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Re: Les Berbères ou Kabiles
Posté par: Arrik (IP enregistré)
Date: 30 août 2005 a 00:17

Juifs au Maroc Introduction historique
Daniel J. Schroeter

Suite et fin (Arrik)

Les plus importants agents du changement dans les communautés juives marocaines furent peut-être les énergiques directeurs des écoles de l'Alliance israélite universelle (AIU). Cette organisation philanthropique juive fut fondée à Paris en 1860 ; elle se fixait pour but d'améliorer les conditions de vie des juifs à travers le monde. Le moyen principal employé pour y parvenir fut l'établissement d'un réseau scolaire, surtout dans le monde méditerranéen. Bien que juive, cette organisation s'appliqua à procurer aux coreligionnaires les plus pauvres une éducation laïque calquée sur le système éducatif français moderne. Le Maroc, pays du bassin méditerranéen où vivait le plus grand nombre de juifs, devint le plus grand espace d'intervention de l'Alliance. La première école de l'organisation fut établie à Tétouan, en 1862. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, et avant le début de la période coloniale française, les écoles de l'Alliance s'étaient bien implantées au sein des villes marocaines les plus importantes, formant une nouvelle élite de juifs d'éducation française.

L'établissement du protectorat français, en 1912, fournit à l'AIU l'occasion de déployer considérablement ses activités au Maroc. Les nouvelles écoles furent fondées dans le sillage de la conquête française et de l'extension du système colonial. Ce n'est qu'au cours des années 1930 que des écoles de l'Alliance furent créées dans le Haut Atlas et dans les régions du Sud, la première d'entre elles en 1932, dans la ville de Demnat dans l'Atlas ; Elias Harrus dirigea cette école de 1940 à 1946. Les efforts pour étendre le réseau scolaire vers le sud, dans ce que l'Alliance, conformément à la terminologie française, nommait le bled – la « campagne » (terme issu de l'arabe marocain et faisant référence à la région ou à la localité d'où l'on était originaire) – se trouvèrent suspendus durant la Seconde Guerre mondiale, mais reprirent vers la fin des années 1940. Les juifs qui étaient demeurés dans l'arrière-pays berbère, et que leurs coreligionnaires des villes percevaient comme restés hors d'atteinte de la modernité, firent l'objet d'efforts redoublés de la part de l'Alliance, aidée financièrement depuis la guerre par l'organisation philanthropique juive American Joint Distribution Committee. Confiante en une vision du progrès qui prévoyait d’inculquer l'éducation moderne et l’alphabétisation aux filles autant qu'aux garçons, la suppression du mariage des enfants et l'européanisation de l'habillement et même des noms, l'Alliance espérait créer une nouvelle génération de juifs marocains qui amélioreraient le niveau de vie de leurs communautés et seraient préparés à évoluer dans un monde plus vaste. Les nouvelles écoles, à Arghen Goundafi, Akka, Illigh, Tineghir et ailleurs, qui ouvrirent leurs portes dans les années 1950, anticipèrent le fait que de nombreux juifs allaient quitter le Maroc. Moins d'une décennie après que ces écoles eurent ouvert leurs portes, ces communautés pluricentenaires avaient pratiquement disparu en raison de l'émigration.

L'effort fourni au cours des années 1940 et 1950 pour ouvrir de nouvelles écoles dans les régions du Sud les plus isolées fut dirigé par Elias Harrus. Les grands-parents ou arrière-grands-parents de Harrus, né lui-même en 1919 à Beni Mellal, au pied du Moyen Atlas, étaient, pense-t-on, originaires de Tinjdad et Tineghir, dans le Haut Atlas. Il fut éduqué et formé par l'Alliance israélite universelle, diplômé de son lycée à Casablanca et de son école d'instituteurs à Paris. Habile directeur, capable d'un zèle et d'une énergie sans limites, il facilita l'expansion du réseau des écoles de l'Alliance des montagnes de l'Atlas aux marges sahariennes. Devenu par la suite responsable de tout le réseau scolaire de l'Alliance au Maroc, il poursuivit ses fréquents voyages afin d’inspecter les progrès des écoles dans les communautés juives les plus reculées, et photographia les villageois juifs et berbères dans leur vie quotidienne. Aventurier passionné, Harrus couvrit une vaste partie du Maroc profond, allant même au-delà des exigences de son poste, établissant des liens étroits avec les gens de ces régions. Parce qu'il était originaire de l'Atlas, il partageait les intérêts et les sentiments de ses sujets, les photographiant tels des membres de sa propre famille. Parce qu'il était un photographe autodidacte, que son art était une passion et non une profession, ses photographies, frappantes par leur franchise et leur manque de prétention, reflètent une relation fondée sur la confiance et le respect mutuels.

