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Permanences du Judaisme marocain
Posté par: Arrik (IP enregistré)
Date: 30 janvier 2008 a 00:42

voici une bonne nouvelle concernant la restauration cachère à Marrakech et je viens d'envoyer à Darlett les photos de ce Riad Resto Cacher unique à Marrakech où je me suis régalé Dimanche soir dernier 20 Janvier 2008 en présence de quelques amis marrakchis

Primavera Hotel Restaurant "Cacher" (Près du Supermarché "Marjane") Direction Générale: Mr Acoca
Route de Casablanca , Koudiat N° 78 Marrakech Maroc 95 E-mail:
WebSite: www.primavera-marrakech.com

Bises

Arrik




Permanences du Judaisme marocain
Posté par: alex (IP enregistré)
Date: 05 février 2008 a 22:13

voici un article sur maroc hebdo

Etre juif au Maroc aujourd’hui

Le judaïsme marocain est bien vivant. Les juifs marocains le font revivre dans leur mémoire. Des associations ont été créées: on cite celle des Juifs de Safi, de Casablanca et d'autres villes.

Amale Samie



À l’occasion de la commémoration de la Shoah, Michel Serfati, rabbin de Ris Orangis, dans la région parisienne, a déclaré que “le monde musulman ne peut en aucune manière être associé à la responsabilité de la Shoah, même si certains responsables musulmans de l'époque ont applaudi l'extermination”. Il a ajouté que “le roi Mohammed V du Maroc s'était opposé à l'enregistrement des juifs qu'exigeait le gouvernement de Vichy”.

Le 26 janvier 2005, Serge Berdugo, secrétaire général du conseil des communautés israélites du Maroc évoquait devant l’agence Associated press “l’éternelle reconnaissance” des juifs envers le sultan Mohammed V, qui avait protégé la communauté juive marocaine des vexations du régime de Vichy, pendant la Seconde Guerre mondiale. “Il n'y a pas de juifs au Maroc, il y a seulement des sujets marocains”, avait répondu le roi au représentant de Vichy, lui demandant de “prévoir 150 étoiles jaunes supplémentaires pour les membres de la famille royale”. Mohammed V avait par ailleurs “invité tous les rabbins du Maroc à la fête du trône en 1941”, rappelle Serge Berdugo.

Simon Lévy, militant communiste de la première heure et dirigeant dynamique de la Communauté juive de Casablanca, confirme: “Mohammed V, jouissait d'une grande autorité morale, il a laissé un souvenir impérissable chez les juifs marocains”.
Voilà pourquoi le Maroc ne disparaîtra jamais de la mémoire des juifs jusqu’à la énième génération. Un concert de musique «andaloussia» avait frappé les esprits dans une réunion de 40 000 juifs marocains à Eilath, en Israël, en 2000.

Ce ne fut pas toujours idyllique, pour les juifs marocains, mais les faits sont là, le judaïsme marocain a survécu à toutes les vicissitudes. Et il a connu la tranquillité durant de nombreux siècles, du temps où il était de culture amazighe et rurale. La fusion partielle avec l’arrivée d’une élite citadine chassée d’Espagne en même temps que les musulmans créera l’identité juive marocaine arabo-berbère.

Le milieu du XX° siècle a été rude pour la coexistence millénaire entre juifs et musulmans, mais c’est en Europe que la population mondiale juive a failli disparaître. Les Palestiniens n’y étaient pour rien. Nous avons à commémorer le souvenir des juifs engloutis par les nazis, pour que de nouveaux génocides ne se perpètrent pas. L’Europe a majoritairement demandé pardon, elle devait le faire.

Les juifs marocains sont moins de 3000, aujourd’hui, et c’est à Bruxelles que les arts juifs marocains sont à l’honneur depuis le début du mois de février. Dans la capitale européenne, un patrimoine culturel et historique multimillénaire est mis en valeur. Et pour les Bruxellois, la découverte de cette culture insoupçonnée a constitué un choc. Parce que derrière cette culture se profile le peuple qui l’a inventée, un peuple autochtone du Maroc, qui professe une foi autre que celle qui est la plus connue dans ce pays. Et c’est avec ce peuple que les Belges vont aller à la découverte d’un Maroc inconnu. La tolérance et la paix entre populations juives et musulmanes y toujours existé, il suffit de gratter le vernis pour qu’elle réapparaisse. Le discours des représentants de la communauté juive marocaine est aussi une exclusivité, ils militent activement contre les méthodes israéliennes et sont devenus de véritables voyageurs de la paix. Et c’est leur expérience qui parle. À Casablanca. La ville d’affaires la plus “occidentale” du Maroc. Le centre ville est industrieux, et populaire à la fois, c’est ici que vivent les derniers juifs de Casablanca. Enfin les plus modestes. La synagogue a été plastiquée, mais les vieux juifs, tout en noir, arpentent toujours les rues du centre ville. Ce sont les grands-parents de Gad El Maleh mais aussi ceux d’Enrico Macias, juif algérien, qui vient de quitter le Maroc après un concert explosif, joyeux et nostalgique, en français et en arabe. Le judaïsme peut vivre en terre d’Islam. Il peut même prospérer et connaître une renaissance, des exemples de vie partagée existent en Israël même.

Avec ses quatre mille ans d’histoire, la culture juive marocaine est la plus vivace en dehors d’Israël, l’une des plus authentiques, et surtout, elle est encore vivante, même ultra-réduite au Maroc, contrairement aux communautés juives du reste du monde arabe. Il y a un peu moins de 3000 juifs au Maroc. Ils étaient 300.000 personnes en 1948. Est-ce pour autant à une culture sinistrée que nous avons affaire? Certainement non, car le judaïsme marocain a conquis les capitales qui comptent. La culture marocaine se promène allègrement à Montréal, à Rio, à Tel Aviv et New York.

Le judaïsme marocain est bien vivant. Les juifs marocains le font revivre dans leur mémoire. Des associations ont été créées: on cite celle des Juifs de Safi, de Casablanca et d'autres villes.

Mais le cordon ombilical n’est jamais coupé. De plus en plus, la tolérance générale, encore sensible dans le pays, malgré les funestes événements du 16 mai 2003, a permis à tous les juifs marocains de venir en pèlerinage sacré, pour se rendre auprès du marabout Rebbi Amram Ben Diwan ou Rebbi Haïm Pinto. La Chaouïa et toute la façade atlantique du Maroc comptent des saints juifs. Il y a même des saints revendiqués, honorés et partagés par les deux communautés.

Mais il y a des pèlerinages plus profanes, dans toutes les petites villes de l’Atlas. On rencontre, principalement au printemps, des touristes bardés d’appareils photos, qui passeraient facilement pour des Américains si l’on ne distinguait pas, au milieu des murmures, des phrases en arabe populaire venu tout droit de Benahmed. Parce que les communautés juives campagnardes étaient célèbres aussi.

C’est dans cette histoire « globalement» tranquille qu’ont éclaté les attentats de Casablanca le 16 mai 2003. Quelque chose a irrémédiablement changé dans l’esprit des Marocains, musulmans et juifs confondus, rien ne sera plus comme avant, car la crise a besoin de temps pour être dépassée. Après une période de vigilance de la police, les Casablancais sont plus rassurés. Mais ils ne dormiront plus jamais sur leur deux oreilles, tant que la bête n’est pas éradiquée. Les juifs du Maroc ont le Maroc au cœur, ils l’ont prouvé quand il avait besoin d’un lobby politique fidèle à la mémoire de ses ancêtres.

Mais nous avons toujours la nostalgie de l’âge d’or andalous, et nous espérons secrètement que les juifs marocains reviendront un jour s’installer dans leur pays.

et voila le lien par respect au droit d auteur: [www.maroc-hebdo.press.ma]




Permanences du Judaisme marocain
Posté par: alex (IP enregistré)
Date: 05 février 2008 a 22:26

il y a des petites fautes, une vision politique exprime mais d une facon timide. pourtant l aticle en totalite est bon.

dans les derniers ligne on parle d une pense marocain tres generalise. il est vrai que la majorite des marocains croient en ceci:
"Les juifs du Maroc ont le Maroc au cœur, ils l’ont prouvé quand il avait besoin d’un lobby politique fidèle à la mémoire de ses ancêtres.
Mais nous avons toujours la nostalgie de l’âge d’or andalous, et nous espérons secrètement que les juifs marocains reviendront un jour s’installer dans leur pays."

ceci se voit dans la facon a parler des visites des rabbins et chefs des associations juives au roi, ca se voit aussi dans certaines cofiance des marocains au sujet du Sahara "on risque pas de perdre le soutient des Americains puisque nos juifs nous ne laissrons pas tombe". mais aussi la mediatisation du retour des juifs ( ce dernier ete etait plein d articles sur le retour des anciens du maroc" et que les tribinaux ont recu des demande par des "anciens" pour reprendre des proprites au Mellah a fes marakech et meknes).

Permanences du Judaisme marocain
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 05 février 2008 a 22:31

Merci Alex, superbe cet article et ce forum est certainement le temoignage vivant de beaucoup de nostalgie et d'un vecu agreable entre les communautes sans pour autant occulter les quelques evenements douloureux vecus par les Juifs du Maroc tout au long des siecles de notre presence en Afrique du Nord.

Permanences du Judaisme marocain
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 25 février 2008 a 05:20

Colloque de Cordoba avec le parrainage du CRJM
les 27-30 Mars 2008



Theme de la rencontre : "Séfarade : Géographies et Regards de la Mémoire" organisé par la Casa de Sefarad - Casa de la Memoria du 27 au 29 Mars 2008 au cœur même de la Juderia de Córdoba en Andalousie WebSite: www.casadesefarad.es
Sous le Haut Patronage du CRJM / Centre de Recherches sur les Juifs du Maroc - Jerusalem / Paris / Rabat

Collaborent à ce colloque
Association "Permanences du Judaïsme Marocain " avec Arrik Delouya - París
Filmoteca de Andalucía.Consejeria de Cultura.Junta de Andalucía.Córdoba
Jacky Kadoch de la Communauté Israélite de Marrakech-Essaouira
Centre de Recherches sur las Juifs du Maroc / CRJM
Département d´Etudes Hébraïques de l´Université Paris 8


Jeudi 27 Mars
17:00h Inauguration de la Salle de la Synagogue de la Casa de Sefarad au nom d´Henri Kadoch ancien Président de la Communauté Israélite de Marrakech décédé prématurément en 1992. Présentation de son fils Jacky Kadoch.

- 18:00h : Présentation du Film-Documentaire "Nûba d´or et de Lumière" "Musique Arabo-Andalouse" de la cinéaste française d´origine Marocaine Izza Genini.

Participation du Directeur de la Cinémathèque d´Andalousie et de la cinéaste. Le film raconte l´histoire d´une musique: la musique arabo-andalouse dont la nûba serait la symphonie... A l'image d'un arbre musical, ses branches sont nourries d'une sève qui, depuis 14 siècles, monte des confins marocains et des courants venus d'Arabie, grandit dans les cours des califes andalous, se fortifie dans l'Espagne médiévale, se mêle au chant des trouvères et des sépharades, puis, replantée au Maghreb, s'épanouit au Maroc sous le nom d'el Ala.

Vendredi 28 Mars 2008

1° Table Ronde "Séfarade: Traces et Réalités".

Réalités contemporaines du séfaradisme : Des origines du patrimoine de la culture sépharade à la multiplicité des projets et initiatives. Une Mémoire intangible: traditions, musiques, langue, littérature, pensée… Initiatives exceptionnelles: Bibliothèques, Centres Culturels, Itinéraires, Recherches… Séfarade: Des mythes à la gestion d´un patrimoine culturel.

