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DECES DU GRAND RABBIN DAVID MESSAS
Posté par: Raphael (IP enregistré)
Date: 20 novembre 2011 a 19:20

Nous apprenons avec un terrible choc et une grande stupéfaction,
Le décès du Vénérable Grand Rabin de paris,
DAVID MESSAS.
Un seul mot me vient à al bouche :
ברוך דין האמת
Pas de condoléances avant l’inhumation.




DECES DU GRAND RABBIN DAVID MESSAS / David Messas, mon directeur au lycée
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 21 novembre 2011 a 17:56

David Messas, mon directeur au lycée

La mort du grand rabbin de Paris, David.Messas me ramène 50 ans en arrière à l'été 1963, dans la cosmopolite ville de Casablanca.
J'avais terminé l'école primaire de l'école du Centre, et il fallait dans une semaine entrer au lycée,j'avais choisi le lycée Lyautey. La famille, ma tante Lucie me prédisait un bel avenir, j'étais doué disait elle. Moi, je ne sentais rien si ce n'est un immense désir de lire, de resoudre des équations et de connaitre le monde.
Mais mon père en décida autrement, ce sera pour lui le lycée yechivah ou l'on joignait culture et traditions, comme cela pouvait être l'école des soeurs Jeanne d'Arc pour un francais chrétien de Casa, ou un lycée moderne d'arabe musulman ou Coran et Descartes pouvaient s'enseigner ensemble. Quand au lycée Lyautey de l'époque, c'était la ou Karim, Jean et Sion pouvaient laiquement se retrouver et avancer vers science et modernité.

Mon père décida pour moi, malgré mes pleurs et mes supplications il m'amena un vendredi après midi du mois d'aout vers la villa du grand rabbin du Maroc, Shalom Messas. Ma mère me calmait en me racontant que plusieurs années auparavant la famille Messas était leur voisin de palier et de très proches amis.

Et nous voila, mon père et moi un peu avant Shabbat sonnant chez la famille Messas, une servante nous ouvre et quelques minutes plus tard descend David Messas, ce n'était pas encore ni le rav, ni le rabbbin, ni le grand rabbbin, mais tout simplement David.
J'étais gêné et contre cette demarche car déjà très jeune j'avais connu la tyrannie religieuse meme si ce n'était que quelques heures par semaine, mais la, 1re surprise, un homme jeune, d'environ 25 -30 ans, plutot beau gosse, cheveux grisonnants couleur argent, et en short est devant nous. Surprise ce n'était pas l'image que je faisais de la religion et du religieux. Mon père explique mon cas, David va chercher un cahier, il inscrit mon nom, me pose quelques questions. Aujourd'hui je ne saurais dire lesquelles, et me voila accepté au lycee yechivah de la rue Franklin de Casablanca, un lycee yeshiva dans une rue calme et cosmopolite ou Jaguars et jolies blondes francaises cotoient des jeunes juifs recherchant tradition et modernité.



Malgré son nom le lycee yechiva nous laissait la liberté de choisir, on ne se couvrait la tête qu'en cours de religion, de torah, de rachi et à la sortie passée la rue Franklin nous retirions librement notre kippa.
Le lycee yechiva, David Messas à sa tête c'était la philosophie du monde moderne analysée avec l'esprit de Descartes et Rachi en même temps.

3 mois plus tard, j' étais intégré au système mais oh rage j'étais premier en math, premier en dissertation, premier en histoire, le prix d'excellence me revenait mais je recus la mention réservée au tableau d'honneur car j'étais parmi les derniers si ce n'est le dernier dans les matières religieuses, cela devait être inconsciement ma reponse à mon père, mais David Messas en bon psychologue pédagogique l'avait certainement compris puisque lors de la distribution des carnets de note il me dit "rien n'est perdu, ton tableau est réservé, un petit effort en torah et tu en est capable, et tu auras le trimestre prochain ton tableau d'excellence". Par la raison, par la volonté, par la logique et le travail, il reussissait à former les jeunes esprits que nous étions. Culture et traditions cela allait de soi, c'était son leitmotif.

La guerre des six jours me fera quitter précipitamment le lycée yechiva, David Messas et Casa pour Strasbourg.
Je ne l'ai pas revu depuis même si j'ai suivi de loin son ascencion, de directeur de l'école Maimonide à grand rabbin de Paris, mais son esprit, sa conception du monde moderne m'ont marqués a jamais même si j'ai quitté la religion depuis longtemps non pas a cause de la religion mais a cause des religieux modernes et integristes qui sont l'antithèse de David Messas ,d'un véritable religieux qui joint et je le répète culture et traditions.
Merci au grand rabbin David Messas,
Iye Zriho Barukh.




