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Les Mille et Une Nuits
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 26 mai 2006 a 13:48

Les contes des Mille et Une Nuits constituent probablement le pan de la litt?rature arabe qui est le mieux ancr? dans l?imaginaire collectif du monde occidental. Tous les petits enfants sont tr?s t?t initi?s aux contes d?Aladin et la lampe merveilleuse, d?Ali Baba et les quarante voleurs ou de Sindbad le Marin. Ce recueil litt?raire porte donc souvent une connotation juv?nile. Mais les Nuits sont-elles r?ellement des contes pour enfants? Certes, quelques personnes ont exploit? les th?mes ? caract?re ?rotique pr?sents dans les contes originaux, et rendus publics par Sir Richard Burton [1] , pour produire des d?riv?s litt?raires ou cin?matographiques orient?s sur cet aspect ?rotique. Mais les Mille et Une Nuits sont en fait bien plus qu?un livre de divertissement pour enfants ou d??bats voluptueux. L?analyse qui suit montrera que c?est en r?alit? une ?uvre dynamique aux origines mouvement?es, t?moin culturel de si?cles pass?s, v?hicule d?une mythologie et de croyances propres ? l?Orient, ?mergeant surtout du monde arabe. La forme m?me des Nuits poss?de un caract?re qui les diff?rencie des contes classiques, ce qui ajoute ? l?originalit? de l??uvre. La lecture de ces histoires fait ressortir des personnages qui prennent vie autour de th?mes r?currents et qui, concentr?s au Proche et Moyen-Orient, ?tendent parfois leurs p?rip?ties jusqu?aux confins de l?Inde ou de la Chine. Une consid?ration plus d?taill?e de cet ouvrage, somme toute mal connu, s?impose donc afin de mettre en relief la v?ritable richesse des contes des Mille et Une Nuits [2] .



Origines et ?volution des Mille et Une Nuits


De nombreuses recherches ont ?t? faites pour d?terminer l?origine exacte des contes. Cette complexit? s?explique par le fait que les ouvrages ?crits en arabe, les manuscrits, n?ont ?t? retrouv?s que partiellement et qu?ils ont eux-m?mes diverses sources. Toutefois, un ?crit arabe ancien, le Kitab al-Fihrist r?dig? en l?an 987, relate l?existence d?un volume persan racontant l?histoire de Shahr?z?d et intitul? le Hezar Efsane (Les Milles Contes) dont nulle trace n?existe [3] . De plus, les noms de Shahr?z?d (Sh?h?razade en fran?ais) et Sh?hriy?r [4] (le roi qui a ?pous? Shahr?z?d et qui la menace de mort) sont des noms persans. On retrouve d?ailleurs dans ces noms le pr?fixe ?Shah? qui signifie Roi. Mais d?autres ?l?ments t?moignent par ailleurs d?une origine indienne remontant aussi loin qu?au IIIe si?cle [5] . Ainsi, les m?tamorphoses en animaux, les g?nies demi-dieux faisant r?f?rence au polyth?isme hindou et le fait de retarder la mort en contant des fables seraient des ?l?ments typiquement indiens que l?on retrouve dans d?autres ouvrages hindous comme ?le Pancatantra [et le] Hitopade?a? [6] . L?hypoth?se veut donc que les contes seraient n?s en Inde et que, par voie orale, ils auraient atteint la Perse o? un premier recueil, le Hezar Efsane aurait ?t? ?crit. Ce recueil primitif, de m?me que les contes oraux, se seraient ensuite propag?s dans le monde arabe gr?ce, entre autres, aux marchands avides de r?cits pour briser la monotonie de leurs voyages. Les conteurs arabes, autour du VIIIe si?cle, auraient par la suite traduit le Hezar Efsane et r?pandu ces histoires en les modifiant et en les adaptant selon leur culture, leur religion et leur langue tout en conservant plusieurs ?l?ments originaux. Ils auraient donc arabis? les contes en rempla?ant les noms et les lieux indiens et persans (sauf exceptions), par un d?cor arabe et un ?vernis islamique? [7] . Ils auraient de plus ajout? bon nombre de contes, ceux-ci typiquement arabes, avec de grandes ?loges au Proph?te. Parmi les ?l?ments arabes pr?sents dans le recueil, on d?note aussi la cohabitation des Musulmans avec les Chr?tiens et les Juifs [8] , les confrontations avec les Byzantins et les Francs au temps des Croisades [9] , les villes arabes o? se d?roule principalement l?histoire (Bagdad, Le Caire, Bassora, Damas), les souks et le marchandage, et les r?f?rences ? des personnages arabes connus (po?tes c?l?bres, califes, savants). Certains contes d?noncent aussi l?adoration du feu (Zoroastrisme) condamn?e ? l??poque par l?Islam [10] . Ce sont donc l? les trois principales origines des Nuits : d?abord indienne, ensuite perse et finalement arabe.




Plusieurs conteurs arabes auraient par la suite consign? par ?crit leur propre version des Nuits. On retrouve donc divers manuscrits dont les num?ros des nuits ne concordent pas. Par contre, presque tous ces manuscrits poss?dent des contes pr?coces semblables et le m?me cadre liminaire avec Shahr?z?d et Sh?hriy?r (voir chapitre suivant). Ces contes pr?coces seraient les plus anciens d?origine indo-persane. L?hypoth?se veut que le Hezar Efsane ne fut pas complet jusqu?? 1001 nuits lorsqu?il parvint aux Arabes [11] . Ceux-ci l?augment?rent donc d?histoires diff?rentes selon les conteurs, les scripteurs ou les copistes, dans le but d?atteindre le compte total. D?abord, les Arabes d?Asie, vers les IXe ou Xe si?cles, sous le califat Abbasside, avec des contes o? l?on retrouve Haroun ar-Rachid [12] et son vizir Ja?far. Ce fut ensuite et surtout au Caire, ? partir du XIe ou XIIe si?cle, sous les Fatimides, avec des contes merveilleux o? la magie et les g?nies sont pr?sents. D?autres manuscrits d?origine obscure vinrent s?ins?rer aux contes et d?autres encore se perdirent ou furent d?truits. Le recueil obtint en d?finitive une forme plus stable aux XIIIe ou XIVe si?cles [13] . Les Nuits constituent donc un ensemble de contes dynamiques puisque les conteurs y ins?raient ou y soustrayaient des histoires selon leur plaisir et surtout selon celui des auditeurs.


C?est autour de l?an 1700 que le Fran?ais Antoine Galland mit la main sur des manuscrits des Mille et Une Nuits (Alf laylah wa laylah). Il en fit une traduction, la toute premi?re dans une langue europ?enne, qu?il publia en 1704. Celui-ci adapta les contes pour l??poque en y omettant les ?l?ments vulgaires et ?rotiques [15] et en y ins?rant la galanterie (sans jeu de mots) europ?enne. Il ajouta, ? partir d?autres manuscrits ne faisant pas partie des Nuits, les contes de Sindbad [16] , d?Aladin et de Ali Baba [17] , ce qui d?cala les nuits par rapport au manuscrit original. Son ?dition des contes arabes o?, pour la premi?re fois, la culture et la religion islamiques ?taient d?peintes en Europe de l??il m?me des Arabes et non plus seulement rapport?es par les Croisades, les p?lerins, les moines ou les marchands europ?ens [18] , fut un succ?s imm?diat; l??uvre, par ses nombreux ?l?ments merveilleux, contrastant avec les ?crits cart?siens de l??poque o? l?imaginaire et l?exotisme tenaient alors une place ch?tive. Les Nuits de Galland furent rapidement traduites dans les autres langues europ?ennes. On peut consid?rer que l?arriv?e des Nuits en France est en partie responsable du d?veloppement de l?Orientalisme [19] en Europe gr?ce ? l?engouement qu?elle provoqua pour cette partie du monde plut?t myst?rieuse. Dans les ann?es qui suivirent et jusqu?au XIXe si?cle, d?autres manuscrits furent d?couverts, relatant les contes des Mille et Une Nuits dans un ordre un peu diff?rent et avec de nouveaux contes. Ces manuscrits furent ? leur tour traduits, ce qui donna lieu ? diff?rentes versions des Alf laylah wa laylah.

Antoine Galland

Mais l?exotisme apport? par le recueil ne se r?pandit pas qu?en mots [20] . Il le fit aussi en images lorsque de talentueux artistes, comme Edmond Dulac et Marc Chagall, illustr?rent quelques contes des Nuits. Le th?me fut aussi repris en musique entre autres par le compositeur russe Nikola? Rimski-Korsakov (1844-1908) qui composa la suite symphonique Sh?h?razade, Opus 35. Il harmonisa sublimement le ?Vaisseau de Sindbad?, ?l?histoire du prince Kalender?, ?l?histoire du jeune prince et de la jeune princesse? ainsi que ?le Festival de Bagdad?.

Dessin d'Edmond Dulac illustrant les Nuits

Lithographie de Marc Chagall illustrant un conte des Nuits


D?autre part, l?industrie cin?matographique s?appropria elle aussi ce sujet en mettant sur pellicule la s?rie t?l?vis?e I dream of Jeannie [21] (1965) jusqu?aux dessins anim?s de Disney avec Aladin. Les enfants ?tant toujours assoiff?s d?histoires merveilleuses, les Nuits furent rapidement adapt?es pour les petits en une version, souvent celle de Galland, ?pur?e des ?l?ments violents ou vulgaires et concentr?e en ?l?ments magiques, si bien que les autres contes se sont att?nu?s dans l?imaginaire collectif et que seuls les Aladin, Ali Baba, Sindbad et Sh?h?razade demeurent pr?sents en m?moire lorsque l?on invoque les Mille et Une Nuits.