Participants: Karen Gerson d’Istamboul - Sandra Bessis de Paris – Amelia Sanchís de Madrid – Rosana de Aza de Cordoue – Sebastián de la Obra de Cordoue – Paul Dahan de Bruxelles - Jaime Sánchez Casas de Cordoue – Virginia Luque de Madrid – Khalid El Gharib de Marrakech – Rachid Djelloul de Paris

2° Table Ronde "Judaïsme au Maroc: Mémoires et Oublis"
Un parcours des présences et les apports du Judaïsme Marocain. De Tétouan à Marrakech en passant par Essaouira (Mogador): Traces tangibles et intangibles de la Mémoire. Recherches contemporaines sur le Judaïsme Marocain. Mythes et Réalités. La diaspora élargie du judaïsme marocain et ses apports à une identité deux fois millénaire.

Participants : Robert Assaraf de Paris - Arrik Delouya de Paris - Ephraim Riveline de Paris - Richard Ayoun de Paris - Jacky Kadoch de Marrakech - Izza Genini de Paris – Mina Elmghari de Rabat - Hassan Majdi de Marrakech - Nadiya Ziani de Marrakech



Samedi 29 Mars 2008

- 20:00h : Concert de Musique Séfarade

La cantante Sandra Bessis realizará un Concierto de Música sefardí acompañada de los músicos Rachid Brahim Djelloul y Chiqui García




Permanences du Judaisme marocain
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 05 juin 2008 a 04:37

Les communications au colloque de Marrakech
ont principalement porté sur les points suivants:




Ephraim Riveline de Paris 8 a poursuivi le projet imaginé et porté par notre ami, le regretté Haïm Zafrani, - disparu il y a quatre ans, jours par jour -, au début des années 1980. Après le départ de H Zafrani à la retraite, E Riveline a considéré comme devoir d’assurer la relève en formant des étudiants marocains et notamment des thésards et doctorants au métier d’enseignant en matière juive et hébraïque.

Jacky Kadoch président de la communauté Israélite de Marrakech s’interroge sur sa course après toutes les communautés juives d’origine marocaine dans le monde. Pourquoi les solliciter pour créer un véritable bastion et une importante bastide de cette culture judaïque et de ce patrimoine vivant ? Pourquoi sauver les deniers meubles et repenser à apposer les plaques des Rues du Mellah de Marrakech portant des noms juifs en français ? Sommes-nous sur la ligne juste de vouloir restaurer le cimetière de Marrakech et requinquer nos synagogues ? Qu’est-ce qui nous fait tant courir à l’assaut de cet héritage spécifiquement marocain ?

Joseph Chetrit ancien doyen de la Faculté de Lettres de l’ Université de Haifa Israël a présenté: « La mémoire identitaire des juifs du Maroc après la dispersion des communautés: Dissolution nostalgique ou réinvention intégratrice?» L’introduction de l’éducation moderne dans les communautés judéo-marocaines aux XIXe et XXe siècles puis la dispersion de ces communautés millénaires dans la seconde moitié du XXème ont amené l’identité traditionnelle des Juifs du Maroc à s’ouvrir sur d’autres cultures, sur d’autres régimes politiques, sur d’autres territoires, sur d’autres expériences de vie juives et non juives. Elles ont ainsi forgé de nouvelles formes d’identité, moins centrées sur la tradition et sur la vie communautaire enveloppante et sécurisante. C’est cette identité diffractée, aux multiples pôles d’identification et d’engagement, dont fait partie bien sûr le sentiment d’appartenance à une destinée juive familiale et communautaire et à un patrimoine culturel spécifiques, qui détermine la condition judéo - marocaine de nos jours et ses prises de positions, individuelles ou collectives, par rapport aux nouveaux environnements, aux nouvelles aires socio - culturelles et aux nouvelles sollicitations et séductions de la modernité et de la post-modernité. C’est donc à trouver de nouvelles formes de réinvention communautaire et de nouveaux usages d’un patrimoine riche et diversifié, bref à forger de nouveaux ponts de mémoire entre ce passé judéo - marocain formateur et les formes nouvelles de la vie sociale que chacun, tant individuellement que collectivement, devra s’atteler pour que persistent en lui comme dans ses proches et dans son environnement les lueurs et les valeurs qui nous ont guidés et qui continuent de nous interpeller. Pour combien de temps encore et de quelle manière? Cette communication a suggéré certaines voies.

Jamaa Baida coordinateur du GREJM a présenté le papier suivant: « Etat de la Recherche Académique au Maroc sur le Judaïsme Marocain ». Il est Professeur d’Histoire contemporaine à la Faculté des Lettres, Rabat, Coordinateur du Groupe de Recherches et d’Etudes sur le Judaïsme Marocain, Université Mohammed V, Rabat-Agdal, Maroc. Il s’agit dans cette brève communication de faire un bilan succinct de la recherche universitaire ayant pour objet le judaïsme marocain, particulièrement dans le champ de la recherche historique. Celle-ci, après avoir observé un mutisme quasi total, pendant plusieurs décennies après l’indépendance, sur le rôle joué par les Juifs dans l’histoire du Maroc, a commencé récemment, sous l’impulsions de divers facteurs, à leur accorder partiellement le statut qui leur revient en tant qu’éléments incontournables dans l’histoire du pays. Il a essayé d’examiner les facteurs qui ont déterminé cette occultation, ainsi que ceux qui ont ouvert la voie à ce regain d’intérêt pour le judaïsme marocain.

Robert Assaraf, Président et fondateur du CRJM a pour sa part présenté la communication portée sur "La dispersion des Juifs du Maroc et l’évolution de la célébration de la Mimouna ». Marquant la fin de la fête de Pessah, la Mimouna est une tradition spécifiquement judéo-marocaine dont la célébration était jadis intrinsèquement liée à la présence d'un environnement arabo-musulman à l'époque, l'immédiate après guerre, où le judaïsme marocain comptait 300 000 membres ramenés à 160 000 en 1956. L'exode du judaïsme marocain, en plusieurs étapes (1948, 1953, 1967 et 1973), soit pour Israël, soit pour la France, soit pour l'Amérique du Nord, n'a pas mis un terme aux rapports intenses entretenus par les originaires du Maroc avec ce pays dont l'un des souverains, Mohammed V, leur octroya la plénitude des droits civiques en supprimant le système de la Dhimma. Leur dispersion, notamment en Israël où ils sont plus de 800 000, a paradoxalement eu pour conséquence une réactivation et une transformation en profondeur de leurs traditions, en particulier la célébration de la Mimouna. Celle-ci est devenue en Israël à la fois le symbole d'une affirmation identitaire et l'expression de la contribution judéo-marocaine aux rites de sociabilité et au multiculturalisme. Dans cette contribution, Robert Assaraf A analysé les transformations connues par la Mimouna et la signification de l'étonnante persistance de cette fête,. Il s'interroge également sur l'évolution du judaïsme marocain lors du dernier demi-siècle. Son dernier ouvrage qui traite ce sujet (en impression) « Juifs du Maroc : Emigration et Identité retrouvée » constitue un outil utile pour comprendre l’ouverture d’une nouvelle et prestigieuse page de l’histoire multiséculaire du judaïsme marocain.

Hanane Sekkat de la Faculté des Lettres, Fès-Saïs a planché sur le thème: « De l’histoire de la judaïcité fassie - Le statut des juifs dans la ville de Moulay Idris». Elle a rappelé de toutes les villes marocaines dites « impériales » que Fès est sans conteste la mieux marquée par l’influence juive. Les relations intercommunautaires s’y distinguaient par plusieurs caractéristiques, dont une part était devenue la norme à observer ailleurs. En outre, le mellah de la ville représentait un concentré des aspects harmonieux et contradictoires de la vie d’une communauté qui se prévalait d’attributs qui à ses yeux, méritaient respect et admiration.

Jaime Sanchez Casas qui est Chercheur et doctorant en charge des activités culturelles La Casa de Sefarad y de la Memoria Cordoba en Espagne a conférencé sur "La Récupération de l'héritage du Judaïsme Sépharade à Cordoue via le projet de La Casa De Sefarad". Après l'expulsion des juifs en 1492, après 400 ans régis par l'Inquisition, l'Espagne oubliait son identité juive. Tout cet imposant héritage fut enfoui sous des siècles de persécution. Malgré le fait que l'Espagne ait occupé une place primordiale dans l'histoire du judaïsme, nous sommes à présent les citoyens Européens les moins bien informés à ce propos. La Casa De Sefarad est un centre culturel privé ayant ouvert ces portes il y a 2 ans. Grâce à son importante collection de documents, de témoignages livresques et ses activités culturelles, nous avons pu travailler durant ces deux années, de façon plus précise et efficace, à partir de catégories d'héritages culturels : Les legs matériels et les autres sections du patrimoine immatérielles.
Les avoirs matériels: l'artisanat juif, la maison juive datant du 14ème siécle qui comprend cette collection artisanale, le quartier juif de Cordoue,l'ancienne synagogue de Cordoue, les anciens livres et documents.
Les legs immatériels: la littérature juive, la philosophie et pensée juive, les traditions juives encore présentes en Espagne, la musique, la langue.

Mina Elmghari de Rabat, Secrétaire Générale de la Commission Nationale Marocaine pour l'Education la Culture et les Sciences auprès de l’UNESCO-l’ISESCO-l’ALECSO (Icomos) nous a envoyé sa communication durant son absence excusée sur le thème de: « Le vivre ensemble à Mogador / Essaouira : Une ville ancienne est un corps vivant, modelé par de longs siècles et une multitude de générations. ». Par la présente communication, elle ambitionne à faire connaître la richesse du patrimoine de la ville d’Essaouira ancienne Mogador, la ville ou Juifs et Musulmans du Maroc ont cohabité harmonieusement. A Mogador/Essaouira, les cultures musulmane et juive se côtoyèrent dans une harmonie totale. Le patrimoine de cette ville devrait favoriser une plus grande ouverture sur l’autre et inciter l’esprit de tolérance qui permet l’épanouissement dans la diversité. Soulignons que le patrimoine architectural d’Essaouira, offre à cet égard un modèle à connaître et à méditer. Son étude permettra de prendre conscience d’une culture appartenant au patrimoine universel, d’en débattre et d’en dissiper les clichés et les amalgames.

Mohamed Mezzine, ancien doyen durant 14 ans de la Faculté des Lettres, Fès-Saïs a pour sa part suggéré une communication « Sur les traces de la mémoire juive à Fès ». S’il est une communauté qui a marqué la mémoire de la ville de Fès, c’est bien la Communauté juive. En effet, aujourd’hui, les restes d’un passé riche et laborieux juif à Fès semblent défier le Temps. L’objectif de cette intervention est de tenter d’interroger les traces encore vivantes de ce passé, dans les écrits, les traditions et la culture, mais aussi dans la morphologie de la ville.

Hassan Majdi de Marrakech doctorant à l’INALCO & Paris 8 en cours a quant à lui analysé son sujet favori: « Peut-on parler en 2008 de résistance et de persistance du Judaïsme Marocain ? » Ses motivations et son parcours puisent leurs racines avant tout dans les histoires racontées par ses grands parents sur leur cohabitation et leur coexistence pacifique avec leurs voisins juifs. Comprendre la trajectoire de cette communauté juive de Marrakech sur laquelle il travaille, bien vivante, encore malgré sa démographie réduite à une peau de chagrin passant de 40 000 âmes en 1947 à 135 en 2008, est une gageure. Entreprendre sa thèse dans des conditions optimums sur les Saints Juifs au Maroc, préparer son travail de terrain à Marrakech même auprès de la communauté Israélite locale, en Israël, au Canada et en France. Il considère que les musulmans marocains doivent prendre la relève du travail sans relâche et sans discontinuer du sauvetage du patrimoine du Judaïsme Marocain en devenant les nouvelles sentinelles de ce Judaïsme dont la flamme deux fois millénaire continue d’éclairer au Maroc. Faire un travail de mémoire participe à la construction du vivre ensemble. Cette mémoire Juive marocaine dépend étroitement d’une identité culturelle juive authentique, dynamique et évolutive. Une mémoire qui puise ses sources dans les valeurs et pratiques du judaïsme universel et dans l'environnement socio-culturel de leur pays d'accueil, le Maroc.