A travers le regard observateur d'Elias Harrus, nous sommes témoins de la dernière période de la vie juive parmi les Berbères du Maroc. Cette exposition de ses photographies nous ouvre une fenêtre sur un monde qui ne vit plus que dans la mémoire des Berbères et des juifs émigrés, qui constituent à présent une nouvelle diaspora judéo-marocaine. L'identité culturelle marocaine est demeurée remarquablement forte dans les nombreux pays de cette diaspora. Les photographies et le commentaire de cette exposition illustrent de manière poignante, en même temps qu'elle la rappelle, la façon dont les musulmans et les juifs, au Maroc, dans l'intimité des campagnes et des petites villes, se sont mutuellement enrichis et complétés.




Re: Les Berbères ou Kabiles
Posté par: messaoud (IP enregistré)
Date: 30 août 2005 a 00:38

Hé arrik
doucement (staouil en berbere) please; il ya de quoi passer une nuit blanche quand meme;

En Hommage à Paul PASCON

Colloque international

"Devenir de la société rurale, développement économique et mobilisation sociale"

Rabat, du 8 au 10 décembre 2005

Contexte :
En novembre 1987 fut organisé un séminaire international à la mémoire de Paul PASCON. Vingt années après sa disparition brutale, le Département des Sciences Humaines de l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II veut lui rendre un second hommage en organisant un Colloque International sur le "Devenir de la société rurale, développement économique et mobilisation sociale", les 8, 9 et 10 décembre 2005.

toda
ci joint paul pascon







Re: Les Berbères ou Kabiles
Posté par: Arrik (IP enregistré)
Date: 30 août 2005 a 11:52

je fais ré-acheminer
je ne suis pas invité
Kol Touv yal aziz

Arrik

Re: Les Berbères ou Kabiles
Posté par: wi (IP enregistré)
Date: 07 octobre 2005 a 16:50

salut
je suis willys je suis tt content d aivoir lu ce que vous avez ecris sur les berberes car il n y a pas de livres et ni de documents a ce sujet
salutations et chabat chalom

Re: Les Berb?res ou Kabiles
Posté par: anidavid (IP enregistré)
Date: 10 novembre 2006 a 06:29

Musique Amazigh


[www.youtube.com]

les Berberes au Maroc & les Juifs
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 21 janvier 2008 a 18:02





On a souvent parle de la relation inter-ethnique et les metissages de populations lors de l'arrivee des premiers juifs en terre nord africaine dans ce qui se nommait alors la Mauritanie et on sait que les premiers habitants de cette region du monde etaient tout d'abord noirs, rejoints ensuite par une population blanche qui sont les ancetres de ce qu'on appela ensuite "les Berberes". Les tribus arabes arriverent par la suite et conquirent l'ensemble du pays. Les populations furent convertis a l'Islam et les noirs, reduits a l'esclavage.

Il y a plusieurs hypotheses concernant l'origine des Juifs Berberes et a ce sujet, sur notre page de garde, il y a le texte "A la decouverte des Juifs Berberes" de Daniel Schroeter sur lequel quelques hypotheses sont emises. L'historien Paul Wexler a réexaminé cette question, pour aboutir à la conclusion que la grande majorité des Juifs sépharades descendraient d’habitants d’Afrique du Nord convertis au judaïsme et installés en Espagne.
Si l’hypothèse de Wexler était exacte, il en découlerait que la plupart des Juifs marocains (toshavim comme megorashim) descendraient de Berbères convertis.

