avoth). Il commence e rassembler, e partir de la litterature de tous les siecles, des mots et des expressions hebraeques, dans le but de les actualiser et de composer un dictionnaire de l'hebreu moderne.

Un fils naet e Eliezer et Dvora. C'est le premier enfant des temps modernes auquel ses parents ne parlent que l'hebreu, et qui n'a pas le droit de jouer avec d'autres enfants, pour ne pas entendre d'autre langue. Ce n'est que lorsque leur naetront quatre autres enfants que la maison s'emplira de cris et de rires. Mais ce bonheur sera de courte duree : Dvora tombera malade et mourra de la tuberculose.

De plus Ben Yehuda subit les persecutions des Juifs ultra-orthodoxes de Jerusalem, opposes au sionisme et e la renaissance de l'hebreu. Ils proclament son excommunication et le denoncent au gouverneur turc comme revolutionnaire. Il est arrete, et ne sera libere que par l'intervention du Baron de Rotschild.

Ben Yehuda se remarie avec Hemda, la jeune soeur de Dvora. Peu e peu, d'autres habitants de Jerusalem, ainsi que les pionniers des localites agricoles, apprennent e parler cette langue, et la maison de Ben Yehuda devient le centre du Comite de la Langue hebraeque (fonde en 1904).

Il visite les localites pionnieres du pays, et cela le confirme dans l'idee qu'il doit donner au peuple un grand dictionnaire de la langue hebraeque. Des lors, il travaille jour et nuit e ce projet, et se rend en Europe dans les grandes bibliotheques universitaires, pour y etudier les livres et les manuscrits en hebreu ancien. Le premier volume est publie en 1909.

En 1914 il part pour New York qvec sa famille, fuyant les persecutions ottomanes, et revient e la fin de la guerre. Il a alors la joie d'assister e l'accroissement de la cite, et de constater qu'on parle de plus en plus l'hebreu dans le pays. Son reve sera realise lorsque l'Administration mandataire britannique reconnaetra la langue hebraeque comme langue officielle en Eretz Israel. Il deviendra lui-meme, de son vivant, un personnage legendaire aux yeux du peuple.

Ben Yehuda rendra l'eme e Hanouka 5683 (1922). Des milliers de personnes assisteront e son enterrement, et trois jours de deuil seront decretes dans le pays.
[www.jafi.org.il]

dany





Re: l'hebreu
Posté par: suzanne (IP enregistré)
Date: 10 mai 2006 a 15:11

Bravo ma dany. trs beau sujet et in teressant.

Re: l'hebreu
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 23 mai 2006 a 07:42


Re: l'hebreu
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 23 mai 2006 a 08:05




Il est bien connu que, dans plusieurs langues anciennes, les lettres ont ete utilisees pour noter les nombres.
De ce fait, chaque mot ecrit possedait son propre e poids e numerique. Ainsi, deux termes ou expressions pouvaient etre consideres comme interchangeables s'ils avaient meme valeur numerique (guematrie).
L'origine du mot e guematrie e a suscite bien des hypotheses. Ce n'est pas un mot d'origine hebraique. Bien des mots grecs et meme latins ont ete admis dans l'hebreu post-biblique. Surtout dans la langue philosophique. Mais ce mot relativement recent designe cependant une pratique plus ancienne.

On peut penser a " geomatrie " -laquelle, au commencement, est une mesure de la surface de la terre. C'est, en Egypte ancienne, une science sacree grece a laquelle des connaisseurs, par une corde e 13 noeuds, savaient determiner des surfaces par la construction d'un triangle de mesure 3x4x5 (le triangle cosmique de Platon, mais aussi l'origine de ce qu'on appellera e triangle de Pythagore e).
Mais peu importe ici l'origine du terme.