Richard Ayoun qui vient de décéder le 30 Mai 2008 à Paris à la suite d’une longue maladie, a fait dicter sa conférence en Février dernier sur « Mémoires et Oublis des Juifs Tétouanais ». Il a été historien et écrivain. Maître de conférences habilité à l´Institut National de Langues et Civilisations Orientales / INALCO Paris. A ce titre sa communication a été lue par la plus jeune participante à ce colloque, Sabrina El Maalem, 20 ans, étudiante à la faculté de Meknès en langue étrangère. Dans son récit, la grand-mère de R Ayoun insistait sur le conflit hispano-marocain ; elle illustrait les pleins feux qui ont été braqué sur les Juifs de Tétouan. Quatre mille personnes environ s’enfuirent, ce qui donna lieu à un remarquable élan de générosité, de la part de Juifs d’Angleterre, de France… À Tétouan même, les 4 et 5 février 1860, la juderia fut sauvagement attaquée : mise à sac des maisons, des synagogues et des boutiques… Avec l’arrivée des troupes espagnoles conduites par les généraux O’Donnel et Prim, se fit la première rencontre officielle entre Espagnols et Sépharades, plus de trois siècles et demi après l’Expulsion. Le « Pourim de Prim » commémore chaque année cet épisode. L’unique remède de la misère, au manque de débouchés, était le départ : vers Ceuta et Melilla ; vers l’Algérie aussi, surtout Oran. De novembre à décembre 1868 (l’année où le brigand Aïssa répandit la terreur) 140 élèves avaient quitté la ville sur 380 au total. On retrouve les mêmes chiffres dans la décennie suivante. L’émigration en Amérique latine (vers le Brésil à compter de 1865) devint hémorragie à compter des années 80 : après Rio, ce fut Pará (Belem), Manaus, Bahia ; au Pérou, un peu plus tard, à Iquitos ; au Vénézuéla, en Argentine… On partait de plus en plus jeune, par-delà les mers, et à cette fin, on s’efforçait d’être bon élève. Au prix d’efforts et de privations, ces intrépides, que l’on avait cru sédentaires, se firent une place plus ou moins confortable au soleil du Nouveau Monde, se montrant toujours généreux pour leur famille restée au pays. Les regards se portèrent aussi vers la Terre Sainte. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, un certain nombre de rabbins Tétouanais y « montèrent » occupant des fonctions importantes à Jérusalem, Tibériade et surtout Haïfa : Messod Hatchouel, Abraham Cohen, Raphael Abraham Khalfon… Le vénéré Rebbi Isaac Bengualid y séjourna quelque temps mais s’en revint chez lui, pour y fermer les yeux en 1870. La communauté vécut dans l’harmonie au temps du protectorat espagnol qui finit de la ré-hispaniser. Elle continua de tirer le plus grand profit de l’enseignement dispensé par l’Alliance Israélite Universelle. En 1912, Tétouan passe de nouveau sous domination espagnole et le sort des Juifs connaît une nette amélioration. La Couronne protège officiellement les institutions juives, l’obligation faite aux Juifs de résider dans la Juderia est assouplie et il leur est désormais possible d’acquérir des maisons dans les divers quartiers de la ville. Par ailleurs, les taxes spéciales que les juifs devaient acquitter sont abolies. L’accession du franquisme entraîne toutefois une certaine dégradation de la vie des Juifs de Tétouan, sur le plan économique en tout cas. Avec l’indépendance du Maroc, Tétouan devient marocaine. De nombreux Juifs optent pour le départ, notamment en direction de Ceuta et de Mellila restées sous contrôle espagnol. Le recensement de 1960 fait apparaître la présence de 3103 Juifs à Tétouan. Une nouvelle vague d’émigration se développe après la Guerre des Six Jours, cette fois vers Israël. Il reste environ mille Juifs à Tétouan en 1968. Au début des années 1990, on ne comptait guère plus de deux cents Juifs à Tétouan.

Sebastián de la Obra, Directeur & co-fondateur de la Biblioteca-Centro de Documentación de la Casa de Sefarad de Cordoue en collaboration avec Rosana de Aza également co-fondatrice de ce Centre ont passé en revue le thème de la « Récupération d’une identité et de construction de réseaux ". La réalité historique de Sefarad a été durant de nombreux siècles une réalité intentionnellement occultée et manipulée. D’une part, elle s’est transformée en un exercice d’ « étonnement » , c’est-à-dire d’ « étran-gérisation » des juifs espagnols et de leur composante culturelle ; d’autre part, on a affirmé qu’ avec l’expulsion ne subsistait plus la moindre trace, vestige ou témoignage de la culture juive en Espagne. Jusqu’à la fin du XIXème siècle on ne se pose pas de questions sur cette réalité officielle. Les premières tentatives de récupération des traces juives en Espagne sont d’origine politico-émotionnelle (Angel Pulido), de reconstruction identitaire (Américo Castro) et de caractère académique (Institut Arias Montano et Revue Sefarad).Tous ces essais sont confrontés à l’historiographie officielle et a une réalité sociale qui a « oublié » cette part essentielle de l’identité espagnole. Actuellement, nous sommes en présence de Communautés qui, peu à peu, donnent signe de vie publique ; des Administrations qui récupèrent ( du point de vue politique et touristique) le « mythe » de Sefarad et quelques initiatives, à titre privé et culturel (Casa de Sefarad, Tarbut Sefarad, etc.) qui cherchent à récupérer et à dynamiser le passé,le présent et le futur de la culture judéo- espagnole.

Mohammed Hatimi, prof à la Faculté des Lettres, Fès-Saïs a surfé sur « La création d’un mythe - Le juif heureux dans un royaume heureux ». La solitude du pouvoir » fait découvrir au roi Hassan II les « délices » des débats philosophiques. Aussi, plusieurs savants, érudits, hommes de lettres et de sciences… furent invités dans les palais royaux en vue de discuter de sujets qui tenaient à coeur à Sa Majesté. Avec les invités juifs en particulier, le roi aimait développer ses connaissances sur le « Génie d’Israël » et prospecter les opportunités de concorde entre Judaïsme et Islam.

Nessim Sibony de Los Angeles a été lu par Françoise Siboni-Mikaelis: « Je participe donc depuis 3 décades avec persistance au souci de sauvegarder certains aspects de ce patrimoine juif marocain ». Je prête très attention à sa renaissance et parallèlement à son « sauvetage » grâce au Web. Ce matériel inespéré de première main qui circule dans les forums des sites peut, entre les mains de chercheurs, permettre de reconstituer à un niveau très éloquent, la peinture la plus fidèle de cette civilisation juive marocaine qui a laissé le souvenir de figures illustres et légendaires par leur compréhension, leur tolérance et leurs qualités humaines.

Khalid Chegraoui Prof de l’Institut des Etudes Africaines à l’Université Mohammed V Souissi Rabat a dressé un bilan sur la « Coexistence et vie commune entre musulmans et juifs dans le versant sud de l’anti-atlas marocain : la vallée de Tmanar : Quelques pistes de recherches». « Lors d’une expédition scientifique multidisciplinaire dans la vallée du Draa et du Oued Noun, nous avons été amené à visiter la grande vallée de Tmanar sur la route de Foum el Hissn vers, Smouggen et Tafraoute, ancien passage des caravanes en liaison avec la vallée d’Issafen vers Tamdoult la grande cité minière médiévale et moderne. A Egred, nous avons constaté l’existence d’un village en ruine qui a abrité jusqu'aux années quarante une communauté musulmane et juive sans séparation apparente ni frontière de quelques sortes, sauf pour les lieux de cultes et les cimetières. Dans notre exposé nous présenterons l’espace en question en plus de documents photographiques et matériel manuscrit et imprimé collecté dans le site. Tout en essayant de formuler quelques idées et pistes de recherches qui mettent en corrélation les espaces : religieux, géographiques, linguistiques et socio économiques ».

Shmuel Segev, Ecrivain et Grand Reporter en Israël a expliqué la « Mémoire du Judaïsme Marocain perdue, en éveil et reconstruite en Israël », 60 ans après la création de l'Etat d'Israël pour constater sans réserve que la contribution du Judaïsme Marocain à l’Etat d'Israël est plus importante que la contribution d"Israël aux juifs Marocains. Cette contribution peut être définie par les points suivants : Concrétisation des frontières d"Israël par le peuplement des villes de développement : Dimona, Sderot, Ofakim, Beer Sheva, Ashdod, Kiryat Shmona, Beit Shean etc... La défense d"Israël, à cause du recrutement des dizaines de milliers de soldats au moment où l"Etat eut le plus grand besoin d'eux. Les bons offices des Juifs Marocains auprès de La Cour, d'abord pour faciliter l'immigration pour Israël, ensuite par le rôle que Hassan II a joué dans la paix entre Israël et l’Egypte et autres initiatives pacifiques surtout avec les Palestiniens. Le prochain défi des Juifs Marocains en Israël est double: Pénétration plus importante dans la vie académique (Universités et Centres de Recherche) et dans le domaine du High Tech.

Mohamed Elmedlaoui de l’Institut Universitaire Recherche Scientifique – Rabat a présenté « Le Judaïsme du Maroc profond: déjà, une belle légende? (Le cas des 'Juifs berbères' ou 'Berbères juifs'). Son travail revenant sur la question de l'historicité ou de l'anhistoricité de certains concepts tels que 'Juifs berbères' ou 'Berbère juifs'. Il aborde la question du point de vue des relations d'implications réciproques, sur le plan sociolinguistique, entre cette historicité, s'il y a lieu, et certaines données du lexique berbère.

Said Sayagh a envoyé sa présentation qui a été distribuée aux participants. Elle a porté sur un rêve de l’auteur….« J’ai rêvé… « : Historien & Agrégé d’arabe, docteur en Histoire et prof à Montpellier ; il a préparé une thèse sous la direction de M. Jean-Louis Miège qui en a préfacé la publication aux éditions du CNRS, sous le titre de: La France et les frontières maroco-algériennes de 1873 à 1902, Paris, 1986. Il a rêvé… »Je suis un petit garçon. Je m’appelle Saadoun fils de Shalom Sayagh le bijoutier. Mon père, inquiet, me monte plusieurs fois comment aller de la maison à sa petite boutique où il s’entasse avec ses outils, ses œuvres, ses caisses, ses babouches... Il insiste pour que je ne dévie pas d’un pas du chemin qu’il me montre. »

Saïd Gafaïti de la Faculté des lettres et des sciences humaines, Saïs Fès a quant à lui évoqué le sujet crucial suivant : « Quel avenir pour les études hébraïques aux universités marocaines ? » Il commence la présente communication par un aperçu bref sur l'histoire du judaïsme au Maroc tout en évoquant la contribution remarquable des juifs à la culture marocaine. Que devons-nous faire pour sauver le patrimoine juif ? Avec la réforme, il n y a plus d'hébreu au sein des faculté de lettres. Le sort des études hébraïques est obscur.