Sujet interessant tres peu debattu ici et pourtant...

C'est en retrouvant un film fait par Steven Spielberg sur les Berberes et les Juifs Berberes que j'ai essaye de comprendre un peu plus a ce sujet.

Voici le film que je conseille de voir car comme tous les films de Spielberg, c'est une merveille.


[w3.castup.net]




Re: les Berberes au Maroc & les Juifs
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 23 janvier 2008 a 02:52

Le judaïsme berbère remonte très loin dans le temps, les navigateurs commerçants phéniciens, sans qu’il soit possible de situer exactement la date à laquelle cette migration a commencé. Certains la font remonter à l’époque de Salomon (1er millénaire av. J.-C.), d’autres à la période qui a suivi la destruction du Premier Temple (587 av. J.-C.), d’autres encore à une date plus récente, après la destruction du Second Temple (70 de l’ère chrétienne).

Une première remarque s’impose : de tous les peuples qui, très tôt, ont commencé à se déplacer en Méditerranée d’Est en Ouest, seuls les Juifs n’avaient aucune visée conquérante ou colonisatrice et tout à fait paradoxalement, de tous les peuples qui se sont succédés, les seuls ont survécu jusqu’à nos jours, s’infiltrant dès le début et s’intégrant dans la trame de la société et de la culture locales. Très tôt, ils essaimèrent depuis les comptoirs phéniciens côtiers vers l’intérieur des terres, s’insérant de manière organique dans chaque tribu, chaque village, s’imprégnant de l’environnement et l’influençant en retour.

Ironie du sort : ceux qui ont su et pu survivre à tous les bouleversements qui ont secoué la région, se sont trouvés, au milieu de ce siècle, impliqués, imbriqués dans un autre phénomène historico-politique non moins étonnant que leur survie. C’est celui du retour en masse des juifs du Maghreb et d’Orient, sous l’impulsion de la vague messianico-sioniste des années 50 et 60, vers la même terre qui a vu certains de leurs lointains ancêtres, plusieurs siècles auparavant, partir à l’aventure en compagnie des intrépides marins de Tyr et Sidon. Ici semble se clore un chapitre passionnant de l’histoire des migrations en Méditerranée. Fin d’une coexistence qu’évoquent avec nostalgie ceux qui sont restés sur place, beaucoup moins ceux qui sont partis vers leur nouveau antique destin.

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Posté par : akachmir sur [www.meknes-net.com]

Re: les Berberes au Maroc & les Juifs
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 23 janvier 2008 a 02:53

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Le « printemps berbère », comme a été baptisé l’éveil ethno-culturel amazigh, constitue une motivation supplémentaire pour tenter d’élucider ce phénomène d’osmose entre le Maghreb préislamique et les premiers représentants du monothéisme que les Berbères ont rencontrés, ce qui les a probablement préparés à adopter plus facilement l’autre version du monothéisme, celle de l’islam.

Cette rencontre judéo berbère que certains auraient tendance à décrire comme un coup de foudre, présente des aspects énigmatiques que l’absence de preuves historiques irréfutables rend encore plus obscurs. L’intérêt très marqué de la part de certains militants pour le judaïsme, qu’ils considèrent comme une composante de leur identité, est à la fois un adjuvant et un danger. Une recherche plus poussée s’impose pour en savoir plus sur les affinités, les apports mutuels et les relations réelles entre la communauté juive minoritaire qui a conservé sa pleine et entière autonomie religieuse et culturelle, et la communauté berbère majoritaire qui, malgré son islamisation totale, a cependant conservé dans son patrimoine quelques traces indélébiles de son contact avec le judaïsme bien avant l’arrivée de l’islam.


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Re: les Berberes au Maroc & les Juifs
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 23 janvier 2008 a 02:54

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Mais qui sont les Berbères ? Ont-ils toujours vécu en Afrique du Nord et aux abords du Sahara ?