I dream of Jeannie (1965)




Forme des contes


?Et l?aube chassant la nuit, Shahr?z?d dut interrompre son r?cit.? C?est par ses contes jamais termin?s ? l?aube que Sh?h?razade r?ussit ? se maintenir en vie face au roi Sh?hriy?r qui la menace de mort. Celui-ci, tromp? par sa premi?re femme qui avait forniqu? avec un esclave noir durant son absence, s?est jur? d??pouser une vierge chaque soir, de la d?florer et de la tuer au matin. Sh?h?razade demande alors ? son p?re, le vizir, de lui laisser ?pouser le roi. Elle prie ensuite sa s?ur (ou son intendante selon diff?rentes versions), Duny?z?d, de lui demander de raconter une histoire en pr?sence du roi. Sh?h?razade, ne terminant jamais ses r?cits avant le lever du jour, r?ussit donc, par la ruse, ? ?viter l?homicide (ou devrait-on dire le ?f?minicide??) du roi gr?ce ? la curiosit? de ce dernier, d?sireux de conna?tre la fin des contes. Au bout de mille et une nuits, il la gracie apr?s qu?elle lui eut donn? un fils (ou trois selon les versions).

Ce cadre embo?te tous les autres contes, de nuit en nuit. Mais Sh?hriy?r et Duny?z?d s?effacent rapidement au point que seul le nom de Sh?h?razade est mentionn? lors des changements de nuits. L?histoire de Sh?h?razade, qui constitue le contexte narratif, permet ainsi de juxtaposer des contes qui n?ont aucun lien entre eux et qui ont grossi le contenu des Nuits de si?cle en si?cle. La particularit? des Nuits repose dans le fait que ses contes sont sous une forme dite ench?ss?e [22] ou en tiroir. En effet, le lecteur rencontre d?abord un narrateur qui relate le cadre liminaire, l?histoire de Sh?h?razade. Celle-ci raconte ensuite au roi un conte, par exemple le Conte du tailleur, du bossu, du Juif, de l?Intendant et du Chr?tien [23] . Dans ce conte, o? le bossu est au centre, elle raconte une ? une les histoires du courtier chr?tien, de l?intendant musulman, du m?decin juif et du tailleur. Ce dernier raconte ? son tour l?histoire d?un barbier. Le barbier, quant ? lui, raconte celle de chacun de ses six fr?res. Cette m?thode permet donc ? Sh?h?razade d??terniser le r?cit et d??loigner l?heure fatale. Cela ajoute aussi ? la diversit? de l??uvre puisque chaque nouveau conte n?est pas n?cessairement en lien avec le conte pr?c?dent et que m?me le genre du conte peut alors se modifier.




De fait, plusieurs genres diff?rents sont pr?sents dans les divers contes [24] . Cela prouve du m?me coup la variabilit? des auteurs. On trouve d?abord des contes de ruse o? le personnage central ?vite la mort ou d?autres situations p?rilleuses par ses tours ou par la force de son esprit. Tel est celui de Sh?h?razade, qui gr?ce ? ses contes, peut amadouer le roi, ou encore le Conte du P?cheur et du D?mon [25] o? le p?cheur ?chappe au sort du d?mon en jouant l?incr?dule face ? sa capacit? d?entrer dans sa bouteille. Aussi, les Nuits comportent des histoires merveilleuses, probablement les plus connues, o? les g?nies, les sorci?res, les f?es ou les m?tamorphoses sont au centre du tableau. On peut placer parmi cette cat?gorie bien des histoires; citons seulement le Conte du Marchand et du D?mon dans laquelle ?la femme du prince des ?les Noires a chang? dans sa ville les musulmans en poissons blancs; les zoroastriens en rouges, les chr?tiens en bleus, les juifs en jaunes.? [26] Un autre genre pr?sent sont les aventures amoureuses. On les retrouvent entre autres dans le Conte d?Ayy?b le Marchand, de son fils Gh?nim et de sa fille Fitna [27] o? un amour courtois entre Gh?nim et la compagne du calife, Q?t al-Qul?b, transpire tout au long du roman. Par ailleurs, on retrouve des ?pop?es comme le conte, digne de l?Iliade, du roi ?Umar an-Nu?m?n et de ses deux fils Sharr K?n et Daw? al-Mak?n [28] dont l?action s??tend de la Mekke ? Constantinople en passant par J?rusalem, Bagdad, Damas et C?sar?e de Cappadoce, et dans lequel les h?ros ?achiliens? musulmans moissonnent les t?tes des Crois?s byzantins ? coups de cimeterres et d?invocations du Mis?ricordieux apr?s moult p?rip?ties des fils du roi an-Nu?m?n. Enfin, on retrouve des anecdotes, tel le conte du bossu ou ceux d?Haroun ar-Rachid, et des fables diss?min?es dans plusieurs contes et faisant l??loge des bienfaits du respect des principes de l?Islam. Ces ?loges ou les d?monstrations des ?rudits quant ? leur connaissance du Coran ou de la science de gouverner prennent parfois une trop grande place dans certains contes, comme le font Nuzhat az-Zam?n ou Dh?t ad-Daw?h? avec les cinq jeunes filles devant Sharr K?n et an-Nu?m?n respectivement [29] . Cela finit par lasser le lecteur dont la tentation de sauter des nuits augmente ? mesure que ces longs discours s??ternisent.

La fa?on dont les contes sont rendus ? l??crit varie elle aussi. Si le texte original est r?dig? en prose, notons qu?il est parsem? de vers souvent emprunt?s ? des po?tes arabes connus [30] . Ces vers servent ? exprimer l??motion des personnages ou ? faire le pan?gyrique de califes ou du Proph?te. On retrouve par ailleurs des styles d??criture qui passent d?un niveau de rue vulgaire ? un niveau litt?raire soign?. Cela s?explique en partie parce que les manuscrits arabes auraient servi plus d?aide-m?moire [31] pour des conteurs s?adressant ? une foule illettr?e que de r?cits faits pour ?tre lus d?un public ?rudit. Car il ne faut pas oublier que les Nuits existent d?abord pour ?tre cont?es. On devine alors l?origine des exag?rations titanesques qui se retrouvent dans l??pop?e d?an-Nu?m?n o? des millions de Crois?s, d?crits comme des couards puants et f?lons, ne parviennent pas ? an?antir une poign?e de ?vrais croyants? fid?les au Dieu unique et ? son Proph?te qui chevauchent jusqu?aux portes de Constantinople en prof?rant que Dieu est le plus grand et qu?il n?y a pas d?autre dieu que Dieu. On peut facilement imaginer un conteur subjuguant ses auditeurs en donnant ainsi aux h?ros une vaillance grandement accrue face aux nombreux Infid?les byzantins. Les traducteurs europ?ens, quant ? eux, ont choisi de transformer les niveaux d??criture afin que les contes puissent ?tre lus, car la publication d?un recueil de niveau populaire risque de ne pas trouver preneur chez des lecteurs qui prennent plaisir ? d?guster les mots [32] . C?est donc Galland qui, le premier, malgr? toutes les modifications et ajouts qu?il leur a apport?s, aura fait des Nuits un recueil litt?raire destin? ? ?tre lu. On ne peut donc que le remercier d?avoir fait conna?tre ? l?Occident ce morceau de culture arabe.

Notons en terminant que Jamel Eddine Bencheikh [33] et Andr? Miquel, que l?on peut qualifier de sp?cialistes des Nuits et comptant chacun de nombreux ouvrages sur le sujet, ont consid?r?, dans leur version des Mille et Une Nuits [34] , la plupart des traductions existantes, en plus des manuscrits originaux [35] , pour produire les trois tomes utilis?s dans cette analyse, ce qui en fait l?une des ?ditions fran?aises les plus proches de l?original arabe et prenant ce qu?il y a de meilleur des traductions [36] . Un int?r?t suppl?mentaire est apport? par cette ?dition du fait qu?ils font bri?vement une pr?sentation de chaque conte et que les tomes poss?dent un glossaire des termes et personnages cit?s dans les contes ainsi qu?une carte g?ographique indiquant les lieux mentionn?s. Quant au style d??criture, ils ont eu le g?nie de rendre les ?l?ments vulgaires comme les insultes, les menaces de mutilations ou de mort, ainsi que les ?l?ments ?rotiques, par un vocabulaire recherch? et diversifi?, organis? par une syntaxe brillante, le tout bien loin du langage de rue. On ?prouve paradoxalement du plaisir, purement litt?raire, ? lire des insanit?s. Le d?faut de cette ?dition r?side dans le fait qu?elle est incompl?te, c?est-?-dire que les contes pr?sents dans les trois tomes sont des contes choisis et qu?il manque au total 556 nuits. Mais les ?diteurs stipulent que cette traduction est ?destin?e ? para?tre dans l??dition compl?te des Mille et Une Nuits pr?vue dans la Biblioth?que de la Pl?iade?, ce qui laisse pr?sumer, esp?rons-le, qu?ils poursuivent leur ouvrage afin de compl?ter le recueil. En attendant la suite de l?excellente traduction fran?aise de Bencheikh et Miquel, ceux que les Nuits obs?dent pourront consulter toute la litt?rature qui a ?t? ?crite ? leur sujet pour tenter de les analyser de contes en contes jusqu?au mot ? mot. On n?a qu?? jeter un ?il sur les bibliographies des divers livres pour se rendre compte de la richesse des ?tudes sur cette ?uvre.



Personnages-type et th?mes principaux


Les Mille et Une Nuits, par leur ampleur et leur diversit?, abordent bien s?r de nombreux th?mes. Un ouvrage exhaustif qui r?pertorie tous les th?mes des Alf laylah wa laylah est le classique de Nikita Eliss?eff, Th?mes et motifs des Mille et Une Nuits [37] . D?autres analysent encore plus en profondeur certains aspects comme Jean-Louis Laveille avec Le th?me du voyage dans les Mille et Une Nuits [38] ou Malek Chebel avec La f?minisation du monde, essai sur Les Mille et Une Nuits [39] . Mais sans consulter ces livres, ? la seule lecture des contes, il est possible de d?tacher des th?mes principaux et des personnages-type. Les personnages et les th?mes sont ?videmment ?troitement li?s, puisque ce sont les acteurs des contes qui v?hiculent toute l?id?ologie des Nuits.