Hassan Khallaf - Doctorant Université Cadi Ayyad Faculté des lettres et des Sciences Humaines - Marrakech et candidat à un doctorat à Paris 8 a présenté « Le Patrimoine Culturel Matériel Juif de Demnate : Richesse conjointement appropriée et nécessitée de Perpétuation ». Située dans le piémont du versant nord du Haut Atlas Central, la ville de Demnate, compte un patrimoine culturel matériel juif très riche (Deux Mellahs, L’Ecole de l’Alliance Israelite Universelle, Cimetière juif, moulins à eau etc). Celui-ci fait partie intégrante et indéniable du patrimoine culturel local. Les données historiques et l’état actuel des choses révèlent qu’il s’agit d’une richesse patrimoniale conjointement appropriée. D’où la nécessité de mettre sur place une action associative réunissant tous les acteurs concernés. Cette structure et cette action auront pour objective, la préservation, la perpétuation et la mise en valeur de ce patrimoine.

Khalid El Gharib de « Khalid Art Gallery » Antiquités - Marrakech, absent excusé, a envoyé sa contribution suivante: “ Maroc : Deux passions, une Mémoire - Reconstruire ses identités grâce aux objets “ L'auteur y a présenté en collaboration avec Paul Dahan « Deux passions une mémoire » un livre d'art et de paroles qui donne vie au dialogue entre deux passionnés de mémoire, un juif et un musulman, tous deux nés à Fès à vingt ans de distance. Il invite le lecteur à partager l'aventure de leurs magnifiques collections (textiles, céramiques, bijoux, peintures et dessins) qui retracent la richesse culturelle et artistique du Maroc.


Izza Genini absente, cinéatse réalisatrice et productrice du Maroc a adressé par mail son papier suivant : « de Lison Edery à Izza Genini, un certain itinéraire… »
Ceux qui ont vu le film « Retrouver Oulad Moumen » savent qu’elle est la dernière des neuf enfants dont les trois premiers sont nés au bled au sud de Marrakech sur les fermes de la famille Delouya, 3 dans le bourg céréalier d’El Gara et trois dans la métropole casablancaise, suprême privilège je suis née rue Lusitania, place de Verdun, hors les murs du Mellah :.. Autre privilège, sa famille allait bénéficier pour la première fois d’un beau livret de famille fraîchement émis par les services municipaux de l’Empire Chérifien d’alors…. Ses parents, exclusivement arabophones, lui donnèrent le prénom de sa grand- mère, « Ijja. » Jugé sans doute trop « chelh » pour l’époque qui cherchait à s’affranchir à tout prix de tout ce qui faisait un peu trop marocain, mes aînés le transformèrent en « Lison » qui devint dans la bouche de ses parents en « Lijja », et sur le livret de famille : Lison, Izza
Son père devait décéder en 1976, 6 mois après l’interview filmée qui a inspire Retrouver Oulad Moumen. Lorsqu’en 1994 le film est présenté à la Quinzaine Sépharade de Montréal, un spectateur s’écrie à la fin de la projection : « Mais Izza Genini, c’est Lison Edery ! »
Elle a relié ainsi le passé au futur dans une relation fertile qui a donne naissance a toute cette série de films « Maroc Corps et Ame ». Tout récemment elle a produit et filmé ‘Nuba ».

Arrik Delouya a parcouru « Le Patrimoine Juif Marocain d’aujourd’hui: de l’Olympe à la Vallée des Pleurs ». Il explique que le Maroc dépossédé de sa grande communauté juive est arrivé au stade de sa maturité pour œuvrer sur sa mémoire et sur le terrain du patrimoine du judaïsme marocain.
Notre Mémoire longtemps brisée puis occultée, mais gardée en éveil, est aujourd’hui retrouvée grâce à la persistance de nos valeurs, à la résistance à toute autre forme de communautarisme et de nouvelle identité d’assimilation… Ces valeurs se retrouvent dans nos textes religieux, dans notre liturgie, notre poésie et folklore, notre art (voir le travail de Paul Dahan et Khalid…), dans la restauration de nos cimetières (voir l’immense travail de Jacky Kadoch auquel je rends hommage), à travers la prise en charge quotidienne de nos synagogues qui sont des lieux de vie et de culte et d‘autres actions encore de l’histoire orale de notre communauté juive locale comme celle de Marrakech. De Tétouan à Ouarzazate en sillonnant Demnate, Marrakech, Essaouira-Mogador, pour revenir vers Fès et Meknes nous passons par les traces tangibles et intangibles de la Mémoire qui vont élargir le champ de la recherche du judaïsme marocain et de ses apports à une identité deux fois millénaire. Transmettre cet héritage aussi à nos amis musulmans est une gageure mais nous relevons le défi. Exemple de la bibliothèque du CRJM qui compte tout de même un millier d’ouvrages sur notre patrimoine ayant servi aux chercheurs musulmans du Maroc et qui va continuer à servir à Marrakech à nos doctorants. Tout reste encore à protéger et à perpétuer: Les coutumes et les codes religieux, les prescriptions juridiques issues de Castille, les relations Judéo - musulmanes, les nouvelles questions identitaires et les problèmes transculturels inhérents à l’émigration, la diversité et les richesses du patrimoine culturel sous ses multiples aspects. Le judaïsme marocain se démarque nettement des autres communautés par ses valeurs multiples et uniques mais surtout originales qu’on retrouve dans nos différentes trajectoires:

• A travers les travaux de linguistique et takanot et responsa: l’œuvre considérable que nous laisse Z»al HaÎm Zafrani.

• Voir nos itinéraires historiques au vu et au su des travaux et ouvrages de Robert Assaraf.

• Puis dans nos textes religieux: voir les travaux incontestables de Moshé Amar de l’Université Israélienne de Bar Ilan.

• Dans notre liturgie: voir les paytanim marocains qui circulent à travers les 5 continents.

• Notre poésie et folklore: voir l’incommensurable œuvre de Joseph Chetrit.

• Notre art: voir le travail de Paul Dahan et Khalid El Gharib …, de Maury Amar et d’autres encore.

• Dans la restauration de nos cimetières : voir le travail remarqué et remarquable de notre cher et tendre Jacky Kadoch sur les traces de son père Z»al Henri Cadoch ici au cimetière de Marrakech auquel je rends un vibrant hommage).

• A travers la prise en charge quotidienne de nos synagogues qui sont des lieux de vie et de culte et d‘autres actions encore de l’histoire orale de notre communauté juive locale comme celle de Marrakech.

• Le CRJM / Le Centre de Recherche sur le Judaïsme Marocain de RobertAssarf avec pour réalisations une quinzaine de colloques et séminaires internationaux et plus de mille bourses d’études fournies.

• Le GREJM / Groupe de Recherche et d’Etudes du Judaïsme Marocain que coordonne notre ami infatigable Jamaa Baida

• L’œuvre des anciens élèves de H Zafrani et Ephraim Riveline qui sont une trentaine de professeurs à enseigner l’hébreu, la littérature juive et israélienne à un millier d’élèves en Master et bientôt en doctorat….

• Enfin, n’avons-nous pas écrit des milliers d’ouvrages sur ce judaïsme marocain en plusieurs langues, d’où l’abondance et la variété des publications frappantes et considérables qui dépassent le millier d’ouvrages de références ces trente dernières années, de même qu’est patent l’intérêt des spécialistes en sciences sociales et humaines pour cette composante de la population et de la nation marocaines, depuis la préhistoire jusqu’à notre époque.

La présence juive, comme en terre marocaine, remonte à des temps immémoriaux. La ville de Marrakech - aux dires de notre ami Joseph Dadia

- reçut un nombre de réfugiés Juifs d'Espagne et de Portugal, des anciens marranes de la péninsule Ibérique, des Iles Canaries et même des lointaines Antilles. Tout ce monde s'était installé dans deux quartiers différents, les Beldiyyin (Juifs autochtones, en hébreu Tochabim), continuant de vivre par petits groupes épars au milieu des Musulmans. Puis, il semble que Mégorachim (Expulsés d'Espagne) et Beldiyyin se soient pour la plupart groupés dans un seul quartier, celui de Mouassine. " Le quartier des Juifs , nous dit Marmol, était autrefois au milieu de la ville, en un lieu où il y a plus de trois mille maisons ", soit quinze mille personnes, d'après l'estimation faite par Diego de Torrès. Le Mellah de Marrakech fut fondé en 1557 (pour la tradition orale 1577 / 5317). C'est le Sultan Moulay Abd Allah Al Ghalib Billah qui les réunit tous dans le Mellah, qui existe encore de nos jours sous le nom de Hay Salam (habité par des Musulmans), à proximité de la Qasbah et du Palais Royal. En ces temps là, le Mellah était un beau quartier avec de belles maisons et des jardins, un quartier vaste et agréable, où les marchands chrétiens n'obtenaient même pas l'autorisation de s'établir. Mais tous les Agents et Ambassadeurs des Princes étrangers pouvaient y habiter. D'après la tradition, rapportée par José Benech, le Grand Rabbin de la Communauté emmura dans la porte de la nouvelle Cité un parchemin sur lequel il avait écrit une prière. C’est ce Mellah de Marrakech vidé aujourd’hui de ses juifs et se transformant en maisons Riads somptueuses qui est en mutation. La mémoire de ses habitants ayant atteint le pic des 50 307 habitants en 1947 a été complètement emportée en Israël, en France, au Canada, et dans d’autres pays d’immigration. Il ne reste que 175 âmes juives à ce jour à Marrakech et nous avons le nouveau devoir de mémoire de les interviewer pour aligner leurs sentiments et leurs derniers souvenirs racontés.

Enfin, combien de temps reste-t-il ? Cela nous a conduit à mettre sur pied un projet à Marrakech sur l’histoire orale des Juifs au moment où il ne reste plus que 175 âmes juives.

Nous solliciterons donc tous ceux et toutes celles qui auront à cœur de témoigner. Nous savons d’ores et déjà que tous et toutes nous attendent. Leur enthousiasme est la marque de leur conscience : il sera notre fil conducteur pour recueillir ce meilleur d’eux-mêmes qu’ils ont hâte de partager non seulement avec les autres Juifs du Maroc, éparpillés comme autant de mini-Marrakech ici et là dans le monde, avec tous les Juifs des autres communautés, mais également avec tous ceux qui, un jour, seront désireux de connaître la vie et l’histoire dans ses aspects les plus spécifiques et les plus intimes de l’une des plus anciennes communautés juives.

Que cette mémoire juive vivante nous aide à mettre en avant nos projets pour que les nouvelles générations se souviennent de ce patrimoine considérable que nous laissons derrière nous.

Arrik Delouya




Permanences du Judaisme marocain
Posté par: Arrik (IP enregistré)
Date: 25 septembre 2008 a 09:42

Radio Shalom
Robert Assaraf et Arrik Delouya
Mardi 16 Sept 2008 à 12H00


L’ouvrage de Robert Assaraf a constitué un exercice périlleux en alignant 250 pages sur un sujet aussi vaste et complexe représentant une véritable gageure.

Mais Robert l’a pensé, il l’a travaillé pendant des années et il l’a réalisé et cet ouvrage est dans l’ordre logique des choses. A la suite de ses nombreux écrits et multiples colloques sur notre mémoire juive marocaine, l’auteur a prolongé de milliers de livres écrits sur ce judaïsme très pointu et spécifique. Il nous a livré dans cette édition l’intérêt, l’originalité et la spécificité de cette communauté éparpillée de par le monde.

D’abord l’auteur nous rappelle l’historien bysantin Procope, puis les phéniciens, le lien privilégié entre le Maroc et la terre Sainte depuis toujours, les Juifs fuyant la Palestine au lendemain de la destruction de Second Temple, en 70 après J-C qui se sont établis au Maroc. Maître des faits, précis, il nous rapporte ce que nous ignorons souvent.