L’incertitude des historiens et des archéologues, l’insuffisance de preuves épigraphiques, laisse la place libre à l’imagination qui, de toute façon et traditionnellement, s’est donné libre cours, renforcée en cela par certains écrits juifs et arabes du Moyen Age. Ces écrits font état de légendes sur l’origine « cananéenne » des Berbères, dont l’ancêtre ne serait autre que le célèbre chef militaire Goliath (en berbère Jalout).

Le légendaire s’imbrique ici dans l’histoire, l’interprète, la pervertit, l’idéalise, favorisant l’exploitation idéologique, culturaliste. Il faut dire qu’il y a là une sorte de revanche de la part d’une civilisation dénigrée cherchant à se réhabiliter, en minimisant ce qu’elle doit à l’environnement culturel dominant et en amplifiant la dette qu’elle pense avoir contractée vis-à-vis d’une autre, dénuée, celle-là, de toute prétention à l’hégémonie. Mais il y a davantage : outre le mythe de l’origine juive (ou cananéenne), a cours une autre thèse reconnue plus ou moins comme historique, bien qu’encore insuffisamment attestée, selon laquelle les Berbères auraient été en partie judaïsés. Les divergences à ce sujet entre historiens vont bon train, principalement quand il s’agit de la figure historico-légendaire de la Kahina.

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Re: les Berberes au Maroc & les Juifs
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 23 janvier 2008 a 02:55

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La société berbère semble avoir été l’une des rares à n’avoir pas connu l’antisémitisme.

Le droit berbère, azref, dit « coutumier », contrairement au droit musulman (et au droit juif, soit dit en passant), est tout à fait indépendant de la sphère religieuse. Il serait, par essence, « laïque » et égalitaire, et n’impose aucun statut particulier au juif, alors que la législation musulmane fixe le statut du juif (et du chrétien) en tant que dhimmi, « protégé », soumis à certaines obligations et interdictions.

Le juif occupait une place bien définie dans le système socio-économique du village berbère : il remplissait généralement la fonction soit d’artisan (orfèvre, cordonnier, ferblantier), soit de commerçant, l’une et l’autre occupation pouvant être ambulantes. Aujourd’hui encore, après trente ou quarante ans, les villageois de l’Atlas et des vallées sahariennes se souviennent avec nostalgie du temps où les juifs faisaient partie du paysage, allant jusqu’à imputer à leur absence la raison de leurs misères actuelles.

Peut-on en dire autant de l’image du Berbère musulman auprès de son ex-compatriote juif ? Rien n’est moins sûr. Il y a eu là comme un refoulement chez les juifs berbères immigrés en Israël quant à leur passé, dû sans doute à plusieurs raisons : leur nouvelle identité israélienne acquise « aux dépens » de leur précédente identité, les préjugés et quolibets qui frappaient et frappent encore les « chleuhs » (même en Israël). Leurs enfants et petits-enfants, nés en Israël, sont dans l’ignorance totale du patrimoine berbère de leurs parents.

La recherche sur les Juifs vivant parmi les Berbères reste encore à faire et nous sommes conscients des lacunes qui restent à combler. Ce que j’ai essayé de montrer dans cette recherche est que notre savoir sur les Juifs ruraux du Maroc, reste largement tributaire des stéréotypes sur le Juif berbère. Ces stéréotypes sont acceptés aussi bien par le colonisateur et que par les colonisés, reflétant les divisions qui ont été entretenues en Israël du fait de la parennité des mythes concernant les Juifs berbères. Haïm Zafrani a même identifié un texte sacré, la Haggada de Pesah, écrit en amazigh.
cains.htm




Re: les Berberes au Maroc & les Juifs
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 23 janvier 2008 a 03:02

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Les propos d’El Bekri témoignent de leurs succès, dit-il « Fez est le centre d’activité commerciale des premiers Juifs expulsés d’Andalous. Ce fut à Fez que Moshé Ibn Maïmoun dit Maïmoudi rédigea en arabe vers 1159-1165 sa célèbre Epitre sur la persécution (Igueret Hachemad). Il préconisait pour sa part, soit de quitter ces lieux pour aller là où on pourra pratiquer la Torah sans crainte ni peur ».