GERARD-----DECES DU GRAND RABBIN DAVID MESSAS / David Messas, mon directeur au lycée
Posté par: Ngaon (IP enregistré)
Date: 26 novembre 2011 a 21:28

Cher Gérard,

Nous, la famille de notre TRÈS cher regretté père Rav David Messas zatsal,sommes très touchés par votre gentille lettre. Nous voulons prendre contact avec vous. Pouvez-vous nous envoyer vos coordonnées par e-mail à l'adresse nessimsariel@hotmail.com

Avec mes remerciements,

Bien cordialement,

DECES DU GRAND RABBIN DAVID MESSAS
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 13 décembre 2011 a 17:13

Le 19 décembre, aura lieu à Jérusalem une cérémonie marquant les trente jours de sa disparition, au cours de laquelle le Rav Shlomo Amar, Rishon LeTsion, ainsi que d’autres rabbanim et personnalités, prendront la parole.
A cette occasion nous avons recueilli le témoignage de son fils, le Rav Ariel Messas.


Lph : Quelle a été la réaction des fidèles parisiens après le décès de votre père ?
Rav Ariel Messas : Je ressens une grande stupeur autour de nous. Il semble que la communauté juive de Paris se sente un peu perdue et se pose des questions quant à son avenir.
En fait, lorsque mon père occupait ses fonctions, il régnait un sentiment de sécurité, tout était paisible, il y avait une personne qui résolvait les situations de crise, sur qui on pouvait compter.
L’impression que j’ai est celle d’une image figée : pour le moment la communauté est sous le choc et en attente.

Lph : Et pourtant, sa maladie l’affaiblissait déjà depuis quelques temps ?
Rav A.M : Il avait un courage incroyable, il faisait des efforts surhumains pour participer à toutes les manifestations et honorer ses fonctions. Il me disait : « Lorsque je me lève, je deviens un lion ». Ainsi, lorsqu’il avait des soins à l’hôpital, il se rendait immédiatement, dès sa sortie à son bureau, à la synagogue ou dans tout autre lieu où il avait une mission à remplir. Et à vrai dire, personne ne soupçonnait qu’il venait de subir des soins si pénibles et éprouvants.

Lph : Dans quelle atmosphère avez-vous vécu, vous et vos proches, cette disparition ?
Rav A.M : Les réactions et les marques d’affection qui nous ont entourés ont été impressionnantes, et à ce titre, le rabbinat parisien et français avec à sa tête le Grand rabbin Gilles Bernheim, a été extrêmement proche de notre famille. Le Président Joël Mergui a été extraordinaire. Il a montré un grand amour et un très grand respect pour mon père, zatsal. Par ailleurs, il a toujours sollicité notre avis dans toutes ses démarches.
Dès l’annonce de son décès, des centaines de personnes se sont massées devant l’hôpital, lors de la levée du corps à la synagogue Ahavat Shalom, la rue a dû être bloquée par la police tant la foule était importante. Nous avons fait ce soir-là une prière exceptionnelle.
La présence miraculeuse du Rav Shlomo Amar, Grand Rabbin d’Israël, m’a permis de tenir debout. Il était très proche de mon père et son soutien m’a été très précieux. De la même manière, le témoignage du Rav Ovadia Yossef a été une véritable source de consolation.
La présence de tous ces fidèles m’a permis de me rendre compte de l’importance de la mitsva de consoler des endeuillés, combien elle est fondamentale et permet d’accompagner les personnes dans leur peine.

Lph : Comment ont réagi les autorités françaises ?
Rav A.M : Sur ce plan aussi, nous avons été impressionnés. Le décès de mon père a été annoncé sur toutes les chaines de télévision lors du 20h, de nombreux journalistes nous ont écrit.
Par ailleurs, nous avons reçu des messages personnels du Premier Ministre, de certains ministres mais aussi de responsables politiques de tous bords.
Mon père ne laissait pas indifférent, il était très charismatique et avait une intelligence de la parole qui ne pouvait qu’interpeller ceux qui l’écoutaient.

Lph : Quels sont les principaux messages qu’il faudrait retenir de l’enseignement du Rav David Messas ?
Rav A.M : Tout d’abord, il y aurait beaucoup à apprendre de la façon dont il a vécu. Il dégageait beaucoup d’amour pour son prochain, était très disponible. Il a consacré sa vie à la diffusion de la Torah.
Il nous a enseigné que l’on devait être capable de tout donner pour Hachem, de ne pas ménager ses efforts, de faire tout ce qui était en son pouvoir et même au-delà.
Une autre leçon est celle tirée du verset ”Les chemins de la Torah sont des chemins de douceur”. Il était convaincu que la douceur permet d’obtenir infiniment plus de résultats que la sévérité.
En outre, il laisse une œuvre considérable : il a géré le Beth Din de Paris d’une main de maître. Il l’a entièrement réorganisé, sa voix en termes de hala’ha était très écoutée et respectée.
Il a également fait énormément pour les communautés parisiennes, il a nommé de nombreux rabbins qui ont tous été très bien reçus et intégrés, ce qui ne va pas de soi.
Enfin, il avait sa synagogue, Ahavat Shalom, dont il s’occupait avec beaucoup de dévotion. Il a été élu trois fois Grand Rabbin de Paris et malgré ce poste important, il a toujours tenu à rester un rabbin de proximité. Il voulait insuffler un ”roua’h (souffle) Messas”, ce qui signifiait pour lui recevoir chaleureusement chaque Juif, quelque soit son degré de pratique, afin de le rapprocher de la Torah et de la pratique des mitsvot.