Puis il a trouvé sa niche en retraçant une évolution à laquelle il fallait s’attendre, les dangers de la transculturation face à la résistance et à la persistance de ce judaïsme car pour l’instant rien n’a pu altérer la spécificité de ce judaïsme marocain sinon que la démographie de ces Juifs vivant Maroc a beaucoup baissé passant de 300 000 en 1945 à environ 2 500 âmes en 2008. Les Juifs marocains installés pour la plupart en Israël (plus de 800 000 personnes) continuent à maintenir intactes leurs traditions culturelles et cultuelles.

Cet ouvrage porte sur l’incroyable saga et les itinéraires des juifs originaires du Maroc jamais encore atteinte par une quelconque acculturation car toujours entière avec elle-même. Même le grand exode des Juifs du Maroc est retracé avec beaucoup de précisions historiques jusqu’à leur installation en Israël où ils ont cessé d’être des citoyens de seconde zone. Leur nouveau statut en politique et dans leur occupation professionnelle est sans doute le meilleur gage de leur réussite. Aucun complexe à rappeler qu’ils sortent très nombreux des universités israéliennes et / ou du Technion comme de l’Institut Weizmann des Sciences.

Une réelle volonté s’est manifestée chez Mr Assaraf de conforter les acquis des recherches sur ce Judaïsme très spécifique et de les diffuser au sein de la nation marocaine et des communautés juives et musulmanes afin de contribuer à leur connaissance réciproque. Cela ressort fortement tout au long de cette saga, faut-il rappeler que tout reste encore à protéger et à perpétuer: Les coutumes et les codes religieux, les prescriptions juridiques issues de Castille, les relations Judéo - musulmanes, les nouvelles questions identitaires et les problèmes transculturels inhérents à l’émigration, la diversité et les richesses du patrimoine culturel sous ses multiples aspects

Rien n’est laissé dans l’ombre. L’ouvrage évoque notamment l’intégration d’environ 150 000 Juifs marocains en France, d’autres en Espagne, en Grande-Bretagne, au Canada, aux États Unis et en Amérique latine, notamment au Venezuela et au Brésil, où ils ont recréé des institutions spécifiques tout en s’insérant avec succès dans la société environnante.

Etant moi-même moins instruit du sujet que l’auteur aborde, je ne peux qu’apprécier et évaluer positivement ce qui est décrit et analysé avec beaucoup de pénétration en complément à mes propres travaux et au programme que s’est assignée l’association que je coache des « Permanences du Judaïsme Marocain » avec mes amis.

Enfin, fidèle à sa science et à ses trajectoires, R. Assaraf a voulu en complément à ses ouvrages précédents apporter sa contribution et son dernier ouvrage a le mérite de brosser un tableau d’ensemble de la réalité du judaïsme marocain dans le monde car il donne à penser.

C’est pourquoi je recommande ce livre fascinant


Dr. Arrik Delouya (Ph.D-Sociology)
Sociologue chercheur
Président fondateur des « Permanences du Judaïsme Marocain »

Permanences du Judaisme marocain
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 25 septembre 2008 a 20:38

Cher Arrik bonjour et merci pour ces details precieux sur le dernier ouvrage de Robert Assaraf dont j'avais aussi annonce la sortie sur la rubrique "Bibliographie des Juifs du Maroc"

Merci a toi surtout pour ce travail formidable de reconstitution minutieuse de notre patrimoine culturel en tant que Juifs du Maroc. Il etait grand temps car en lisant Esther Benbassa sur l'"histoire des Juifs Sepharades", je me rends compte combien notre communaute sepharade du Maroc etait si peu prise en compte. Sur 500 pages que comporte ce livre, les Juifs du Maghreb ne sont mentionnes que sur quelques breves pages.

Je trouve cela d'autant plus curieux que en Israel, les juifs sepharades, originaires de Turquie ou de Grece ne sont pas autant nombreux que ceux du Maghreb ou les communautes sepharades avaient fui en masse apres leur expulsion d'Espagne.

Sur un autre registre, je lis actuellement le dernier ouvrage de Michel Abitbol "Les Juifs d'Afrique du Nord a l'epoque de Vichy" et je peux t'assurer que c'etait terrible pour nous les Juifs et ceux qui faisaient souffrir alors n'etaient pas les Allemands mais bien les Francais.

Shana tova et gmar hatima tova a toi et a toute ta famille

Darlett




Permanences du Judaisme marocain
Posté par: delphinos (IP enregistré)
Date: 26 septembre 2008 a 21:06

Citation:
Arrik
voici une bonne nouvelle concernant la restauration cachère à Marrakech et je viens d'envoyer à Darlett les photos de ce Riad Resto Cacher unique à Marrakech où je me suis régalé Dimanche soir dernier 20 Janvier 2008 en présence de quelques amis marrakchis
Primavera Hotel Restaurant "Cacher" (Près du Supermarché "Marjane") Direction Générale: Mr Acoca
Route de Casablanca , Koudiat N° 78 Marrakech Maroc 95 E-mail:
WebSite: www.primavera-marrakech.com

Bises

Arrik

bonjour Arrik

J ai manger a ce restaurant pas mal de fois ,c'est le seul restaurant cacher a Marrakech et dernièrement monsieur Simon Acoca vient d ajouter a la carte la cuisine asiatique cacher.

la communauté juive de Marrakech est a 270 personnes.

Amitié

Robert.

Permanences du Judaisme marocain
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 01 octobre 2008 a 01:58

18 Sept 2008 les « Permanences du Judaïsme Marocain » ont organisé une Soirée-Repas chez David Perez pour la présentation du dernier ouvrage de Robert Assaraf :
« Juifs du Maroc à travers le monde - Émigration et identité retrouvée »

Beaucoup de monde a cette soiree dont voici quelques photos que m'envoie Arrik Delouya.

Robert Assaraf et Arrik Delouya, presentation...



Robert, Arrik et Michel Harroche




Robert Assaraf et Nessim Sibony de Los Angeles




Maida Assouly Manou Oiknine, Izza Genini, Harry et Madou Assouly




Maguy, Arrik et Sebastien Pradon




Patricia Grossmann, Nino Levy, Irène Malka, Myriam Tanguy




Viviane Perez et Maguy Szwarc-Oiknine




Yael Elfassy face à Nino Levy et Irène Malka




Izza et Mokhtar



Michèle Delouya.jpg




David Perez de Marrakech souway




37 Jack Bensoussan, Marcelle et les autres




Freddy, Jacky, Mnaou et Jack.jpg











Permanences du Judaisme marocain / La composante judéo-marocaine a joué un rôle important
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 25 octobre 2008 a 15:20

La composante judéo-marocaine a joué un rôle important dans l'histoire du Maroc et a pu vivre en parfaite symbiose au sein de la société marocaine, a souligné, jeudi à Casablanca, Saâd Kettani, Haut commissaire de l'Association pour le 1200e anniversaire de la fondation de la ville de Fès.

Intervenant à l'ouverture d'un colloque sur le "Judaïsme marocain contemporain et le Maroc de demain", organisé par l'Association, M. Kettani a indiqué que, depuis la fondation de Fès et tout au long de l'histoire du Maroc, les judéo-marocains ont pris part aux faits et aux évènements de la société et ont partagé les moments forts de cette histoire, témoignant avec les autres composantes de la société marocaine d'une société caractérisée par sa diversité et sa richesse culturelle et qui fut capable de mener une marche historique harmonieuse et solidaire et de développer des valeurs de coexistence, d'ouverture, de compréhension mutuelle et de tolérance.

Les travaux de ce colloque visent à interpeller le passé marocain et à revisiter ses différentes phases d'évolution, en particulier celle où les judéo-marocains ont apporté une contribution remarquable, a-t-il souligné, précisant, par ailleurs, que l'ensemble des actions célébrant les 12 siècles de la vie du Royaume par les Marocains sont inscrites dans le cadre de la relecture du passé, pour une meilleure continuation vers l'avenir.

De ce fait, a-t-il ajouté, ce colloque permet aussi de mener une réflexion profonde sur le rôle des judéo-marocains dans le Maroc d'aujourd'hui et celui de demain.

De son côté, Serge Berdugo, ambassadeur itinérant de S.M. le Roi et secrétaire général du Conseil des Communautés israélites du Maroc, a fait remarquer que la communauté juive marocaine est l'une des seules communautés structurées vivant en terre arabe et musulmane qui ne laisse pas indifférent, du fait de son attachement au pays, quel que soit le lieu de résidence des juifs du Maroc, du fait de la tolérance entre juifs et musulmans au Maroc et du fait que l'identité juive marocaine s'affirme partout dans le monde.

M. Berdugo a relevé que le sort des juifs au Maroc fut meilleur que celui de leurs coreligionnaires dans d'autres parties du monde notamment en Europe et que ceux qui quittent le pays deviennent des ambassadeurs du Royaume et des défenseurs de ses valeurs.

Après avoir rappelé que le judaïsme marocain a toujours constitué une force de paix, il a souligné que les membres de la communauté, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, "maintiennent leur adhésion et leur soutien à ce Maroc du juste milieu, voulu par S.M. le Roi Mohammed VI, ce Maroc où la démocratie et les droits humains font des avancées significatives, ce Maroc qui les a vus naître et s'épanouir dans les valeurs de la tolérance". Pour sa part, Albert Sasson, membre du Conseil consultatif des droits de l'homme et de l'Académie Hassan II des sciences et techniques, a, tout en rappelant la richesse de l'histoire du judaïsme au Maroc, souligné l'importance de se tourner également vers l'avenir de "ce Maroc nouveau qui se refait et se remet en question avec courage", un Maroc qui se démocratise de plus en plus.


Saâd Kettani,


Source: Lematin du 24/10/2008




Permanences du Judaisme marocain / La composante judéo-marocaine a joué un rôle important
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 01 novembre 2008 a 13:56

Ce texte me parvient par Charles Dadoun qui, semble-t-il, vient de terminer un double mandat en tant que President de la communaute juive marocaine du Quebec.

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Mesdames et Messieurs,



En premier lieu, je tiens à vous remercier de la confiance que vous avez placée en moi afin d'assumer deux mandats consécutifs à la présidence de la communauté. L'expérience fut des plus enrichissantes et m'a permis de contribuer de mon mieux à l'édification de la communauté. Je rends hommage à mes prédécesseurs et transmets mes meilleurs vœux à mon successeur. Je me permets de dédier ce message à mon épouse et à mes enfants qui m'ont inconditionnellement soutenu tout au long de ma carrière de communautaire et tout particulièrement durant mes deux mandats passés à la présidence de la communauté. Je tiens qu'ils sachent que leur allant énergisant m'a été des plus précieux.

Ensemble, nous avons parcouru un long chemin. Au fil des années, les réalisations furent nombreuses mais il reste encore beaucoup à faire. La communauté est prête à assumer un nouvel essor, qui relèvera d'une équipe de professionnels chevronnés et de bénévoles sur lesquels elle pourra compter. Le détail des accomplissements figure dans le rapport de mandat et je sais gré à tous ceux qui m'ont épaulé dans les domaines des relations publiques, des services sociaux, des services communautaires, des services éducatifs et administratifs.

Ce mandat prend fin avec à son actif quelques réalisations majeures dont un site web interactif, des campagnes réussies de paniers de fête, des représentations auprès d'instances gouvernementales, une nouvelle synagogue dans nos locaux de Westbury, une résidence pour personnes âgées autonomes opérationnelle, des festivals sépharades devenus des événements annuels, des rentrées culturelles travaillées qui ont donné à nos créateurs artistiques une plateforme leur permettant de manifester leur talent en musique, en théâtre, en peinture et en littérature ainsi qu'une collaboration réussie avec le Congrès juif canadien et la Fédération CJA.