Dans tous les cas, les valeurs numeriques sont liees a un systeme d'ecriture. Ces particularites peuvent etre ou ne pas etre utilisees. Lorsqu'elles le sont cependant, tous les mots de la langue sont susceptibles d' etre lus autrement que selon une acception lexicale courante. Un rapprochement symbolique prend alors le pas sur une signification ordinaire.
Certains s'empresseront de voir dans cet usage (souvent religieux) des speculations aventureuses. Mais un usage fantaisiste ne dit rien contre un systeme possible. II faut seulement savoir si 1'ecriture permet de tels ejeux e et, d'autre part, si un milieu les a utilises.
Nous avons vu ailleurs (lire Guematries) que les scribes bibliques utilisent parfois ces valeurs lorsqu'elles leur paraissent significatives. Mais les e coencidences e sont le bien de tous ceux qui les remarquent. Libre e eux d'en faire usage, si elles leur semblent dignes d'etre utilisees. e Coencidences e si l'on veut, mais rapprochements remarquables...
La Bible utilise assez peu ce procede qui connaitra de grands developpements dans la tradition appelee eqabbalae (e cabale e). Il reste que la langue hebraique (son ecriture et sa numeration) se prete a ces ejeuxe d'ecriture...

Libre a chacun de voir le une intention providentielle ou, au contraire, un usage delirant. Tout hebraesant pourra facilement verifier les equivalences qui suivent (pour des usages bibliques, le lecteur se rapportera, sur ce site, e l'article Guematries). Bornons-nous ici e des exemples simples et facilement verifiables.

Quelques exemples

Le mot pour " annee " (Shana : shin + nun + he = 300 + 50 + 5) a une valeur numerique de 355, soit le nombre de jours de l'annee lunaire. Si l'on ajoute l'article (he = 5), nous obtenons 360, soit le nombre traditionnel des jours de l'annee solaire. Des computs plus precis, anciennement, sont nombreux, mais ce chiffre de 360 est bien atteste. C'est la duree symbolique de l'annee (cf Apocalypse 11,3 : 42 mois de 30 jours sont 1260 jours). Or, le nombre des jours de l'annee et la valeur numerique du mot hebreu pour " annee " sont identiques.

Encore un exemple biblique, donc ancien, mais connu de tout scribe avise. La montagne du Sinai et l' echelle de Jacob figurent une realite spirituelle analogue.

Comment ?

Les mots pour " Sinaee (syny = 60 + 10 + 50 + 10 = 130) a la meme valeur numerique que " echelle " : " sullam ", slm = 60 + 30 + 40 = 130).
Par parenthese, le nombre 130 (dix fois 13) nous ouvre une large fenetre de rapprochements avec 13, nombre divin fort important et valeur numerique de UN (eHad). Or, Dieu est UN (cf Deuteronome 6,4 : yhwh eHad).

Laissons ici la Bible, mais non la langue biblique.
Le mot hebreu pour " pere " (" ab " : aleph + beth = l + 2) a pour valeur numerique 3.
Le mot pour " mere " vaut 41 (" em " = aleph + mem = l + 40).
La somme des deux parents (3 + 41) est de 44.
Le mot pour " enfant " (yeled : yod + lamed + dalet = l O + 30 + 4) a le meme nombre 44 que le total des valeurs numeriques du pere et de la mere.


Un sujet discute (ou ecarte) est celui de l'utilisation des valeurs numeriques dans les textes bibliques. On a souvent soutenu que cette e guematrie e etait une invention tardive. Tres developpee dans ce qu'on nomme e la cabbale e, mais inconnue dans les textes bibliques. L'utilisation de la valeur numerique des lettres hebraeques serait un phenomene tardif -posterieur e l'epoque de redaction des textes bibliques. Cela a souvent ete affirme.

Telle quelle, cette these est aujourd'hui insoutenable. Les exemples cites ci-apres rendent les coencidences impossibles. Reste le probleme de comprendre ce que les scribes ont voulu dire par cette mise en forme. Et e quelle date e Et dans quel milieu e Ce sont le des problemes pour les exegetes. Simplement, un examen impartial s'interdit toute negation a priori.