En 1165 le Dayan de Fez est brûlé vif. Les Juifs sont restreints à porter des vêtements distinctifs, bleus et larges, avec la tête couverte d’un châle jaune. Il est difficile d’évaluer l’impact des recommandations sur le maintien de la communauté juive, en particulier à Fez, jusqu’à l’événement des Mérinides, où elle s’impose avec éclat. En 1438 les Juifs de Fez sont accusés d’avoir profané une mosquée et sont contraint de s’installer dans un nouveau quartier près d’une mine de sel, qui prendra le nom de « mellah » Des conseils sans doute ont contribué à nourrir la suspicion tenace dont étaient entourés les Juifs convertis à l’Islam.

Descrimination dictée par des considérations autour de ce haut lieu du commerce fassi qui était la kissaria ? En tout cas les musulmans fassis d’origine juive, furent par s’imposer dans tous les domaines. La communauté juive diminuée par les conversions mais grossies par l’arrivée d’autres vagues successives en provenance de la péninsule ibérique, d’ailleurs bénéficia d’un apport décisif en 1391-1392. L’une de leur particularité fut leur intégration avec les autochtones fassis. La stabilité intervient à partir de 1470 et surtout en 1492 avec l’afflux des réfugiés.

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Re: les Berberes au Maroc & les Juifs
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 23 janvier 2008 a 03:02

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Après l’avènement de l’Islam et surtout au milieu du XIIe siècle sous le règne des Almoravides, la conversion était sous la contrainte, les non convertis étaient simplement exécutés. Pendant cette période plusieurs tribus juives ou berbères judaïsmes furent convertis à l’Islam et nous en portant les gènes. Et là, c’est un grand tabou. Combien de marocains sont actuellement juifs convertis à l’Islam ? En toute logique statistique un peuple installé depuis des milliers d’années ne peut pas se réduire sans raison. Notre subconscient « Si on cherche dans nos racines, nous risquons de tomber sur un ancêtre Juif ». Des grandes familles et des tribus musulmanes portent toujours des noms hébraïques. Il y a lieu de rappeler que notre territoire a connu la coexistence des trois religions manotheistes : Judaïsme, Christianisme et Islamisme. Les traces des ancêtres éponymes de plusieurs tribus amazighes : Ait Daoud (David), Ait Ishaq (Isaac), Ait Yacoub (Jacob)……,et pour l’Islam Moh, Moha , Ait M’hammed (Mohamed), Akka (Abdelkader), Bihi (Brahim), également on remarque un manifeste dans les arts culinaires, artisanat, agriculture et notre monnaie ancienne est gravée de l’étoile David. C’est au Maroc et Afrique du Nord qu’une grande partie du peuple Juif a réussi à vivre en paix alors que partout au monde les Juifs ont subi les pires répressions, c’est un motif de fierté pour Imazighen. La tolérance a toujours guidé leur mode d’existence.

Les XVIe et XVIIe siècle, sous la dynastie des Saadiens, les persécutions vont reprendre : conversions, brimades et impôts exorbitants. Mais malgré tout, certains dignitaires juifs continuent d’occuper des postes importants. En 1765, le Sultan Mohamed ben Abdellah fonde Mogador et octroie à plusieurs familles juives, des privilèges commerciaux. La coupure géographique instituée à Fez, a servi de modèle et à diverses époques, être rééditée à Marrakech (1557), Meknès (1682), Rabat, Salé et Tétouan (1807-1811). En 1803, la première école de l’alliance israélite est créée à Tétouan, en 1805 à Tanger et en 1867 à Mogador. La coupure n’était cependant pas totale, quelques habitants juifs y gardaient encore des magasins et nombreux étaient ceux qui le shabbat excepté, s’y rendaient pour les besoins de leur commerce. Le Mellah, groupement des Juifs leur donnait la possibilité de jouir d’une certaine autonomie interne (Dyanim, Sofrim, Hazzanim…. etc)