Nous avons contribué activement au groupe d'Advocacy qui a soumis le rapport de la communauté juive à la commission Taylor Bouchard et avons œuvré pour mettre à l'ordre du jour la réalité des réfugiés juifs des pays arabes en participant activement à l'organisation Justice for Jews in Arab Lands, convaincus que nous sommes qu'une vrai paix consiste à reconnaître le vécu et la souffrance de toutes les parties du conflit moyen-oriental. Les archives d'aujourd'hui montrent combien leur exil fut planifié, et combien la réalité des réfugiés juifs des pays arabes a été méconnue et oubliée.

Notre communauté a complété un cycle mouvementé qui s'est étendu sur tout le vingtième siècle. Il est peut-être temps de faire le point sur son évolution et de considérer la meilleure façon d'envisager l'avenir. Bien que je vais m'attarder dans ce qui suit sur l'évolution de la communauté juive marocaine qui constitue la grande majorité de la communauté sépharade québécoise, l'évolution dans les autres pays de la diaspora sépharade fut quasi-similaire. Toute une société qui s'est francisée, anglicisée ou italianisée, a connu la même réalité sinon que, pour les Juifs d'Orient, l'émigration fut bien plus dramatique qu'elle n'a pu l'avoir été au Maroc.

À la fin du XIXe siècle, la communauté juive marocaine vivait dans un état précaire, sans moyen de protection devant des abus de toute sorte et, mis à part une infime minorité de nantis, les voyageurs ont décrit notre communauté comme une proie facile et sans défense, ployant sous le fardeau de la misère dans des mellahs surpeuplés. Tant bien que mal, la communauté a surmonté des épisodes de famine, d'épidémie et de razzias grâce à une organisation communautaire qui, avec fort peu de moyens, tenta l'impossible. Dans plus d'un sens, le leadership communautaire était dépassé par l'immensité de la tâche à accomplir.

Heureusement, il se trouva des personnes d'une grande trempe qui décidèrent de se consacrer entièrement à relever la communauté sur les plans social et économique. Il était facile pour beaucoup de personnes qui s'étaient fait une situation, de tourner le dos aux leurs et de ne veiller qu'à leur propre intérêt. Mais il se trouva des grands hommes qui agirent pour façonner un judaïsme marocain nouveau et articulé dans sa société et dans son siècle. Je me permettrai de mentionner quelques uns d'entre eux envers qui nous avons une grande dette.

David Sémach, Élias Harrus, Émile Seban et tant d'autres encore, se sont consacrés à l'Alliance israélite universelle qui, pour beaucoup, représentait le progrès et l'espoir de jours meilleurs et l'écrasante majorité des parents juifs y envoyèrent leurs enfants.

Samuel D. Lévy fut l'inspirateur d'une kyrielle d'organismes de bienfaisance efficaces auxquels il se dévoua sa vie durant en convaincant et en inspirant les siens pendant tout un siècle : la Maternelle, l'Aide scolaire, le Centre anti-tuberculeux, la Fédération des associations juives pour la lutte contre la tuberculose, le Préventorium de Ben-Ahmed, l'Union des associations juives de Casablanca, le Comité d'études juives, Maghen David, l'École normale hébraïque de l'Alliance, l'œuvre des bourses Abraham Ribbi, le Centre social du Mellah, l'école professionnelle de l'O.R.T., l'organisation de santé O.S.E. et bien d'autres encore. Par ailleurs, il fut président du Fonds national juif au Maroc pendant 35 ans.

Alfonso Sabah fut l'âme du centre Charles Netter à Casablanca et collabora avec le DEJJ ou Département Éducatif de la Jeunesse Juive pour maintenir une activité culturelle vibrante donnant à la jeunesse les moyens de conjuguer judéité et modernité. Il offrit de la sorte une grande gamme d'activités éducatives et sportives : séminaires, soirées dansantes, conférences, sorties en plein air, synagogue, terrain de sport etc.

Léon Ashkénazi, alias Manitou sut redonner le goût de l'héritage humaniste juif qu'il réconcilia avec l'orthodoxie traditionnelle du judaïsme ainsi qu'avec la philosophie et la pensée modernes.

David Amar, secrétaire général du Conseil des Communautés sut exiger publiquement le respect des libertés civiques des Juifs marocains à l'heure où des relents d'un passé de minoritaires tolérés refaisaient surface.

Le Dr Léon Benzaquen et Carlos De Nesry ont su, par leurs articles et leurs éditoriaux, articuler avec brio le besoin d'auto émancipation du judaïsme marocain.

Sam Avital (Abitbol) et Élie Ohayon furent les architectes de l'Aliya clandestine, convaincus que c'était dans un état juif que la communauté se réaliserait.

Tordjman œuvra dans les mouvements de jeunesse des Cadets et des UP (Unités Populaires) qui offrirent de magnifiques heures de détente aux écoliers ainsi que des colonies de vacances d'été, Entre autres dirigeants scouts, Edgar Guedj, Jo Bengio et James Dahan, marquèrent, chacun à leur façon, leur génération. Les camps qu'ils organisèrent formèrent toute une jeunesse.

La communauté est entrée de plain-pied dans le vingtième siècle et les magnifiques institutions qu'elle fonda durent gérer une croissance phénoménale puis une décroissance importante due à l'émigration, essentiellement vers Israël. Il fallut la tragédie du Pisces pour que bien des intellectuels se penchent sur le sort des leurs partis en Israël et c'est ainsi que l'Aliya estudiantine du mouvement Oded se lança dans le travail social. La communauté dispersée et privée de ses leaders naturels avait souffert d'incompréhension en Israël. Les révoltes de Wadi Salib et des Panthères noires traduisirent la profonde humiliation qu'elles éprouvèrent.

Il fallut quelques décennies pour que la communauté sépharade puisse s'affirmer en Israël en s'assumant telle qu'elle était. La réalité en Israël a changé. Il reste que les besoins sociaux sont criants et que les conditions de sécurité sont un fardeau que les Israéliens portent depuis plusieurs décennies.

Nous devons avoir présent à l'esprit cette réalité, concourir à leur épanouissement et faire de notre mieux pour faire avancer la paix entre Israël et ses voisins. Malgré les tensions qui persistent, nous sommes convaincus que le passé dans les pays arabo-musulmans ne connut pas que des moments difficiles. Il y eut aussi de grands moments de symbiose et de compréhension sur lesquelles nous pouvons aujourd'hui bâtir un avenir commun. Il nous revient de rassembler les bonnes volontés de toutes parts dans un objectif commun.

Dans la diaspora, notre communauté a vécu dans un environnement beaucoup moins difficile. Mais notre succès relatif au plan économique ne doit pas voiler le fait qu'au niveau de notre identité, au niveau de la qualité de nos institutions éducatives, de grands pas ont été accomplis. De plus grands pas sont à faire encore. Nous nous trouvons à un tournant. Je suis convaincu que c'est la contribution au plan humain, des valeurs civiques et judaïques qui demeurent la priorité de premier plan et je suis également convaincu que c'est par l'action sociale que nous irons en progressant.

Par le passé, ceux qui avaient décidé d'investir en des populations miséreuses vivant dans des mellahs exigus eux eurent raison de tous les sceptiques. Le judaïsme, c'est voir en chaque enfant un Einstein et un Maimonide qui ne demandent qu'à éclore. C'est à nous qu'il revient de faire en sorte que chaque enfant de la communauté puisse évoluer dans une atmosphère de valeurs qui en feront des hommes accomplis. C'est à nous qu'il incombe aussi de coopérer avec la société prise dans son ensemble, de prendre une part active à son essor et de veiller au bien être de tous.

Je dois cependant souligner que les générations précédentes ont su trouver des formules qui ont répondu aux désirs de la jeunesse. À date, nos institutions ont répondu aux besoins de la communauté immigrante afin de faciliter son intégration au Québec et au Canada. Toutefois, une nouvelle génération est née et ses besoins différent de celles de la génération immigrante. Nous devons donc revoir nos façons de faire car nos jeunes pensent différemment. Les anciennes formules doivent être repensées par eux et avec eux afin de permettre l'épanouissement des spécificités culturelles juives séfarades.

Les défis sont pressants et présents et je lance un appel particulier aux jeunes de notre communauté pour qu'ils s'impliquent dans la magnifique histoire de notre peuple.

'Am Israël Haï!




Journée du patrimoine culturel judéo-marocain
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 10 novembre 2008 a 15:14

Journée du patrimoine culturel judéo-marocain mardi prochain à Ifrane

Le club estudiantin Mimouna de l'Université Al Akhawayn organise, mardi prochain à Ifrane, la première journée du patrimoine culturel judéo-marocain.
Au programme de cette journée, une conférence sous le thème "Le Maroc est-il un exemple de coexistence judéo-arabe ?ö et une exposition.
Cette manifestation, qui sera marquée par la présence de plusieurs personnalités, dont des représentants de la communauté israélite au Maroc, sera rehaussée par une soirée de musique judéo-marocaine, animée par le chanteur Maxime Kartouchi.
Cette manifestation vise à faire découvrir les traditions juives dans leurs différences et leurs similarités avec les traditions musulmanes dans le contexte marocain et surtout à présenter le judaïsme marocain comme modèle de coexistence entre juifs et musulmans dans le monde arabe.
Le Club Mimouna a été créé en 2007 par des étudiants de l'Université Al Akhawayn pour encourager les étudiants à découvrir la culture judéo-marocaine qui a toujours fait partie de l'histoire du Maroc.
Mimouna est le nom d'une fête traditionnelle judéo-marocaine qui célèbre la liberté, la communauté, l'amitié, la vie et l'hospitalité entre juifs marocains et leurs concitoyens musulmans.

Source: biladi.ma




Permanences du Judaisme marocain
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 15 décembre 2008 a 01:35

Combien de temps reste-t-il
avant que « Marrakech-la-Juive » ne disparaisse à jamais


Il est plus qu'impératif aujourd'hui de réaliser non pas un livre, un film ou des photos, mais le livre - le film - les photos qui recèleront l’ultime témoignage d’une des plus vieilles communautés juives en exil localement présente depuis 22 siècles.

Au fil des ans la question se fait de plus en plus pressante: Combien de temps nous reste-t-il avant que ce trésor de culture ne parte en fumée complètement ?

Projet de l’Association des « Permanences du Judaïsme Marocain »
Direction: Arrik Delouya
Coaching sur place: Jacky Kadoch
Chef de Projet: Myriam Tangi née à Paris de parents Marrakchis
Accompagnée de Thérèse Zrihen-Dvir, écrivain, née à Marrakech demeurant en Israël


Paris le 26 Octobre 2008


Question modulable à l’infini des situations, des lieux, des moments.

Combien de temps nous reste-t-il avant que ces voix imprégnées du soleil brûlant de Marrakech ne s'effilochent et tombent dans l’oubli, le nôtre qui, de génération en génération perd chaque jour un peu plus de ce trésor d'émotions et de sagesse forgé dans nos cœurs à travers le legs de nos ancêtres, et que nous avons déjà tant de peine à retenir, et encore moins à restituer et à transmettre. Face à cette perte homéopathique proportionnellement aux 40 000 Juifs qui vivaient avant 1948 et aux 175 personnes qui aujourd'hui vivent encore dans la Cité des Palmeraies, nous ne sommes pas complètement démunis. Nous pouvons enregistrer leurs voix, par écrit et sur bande, saisir un 125e de lumière sur leur visage, préserver leurs gestes par des films, et tracer leur histoire à travers les pierres et les espaces, les lieux d'activité, et le cimetière qui recèle les restes de cette magnifique légende.

L’oubli est un abîme sans fond au regard de l’éternité, où sont enfouis nos ancêtres et dans lequel nous succomberons quand notre passage sur terre aurait atteint son terme, mais d'où nous pouvons encore extirper les rires, les émotions, les subtilités d'antan qui constituent la matière intime de ces communautés juives par rapport aux autres agglomérations juives éparpillés de par le monde.