Ce qui frappe d?abord, et ce, au tout premier conte du roi Sh?hriy?r et de son fr?re Sh?h Zam?n, c?est la consid?ration de la femme. On n?en doute pas, les contes ont d?abord ?t? cr??s par les hommes. Ceux-ci pr?sentent donc, d?s les contes pr?coces, la femme comme un ?tre perfide, commettant l?adult?re avec un autre personnage-type, un esclave noir. Ainsi, les deux fr?res cit?s plus haut surprennent leur femme respective en flagrant d?lit d?adult?re. Non contents d?avoir ?t? trahis, ils se font violer par la femme d?un g?nie endormi qui avait fait auparavant 98 victimes! Pire, la femme, dans certains contes, va m?me jusqu?? vouloir ?liminer son mari, apr?s l?avoir tromp?, en le m?tamorphosant en chien dans le Conte du Marchand et du D?mon et en transformant ses jambes en pierre dans celui du P?cheur et du D?mon. L?esclave noir repr?sente le vice et la virilit? ? laquelle la femme ne peut r?sister, celle-ci se laissant m?me insulter pour conserver les faveurs de l?esclave noir comme le montre cet extrait o? il s?adresse ? une femme mari?e :

?Tu mens, esp?ce de putain. Je jure par la virilit? des Noirs ? et qu?elle soit r?duite ? n??tre plus que celle des Blancs ?, je jure que si tu t?attardes encore une seule fois, je ne serai plus ton amant et ne mettrai plus mon corps sur le tien. Maudite sois-tu, comment peux-tu me d?laisser pour suivre tes d?sirs, ? puante, chienne, la plus ignoble des Blanches!? [40]

Si elle est d?abord pr?sent?e comme source du malheur des hommes, la femme est en contrepartie loin d??tre une sotte. Dans bon nombre de contes, elle est savante, connaissant ? fond le Coran, l?histoire islamique et la science de gouverner. Par son ?rudition, elle impressionne m?me tous les grands hommes de la cour, dont le vizir et surtout le calife pr?t ? donner tout son royaume pour s?approprier une telle femme. C?est ce type de femme qu?on retrouve entre autres dans L??pop?e d?an-Nu?m?n avec la fille de ce dernier, Nuzhat az-Zam?n, et les Byzantines Abr?za et sa grand-m?re, la ?maudite vieille rou?e? Shaw?h? ad-Daw?h?. On pourrait placer dans cette cat?gorie Sh?h?razade, qui par sa ruse, parvient ? s?attirer la gr?ce du roi et, par le fait m?me, ? sauver toutes les femmes. Dans les contes, certaines femmes poss?dent des pouvoirs magiques. Il y a d?abord celles, sorci?res f?lonnes, qui m?tamorphosent leur mari en animaux ou les p?trifient, nous en avons d?j? parl?; et celle qui, au contraire, rendent aux m?tamorphos?s, par aspersion d?eau, leur apparence humaine apr?s les avoir reconnus sous une forme animale et ensuite de quoi elles ?pousent l?homme d?livr? du sort [41] . Enfin, n?oublions pas que la femme est aussi victime ? travers les r?cits. Enlev?e, enferm?e dans un coffre, enterr?e vivante, menac?e de mutilation ou de mort, battue, viol?e, assassin?e, elle subit tous les s?vices imaginables. ? titre d?exemple, citons seulement cette phrase choquante qu?un B?douin crie ? Nuzhat apr?s l?avoir kidnapp?e: ?par mon bonnet [?], si je t?entends encore pleurer, je t?arracherai la langue pour la fourrer dans ton vagin!? [42] Le conte-cadre lui-m?me des Nuits, o? Sh?hriy?r se venge de l?affront subi en ?gorgeant une vierge innocente chaque matin, commence dans un esprit de violence envers la femme.

La femme dans les contes des Nuits

M?me si la gent f?minine occupe une grande place au sein des Nuits, elle n?en est pas le h?ros principal (si l?on ne tient pas compte de Sh?h?razade). De fait, c?est plut?t un homme, souvent prince ou riche marchand, qui est le pivot de chacune des histoires. Ce personnage central, typiquement respectueux des valeurs de l?Islam, juste et vaillant, est soit trahi par un proche, son ?pouse, sa fratrie ou toute autre personne en qui il avait mis sa confiance, soit il c?de ? la curiosit? (par exemple de voyager pour voir du pays) ou dilapide sa fortune. Il lui arrive alors moult aventures plus p?rilleuses les unes que les autres, o? il doit s?exiler dans une autre ville, loin de chez lui et o? il rencontre de nombreux personnages ayant v?cu la m?me infortune que lui, chacun ayant son histoire ? conter. Il conna?t alors la mis?re, la faim, le vol et la tromperie. L?homme, tr?s ?motif, se lamente, pleure sur sa pauvre condition, p?lit, maigrit et s??vanouit [43] . Un brave homme, petit marchand ou chauffeur de hammam, d?sireux de faire une action qui lui attirera la gr?ce d?Allah, le prend alors en protection sous son toit sans savoir qu?il a devant lui un fils de roi d?chu. Le protagoniste est ensuite soign?, nourri, lav? et v?tu des plus beaux v?tements du bon samaritain jusqu?? ce qu?il soit remis sur pied et qu?il d?cide de retourner dans sa ville d?origine, accompagn? du sauveur qui consid?re alors comme son fils l?homme aid?. La chance revient ensuite au h?ros qui r?ussit ? conter son histoire au calife, lequel lui remet une robe d?apparat, lui offre ses plus belles femmes et le place ? la t?te de sa ville d?origine apr?s avoir puni les coupables [44] .

Calife arabe

L?homme peut aussi se retrouver devant un roi qui le condamne injustement ? mort pour une action non commise comme dans le Conte du Bossu. Tel Sh?h?razade, il demande au roi de lui laisser entendre son histoire avant de faire ex?cuter la sentence. Celui-ci, ?mu par le r?cit, lui laisse la vie sauve et va m?me jusqu?? le r?compenser. Notons enfin que l?homme, lorsqu?il s??prend amoureusement d?une femme, en perd la raison et va jusqu?? dilapider toute sa fortune et risquer sa vie pour ?tre aupr?s d?elle [45] . La femme poss?de donc une arme, son charme, qui lui permet de dominer l?homme ? sa guise, comme le fait Abr?za, cette femme chr?tienne qui mate facilement le grand guerrier musulman Sharr K?n [46] .

Finalement, on retrouve les g?nies, ou djinns, lesquels sont de deux types. D?abord, les d?mons qui n?ont pas de ma?tre, dont la mythologie seraient d?origine indopersane, reli?e au polyth?isme hindou [47] . Ils peuvent reconna?tre les humains, ils enl?vent les femmes, s?en prennent aux hommes et personne ne peut les contr?ler sauf d?autres g?nies ou leur contrepartie f?minine, les femmes djinns, avec qui ils peuvent engager un combat f?roce en se m?tamorphosant tant?t en serpent, tant?t en dragon, tant?t en feu [48] . Ou bien encore ils aident deux amants lointains ? se retrouver et les font voyager d?une ville ? une autre en une seule nuit [49] . D?autre part, on retrouve d?autres djinns qui n?ob?issent qu?? un ma?tre possesseur d?un talisman, comme la lampe d?Aladin. Ceux-l? ne reconnaissent pas les humains qui tant?t peuvent ?tre leurs amis ou tant?t leurs ennemis selon le possesseur du talisman. Ces g?nies seraient quant ? eux d?origine ?gyptienne [50] .

Le bon g?nie

Ce sont donc l? quelques personnages typiques pr?sents dans les Nuits. On remarque une emphase sur le th?me de la tromperie ou de la trahison, la femme ?tant souvent celle qui commet l?acte de f?lonie envers un prince vertueux. L?id?e de l?aventure et du voyage transpire aussi de ces contes par toutes les p?rip?ties et les exils dont sont victimes les protagonistes de l?ouvrage, ces aventures d?coulant souvent d?une trop grande curiosit?. Mais cette curiosit?, lorsqu?elle est pr?sente chez le roi ou le calife ayant prononc? une sentence fatale, entra?ne aussi la gr?ce du condamn? qui raconte son histoire. La cl?mence est donc un th?me important des Nuits; elle est d?ailleurs accord?e durant mille et une aubes ? Sh?h?razade. N?oublions pas l?id?e de la magie gravitant autour des g?nies et de certaines femmes dot?es de pouvoirs surnaturels de m?tamorphoses. Enfin, un th?me omnipr?sent dans tous les contes est celui de la religion. On retrouve en effet de multiples allusions ? Dieu et au proph?te. Les personnages n?h?sitent pas ? invoquer Dieu au moindre danger et ? crier Son nom lors des batailles contre les Crois?s. L?Islam est bien s?r la religion dominante, mais les Chr?tiens, les Juifs et les Zoroastriens sont aussi repr?sent?s dans les contes. Le conte du roi an-Nu?m?n est particuli?rement int?ressant dans ce domaine puisqu?il nous donne une vision, bien entendu exag?r?e, qu?avaient les Musulmans par rapport aux Chr?tiens byzantins durant les Croisades.