Les Juifs, premieres victimes des troubles et soulevements

Ils furent les premières victimes des troubles et des soulèvements provoqués par l’ingérence des Européens. Tant que les raisons complexes qui ont poussé cette communauté installée depuis plus de deux milliers d’années au Maroc à s’exiler, n’auront pas été clairement enseignées dans les livres d’histoire, les générations futures ne pourront jamais concevoir que l’on peut être juif et marocain. Pour eux « le vieux Maroc » s’écroula en montrant son plus mauvais visage, celui de la haine et des persécutions. Le Judaïsme marocain traversa alors des moments difficiles tout en connaissant une crise interne du fait de l’opposition en son sein entre une minorité agissante largement éprise de modernité et une majorité demeurée fidèle sur le plan culturel, intellectuel et encore plus religieux, à une tradition figée depuis l’arrivée des expulsés d’Espagne en 1492-1497. Bien après des années 1940, ils furent victimes de discrimination raciale instaurée en France, la communauté qui épouse les idéaux du colonisateur au point de vouloir prendre sa nationalité, se trouve en butte contre sa politique raciste

Depuis 1860 avec le processus de modernisation imposé par les puissances étrangères sous le règne de Sidi Mohamed ben Abderrahman, la France en l’occurrence, un processus dans lequel la minorité juive adopte un comportement très différent de la majorité musulmane. C’était un point de départ aussi lors de la prise de Tétouan par l’armée espagnole à la suite d’une escarmouche avec l’armée marocaine dès le règne de Maulay Yazid ben Sidi Mohamed. C’est aussi de cette date que commence l’intérêt des organisations philanthropiques juives internationales d’Angleterre, d’Allemagne, des Etats-Unis et surtout de la France pour le Judaïsme marocain. La démarche était d’intervenir auprès des autorités marocaines en vue de l’amélioration de leurs conditions sociales et surtout de leur statut « Dhimmis » qui leur était imparti en temps que minorité religieuse. Il faut également reconnaître que la rigidité de la politique marocaine dans ce domaine leur facilita la tache. Une minorité agissante était conquise à l’appel de la modernisation, la grande majorité des Juifs marocains étaient conservateurs.

En dehors de l’orfèvrerie, de la frappe de monnaies, du travail de cuirs, de laines et de fabrication d’armes, les Juifs intervenaient par le biais « d’associations » dans l’agriculture (oliviers, figuiers, vignobles) et jouaient un rôle important dans le ramassage de ce produit stratégique. . Pour ce qui est de notre histoire, les Berbères et les Juifs ont cohabité en harmonie. Des Berbères furent convertis au Judaïsme, des brassages génétiques avaient lieu, alors du fait de l’absence de l’obstacle religieux. Les premiers Juifs sont arrivés cinq siècles avant J.C, donc les Marocains par leurs ancêtres ont du être juifs ou animistes. Les Arabes sont venus en colonisateurs, il a fallu asseoir l’Islam et la civilisation, ils ont donc piétiné tout ce qui existait déjà. L’histoire berbère en a également fait les frais.

De 1912 au 1927, les opérations de pacification se poursuivent ; grâce à l’alliance israélite, l’enseignement du français va prendre une importante considérable dans la communauté juive. Le protectorat permettra également l’immigration des Juifs vers l’Amérique du Nord et du Sud. La communauté juive en France bien avant la première guerre mondiale n’eut son salut que grâce à l’intervention du Roi Mohamed V, il l’a soutiendra à plusieurs reprises, il a ainsi déployé un énorme parasol royal qui a protégé les Juifs marocains de la vindicte génocidaire de l’Allemagne nazie et de ses exécutants, par procuration, de Vichy.