L'héritage culturel des Juifs de Marrakech est une pierre précieuse unique dont l’éclat ne devrait jamais s'éteindre pour les générations futures et fait partie du patrimoine culturel de la race humaine.


Mieux équipés avec des moyens techniques modernes, l'enregistrement et la diffusion de ces témoignages, ne sont plus une tache, mais un devoir. Ces traces essentielles ne doivent être négligées, ni nous échapper mais reportées dans les annales de l'histoire des juifs à travers les ages.

Pour le projet «Marrakech-la-Juive», permettez-moi d’évoquer le dualisme biblique d’Issachar et de Zebulon: chacun contribuera au niveau de sa volonté et de ses possibilités: chacun œuvrera pour fournir à l’autre les éléments nécessaires pour sa réussite. Commerce et étude collaboreront en harmonie. Nous avons dans notre communauté, ces deux forces essentielles. Mais la dispersion étant une donnée, il nous manque l'attache entre ces deux contingents. L'apport de contacts et de relations est crucial pour la mise en place de ce projet. Nous avons un sujet d’étude sacré: celui de notre mémoire qui menace de disparaître.

Le projet «Marrakech-la-Juive», permettra la procession de cette collecte de témoignages, en trois formes obligatoires:

Un livre, historique qui s'appuie sur des témoignages et illustré de photos

Un film avec un scénario reproduisant la majorité de ces témoignages

une exposition itinérante avec des photos prises durant ces recherches


Myriam Tangi, chef de projet, où elle continue de résider et de travailler. Née à Paris de David Tangi et Nina Attias, originaires de Marrakech, Myriam Tangi parle de ses sens imbus de sonorités étranges (le judéo - arabe parlé chez elle qu'elle finit par comprendre bien qu’il constituait au départ la langue « secrète » de ses parents), d’odeurs chaudes et épicées à tous les moments du jour, quotidien ou festif, de piquants et de miels, d’arabesques de velours épais.
Son parcours artistique est un arbre à trois branches capitales: La peinture - la poésie - la photographie. À la fin de ses études à l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris, couronnées d'un diplôme en dessin, Myriam Tangi fut allouée de nombreux prix et bourses, dont ceux de La Fondation de la Vocation, la Médaille de Bronze de la Ville de Paris, la Fondation Charles Oulmont, la Fondation Taylor, et le Premier Prix en Peinture de la Wizo.

Myriam Tangi a publié deux recueils de poèmes, «Le Ciel en Désordre» qui reçu un prix de l’Académie Française et «Encre Nocturne».

Myriam Tangi pratique la photographie depuis plus de vingt cinq ans. Après les communautés juives du Yémen et de l’Inde, son projet actuel «Me’hitza, ce que femme voit» évalue la distance et la distinction entre les hommes et les femmes suivant la Halakha et la tradition juive. Elle tentera de mettre en relief ce que les femmes peuvent voir ou ne pas voir dans la synagogue ou dans les autres espaces communautaires où est maintenue la me’hitza durant certaines occasions, comme les mariages, les fêtes (Simha Beit HaChoeva, Hillouloth, galas de soutiens..)


L'écrivain Thérèse Zrihen-Dvir qui nous secondera dans l’équipe, est née à Marrakech en 1947. Citoyenne Israélo Canadienne, elle vit en Israël depuis 1967. Mère de trois filles, elle s'adonna à l'écriture vers la fin des années 1990, avec la clôture de ses devoirs d'épouse et de mère. Ses œuvres couvrent principalement le mode de vie de la communauté Juive de Marrakech derrière les remparts du Mellah, leurs rites, ambitions, et friction avec la population non juive en mettant l'accent sur leur étonnant exode vers Israël dès sa création en 1948.
L'objective de ses romans est non seulement d'éduquer le monde extérieur en lui révélant le magnifique héritage de cette communauté, mais aussi de laisser un legs enregistré et reconnu aux générations futures sur les communautés juives du Maroc et particulièrement celui de Marrakech. Être juif n'a jamais été chose aisée partout dans le monde, mais dans le Mellah, la communauté juive menait son train de vie presque de façon autonome, comme si elle habitait sur une autre planète. L'observation stricte de la religion juive qui s'y perpétuait est glorieusement reportée dans ses livres: Les Mémoires d'une Juive de Marrakech, et The Hand of Divine Justice, récemment publié par la maison d'édition Américaine, Barnhardt & Ashe, en Floride.

Elle relate des évènements historiques, mais aussi s'en sert de trame pour insérer des commentaires de nature philosophique mâtinés à l'occasion d'un brin de théologie ou de quelques remarques sur la politique Marocaine.

Les Mémoires d'une Juive de Marrakech est l'autobiographie de l'auteur. Elle commence par sa naissance au sein de la famille des parents de sa mère, une dynastie de bijoutiers. Le père, qui avait divorcé sa femme avant la naissance de son enfant, est lui-même le fils du Président de la communauté juive de Marrakech, rabbin et juge. À travers les yeux de l'enfant, on découvre le Mellah de Marrakech et ses habitants, leurs mœurs, leurs croyances, leur candeur, leur corruption, le système scolaire, enfin toute un monde compliqué et envoûtant qui ne cesse de nous émerveiller. Plus tard, durant son adolescence elle assiste avec appréhension aux départs clandestins pour l'état d'Israël de centaines de familles de Marrakech, la ville de sa naissance, et également des autres villes Marocaines. Ont-ils pris la décision adéquate ou la regretteront-ils à l'avenir? Qu'adviendra-t-il de la masse de juifs restant au Maroc et pourra-t-elle maintenir l'héritage juif exubérant qui s'est constitué tout au long des siècles? Autant de questions sempiternelles auxquelles l’auteur a essayé de répondre.

C'est essentiellement une œuvre décrivant la vie d'une adolescente, ses périples au Maroc et plus tard en Israël. Le livre relate aussi la lente agonie d'une civilisation riche et d'un héritage qui s'est estompé du fait de la discrimination manifeste, de la désertion et de la pauvreté.




Permanences du Judaisme marocain
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 15 décembre 2008 a 01:35

Mise sur pied du Projet


Comme le soulignait Sa Majesté le Roi Hassan II dans une audience à New York en 1991 en s’adressant au Représentants des Communautés juives marocaines des Etats Unis et du Canada : « Vous avez précédé les Arabes au Maroc. Vous vous distinguez encore par une qualité qui vous singularise aux plans culturel et religieux.».

Dans «Le Temps du Maroc », Maurice Arama et Albert Sasson résument ainsi cette histoire riche et complexe : «On voit que la communauté juive marocaine, installée au Maroc depuis l’Antiquité, s’est enrichie, tout au long des siècles, d’apports divers, en provenance des pays du bassin méditerranéen et du Proche-Orient. Sa vieille tradition culturelle, datant de la civilisation andalouse, s’est structurée en s’adaptant au contexte socio-culturel marocain. Elle a évolué, au cours des différents règnes, avec des heures de gloire et de vicissitudes, dans un environnement méditerranéen. Il en a résulté une coexistence réussie avec la communauté berbère, puis arabe».
De ces éphémérides une production culturelle exceptionnelle (Musique, folklore, artisanat, droit, jurisprudence, médecine) s'est formée.

Avant 1948, on dénombrait plus de 250 000 Juifs au Maroc. Le Mellah de Marrakech lui seul comptait 50,307 habitants jusqu'au 1° Mars 1947 et était le plus important du Maroc. Aujourd’hui la communauté juive de Marrakech ne compte que 175 personnes dont plus de 50 % ont dépassé 65 ans. Avec la disparition graduelle de cette communauté, il ne nous reste que très peu de témoignages vivants que nous estimons être de notre devoir d'immortaliser. Nous disposons aujourd'hui d'accessoires très sophistiqués capables d'enregistrer les voix de ces personnes avant qu'elles ne s'éteignent pour l'éternité. Nous nous devons d'enregistrer tant leurs voix, que leurs expressions, la diversités de sensibilités, leurs anecdotes et surtout leur riche information qui nous aidera à reconstituer leur passé extraordinaire pour le bien de l'humanité entière et pour les générations futures du peuple juif à travers le monde.

Pour parvenir à un résultat optimal, ce projet devrait s'étendre sur trois voyages : Première étape en Décembre 2008, seconde à Pourim et finale à Pessah, jusqu'à la rituelle Mimouna qui clôture le au 8° jour de Pâques– La Mimouna, célébrée exclusivement par les Juifs du Maroc a pris aujourd’hui les dimensions d'une fête nationale en Israël.

Durant ces voyages, l'équipe interviewera, filmera, photographiera le plus de personnes possibles. Chaque voyage devra durer 15 jours si nous prenons en considération deux interviews par jour et par famille, cinq jours par semaine).

L'équipe comprendra trois professionnels nécessaires pour conduire à bien cette entreprise: la photographe qui suivra les interviews avec sa caméra, l’interviewer, et la cinéaste pour enregistrer et filmer.
L’importance de la qualité à la fois technique et sensible de ces enquêtes est primordiale pour réussir dans cette mission. Le résultat qui s'ensuivra représentera l'unique archive qui nous aidera à réaliser le legs de nos ancêtres, leur vie en Maroc, leur empreinte sur la civilisation locale, les rites, leurs origines initiales et enfin leur histoire qui nous servira de trame pour perpétuer leur légende.
La technique de la photographie se déroulera aussi bien en couleur, qu'en noir et blanc.
Évidemment il est promontoire d'employer des professionnels dont le regard et la fibre délicate de leur connaissance les aideront à capter et reconstituer l'accent naturel de ces sujets et dont ils formeront un élément complémentaire.

La photographe pressentie est la directrice de projet : Myriam Tangi - peintre, auteur, photographe (Paris)

L’interviewer retenu devrait être Thérèse Zrihen-Dvir d’Israël qui a ses racines profondes à Marrakech au Mellah et à Arset el Maach. A confirmer

Le ou la cinéaste reste encore à préciser.

Ce projet, « Marrakech la Juive » est vraisemblablement une dernière bouée jetée dans les filets de l’Histoire des juifs de Marrakech.

Nous faisons donc appel à tous ceux et celles qui aimeraient prendre part active, notamment témoigner. Nous savons d’ores et déjà que tous et toutes nous attendent. Leur enthousiasme est la preuve de leur conscience et il sera notre fil conducteur pour recueillir le meilleur d’eux-mêmes qu’ils désirent et souhaitent partager avec le petit monde juif éparpillé sur le globe et ses communautés diverses internationales.






Aperçu sur Marrakech des Juifs d'autrefois

Notre ami Joseph Dadia (et Coll.), Président-fondateur de l’«association des Juifs originaires de Marrakech» nous livre une description illustrée de Marrakech, de son Mellah et de ses Juifs d’antan, à son image, claire et fluide dans son œuvre parue à Paris le 18 Novembre 1990.
"Le Mellah de Marrakech: esquisse historique " In.: La Saga des Juifs de Marrakech. Le Souffle Vespéral. Bourg-la-Reine (France), Trait d'Union. Association des Juifs de Marrakech. 112, Boulevard du Maréchal-Joffre 92340 Bourg-la-Reine, Premier Volume, Numéro Spécial, N°16, Mai 1993, pp. 107-110.

"Avant Marrakech-la-Rouge-sur-l'Oued-Tensift, ses palmiers et ses murailles, son beau ciel azuré et son horizon aux cimes éternellement enneigées, sa place Djemaâ-El-Fna et sa Koutoubia, ses souks, ses jardins, ses palais et sa kasbah, il y avait Aghmat et Tasghimout, où la présence juive, comme en terre marocaine, remonte à des temps médiévaux.
Aghmat avait jouie d'une époque de splendeur quand elle servit de résidence aux rois des Mas'mouda, avant d'être détruite au XI° Siècle par les Almoravides.