Conclusion


Pour conclure, j?aimerais citer Nikita Eliss?eff qui affirme qu?il ?est difficile de circonscrire les limites et le contenu des Nuits, car ils varient selon les pays et les ?poques, c?est une for?t o? chaque saison fait surgir d?autres plantes. Nous n?avons pas ? notre disposition un texte bien ?tabli, mais une collection sans cesse compl?t?e. C?est un tapis aux vives couleurs tiss? par diff?rents conteurs arabes, o? l?on peut retrouver une image du monde arabo-islamique des six premiers si?cles de l?H?gire.? [51] C?est en effet une fresque culturelle d?une autre ?poque qui, malgr? son style d??criture peu recherch? en arabe, pourrait ?tre rang?e aux c?t?s des classiques comme l?Odyss?e d?Hom?re. Si l?id?e de tromperie poss?de une place centrale dans le r?cit, celle de la cl?mence est tout aussi importante. On peut y voir l? une fable morale, mais ? la lecture de ces histoires ench?ss?es, l?objectif premier, si facilement atteint, est clairement de divertir. Les Alf laylah wa laylah nous entra?nent dans un monde o? l?univers magique et imaginaire s?harmonise avec les r?alit?s historiques, souvent d?form?es par des conteurs enthousiastes, d?un monde arabe domin? par l?Islam. Les Mille et Une Nuits m?ritent bien plus que leur connotation juv?nile et de nombreux contes autres que ceux des Aladin, Ali Baba et Sindbad n?attendent qu?? ?tre lus et mis en images. Les quelques traductions europ?ennes qui ont v?ritablement r?pandu cette parcelle du monde arabe hors de l?Orient ont su donner aux Nuits un niveau litt?raire acceptable et les consacrer ?uvre ?crite agr?able ? lire, mais il n?en demeure pas moins que le plus grand plaisir demeure sans doute de se faire raconter ces aventures merveilleuses par un conteur envo?tant, n?h?sitant pas ? modifier les histoires selon les r?actions des auditeurs.


dany








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Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 26 mai 2006 a 13:51

HISTOIRE DE SINDBAD
LE MARIN

Sire, sous le r?gne de ce m?me calife Haroun-al-Rachid dont je viens de parler, il y avait ? Bagdad un pauvre porteur qui se nommait Hindbad. Un jour qu'il faisait une chaleur excessive, il portait une charge tr?s pesante d'une extr?mit? de la ville ? une autre. Comme il ?tait fort fatigu? du chemin qu'il avait d?j? fait et qu'il lui en restait encore beaucoup ? faire, il arriva dans une rue o? r?gnait un doux z?phyr, et dont le pav? ?tait arros? d'eau de rose. Ne pouvant d?sirer un lieu plus favorable pour se reposer et reprendre de nouvelles forces, il posa sa charge ? terre, et s'assit dessus aupr?s d'une grande maison.
Il se sut bient?t tr?s bon gr? de s'?tre arr?t? en cet endroit : car son odorat fut agr?ablement frapp? d'un parfum exquis de bois d'alo?s et de pastilles qui sortait par les fen?tres de cet h?tel, et qui, se m?lant. avec l'odeur de l'eau de rose, achevait d'embaumer l'air. Outre cela, il ou?t en dedans un concert de divers instruments accompagn?s du ramage harmonieux d'un grand nombre de rossignols et d'autres oiseaux particuliers au climat de Bagdad. Cette gracieuse m?lodie et la fum?e de plusieurs sortes de viandes qui se faisaient sentir lui firent juger qu'il y avait l? quelque festin, et qu'on s'y r?jouissait. Il voulut savoir qui demeurait en cette maison qu'il ne connaissait pas bien, parce qu'il n'avait pas eu occasion de passer souvent par cette rue. Pour satisfaire sa curiosit?, il s'approcha de quelques domestiques, qu'il vit ? la porte, magnifiquement habill?s, et demanda ? l'un d'entre eux comment s'appelait le ma?tre de cet h?tel. ? H? quoi ! lui r?pondit le domestique, vous demeurez ? Bagdad, et vous ignorez que c'est ici la demeure du seigneur Sindbad le marin, de ce fameux voyageur qui a parcouru toutes les mers que le soleil ?claire ? ? Le porteur, qui avait ou? parler des richesses de Sindbad, ne put s'emp?cher de porter envie ? un homme dont la condition lui paraissait aussi heureuse qu'il trouvait la sienne d?plorable. L'esprit aigri par ses r?flexions, il leva les yeux au ciel, et dit assez haut pour ?tre entendu : ? Puissant cr?ateur de toutes choses, consid?rez la diff?rence qu'il y a entre Sindbad et moi; je souffre tous les jours mille fatigues et mille maux, et j'ai bien de la peine ? me nourrir, moi et ma famille, de mauvais pain d'orge, pendant que l'heureux Sindbad d?pense avec profusion d'immenses richesses et m?ne une vie pleine de d?lices. Qu'a-t-il fait pour obtenir de vous une destin?e si agr?able ? Qu'ai-je fait pour en m?riter une si rigoureuse ? ? En achevant ces paroles, il frappa du pied contre terre comme un homme enti?rement poss?d? de sa douleur et de son d?sespoir.
Il ?tait encore occup? de ses tristes pens?es, lorsqu'il vit sortir de l'h?tel un valet qui vint ? lui et qui, le prenant par le bras, lui dit : ? Venez, suivez-moi; le seigneur Sindbad, mon ma?tre, veut vous parler. ?
Le jour qui parut en cet endroit emp?cha Scheherazade de continuer cette histoire ; mais elle la reprit ainsi le lendemain :

Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 26 mai 2006 a 14:24

Le Conte d?Ayyub le Marchand, de son fils Ghanim et de sa fille Fitna



Un riche marchand du nom d'Ayy?b avait un fils appel? Gh?nim et une fille appel?e Fitna. Un jour, il mourut en leur laissant tous ses biens. En d?couvrant que son p?re avait l'intention de gagner Bagdad pour y vendre ses marchandises, Gh?nim d?cida de continuer dans la m?me voie que son p?re et devenir marchand ? son tour.

Tout se passait pour le mieux pour Gh?nim. Un jour, il se rendit ? l'enterrement d'un autre marchand qui venait de mourir. Cependant, quand il voulut revenir dans la ville le soir venu, il en trouva la porte ferm?e. Il dut donc passer la nuit dans le cimeti?re. Bient?t, il entendit hommes approcher et d?cida de se cacher, craignant avoir affaire ? des bandits.

Les trois hommes se r?v?l?rent ?tre des ennuques qui portaient un coffre. Apr?s avoir parl? entre eux, ils enterr?rent le coffre et s'en all?rent. Gh?nim, curieux, voulut savoir ce qu'il y avait dans le coffre et le d?terra. Il y trouva une jeune femme qui dormait, drogu?e. Lorsqu'elle eut repris ses esprits, il lui offrit de venir habiter avec lui pour la prot?ger de ses ennemis.

Au fil du temps, Gh?nim devint amoureux de la jeune femme qui, de son c?t?, refusait toujours de lui dire qui elle ?tait. Une nuit qu'il n'en pouvait plus de rester dans l'ignorance, il insista tant aupr?s d'elle qu'elle lui dit qui elle ?tait. Son nom ?tait Q?t al-Qul?b, elle ?tait la favorite du calife et elle avait ?t? enlev?e sur ordre de la femme de ce dernier qui ?tait jalouse. Apr?s avoir appris cela, Gh?nim pris ces distances avec la jeune fille par respect pour son roi.

Par contre, de son c?t?, Q?t al-Qul?b avait d?velopp? une grande affection pour Gh?nim et voulut rester avec lui. ?ventuellement, ce fut le sch?ma contraire qui se produisit, Q?t al-Qul?b devint profond?ment amoureuse de Gh?nim et lui se refusant ? elle par respect pour son souverain.

Un jour, l'histoire finit par se savoir et des rumeurs parvinrent aux oreilles du calife. Celui-ci ne sachant pas tous les d?tails de l'histoire, d?p?cha ses soldats chez Gh?nim pour r?cup?rer sa concubine. Gh?nim prit peur et s'enfuit de chez lui. N'ayant plus de quoi subsister et ayant perdu son amoureuse, Gh?nim se laissa aller dans la mis?re. De son c?t?, prenant la fuite du jeune homme pour un aveu, le calife, furieux, fit pers?cuter la m?re et la s?ur de Gh?nim.

Un temps passa et un jour, Q?t al-Qul?b obtint du calife qu'il lui accorde un voeux. Elle lui apprit donc que son d?sir le plus cher ?tait de revoir Gh?nim et d'?tre ? lui. Le calife lui accorda et, apr?s de longues recherches, le couple fut r?uni et la m?re et la s?ur de Gh?nim r?habilit?es


dany




Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 27 mai 2006 a 05:37

l'epopee de UMAR AN-NU'MAN


roi du nom de Umar an-Nu'm?n vivait ? Bagdad. Ce roi avait un fils du nom de Sharr K?n qui n'avait pas son pareil au combat parmi les sujets du roi. Sharr K?n ?tait son fils unique et esp?rait un jour succ?der ? son p?re. Un jour qu'il ?tait en campagne, une concubine du roi, qui lui avait ?t? offerte par le roi de C?sar?e, donna naissance ? deux jumeaux, un gar?on et une fille.

Un jour, des ?missaires du roi de Constantinople vinrent trouver le roi pour lui proposer une exp?dition militaire. Des navires du Basileus avaient ?t?s attaqu?s par le roi de C?sar?e. Le Basileus demandait donc l'aide de Umar an-Nu'm?n pour r?cup?rer ses biens. Le souverain accepta l'offre, ayant ainsi l'occasion de prouver la valeur de ses guerriers. De plus, son royaume ?tait relativement calme et ses arm?es ?taient peu en demande. Le roi envoya ses forces sous le commandement de son fils ain?.

Lorsque l'arm?e fut rendue en territoire byzantin, Sharr K?n d?cida, avec quelques de ses compagnons, d'explorer les environs pour d?celer des dangers. Le prince arriva bient?t dans une clairi?re o? luttaient des jeunes filles. Une de celle-ci se nommait Abr?za et elle n'avait point de rivales parmi ses compagnes. De plus, elle ?tait d'une grande beaut?. Sharr K?n voulut se mesurer ? elle, mais il en fut pour ses frais. Abr?za lui offrit cependant de venir passer la nuit dans son ch?teau. L?, ils firent plus ample connaissances et, apr?s lui avoir fait conna?tre ses origines, la fille du roi de C?sar?e informa le prince que le basileus avait tendu un pi?ge ? l'arm?e musulmane pour pouvoir avoir l'avantage du terrain. Plein de gratitude et d'admiration pour Abr?za, Sharr K?n offrit ? la jeune fille de retourner avec lui ? Bagdad pour devenir son ?pouse, ce que la princesse accepta.