En juin 1948 quelques jours après la déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël des persécutions ont éclaté à Jerada et à Oujda. En 1954 à la veille de l’indépendance du Maroc, dans les mellahs de Casablanca, de Rabat, des biens ont été pillés, des écoles saccagées et des synagogues brûlées car pour les jeunes marocains le Juif est d’abord Israélien. Cette vision existe même chez une certaine élite marocaine. Après la résistance de Mohamed V qui réduit la pression de la résidence sur les Juifs marocains, le Roi entre publiquement en dissidence selon une note du Quai d’Orsay lorsqu’il déclare aux notables juifs invités à la fête de trône « Je n’approuve nullement les lois anti-juives et je refuse de m’associer à une mesure que je désapprouve. Je tiens à vous informer que comme par le passé, les israélites restent sous ma protection et je refuse qu’aucune distinction soit faite entre mes sujets ». Puis une audience secrète accordée aux représentants de la communauté juive afin de les assurer qu’ils ne seront, en aucun cas, dépouillés de leurs biens. Ces actes font de lui jusqu’aujourd’hui comme leur sauveur, le plus grand, le plus juste et aussi l’un des dirigeants les plus tolérants que les Juifs n’aient jamais connu dans leur histoire.

Chez les Ahl Debdou, le tombeau de Sidi Youssef Elhadj que Musulmans et Juifs se réclament de lui. Toujours à Debdou la tombe du Rabbin Chloumou Mimoun (au temps des Mérinides), il y existe un clan d’Aoronides au XIXe siècle à propos d’eux, Sloush écrit « Les Berbères préférent tuer vingt musulmans que de toucher à un seul Juif ». Sidi Ali ou Yahia dit Bou Tkhnift ancêtre des Ait Sidi Ali aussi Ait Serghouchène tous sont des marabouts d’El Mers. Un tombeau juif à Rich (Rachidia) de Rabbi Itzhak Abessehra, un autre à Ben Ahmed, celui de Rabbi Yahia Lakhdar, un autre à Ouezzane, celui de Amrane Bendiwana, un autre…… Des dizaines de mausolés sont visités annuellement par des Juifs du Maroc et du monde entier qui viennent spécialement pour célébrer leur saint. C’est la fameuse Hiloula ; Chinoune plus connu sous Sidi Chenaoui, aussi Daniel ou Sidi Diniale sont des saints juifs qui sont également visités par des pèlerins berbères musulmans.

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Re: les Berberes au Maroc & les Juifs
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 23 janvier 2008 a 03:03

Les Juifs berbères sont non seulement des sujets de fierté pour nos concitoyens, mais ces marocains juifs sont nous et nous sommes eux.
Ils étaient nos collègues au travail, nos copains de classe, nos partenaires en affaires, nos voisins. Il est crucial pour nous autres marocains de renier notre propre identité. On trouve donc surprenant aujourd’hui que les Juifs marocains véhiculent la culture marocaine alors que l’on trouverait cela normal si c’étaient des musulmans.

Aujourd’hui la nouvelle génération c’est uniquement l’Israélien vu à la télévision par contre l’ancienne génération c'est-à-dire nos arrières grands pères, le lien entretenu était étroitement lié à l’espace dans lequel on se situait. Une autre raison importante est la méconnaissance totale des marocains de leur vraie histoire : les Arabes sont venus en colonisateurs, il fallait asseoir l’Islam et la civilisation arabe, donc ils ont piétiné tout ce qui existait déjà. L’histoire des Berbères en a également fait les frais. Il y a eu d’autres éléments comme la colonisation. On évoque souvent le Dahir berbère, mais on oublie de parler des autres pratiques qui ont favorisé la séparation des communautés juives, berbères et arabes.

Les contingents Amazighs conduits par les chefs dans de fructueuses conquêtes faites au nom de l’Islam furent amenés tout naturellement à la conversion. A vrai dire c’est étrange cette merveilleuse histoire de transformation d’une population de plusieurs millions d’Amazighs par quelques milliers de bédouins. Les communautés juives marocaines ont été plurielles, leur cœxistence avec l’autre n’a pas été linéaire. Elles dépendaient étroitement des religions, des tribus et des espaces partagés. C’est cette pluralité qui s’est inscrite de manière indélébile dans l’identité marocaine. La fête de la Mimouna qui se tient chaque année, le dernier jour de Pâque, à cet occasion les familles juives préparaient un panier plein de mets juifs et allaient prendre leur premier thé sucré chez une famille musulmane.