Fondée en 1062 par Youssef Ibn Tachfin, Marrakech resta longtemps interdite aux Juifs, qui vivaient à Aghmat-Ourika, situé à 40 Km au Sud-Est de la ville. Durant le jour, Ils étaient autorisés à perpétuer leur commerce et gérer leurs affaires, mais au crépuscule, ils étaient sommés de quitter la ville. Sous la nouvelle dynastie au Maroc des Chérifs Sâadiens, Marrakech devint la Capitale de l'Empire. Elle reçut une vague de réfugiés Juifs de l'Espagne et du Portugal, des anciens marranes de la péninsule Ibérique, des Iles Canaries et même des lointaines Antilles. Tous ces nouveaux venus s'installèrent dans deux quartiers différents, les Beldiyyin (Juifs autochtones, en hébreu Tochavim), disséminés en petits groupes vivaient au sein de la population Musulmane. Les Mégorachim (Expulsés d'Espagne) et Beldiyyin s'étaient amalgamés dans un seul quartier, celui de Mouassine. "Le quartier des Juifs, nous dit Marmol, était autrefois au centre de la ville, dans une compound de plus de trois mille maisons", soit quinze mille personnes, d'après l'estimation faite par Diego de Torrès.

Du à un scandale provoqué intentionnellement par une musulmane qui accusait faussement un Juif de l'avoir maltraitée, les Juifs de Marrakech furent forcés de quitter le Mouassine, pour s'installer près de Bab Aghmat. Ils furent séparés physiquement des Musulmans, et confinés dans un quartier ceinturé de murailles épaisses et n'ayant qu'une seule porte leur permettant accès à la ville, et une autre, plus petite, qui les mènait au cimetière. Dans cette enceinte plusieurs maisons et synagogues avaient été érigées.

Le Mellah de Marrakech fut fondé en 1557 (5317 année juive), par le Sultan Moulay Abd Allah Al Ghalib Billah, à proximité de la Qasbah et du Palais Royal. C'était au fait une sorte de ghetto qui rassemblait tous les juifs de Marrakech. De nos jours le Mellah a changé de nom et s'appelle Hay Salam (occupé par des Musulmans). En ces temps-là, le Mellah était un beau quartier, vaste et agréable, avec de belles maisons et des jardins. Les commerçants catholiques n'étaient nullement autorisés de s'y installer, mais par contre, tous les Agents et Ambassadeurs des pays étrangers pouvaient y résider. Le Grand Rabbin de la communauté José Benech, avait encastré un parchemin contenant une prière dans la porte de la nouvelle cité, suivant la tradition.

Le Mellah s'étirait sur un quadrilatère de 18 ha avec des fondouks, des synagogues et un centre commercial. Il est coupé de deux longues rues avec des bifurcations transversales formant des ruelles. Vers la fin du xix° Siècle, le Mellah se dilata à l'Ouest sur un ancien terrain vague, où fut édifié le Mellah Djedid, jouxtant avec l'arcade du vénéré Saint Rabbi Mordekhaï Ben Attar, et à l'Est, sur l'oliveraie Djnan-El-Afia, originalement une part des vastes jardins du palais royale. (Comprenant le quartier de la Bhira, dans le voisinage du Cimetière juif).

En 1935, l'expansion du Mellah absorba les Touareg, Qsibt Nhas, le quartier de l'Arst-El-Maâch, celui de la Bahia et poussa ses ramifications jusqu'à la Médina. Les familles aisées juives s'installèrent dans le quartier européen du Guéliz avec la fin du protectorat français."

Le Mellah de Marrakech, vidé aujourd’hui de ses juifs, se modifie en résidences somptueuses (Riad). Ses 50,307 habitants de l'année 1947 ont complètement disparus et se trouvent aujourd'hui en Israël, en France, au Canada, et dans d’autres pays d’immigration. Les 175 âmes juives à ce jour à Marrakech sont les seuls témoins vivants de l'existence de cette riche communauté.

…Le Mellah de Marrakech Maroc visité par un voyageur britannique lors de la Révolution Française (1789) : Hommage à la beauté des femmes Juive du Maroc." Bourg-la-Reine (Fance), Trait d'Union - Association des Juifs de Marrakech : 112, Boulevard du Maréchal-Joffre 92340 Bourg-la-Reine, Premier Volume, Numéro Spécial, N°16, Mai 1993, p. 111 pour reprendre le texte de Joseph Dadia :

"Le 14 Septembre 1789, William Lemprière, médecin anglais débarqua sur la terre "du Maroc" pour soigner le fils de l'Empereur Muley Absulem. Son périple donna naissance à un long carnet de voyage, publié en 1990 par Sylvie Messinger, éditrice à Paris 6°, 24, Rue de l'Abbé Grégoire, dans la Collection "les Pas de Mercure", sous le titre "Voyage dans l'Empire du Maroc et au Royaume de Fez" (avec le sous-titre : un médecin anglais pénètre dans le Harem). Je crois bon de signaler cet ouvrage en raison de ses renseignements précieux sur l'Empire du Maroc de la fin du 18° Siècle et sur les Juifs de cette époque : Tanger, Asilah, Larache, Salé, Rabat (où les Juifs sont nombreux), Casablanca (Eh oui ! Ses melons délicieux, rivière qui donna son nom à la ville), Fédala, Azemmour (j'eus la visite d'un Juif vêtu à l'européenne), Safi, (je logeais dans une maison Juive), Essaouira, Agadir, et bien sûr Meknès, Fès…Sur le Mont Atlas, les Juifs ont bâti quelques villages. Taroundant et Maroc (Marrakech) occupent une place importante dans l'ouvrage. À Taroundant, la juiverie est un misérable faubourg à un quart de lieu de la ville : la maison que j'allais occuper une chambre bien sale, bien étroite et sans fenêtre, appartenait au juif le plus considérable de Taroundant." Lemprière arriva au Maroc le 8 Décembre 1789 : "Je m'établis dans le quartier des Juifs, où je trouvais un assez bon logement…Les craintes que j'éprouvais dans une situation aussi critique n'étaient adoucies que par le plaisir que je trouvais dans mon nouvel établissement. J'étais logé chez des gens honnêtes; leur maison était spacieuse, bien éclairée et dans un quartier retiré".

Les milles et une nuits du Mellah de Marrakech par Thérèse Zrihen-Dvir
Après des décennies, les enfants du Mellah de Marrakech, reviennent en masse de tous les pays du monde. Ils retournent aux ruelles exiguës et sombres de leur Mellah, aux longs corridors d'où s'échappaient le soir les douces litanies de prières jaillissant comme une chanson, comme un filet d'eau claire qui ronronne entre les galets. Ils reviennent parce que quelque part dans leur cœur, dans leurs mémoires, ils n'ont jamais réellement quitté ce Mellah.
Leur enfance si étonnante et unique les poursuivra même dans leur vieillesse et ils s'évertueront comme dans un rêve à la retracer avec leurs enfants et leurs petits-enfants car elle était incomparable, mais oui elle l'était, mais qui donc pourrait le contester ? Ce n'est nullement cette enfance de nos jours, qui manque de tant d'éléments inédits, parfois insolites, d'aventures, de jeux, de paysages indomptés et ensorcelants, de mystères, de personnes simples, naïves mais si exceptionnelles par leur structure, par leurs habits, leurs coutumes, leurs mœurs, leurs professions. Et il y en avait tant. Je revois encore le marchant de pois chiche, empêtré dans sa longue djellaba, qui s'afférait devant un poêle construit à base terre glaise. Il préparait sa marchandise devant nous les enfants, ses clients les plus assidus. Malheur si ce four archaïque se brisait laissant échapper les braises de charbon sous nos yeux rieurs qui ne pouvaient pas en ces temps là mesurer la grandeur de son malheur: la perte infortunée de son gagne-pain.
Ce Mellah aujourd'hui déserté de ses Juifs, a tout perdu, même son identité. Il sera désormais baptisé «Hay Salam». C'est un souvenir qui se meure pour une seconde fois après une très longue agonie. Le fantôme de ces milliers d'âmes qui ont vu le jour dans ce quartier, ont perpétué leurs coutumes, leur religion, leur intégrité, va devoir disparaître à jamais. Les dernières reliques des vestiges juives du Maroc passeront à d'autres mains qui sans doute avec le temps et la négligence, deviendront des cendres que le vent emportera dans les confins de l'oubli.

Il n'y aura plus rien à voir, ni à entendre, outre que le muezzin qui remplacera la synagogue, que les femmes musulmanes voilées, qui par leur présence omnipotente nous ramènera à la dure réalité. Qui prendra la relève? Peut-être que dans nos centaines de livres sur le Mellah on trouvera quelque consolation, quelques phrases qui attesteront de notre existence dans ce Mellah perdu à jamais.

Le devoir d'immortaliser cette époque mouvementée dans les annales du Maroc et du peuple juif pour les générations futures nous incombe, nous la dernière génération des juifs du Maroc, pour l'histoire, pour préserver comme dans toutes les nations, les restes d'une civilisation exceptionnelle en voie d'extinction.
Thérèse Zrihen-Dvir
Qu'est-ce donc que le Mellah? Certains vous diront que c'est un ghetto, et d'autres l'appelleront 'Le quartier Juif' comme tout autre quartier dans n’importe quelle ville du monde. Les jeunes de ma génération et moi-même préféraient le considérer comme une 'serre' où aucun intrus ne pouvait nous nuire. On jouait dans ses rues, on empruntait le sentier pour l'école en chantant, sans être perturbés.
Notre Mellah avait tous les composants d'un havre sûr. Nous nous sentions protégés par nos parents, qui nous attendaient bien au chaud, devant leurs poêles à pétrole fonctionnant en permanence, ou du moins, nous semblait-il.
J'aimais m'asseoir sur mon banc de pierre, et suivre du regard le défilé de touristes qui passaient par les dédales de nos ruelles quotidiennement et admiraient les apprentis juifs devant leurs ravissants ouvrages d'artisanat. Chacun d'eux fabriquait, réparait, restructurait des œuvres exceptionnelles dans un atelier minuscule. Les passants, touristes et badauds subjugués, restaient là immobiles des heures entières, observant les gestes gracieux et précis des brodeuses de tapis. On accompagnait, avec plaisir, la musique cadencée du martèlement des artisans de cuivre, des graveurs de bois, et des cordonniers qui, la bouche pleine de clous, fixaient des lunes de métal sur les talons des chaussures pour refréner leur usure. Quand ces dernières s'élimaient, les parents revenaient en toute hâte chez le cordonnier, afin de remplacer les lunes de métal. Insouciants et candides, on marchait en scandant nos pas selon les chants rythmés ou les airs qu'on improvisait sans nous soucier du dommage occasionné à nos semelles qui se détérioraient rapidement.
Sans informer ma mère, un jour, je vins voire notre cordonnier pour lui proposer un troc: donner des leçons de mathématiques à sa fille, au prix d'une semelle toute neuve. A ma grande joie, le marché fut conclut, suivit de son habituelle remarque: "c'est donner un œuf pour un bœuf!"
J'avais la manie de me planter pendant des heures entières, hypnotisée devant le marchand de beignets (sfennj en arabe marocain) qui, assis, les jambes repliées sous sa large bedaine, face à un bac d'huile et une bassine pleine de pâte d'où il arrachait une petite boule avec zèle, l'allongeait entre ses doigts, puis la faisait tournailler dans l'air pour en former une couronne miniature avant de la lancer adroitement dans l'huile bouillante. (D'après la version Hébraïque de Madame Shosh Ruimy, de Beer Sheva)




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