De retour ? Bagdad, le roi fut imm?diatement s?duit par la princesse chr?tienne et entrepris de passer une nuit avec elle avec l'aide de ses m?decins. Drogu?e, la jeune fille qui n'avait jamais permis ? aucun homme de partager sa couche fut abus?e et f?cond?e par le roi. Dans les mois qui suivirent, la princesse honteuse et en col?re face au manque d'honneur du souverain, entreprit de cacher sa grossesse. Lorsque sa grossesse fut presque arriv?e ? terme, elle entreprit de regagner sa patrie en compagnie de sa servante Marj?na. Sa servante trouva un esclave n?gre qui accepta de faire le voyage. Malheureusement pour la princesse, au cours du voyage, l'esclave ne pouvant plus se contenir, d?cida d'abuser d'elle. La princesse lui r?sista jusqu'? se faire tuer par le n?gre et ce dernier, son forfait accompli, laissa la pauvre Marj?na seule avec la d?pouille de sa ma?tresse. Heureusement pour la servante, une patrouille du roi de C?sar?e passa bient?t et la ramena en son pays pour qu'elle puisse y conter le funestre sort de la princesse.

Le temps passa et lorsque Sharr K?n fut en ?ge de gouverner, son p?re lui offrit la ville de Damas. ? Bagdad, les jumeaux ayant vieillis, ils voulurent un jour se rendre en p?lerinage ? J?rusalem. Le roi leur refusa, mais les enfants ent?t?s partirent incognito avec une caravane. Le voyage se d?roula bien au d?but, mais ?ventuellement, Daw' al-Mak?n tomba malade et sa s?ur dut s'occuper de lui. Un jour, les jumeaux se trouv?rent totalement d?munis et Nuzhat az-Zam?n dut partir en recherche de bien pour pouvoir trouver de quoi s'occuper de son fr?re.

Malheureusement pour elle, elle rencontra sur un B?douin malhonn?te qui, apr?s lui avoir fait croire qu'il avait besoin d'une personne pour tenir compagnie ? sa fille, la fit prisonni?re et entreprit de la vendre comme esclave. Apr?s un p?nible voyage, ils arriv?rent finalement ? Damas o? un marchand qui d?cela l'?ducation de la jeune fille et en fit l'acquisition pour Sharr K?n. Lorsque celui-ci se rendit compte qu'elle ?tait sa demi-s?ur, il l'offrit en mariage ? son chambellan. Par la suite, Nuzhat az-Zam?n d?cida de se rendre ? Bagdad pour y revoir son p?re. Elle partit donc en compagnie de son nouveau mari dans une caravane de marchands.

De son c?t?, Daw' al-Mak?n, lorsque sa s?ur l'avait quitt?, avait ?t? pris en piti? par les habitants de J?rusalem et ceux-ci avaient pay? un chamelier pour ammener le malade ? l'hospice de Damas. Malheureusement pour le jeune prince, l'homme malhonn?te l'avais jet? sur une pile de fumier apr?s avoir empoch? l'argent. Ce fut finalement un chauffeur de hammam qui trouva Daw' al-Mak?n et entreprit de s'occuper de lui. Lorsqu'il eut retrouv? ses forces, il ?mit le d?sir de gagner Damas puis Bagdad pour y retrouver son p?re. Son nouvel ami ne voulut pas lui laisser faire le voyage seul et d?cida de l'acompagner. C'est finalement au cours du voyage en caravane de Damas ? Bagdad que les deux jumeaux furent finalement r?unis.

Malheureusement pour eux, lorsqu'ils arriv?rent ? Bagdad, ce fut pour y apprendre de bien tristes nouvelles. En effet, Dh?t ad-Daw?h?, la m?re du roi de C?sar?e, apr?s avoir appris la mort de sa petite fille, avait entrepris de la venger en assassinant Umar an-Nu'm?n. Ses projets avaient port? fruit et elle s'?tait enfuie en ramenant sa fille au Basileus, concubine du calife qui ?tait aussi la m?re des jumeaux, en pays chr?tien.

Daw' al-Mak?n n'eut d'autres choix de succ?der ? son p?re dans les circonstances les plus tragiques et d?clarer imm?diatement une guerrre sainte contre les chr?tiens de Constantinople. En route, il retrouva son fr?re a?n? et celui-ci se rallia au nouveau calife. Leurs premi?res campagnes contre les chr?tiens furent couronn?es de succ?s, tant que la vieille rus?e de Dh?t ad-Daw?h? voulut les pi?ger. Son plan ?tait de faire tomber le roi et son fr?re dans un guet-apens o? ils se feraient massacrer par les arm?es chr?tiennes. Elle se fit passer pour un saint homme musulman et entreprit d'attirer les deux fr?res dans son pi?ge. Cependant, la vaillance des deux fr?res et de leurs guerriers eurent raison des intrigues de la vieille et ils rejoingnirent bient?t le reste de leur arm?e sous les murs de Constantinople. Ils arriv?rent ? temps pour sauver le chambellan qui s'y faisait attaquer et eurent t?t fait de repousser les chr?tiens dans leur ville.

Constatant qu'ils ne viendraient jamais ? bout des musulmans par des mel?es, les chr?tiens propos?rent de faire combattre les champions des deux arme?s. Le premier jour, Sharr K?n combatit le basileus Afrid?n. Les deux guerrier ?taient ? peu pr?s de force ?gale et le combat dura longtemps. Cependant, ? la tomb?e du jour, une ruse d?loyale de la part du souverain chr?tien lui permi de blesser Sharr K?n. Le lendemain, Daw' al-Mak?n voulut venger la d?faite subie par son fr?re, mais Afrid?n perdit courage et Hard?b, le roi de C?sar?e, r?solut de combattre ? sa place. Il ne fit cependant le poids contre le jeune calife et fut bient?t tu?.

La vieille qui ?tait toujours dans le camps des musulmans apprit tard la nouvelle que son fils avait ?t? tu?. Elle en fut tr?s attrist?e et r?solut de le venger. N'arrivant pas ? approcher le roi, elle s'en fut l?chement tuer Sharr K?n qui recouvrait de sa blessure. Elle s'enfuit ensuite rejoindre les siens apr?s avoir d?voil? sa v?ritable identit?e par son crime.

Apr?s la mort de son fr?re, Daw al-Mak?n qui ?tait toujours sous les murs de Constantinople n'avait plus vraiment le coeur ? combattre. Il demanda ? son vizir Dand?n de lui conter une histoire pour le divertir. Ce dernier lui conta L'histoire de T?j al-Mul?k et de la princesse Duny?. ? la fin de l'histoire, le long si?ge n'avait rien donn? et le calife d?cida de retourner ? Bagdad.

De retour dans sa capitale, Daw al-Mak?n eut un fils et les temps pass?rent. Un jour, le roi tomba malade et il mourut finalement avant que K?n M? K?n ait l'?ge de r?gner. Ce fut donc le chambellan (donc l'oncle de K?n M? K?n) qui gouverna le pays en tant que r?gent. Lorsque le fils arriva ? l'?ge adulte, le chambellan refusa de lui laisser le pouvoir et alla m?me jusqu'? le chasser de Bagdad lorsque le prince avoua son amour ? sa cousine Qudiya Fa-k?n, fille du chambellan. Le prince erra donc pendant un temps ? travers le d?sert, revint dans la capitale et apr?s des pressions incessantes et une menace de s?cession du vizir Dand?n, le chambellan finit par abdiquer en faveur de son neveu.

Un jour qu'il ?tait en exp?dition guerri?re contre des chr?tiens, K?n M? K?n fut fait prisonnier par le chef de ceux-ci, R?mz?n. Heureusement pour tous les prisonniers, le souverain chr?tien fit un r?ve qui lui fit d?couvrir que son prisonnier ?tait aussi son cousin. En effet, ce fier guerrier n'?tait nul autre que le fils de la princesse Abr?za. Apr?s s'?tre r?concili?s, les cousins retourn?rent ? Bagdad pour y r?gner chacun leur tour.

Un jour, un marchand qui s'?tait fait attaquer dans le pays des califes vint se plaindre. Les deux rois mont?rent donc une exp?dition pour capturer les pillards. Leur exp?dition fut courronn?e de succ?s, ils d?firent les pillards et captur?rent leur trois chefs. Les trois personnages se r?v?l?rent ?tre nul autre que le b?douin qui avait vendu Nuzhat az-Zam?n comme esclave, le n?gre qui avait voulu abuser d'Abr?za et l'avait ensuite tu?e et le chamelier qui avait ?t? largement pay? par les habitants de J?rusalem pour transporter Daw al-Mak?n ? l'hospice de Damas lorsque le prince ?tait malade et l'avait abandonn? sur un tas de fumier ? la place. Apr?s avoir tu? les trois malfaiteurs, R?mz?n et son neveu conclurent qu'il n'y avait qu'une personne dont ils devaient encore r?clamer justice: Dh?t ad-Daw?h?. R?mz?n fit usage de la ruse pour faire venir son arri?re grand-m?re ? Bagdad et, lorsqu'elle fut en leur pouvoir, les 2 rois lui firent subir plusieurs humiliations et finalement crucifier sur la plus importante porte de Bagdad pour avoir os? porter la main sur des rois et fils de rois.

.wikipedia.org?



Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 27 mai 2006 a 06:00

Chahrazade








Le roi Chahriy?r ne cessa de prendre ainsi, chaque nuit, une fille parmi celles des marchands ou des hommes du peuple, pour dormir avec elle et la tuer le lendemain matin. Mais il se fit ? la fin grand bruit par toute la ville de ces disparitions. Les matrones se lamentaient, les femmes, les p?res, les m?res, tous vivaient dans une inqui?tude continuelle et ne tard?rent pas ? appeler les pires maux sur la t?te du roi, pr?sentant leurs supplications au Cr?ateur des cieux, demandant aide et protection ? Celui qui entend la voix des afflig?s et r?pond ? leurs pri?res.

Le vizir charg? de veiller ? l'ex?cution des ?pouses du roi avait, on le sait deux filles : l'a?n?e avait nom Chahrazade, et la plus jeune Dounyazade. Chahrazade avait lu des livres et des ?crits de toutes sortes, allant jusqu'? ?tudier les ouvrages des Sages et les trait?s de m?decine?