En échange de l’offrande, la famille recevait de la part de ses hotes musulmans de la farine, du lait et du miel. Cette fête a donc institutionnalisé le dialogue entre les communautés et nulle part on ne retrouve une telle symbiose. Autrefois les mères juives et marocaines (musulmanes) avaient l’habitude d’allaiter chacune l’enfant de l’autre, si un bébé musulman pleurait, la mère juive l’allaitait et vice versa. Les familles juives aisées pratiquaient également les métiers de courtage, le commerce de produits agricoles et une activité interdite aux musulmans : le prêt à intérêt.

A l’indépendance en 1956, des Juifs vont occuper des postes importants, les positions hostiles du Parti de l’Istiqlal vont favoriser une nouvelle émigration, souvent dans la clandestinité mais tous ces Juifs gardent toujours une partie de leur cœur au Maroc, leurs ancêtres ont vécu près de trois millénaires.


Poste par Akachmir sur
[www.meknes-net.com]

Re: les Berberes au Maroc & les Juifs
Posté par: akachmir (IP enregistré)
Date: 02 février 2008 a 18:27

Cher Darlett, je l'ai posté aussi dans le site de darnna et le site de Boumalne-dadès (site berbère).
C'est ma deuxième étude après avoir rencontrer plusieurs textes sur notre coéxistence Judéo-berbère dans mes recherches historiques.
A noter à l'avenir, je vous transmettrai lhistoire d'une dynastie berbère "Berghouata" qui a régné 4 siecles au Maroc (748 à 1148) sans être mentionnée dans l'histoire, ni enseignée dans les écoles. Cette dynastie est la vraie source de notre parenté.
Mes amitiés

Re: les Berberes au Maroc & les Juifs
Posté par: darlett (IP enregistré)
Date: 02 février 2008 a 22:35

Ainsi les Toshavim et les Megorashim auraient tous eu la meme origine, c'est-a-dire, qu'ils s'agiraient de refugies de la Palestine, qui seraient partis suite a la destruction du second temple et qui sont descendus vers l'Afrique du Nord et dont une partie, ensuite, peut-etre suite a l'arrivee des Almohades, seraient remontes vers l'Espagne pour revenir ensuite en "Mogorashim" ? La question est difficile et les avis sont partages.

Voici a ce sujet, le tres interessant texte de Daniel Schroeter qui parait sur notre page d'accueil "A la decouverte des Juifs Berberes".

" C’est H. Z. Hirschberg qui le premier a mis en doute la thèse admise – établie d’abord par Slouschz et adoptée ensuite par de nombreux chercheurs de l’époque coloniale – selon laquelle les Juifs d’Afrique du Nord descendraient des tribus berbères converties au judaïsme dans 1’Antiquité.
Hirschberg étudia systématiquement les traditions anciennes et parvint à la conclusion qu’il y a peu de preuves confirmant la thèse des Berbères judaïsés. D’après lui, la plupart des communautés se formèrent beaucoup plus tard, grâce à l’arrivée de commerçants juifs à l’intérieur du pays. Bien qu’il n’exclut pas qu’il ait pu exister des Berbères judaïsés, Hirschberg est sceptique quant à l’importance de ce phénomène. Dans une étude récente basée sur des données linguistiques et ethnographiques importantes, Paul Wexler a réexaminé cette question, pour aboutir à la conclusion que la grande majorité des Juifs sépharades descendraient d’habitants d’Afrique du Nord convertis au judaïsme et installés en Espagne. Si l’hypothèse de Wexler était exacte, il en découlerait que la plupart des Juifs marocains (toshavim comme megorashim) descendraient de Berbères convertis."




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