Un cas souvent cite (comme si c'etait le seul exemple) est celui des 318 guerriers d'Abraham (Genese 14,14). Or, le nom du principal serviteur d'Abraham est Eliezer (Genese 15,2) et la valeur numerique de e 'Eliezer e est, justement, 318 :

'Eliezer 318 = 200 + 7 + 70 + 10 + 30 + l =

Mais d'autres exemples sont moins connus -voire ignores ou passes sous silence : Sara est ensevelie dans la grotte de Makhpela (Genese 23,19). C'est le que sera enseveli Abraham qui meurt e 175 ans (Genese 25,7). Or le nom de la grotte a la meme valeur numerique que le nombre des annees du patriarche :

Makhp ela 175 = 5 + 30 + 80 + 20 + 40 =

Ce nombre est d'autant plus interessant que les annees des patriarches suivants sont bien remarquables :

Abraham meurt a 175 ans. 175 = 7 x 52
Isaac meurt e 180 ans. 180 = 5 x 62
Jacob meurt e 147 ans. 147 = 3 x 72
Joseph (heritier des trois e peres e) meurt e 110 ans. 110 = 52 + 62 + 72
Le nombre des annees de la vie des patriarches est toujours multiple d'un carre et leur successeur
Joseph cumule cet heritage ! Cela a deje ete decrit avec precision (l).

Ajoutons que les noms des " peres " (Abraham faisant ici necessairement exception parce qu'il repond a un symbolisme different) ont egalement une valeur numerique etonnante :

Isaac 8 = 208 = x 26
Jacob 7 = 182 = x 26
Joseph 6 = 156 = x 26

On sait que 26 est la valeur numerique du Nom divin. Ce Nom est ainsi e inscrit e dans les noms cites. Il sera difficile d'attribuer tous ces resultats a des coencidences.
Citons encore les 26 repetitions de la formule " eternelle est sa grace " dans le Psaume 136 ou les 26 mentions du Nom divin dans le livret de Jonas.

En guise de conclusion

Le symbolisme des nombres nous fait penetrer dans un monde etranger a notre culture. Pour autant, il est necessaire de prendre conscience de la forme que les anciens ont voulu domer aux paroles qu'ils transmettaient. Ils ont pour cela utilise des particularites graphiques, orthographiques, numeriques, de la langue qu'ils utilisaient (l'hebreu).

C'est une carence des sciences bibliques que d'avoir neglige (voire meprise) ces particularites - en ignorant l'exegese traditionnelle, rejetee dans les tenebres d'un confessionnalisme superstitieux. Erudition n'est pas connaissance.

Ni les ejeux a de mots, ni les ejeux a d'ecriture, ni le recours a des nombres symboliques ne sont fortuits. Ce sont des reperes, des guides, des supports de comprehension. Le symbole numerique peut ainsi etre un jalon sur la voie de la comprehension. N'en pas tenir compte serait superficiel.













Re: l'hebreu
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 23 mai 2006 a 08:26

Bravo Dany, je suis sure que plusieurs s'interesseront a ce sujet. Felicitations !

Re: l'hebreu
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 23 mai 2006 a 08:40

[cemter]La poesie hebraeque[/center]



Une importante partie des ecritures hebraeques consiste en poesie. Le moyen deexpression de la poesie hebraeque neetait pas la rime, mais le parallelisme deidees, le rythme deidees. Cette poesie utilisait aussi des metaphores tres evocatrices, puisees dans la nature, dans des choses familieres e tous, meme aux enfants. Elle se servait deacrostiches alphabetiques, dans lesquels les premieres lettres des vers suivent leordre alphabetique (Ps 25, 34, 37, 111, 112, 119 ; Pr 31:10-31 ; Lm 1-4).



Psaume 4:1

Quand je t'invoque, reponds-moi, Dieu de ma justice !

Toi qui, dans ma detresse me mets au large.

Aie pitie de moi et entends ma priere.



Psaume 19:1-2

Les cieux proclament la gloire de Dieu;

et leeuvre de ses mains, leetendue leannonce.

Un jour apres un autre jour fait jaillir le langage,

et une nuit apres une autre nuit revele la connaissance.






Re: l'hebreu
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 23 mai 2006 a 09:22

LE SENS CACH? DES LETTRES HEBRA?QUES


"Vingt-deux lettres de fondement. Il les a grav?es et burin?es. Il a combin? leur poids et les a interverties, et Il a form? selon elles tout le "form?" et tout le futur ? former."

(Le livre de la Cr?ation -chap 2 par 2)

LES LETTRES SONT LES INSTRUMENTS DE LA CR?ATION

D'apr?s la Tradition, les lettres sont les ?l?ments constitutifs des vibrations de l'univers.