Un jour, elle dit ? son p?re : " ? p?re, je voudrais te faire part de mes pens?es secr?tes. - Quelles sont-elles ? demanda la vizir. - Je d?sire que tu arranges mon mariage avec le roi Chahriy?r : ou bien je grandirai dans l'estime de mes semblables en les d?livrant des p?ril qui les menace, ou bien je mourrai et p?rirai sans espoir de salut, partageant le sort de celles qui sont mortes et ont p?ri avant moi ".

Lorsque le vizir entendit les paroles de sa fille, il s'?cria d'une voix courrouc?e : " Sotte que tu es, ne sais-tu pas que le roi Chahriy?r a jur? de ne dormir qu'une seule nuit avec chacune de ses ?pouses pour la tuer le lendemain matin ? Tu veux que je te donne ? lui ! Ignores-tu qu'apr?s avoir pass? une nuit avec toi, il m'ordonnera, d?s le jour suivant, de te faire p?rir ? Et tu sais bien que je serai oblig? de te tuer sans pouvoir m'opposer ? ses ordres ! - ? mon p?re, il faut absolument que tu me donnes ? lui. Ma d?cision est irr?vocable, mon choix est d?finitif ".

Le vizir son p?re, cette fois fort en col?re, s'?cria ? la fin : " Celui qui ne sait pas s'adapter aux r?alit?s du monde tombe immanquablement dans les dangers qu'il veut ?viter?

Histoire de l'?ne, du taureau et du laboureur?

Ayant termin? son r?cit, le vizir dit ? sa fille : " Toi aussi, tu ne reviendras sur ta d?cision que lorsque j'aurai employ? ? ton endroit les m?mes moyens dont le marchand sut si bien user avec sa femme? - Par Dieu ! r?pondit-elle, je ne renoncerai pas pour cela ? mon projet. Et ton histoire ne m'emp?chera pas de r?it?rer ma demande, car si je voulais, je t'en conterais d'autres qui conduisent ? des conclusions diff?rentes. En fin de compte, je t'avertis que si tu ne te d?cides pas ? me pr?senter au roi Chahriy?r de ton plein gr?, j'irai le trouver en ton absence pour lui dire que tu as refus? de consentir ? ce mariage par d?dain pour sa personne et par crainte de donner ? ton ma?tre une fille aussi riche que moi? - Tu exiges donc que j'ob?isse ? tes injonctions ? conclut le vizir. - Oui ".

Ayant ?puis? tous ses arguments pour la dissuader de son projet et lass? ? la fin par tant d'ent?tement, le ministre se rendit donc au palais. Il se fit introduire en pr?sence du roi Chahriy?r, baisa la terre ? ses pieds, pr?senta la requ?te de sa fille et annon?a ? son souverain son intention de lui offrir les faveurs de celle-ci pour le soir m?me. Le roi s'en ?tonna et dit : " Comment as-tu consenti ? me c?der ta fille ? Sache par Dieu ! par le prix de Celui qui a ?lev? le ciel au-dessus de la terre ! que demain, ? peine le jour aura-t-il paru, je te donnerai l'ordre de la tuer? et que si tu refuses, je veillerai ? ce que tu sois ex?cut? pareillement. - ? sultan, notre ma?tre, r?pondit le vizir, j'ai essay? de lui faire abandonner son projet en lui rapportant le sort qui l'attendait. Je l'ai avertie en termes clairs de son destin. Malgr? cela, elle a maintenu sa d?cision : elle d?sire se trouver chez toi, cette nuit m?me ".

Ces mots eurent l'air de fort r?jouir le roi. " Va lui pr?parer tout ce qui est convenable, ordonna-t-il au vizir, et am?ne-la-moi au d?but de la nuit. " Le vizir s'en alla porter la nouvelle ? sa fille : " Que Dieu me garde, dans l'avenir, de regretter ton absence ! d?clara-t-il en conclusion de toutes ses paroles ".

Chahrazade ressentit une tr?s vive joie en apprenant la r?ussite de son projet. Elle fit ses pr?paratifs, disposa tout ce dont elle avait besoin pour ses noces ; puis elle s'en vint trouver sa s?ur Dounyazade et lui dit : " Ma s?ur, retiens bien les conseils que je vais te donner. Lorsque je serai chez le roi, il te fera demander. Tu viendras le trouver aussit?t, et lorsque tu constateras que nos ?bats ont pris fin, tu me diras : " ? ma s?ur, si tu ne dors pas, raconte-moi une petite histoire ". Alors, je commencerai un r?cit? dont l'issue co?ncidera avec ma d?livrance et avec celle de toute la communaut? ! Oui, entends-tu, c'est ainsi que je compte faire oublier au roi ses habitudes sinistres? " Dounyazade approuva ces paroles et promit de seconder les projets de son a?n?e.

La nuit arriva. Le vizir prit Chahrazade et l'emmena aupr?s du Grand Roi Chahriy?r. Celui-ci la fit entrer dans son lit et se livra avec elle ? mille jeux. A la suite de quoi la belle enfant se prit ? pleurer. " Pourquoi ces larmes ? s'?tonna le roi. - J'ai une s?ur cadette, expliqua Chahrazade, et je voudrais la faire venir ici pour lui faire mes adieux et recueillir les siens avant l'apparition de l'aube ".

Le roi envoya chercher la s?ur cadette. Dounyazade arriva dans la chambre et s'?tendit au pied du lit. Lorsque l'obscurit? fut compl?te, elle ouvrit l'?il et attendit patiemment que le roi e?t fini de mener son affaire avec sa s?ur. A la fin, comme les deux conjoints reprenaient leurs esprits, elle se risqua ? toussoter et murmura : " ? ma s?ur, si tu ne dors pas, raconte-moi une de tes belles histoires, de celles qui nous aidaient ? passer nos veill?es. Ensuite, d?s avant l'aube, je te ferai mes adieux, car je ne sais trop ce que demain te r?serve? ". Chahrazade demanda au roi : " Me permets-tu de lui raconter une histoire ? - Oui, fit le roi ". Chahrazade, toute ? sa joie secr?te, s'adressa alors ? sa s?ur : " Ecoute, lui dit-elle? "

Elle n'avait pas termin? son r?cit que le jour vint ? para?tre. Chahrazade se tut. Le roi, visiblement fort embarrass?, se demandait de quelle mani?re il devait s'y prendre pour conna?tre la fin de l'histoire. Lorsque Dounyazade aper?ut la lumi?re de l'aube, elle s'?cria : " ? ma s?ur, ton r?cit est beau et merveilleux ! - Ce que vous venez d'entendre, insinua alors la conteuse, n'est rien en comparaison de ce que je me propose de vous r?v?ler la nuit prochaine? si je reste en vie et si le roi m'accorde un d?lai pour le raconter. Mon histoire comporte en effet nombre d'?pisodes plus beaux et merveilleux encore que ceux que je vous ai r?gal?s ". Alors le roi se dit en lui-m?me : " Par Dieu ! Je ne la tuerai que lorsque j'aurai entendu la suite. Me voil? bel et bien oblig? de reporter sa condamnation au lendemain? ".

Enfin l'aube c?da la place au jour, et le soleil brilla de tout son ?clat. Le roi s'en alla r?gler les affaires de son royaume, soucieux qu'il ?tait du bon gouvernement de ses sujets. Quant au p?re de Chahrazade, son vizir, il fut bien ?tonn? de ce que son ma?tre n'envoy?t pas ? la mort, sa nouvelle ?pous?e, et ne laissa pas de s'en r?jouir beaucoup. Chahriy?r, cependant vaquait ? ses fonctions royales, d?cr?tant de sa bouche tout ce qui lui semblait bon de d?cr?ter, ce qui le tint affair? jusqu'au soir. Il regagna alors son palais, se retira dans ses appartements et admit Chahrazade dans son lit. Au c?ur de la nuit, la voix de sa s?ur cadette se fit entendre ? nouveau : " Par Dieu ! ? ma s?ur, si tu ne dors pas, raconte-moi donc une de tes belles histoires, afin d'agr?menter notre veill?e. - Oui, conte-nous vite la suite de ton r?cit d'hier, rench?rit le roi. Qu'est-il donc arriv? ? notre h?ros, je br?le de le savoir. - Volontiers, ? roi fortun?, r?pondit Chahrazade. Avec amour et respect je t'ob?irai ".

Et elle continua de d?rouler ainsi le fil de ses histoires, l'interrompant ? la fin de chaque nuit et le reprenant au cours de la nuit suivante, toujours avec la permission du roi Chahriy?r? Et mille et une nuits s'?coul?rent.

La reine Chahrazade avait, pendant ce temps, donn? le jour ? trois enfants du sexe masculin. Lorsqu'elle fut rendue au terme de sa derni?re histoire, elle se leva, se pr?senta ? la face du roi, baisa le sol devant lui et dit : " ? roi du temps, ? roi unique ? son ?poque et en son si?cle, sache que je suis ta servante et que, durant mille et une nuits, je t'ai rapport? tous les r?cits de ceux qui nous ont pr?c?d?s sur cette terre, toutes les exhortations de ceux qui ont v?cu avant nous. Puis-je apr?s cela me pr?valoir de quelque cr?dit aupr?s de ta seigneurie et te pr?senter un v?u auquel je souhaite que tu puisses r?pondre d'une mani?re favorable ? - Demande une gr?ce, elle te sera accord?e, r?pondit le roi ". Alors elle appela les nourrices et les eunuques du palais et leur dit : " Amenez ici mes enfants ". Ils s'empress?rent d'aller les chercher. Or ces enfants ?taient au nombre de trois, tous de sexe masculin. Le premier commen?ait ? marcher, le second allait ? quatre pattes, le troisi?me ?tait encore ? la mamelle. Lorsqu'ils furent devant elle, elle les prit tous les trois dans ses bras et les d?posa devant le roi. Puis elle baisa la terre et dit : " ? roi du temps, voici tes enfants. Je souhaite maintenant que tu m'accordes la gr?ce d'?chapper ? la mort que tu avais pr?vue pour moi, et cela, par ?gard pour eux. Car si tu me fais mourir, ils seront sans m?re et ne trouveront aucune femme capable de les ?lever avec plus de tendresse que moi-m?me ".