"Lorsque le Saint- b?ni-soit-il a cr?? son monde, il ne le cr?a qu'avec la Torah; et la Torah existait deux mille ans avant que le monde ne soit cr??, ainsi qu'il est dit: "Je faisais ses d?lices, jour apr?s jour" (Proverbes chap vers 30). Une tradition enseigne: "Quand la Saint-B?ni-Soit-Il cr?a son monde, il disposa la Torah, comme il est ?crit: "Alors il la vit et l'?valua, il l'appr?cia et m?me la scruta" ( chap 28 vers 27); et il cr?a avec elle le monde, puis il la cacha, jusqu'? ce qu'il cr?e le premier homme ? qui il l'enseigna, ainsi qu'il est dit: "Et il dit ? l'homme: la crainte de Dieu voil? la Sagesse et s'?carter du mal, voil? l'Intelligence"

(Livre de Ruth du Zohar).

Dans l'ordre inverse, ? partir de la derni?re lettre "taw", qui signifie "le signe", les diff?rentes lettres de l'alphabet se pr?sentent successivement devant Dieu pour cr?er le monde. Il les ?carte les unes apr?s les autres, mais retient "bet", la deuxi?me lettre qui a la valeur deux, pour cr?er le monde. La Tradition enseigne que Dieu a fait de la lettre "bet" comme un coffre qui contiendrait un tr?sor et qui prit toutes les lettres avec lui pour cr?er le monde. Et celles-ci furent appel?es "avant", parce qu'elles furent cr??es deux mille ans avant que ne soit cr?? le monde. Et c'est avec la Torah, appel?e aussi "avant" que Dieu cr?a ainsi le Monde, la Torah ?tant un agencement particulier et secret des lettres contenues dans les diff?rents noms divins.

Cette tradition de la cr?ation du monde avec les lettres de la Torah, notamment avec le "bet" qui initie et contient toute l'Ecriture, est rapport?e par l'oeuvre ma?tresse de la Qabalah, le Zohar ou Livre de la Splendeur.

La m?me tradition enseigne que, d'une part, les lettres sont des anges et que, d'autre part, ? chaque ?me sur terre correspond une lettre de l'Ecriture, chaque ?me ?tant une lettre, et devant y trouver sa place. Ainsi d'apr?s Aboulafia, "les lettres sont la racine de toute sagesse et de toute compr?hension, sans nul doute, et elles sont par essence, la mati?re de la proph?tie...elles sont per?ues comme si des anges purs et vivants actionnaient leur mouvement, et les enseignaient ? l'homme qui les permute par rotation, sous forme d'anges ?th?r?s dessinant de leurs ailes, en volant, des formes circulaires, et elles ne sont rien d'autre que le "souffle du souffle"...ainsi apr?s que les lettres prennent corps sous forme d'anges du service qui connaissent tout sur la science musicale... et c'est par leur voix que se r?v?leront les choses ? venir, et les nouveaux proc?d?s susceptibles de renouveler la science proph?tique."

(Extraits de "L'exp?rience mystique d'Aboulafia" par Mosh? Idel- Edition du Cerf)

Mais ?me et ange sont des entit?s distinctes qui ne se confondent qu'exceptionnellement dans "le Juste", l'?me du Juste devenant un ange.

Par ailleurs, graphismes ?voluant dans le temps, les lettres sont des "signes" refl?tant et influen?ant le psychisme de l'homme qui les dessine. Cette alchimie lente qui r?git les rapports entre la pens?e profonde de l'homme et son moyen d'expression favori, le dessin, a jou? un r?le ind?niable dans le contenu de la Qabalah, eu ?gard ? la cr?ation de l'Univers et ? son ?volution. La lettre serait le mat?riau de base aussi bien de l'univers mat?riel que de l'univers immat?riel des anges et des ?mes. Dans de nombreuses traditions, on retrouve ces liens ?troits entre la recherche mystique et la calligraphie par exemple.