A ces mots, le roi pleura et serra ses trois fils sur sa poitrine. " ? Chahrazade, s'?cria-t-il. Par Allah ! J'?tais d?cid? ? ?pargner ta vie avant m?me que tu me pr?sentes ces enfants, car je t'ai vue chaste et pure, fid?le et pieuse. Que Dieu t'accorde ses b?n?dictions, qu'il les accorde aussi ? ton p?re, ? ta m?re et ? tous ceux de ton lignage et de ta race. Je prends Dieu ? t?moin que j'?carterai d?sormais de toi tout ce qui pourrait te nuire ". Elle lui baisa les mains et les pieds et s'?cria, d?bordante de joie : " Que Dieu prolonge ta vie ! Qu'Il augmente la crainte et le respect que tu inspires ? tes sujets ". L'all?gresse se r?pandit partout, depuis le palais du roi jusqu'aux quartiers recul?s de la ville. Oui, le souvenir de cette nuit-l? fut unique dans la m?moire de tous ceux qui la v?curent?, nuit plus brillante m?me que le visage resplendissant du jour.

L'aube trouva le roi heureux et combl? par la fortune. Il fit venir tous ses soldats et accorda ? son vizir, le p?re de Chahrazade, un somptueux manteau d'honneur dont la seule vue imposait ? tous le respect. Puis il lui d?clara : " Tu as b?n?fici? de la protection de Dieu lorsque tu m'as donn? pour ?pouse ta fille aux nobles qualit?s. Elle a ?t? la cause de ma repentance et m'a fait renoncer ? mon habitude de tuer les filles de mes sujets. Je l'ai vue fid?le, pure, chaste, honn?te, et Dieu m'a octroy? la faveur d'avoir de cette ?pouse trois enfants m?les. Qu'il soit lou? pour cette gr?ce magnifique !

Puis il gratifia de v?tements d'honneur tous les grands personnages de son royaume sans exception, tous les vizirs, tous les ?mirs. Il ordonna d'orner la ville durant trente jours et de mettre ? son compte les d?penses de tous les habitants au cours de ces r?jouissances publiques, en ayant bien soin, pour cela, de ne faire tirer d'argent que sur son tr?sor personnel, de fa?on ? ?pargner le moindre d?bours ? ses sujets. On d?cora donc la ville d'une mani?re splendide, telle que jamais elle ne l'avait ?t? dans le pass?. On battit du tambour, on joua de la fl?te. Les baladins les plus habiles donn?rent des repr?sentations gratuites devant la foule et le roi les combla eux aussi de faveurs et de cadeaux. Il fit de larges aum?nes aux pauvres et aux indigents, et sa g?n?rosit? ?tendit ses bienfaits jusqu'au dernier des habitants de son royaume.

Ainsi v?curent-ils, lui et les siens, dans le bien-?tre, le plaisir, le bonheur et la ga?t?? jusqu'? ce qu'ils fussent rejoints par celle qui efface toute jouissance et disperse les assembl?es?

Lou? soit Celui que le d?roulement du temps ne peut an?antir, que les changements ne privent d'aucune qualit?, qu'un ?tat d?termin? ne distrait d'aucun autre, Celui qui seul poss?de la perfection totale.

(Les mille et une nuits, ?dition ?tablie par Ren? R. Khawam, Ph?bus libretto)





Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 28 mai 2006 a 05:33


Le Conte des deux vizirs et d?An?s al-Jal?s








Un sultan avait deux vizirs, un qui ?tait bon et que tout le monde aimait et un autre m?chant et qui se plaisait ? m?dire au sujet des gens.

Un jour le sultan confia 10000 dinars au premier vizir pour que ce dernier aille au march? pour y trouver la plus belle des esclaves. Apr?s quelques temps, le vizir fit l'acquisition de la plus belle, la plus instruite et la plus raffin?e des esclaves. Il l'ammena chez lui pour lui donner un bain et l'habiller convenablement avant de la pr?senter au sultan.

Pendant son s?jour chez le vizir, le fils de celui-ci qui ?tait un tr?s beau jeunne homme rencontra An?s al-Jal?s et les deux jeunes gens tomb?rent ?perdument amoureux l'un de l'autre. Au grand malheur de son p?re, N?r ad-D?n 'Al? alla m?me jusqu'? d?florer l'esclave promise au sultan. Le vizir d?cida donc de cacher l'affaire en gardant l'esclave pour lui.

Un jour, le vizir mourut et l?gua sa fortune ? son fils. N?r ad-D?n 'Al? v?cu pour un temps en d?pensant la fortune de son p?re de fa?on insouciante si bien qu'il fut ruin? en un rien de temps. N'ayant m?me plus de quoi manger, An?s al-Jal?s lui proposa de la revendre au march? pour r?cup?rer un peu d'argent. Malheureusement pour eux, le principal int?ress? ? faire l'acquisition de l'esclave fut le m?chant vizir qui ?tait au courant de l'histoire et voulait s'approprier l'esclave ? bon prix. N?r ad-D?n fut incapable de laisser s'en aller son amoureuse pour si peu et les deux furent contraints ? l'exil apr?s que la transaction soit interrompu par une bataille entre le vizir et N?r ad-D?n.

Le couple s'embarqua donc sur un navire ? destination de Bagdad. Arriv? dans la ville et n'ayant aucune place o? aller, ils all?rent se reposer pr?s de la porte d'un beau jardin qui appartenait au calife. Le jardinier, venu initialement pour chasser des gens qu'il croyait ind?sirables, fut ?mu par leur beaut? et les invita ? venir se reposer et se rassasier dans le jardin.

La nuit venue, le calife fut intrigu? par la lumi?re qu'il apercevait dans son jardin et, apr?s s'?tre d?guis?, rendit visite au jardinier et au jeune couple. Il fut aussit?t s?duit par les jeunes gens et, apr?s avoir r?v?l? son identit?, il donna ? N?r ad-D?n une lettre de recommandation pour le sultan.

De retour ? Bassora, le m?chant vizir fit emprisonner N?r ad-D?n et d?truisit la lettre sous les yeux m?mes du sultan. Craignant pour son amant, An?s al-Jal?s, rest?e ? Bagdad, se r?solu ? conter le fond de son histoire au calife et ce dernier d?p?cha son vizir Ja'Far le Barm?cide ? Bassora. Lorsque celui-ci y arriva, il trouva N?r ad-D?n en bien f?cheuse posture et fit emprisonner le sultan et son m?chant vizir. N?r ad-D?n n'ayant aucun d?sir de r?gner ? Bassora, tous retourn?rent donc ? Bagdad o? le m?chant vizir fut d?capit? sur ordre du calife.

Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 28 mai 2006 a 06:18

En lisant ces contes des mille et une nuit, cela me remet en memoire les histoires que me racontait ma grand-mere quand j'etais jeune. Il y avait toujours des personnages cruels et d'autres bons et ces derniers finissaient toujours par l'emporter. Souvent aussi, autour d'un roi et une reine et mille peripeties autour de leur palais.

Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 29 mai 2006 a 06:40

Le Conte du p?cheur et du d?mon






Un jour, un vieux p?cheur retira de ses filets un flacon de cuivre scell? de plomb. Comme le flacon paraissait plein, il entreprit de le vider pour ensuite aller le vendre au march?. Malheureusement pour lui, le flacon contenait un d?mon qui s'?tait jur? de tuer quiconque le d?livrerait. Le p?cheur lui fit remarquer que c'?tait l? une ?trange r?compense pour quelqu'un qui l'avait d?livr? de sa captivit?. Le d?mon lui expliqua qu'il avait ?t? emprisonn? par Salomon lui-m?me. Au cours du temps, il avait fait des serments successif ? propos de qui le d?livrerait et, puisque les promesses de r?compenses n'avaient rien donn?, il s'?tait maintenant jur? de tuer celui qui le d?livrerait en lui permettant de choisir sa mort.

Le d?mon ne voulant pas entendre raison, le p?cheur eut recours ? la ruse pour faire entrer le d?mon dans le flacon, et reboucha soigneusement la fiole une fois le d?mon ? l'int?rieur. Le p?cheur conta ensuite l'histoire du roi Y?n?n, de son vizir et du m?decin D?b?n pour expliquer au d?mon qu'il n'y a aucun avantage ? tuer quelqu'un qui nous a rendu service. Le p?cheur fit ensuite jurer (au nom de Dieu) au d?mon qu'il ne le tuerait pas s'il le lib?rait de nouveau. La seconde fois, le d?mon tint sa promesse et ammena le p?cheur ? un lac remplit de poissons de 4 couleurs diff?rentes. Il assura l'homme que la vente de ces poissons au sultan le rendrait riche.

Le p?cheur fit donc comme l'indiquait le d?mon et le sultan lui acheta ses poissons ? bon prix. Malheureusement pour le sultan, un mal?fice emp?cha par deux fois ? sa cuisini?re de les cuire et il demanda au vieil homme d'o? il tenait ses poissons. Ce dernier lui indiqua le chemin pour se rendre au lac et le sultan s'y rendit.

Ne trouvant personne sur place pour lui expliquer le myst?re du lac, le sultan entreprit de visiter les environ et trouva bient?t un palais de pierre noire. ? l'int?rieur du palais, il rencontra un jeune homme dont la moiti? du corps ?tait de pierre. Ce dernier lui expliqua que tous ses malheurs venaient de sa femme magicienne qui l'avait transform? ainsi lorsqu'il avait d?couvert son infid?lit?. Le lac ainsi que les poissons ?taient en r?alit? la ville et les sujets du jeune homme. Pris de compassion pour le malheureux souverain, le sultan mis au point une ruse qui permit de remettre les choses dans l'ordre et, une fois que la magicienne eut annul? ses mal?fices, il lui passa son ?p?e au travers du corps et la fendit en deux.

De retour en son royaume, le roi r?compensa largement le pauvre p?cheur, maria une de ses filles et donna l'autre en mariage au prince qu'il venait de d?livrer.


Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 29 mai 2006 a 11:14

Parabole de la vraie science de la vie
Lorsque fut la sept cent soixante-quatorzi?me nuit, Sh?h?razade dit :

On raconte que dans une ville d'entre les villes, o? l'on enseignait toutes les sciences, vivait un jeune homme beau et studieux. Bien que rien ne lui manqu?t, il ?tait poss?d? du d?sir de toujours apprendre d'avantage. Il lui fut un jour r?v?l?, gr?ce au r?cit d'un marchand voyageur, qu'il existait dans un pays fort ?loign?, un savant qui ?tait l'homme le plus saint de l'Islam et qui poss?dait ? lui seul autant de science, de sagesse et de vertu, que tous les savants du si?cle r?unis. Malgr? sa renomm?e, ce savant exer?ait le simple m?tier de forgeron, comme son p?re avant lui et son grand-p?re avant son p?re.

Ayant entendu ces paroles, le jeune homme rentra chez lui, prit ses sandales, sa besace et son b?ton, et quitta la ville et ses amis sur le champ. Il marcha pendant quarante jours et quarante nuits. Enfin il arriva dans la ville du forgeron. Il alla directement au souk et se pr?senta ? celui dont tous les passants lui avaient indiqu? la boutique. Il baisa le pan de la robe du forgeron et se tint devant lui avec d?f?rence. Le forgeron qui ?tait un homme d'?ge au visage marqu? par la b?n?diction lui demanda :
_ Que d?sires-tu, mon fils ?
_ Apprendre la science. r?pondit le jeune homme.
Pour toute r?ponse le forgeron lui mit dans les mains la corde du soufflet de la forge et lui dit de tirer. Le nouveau disciple r?pondit par l'ob?issance et se mit aussit?t ? tirer et ? rel?cher la corde sans discontinuer, depuis le moment de son arriv?e jusqu'au coucher du soleil. Le lendemain il s'acquitta du m?me travail, ainsi que les jours suivants, pendant des semaines, pendant des mois et ainsi toute une ann?e, sans que personne dans la forge, ni le ma?tre, ni les nombreux disciples qui avaient chacun un travail tout aussi rigoureux, ne lui adress?t une seule fois la parole, sans que personne ne se plaign?t ou seulement murmur?t.

Cinq ann?es pass?rent de la sorte. Le disciple, un jour, se hasarda timidement ? ouvrir la bouche :
_ Ma?tre...
Le forgeron s'arr?ta dans son travail. Tous les disciples, ? la limite de l'anxi?t?, firent de m?me. Dans le silence il se tourna vers le jeune homme et demanda :
_ Que veux-tu ?
_ La science !
Le forgeron dit :
_ Tire la corde !
Sans un mot de plus tout le monde reprit le travail. Cinq autres ann?es s'?coul?rent durant lesquelles, du matin au soir, sans r?pit, le disciple tira la corde du soufflet, sans que personne ne lui adress?t la parole. Mais si quelqu'un avait besoin d'?tre ?clair? sur une question de n'importe quel domaine, il lui ?tait loisible d'?crire la demande et de la pr?senter au Ma?tre le matin en entrant dans la forge. Le Ma?tre ne lisait jamais l'?crit. S'il jetait le papier au feu, c'est sans doute que la demande ne valait pas la r?ponse. S'il pla?ait le papier dans son turban, le disciple qui l'avait pr?sent? trouvait le soir la r?ponse du Ma?tre ?crite en caract?res d'or sur le mur de sa cellule.

Lorsque dix ann?es furent ?coul?es, le forgeron s'approcha du jeune homme et lui toucha l'?paule. Le jeune homme, pour la premi?re fois depuis des ann?es, l?cha la corde du soufflet de forge. Une grande joie descendit en lui. Le Ma?tre dit :
_ Mon fils, tu peux retourner vers ton pays et ta demeure, avec toute la science du monde et de la vie dans ton coeur. Car tout cela tu l'a acquis en acqu?rant la vertu de la patience !
Et il lui donna le baiser de paix. Le disciple s'en retourna illumin? dans son pays, au milieu de ses amis. Et il vit clair dans la vie.


D'apr?s les Contes des Mille et une Nuits Ed. Bouquins


Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 02 juin 2006 a 17:41

Un cultivateur, qui conna?t le langage des animaux , entend son ?ne conseiller ? son boeuf, qui se plaint d'avoir ? travailler plus que son compagnon, de feindre une maladie. Mais comme l'?ne doit faire l'ouvrage du boeuf, il lui dit avoir entendu le ma?tre ordonner qu'on le livre au boucher: ce qui gu?rit aussit?t le boeuf. La femme du cultivateur entendant rire ? ce propos son mari, veut savoir la cause de sa ga?t?. Il refuse de r?pondre parce qu'il ne peut, sous peine de mourir, r?v?ler ce que lui apprend la langue des animaux. Elle insiste et, incapable de r?sister, il se pr?pare ? la mort. Il entend alors son chien bl?mer un coq de sa ga?t? au moment o? leur ma?tre va mourir. Mais le coq r?pond qu'il est bien peu intelligent, puisqu'il ne sait pas faire ob?ir une seule femme, alors que, lui, il dirige sans peine cinquante poules; qu'il devrait, prendre un b?ton et faire mourir ainsi, sa femme on la ramener ? la raison. Le cultivateur profite du conseil avec un plein succ

Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 02 juin 2006 a 17:45

Un marchand se repose en mangeant des dattes.
- En jetant un noyau de datte, le marchand tue involontairement le fils d'un g?nie.
- Tenant le marchand pour responsable de la mort de son fils, le g?nie annonce ? l'homme qu'il va le mettre ? mort.
- Condamn? ? mort par le g?nie, le marchand obtient un d?lai de gr?ce pour aller mettre ses affaires en ordre.
- Le marchand met ses affaires en ordre et dit adieu aux siens.
- Revenant comme il l'a promis au lieu o? le g?nie doit le mettre ? mort, le marchand est abord? par trois vieillards qu'il informe de son sort.
- Le g?nie arrivant pour mettre ? mort le marchand, chacun des trois vieillards offre de raconter une histoire extraordinaire en ?change - Satisfait par les histoires (n? 396, 397, 398) que les trois vieillards lui racontent, le g?nie accorde successivement ? chacun d'eux un tiers de la vie du marchand.




Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 02 juin 2006 a 17:47

? Le mari et le perroquet
(Le marchand et le perroquet)

Segmentation :

- Voulant discr?diter le t?moignage d'un perroquet qui la surveille, une femme infid?le lui fait croire qu'il y a un orage (au moyen d'un moulin ? bras, d'eau qu'on verse et d'un miroir qui jette des ?clairs).
- Tromp? par cette mise en sc?ne, le perroquet soutient ? son ma?tre qu'il y a eu un orage.
- Furieux contre son perroquet qu'il prend pour un menteur, le mari doublement tromp? tue l'oiseau.
- D?barrass?e du perroquet qui renseignait son mari, la femme peut en toute qui?tude rejoindre ses amants.


Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 02 juin 2006 a 17:49

Le vizir, le prince et la goule

Segmentation :

- Un prince est confi? ? la surveillance d'un vizir.
- Le prince se perd en chassant une gazelle.
- Dans une ville en ruines, il trouve une jeune fille.
- La fille se dit enfant de roi, enlev?e par un g?nie.
- Le prince prend la fille en croupe pour la ramener ? ses parents.
- Pr?s d'un mur, la jeune fille le quitte (pour satisfaire un besoin?)
- La fille revient sous la forme d'une flamme.
- Voyant le prince soucieux, elle l'engage ? prier Dieu.
- Le prince dit, en la montrant, qu'il se confie ? Dieu pour l'affaire qui le pr?occupe.
- La soi-disant princesse tombe ? terre et se change en charbon.
- Tout cela ?tait arriv? par le fait du vizir, qui en voulait ? la vie du prince.


Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: charly (IP enregistré)
Date: 03 juin 2006 a 07:04


ALADIN ET LA LAMPE MERVEILLEUSE




Ce conte est celui d'un jeune homme, pauvre et sans ressource, Aladin (ou Aladdin) qui est pris comme disciple par un ma?tre qui dispose de pouvoirs magiques. Ce ma?tre, au terme d'un long voyage, lui demande d'aller chercher une lampe, en lui confiant pour cela un objet magique mineur. Mais Aladin pr?f?re conserver la lampe pour lui-m?me : le ma?tre l'abandonne alors dans les t?n?bres de la grotte o? gisait la lampe, et part. Mais la lampe est hant?e par un grand g?nie...

Dans sa variante la plus populaire, Aladdin parvient ? ma?triser les pouvoirs de la lampe et devient ainsi riche et puissant. Mais son (m?chant, forc?ment m?chant) ma?tre tente alors de r?cup?rer la lampe (notamment en exploitant l'ignorance de la femme d'Aladin, qui c?de la lampe pour des babioles) : Aladin doit de nouveau faire preuve de ses capacit?s pour r?cup?rer la lampe, et finalement triompher. Le c?l?bre conte le briquet d'Hans Christian Andersen est une adaptation de cette histoire.

Il existe n?anmoins une variante (comme le chandelier aux sept derviches) o? Aladin ne parvient pas ? ma?triser la lampe, et, apr?s une nouvelle tentative pour tromper encore son ma?tre (pourtant bon), il est puni de sa b?tise et de son ingratitude en perdant tout.

La m?taphore de la lampe (et des pouvoirs magiques du ma?tre) comme connaissance, du voyage comme longue ?tude, et de la grotte t?n?breuse comme ignorance, sont assez ?videntes. Les deux variantes apparaissent alors comme deux issues possible de l'apprentissage : selon qu'Alladin ma?trise ou non les connaissances qu'il a eut l'occasion d'apprendre, il pourra se jouer de son ma?tre et en faire le m?chant de l'histoire, ou au contraire se retrouver "gros jean comme devant".


Re: Les Mille et Une Nuits
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 03 juin 2006 a 11:45

Cette histoire fait partie du repertoire d'histoires de grands meres qui nous a aussi fait bien rever dans l'enfance. Il y avait aussi Ali Baba et les 40 voleurs...

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