LES SIGNES DE SANG ET D'ENCRE

Les Sages ont souvent rapproch? deux choses apparemment ?loign?es, le sang et l'encre. Lorsqu'il est contenu, le sang permet de vivre et de r?ver, mais r?pandu, il signifie la mort. En revanche, r?pandue, l'encre permet de consigner par ?crit l'expression de la vie et de la r?verie, et, contenue, elle est l'image du silence et du sommeil, proche de la mort.

En h?breu, le sang "dam", dalet/m?m, est ? l'origine du mot "demout" ou ressemblance ou imagination, ou d'une fa?on plus g?n?rale, l'imaginaire ou l'instinctif. L'encre est "dyo", dalet/yod/ waw, ?quivalent ? la lettre "yod". L'encre ou l'?crit est le r?sultat d'une r?flexion rationnelle et il dessine un graphisme ou une image, en donnant des sens aux signes et ? leur assemblage.

D'un c?t?, avec le sang, on a le signe intangible de l'imaginaire, pouvant aller jusqu'? l'illusion et, de l'autre c?t?, avec l'encre, on a le signe tangible et bien r?el du signe dessin? ou de la lettre ?crite. En poussant ? l'extr?me cette rh?torique et en inversant les deux propositions, on peut dire que les limites extr?mes de l'imaginaire ou de la raison sont morbides, puisque le sang rouge r?pandu vire au noir et ? la mort, et que l'encre noire contenue et non r?pandue dans le signe, est une feuille blanche et muette.

Sur le plan psychique, il s'agirait d'une vision int?rieure, celle du "Soi", qui int?gre la dualit? r?versible du sang, image de l'imagination, de l'instinct et des pulsions, appel?e "imago", et de l'encre, image de la raison, de la sagesse et de la ma?trise de soi, appel?e "intellectus agent". L'essentiel pour Aboulafia est de parvenir ? conna?tre leur essence par des preuves rationnelles, de distinguer entre leurs deux mani?res d'?tre, de comprendre le grand foss? qui les s?pare, de savoir si toutes les deux ne sont qu'une m?me r?alit?, ou deux r?alit?s combin?es, si elles sont s?parables ou si elles ne peuvent ?tre s?par?es... "Or, ce n'est qu'en voyant leur combat en notre coeur que nous conna?trons qu'elles sont deux et qu'elles agissent l'une sur l'autre, l'une en fonction de l'autre, et c'est pourquoi, il est un temps pour celle-ci et un temps pour celle-l?, et pour le moment ce n'est qu'un petit point indivisible, et qui dure moins qu'un clin d'oeil.."

LES ANGES SONT EN SERVICE COMMAND?

Les anges sont des messagers divins, incorporels et psychiques, constitu?s d'une mati?re ?th?r?e pour certains, de feu et d'eau pour d'autres; ils se situent aussi bien du c?t? de la rigueur que du c?t? de la mis?ricorde, du c?t? du mal et de la domination que du c?t? du bien et de l'abn?gation.

Ces derniers ont ?t? cr??s le premier jour de la cr?ation, le jour de la s?paration de la lumi?re et de l'obscurit?. Les premiers sont n?s le deuxi?me jour, lors de la s?paration des eaux et de la cr?ation de l'univers.

Les anges sont g?n?ralement immortels mais imparfaits. Ils connaissent l'avenir ? court terme; leur mission est temporaire, ponctuelle, pr?cise et limit?e. Ils apparaissent dans un songe, un r?ve ou une vision et prennent l'aspect d'un homme, souvent celui d'un ?tre ail?, rarement celui d'un animal. La Tradition les d?crit comme des ?tres "sans articulation", incapables de plier le genou, pour dire qu'ils sont des ?missaires en service command?, accomplissant leur mission comme les soldats d'une arm?e, d'un corps organis? hi?rarchiquement.

Les anges sont charg?s de garder les sept palais qui entourent le Tr?ne de Gloire et de veiller sur celui-ci, pour maintenir ? distance les ?mes non pr?par?es qui souhaitent y parvenir. L'archange "M?tatron" v?rifie le niveau de pr?paration et proc?de au compl?ment d'enseignement.

Les anges louent Dieu tous les matins et, dans ce sens, ils sont les concurrents des hommes.

Mais la mission la plus importante est de faire le lien entre l'Unique et l'univers en transmettant des messages et des informations dans les deux sens: ainsi d'apr?s la Tradition, l'archange Micha?l, qui est charg? de veiller sur Isra?l, parcourt le monde en un seul bond. L'archange Gabriel, pr?pos? aux songes, parcourt le monde en deux bonds. Elie, ange apparaissant comme proph?te sur terre, fait quatre bonds pour annoncer la bonne nouvelle ? l'homme et l'aider dans son parcours terrestre. Quant ? l'ange de la Mort, il fait huit bonds.

LES ANGES ET LES LETTRES

Les lettres sont des signes qui s'organisent en mots, phrases, paragraphes, chapitres, livres.... Les voyelles donnent "une ?me" ? ces signes: gr?ce ? elle on peut prononcer des mots qui ont un sens. Ainsi on passe de l'?crit "sepher" (livre) au vocalis? ou racont? ou r?cit? "sipour" (histoire ou mythe). A un niveau plus ?lev?, des signes particuliers font chanter des phrases pour leur donner un sens plus nuanc? ou les faire vibrer en une en une ?me sup?rieure. En allant plus loin et ? un niveau diff?rent, en donnant une valeur num?rique aux signes, on peut les combiner et les permuter en un nombre presque infini de mots. Ces combinaisons et ces permutations g?n?rent des mots et des sens nouveaux, des liaisons impr?vues, des rapprochements de pens?es intimes qui sondent les profondeurs de l'?tre, font r?ver ou bondir d'une conception ? une autre ou permettent de s'?vader vers des horizons que certains qualifient d'ang?liques.

La Torah ?crite r?v?l?e appel?e "sepher" a engendr? la Torah orale ou "sipour" puis, gr?ce au nombre "mispar" et ? la combinaison de lettres appel?e "ts?rouf", elle atteint le niveau du d?codage par l'homme: l'?largissement de l'?crit vers le prononc?, le chant? puis le compt? et le combin? est un processus de rapprochement de l'humain et du divin; peut-?tre aussi pour une meilleure connaissance mutuelle, ? travers des lettres devenues anges ou des anges devenus lettres. Les lettres se d?tachent, se retournent, se rassemblent puis s'?loignent dans une danse ressemblant ? une farandole. Leurs associations fugaces ont des tons et des rythmes multiples puis tout d'un coup une harmonie de sons et de sens se d?ploie et scintille: on se trouve devant un chant de signes.


Re: l'hebreu
Posté par: MESSAGE DEPLACE (IP enregistré)
Date: 26 juin 2007 a 23:10

Hébreu au MAROC
Auteur: hanania
Date: 14 juin 2007 a 13:40


Bonjour chers Darneurs

Passionnée par la langue hébraique, je cherche un établissement ou une personne qui donnent des cours d'hébreu au Maroc (Casablanca)
J'arrive à déchiffrer les lettres et comprendre quelques mots mais mon rêve c'est d'écrire et parler l'hébreu couramment
Je serai trés reconnaissante et merci d'avance.





Re: l'hebreu
Posté par: Raphael (IP enregistré)
Date: 21 août 2007 a 19:16

Cher Hanania,
Il y a surement des ecoles juives enseignant l'hebreux a Casablanca.
D'autre part, il doit exister des cours par correspondance.
Je pense que l'Agence juive peut t'eguiller.
Raphael de Marrakech.
Cordial Chalom.

Re: l'hebreu
Posté par: Raphael (IP enregistré)
Date: 21 août 2007 a 19:53

Cher Charly,
L'ideal est de "deguster" les psaumes en langue originale.
Ils gardent toute leur saveur, car ce sont des oeuvres qui vont:
"de coeur a coeur".
C'est un style d'expression auquel il y a lieu de se familiariser.
Il est vrai que ce n'est pas l'oulman qu'on peut les etudier.
Toutefois, comme il y a un debut a tout, commencons d'avoir a en lire et relire, phrase par phrase, et on verra apres.
De toute facon, un livre de Psaumes et le compagnon de toutes les circonsstances de la vie, et cela dure depuis le Roi David et les Temples de Jerusalem. D'ailleurs, ils sont recites regulierement dans les Eglises, et chantes d'une facon magistrale, en latin par les Chorales Gregoriennes.
Raphael de Marrakech

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