David Messas
Lph : Votre grand-père et votre père étaient très attachés aux traditions d’Afrique du Nord. Quelle place les traditions doivent-elles prendre dans notre pratique religieuse ?
Rav A.M : On dit qu’un ”minhag Israel” (tradition) est aussi important que la Torah – à condition qu’il ne s’agisse pas de ”minhag shtout” (tradition stupide). En effet, lorsque les textes nous disent ”Al Titosh torat ime’ha” (Ne t’éloigne pas de la Torah de ta mère), ils sous-entendent les traditions. Ce sont elles qui permettent de se reconstituer et de perpétuer la Torah.
Mon grand-père, Rabbi Shalom, zatsal, a beaucoup œuvré en ce sens. Il a émis de nombreuses décisions dans lesquelles il a défendu les traditions marocaines.
Je tiens à souligner que tout cela n’a jamais été pensé – et ne doit jamais l’être – dans un esprit de discorde. Mon père se plaisait à prendre la métaphore d’un bouquet de fleurs : il est d’autant plus beau que les fleurs sont variées.
Chaque Juif enrichit les autres par ses traditions. Ainsi, par exemple, j’ai étudié dans des yeshivot ashkénazes. Ces années ont été pour moi une source d’enrichissement considérable.
Ce qui tenait très à cœur mon grand-père et mon père, était de conserver sa façon de prier et de posséder et connaître les ouvrages des Rabbanim de nos traditions.

Lph : Quelle relation entretenez-vous avec Israël et la Alyah ?
Rav A.M : La France est pays magnifique, de tradition humaniste, dans lequel les Juifs peuvent vivre librement leur judaïsme.
Mais, et c’est une évidence, le lieu dans lequel le peuple juif peut se développer totalement est Erets Israël.
J’ai moi-même vécu en Israël entre mes 17 et mes 24 ans, mon grand-père était Grand Rabbin de Jérusalem. Nous sommes très attachés à cette terre.
J’ai aussi des responsabilités communautaires à Paris : le Ciel nous fait sentir l’endroit où nous devons être.
Alors bien sûr, Israël, Yeroushalayim me manquent, mais j’ai une mission.

Lph : Etes-vous inquiet pour ce qui concerne l’avenir des Juifs en France ?
Rav A.M : Non, parce que je ne suis pas d’une nature inquiète. Je sais qu’Hachem mène le monde et le peuple d’Israël ”létova”, pour le mieux.
Il est vrai que les élections présidentielles approchent et que nous devons être vigilants vis-à-vis des extrêmes de tous bords qui sont dangereux. Nous devons nous méfier des mauvaises surprises.
Mais, globalement, je suis optimiste.

Lph : Et votre avenir personnel ? Allez-vous prendre la succession de votre père ?
Rav A.M : Je me suis naturellement porté sur les traces de mon père. Il faut dire qu’il a su nous donner goût à la Torah tout en nous ouvrant l’esprit vers le monde extérieur.
Par ailleurs, il a toujours été très attentif à sa famille, il était toujours là pour nous et tenait à nous protéger.
J’ai donc beaucoup appris et travaillé à ses côtés : je connais le fond réel de sa pensée. Je l’assistais dans ce petit ”Mikdach Méat” qu’est la synagogue Ahavat Shalom. Je vais continuer à m’occuper de ce lieu, dont mon père était si fier. Tout ce qui y sera fait le sera à la mémoire bénie de mon père et de mon grand-père.
J’ai également des responsabilités au sein du beit hamidrach pour Rabbins que mon père avait créé.
Ma famille, mon héritage, tiennent une place importante dans mon travail rabbinique, même si parfois, mon ascendance est presque trop lourde à porter.
Je vais maintenant, beezrat hachem, m’attacher à continuer d’œuvrer pour la Torah et la communauté.
Par Guitel Ben-Ishay - Le P’tit Hebdo




DECES DU GRAND RABBIN DAVID MESSAS
Posté par: gerard (IP enregistré)
Date: 01 février 2013 a 03:30

Envoyé le 31/01/2013
David Messas, mon directeur au lycée

cela m`a emu de lire le temoignage de Gerard Rouah. J`ai pratiquement suivi le meme parcours.Ma famille a demenage de Marrakech a Casablanca en 1962 et mon pere, qui n`avait pas une notion tres claire du milieu scolaire a demande conseil a un ami plus ou moins rabin,Mr Bouskila, qui m`a pris par la main et m`a conduit au lycee yeshiva de la rue franklin.j`avais a l`epoque 13 ans et demie et je n`avais pas encore mon mot a dire. j`ai eu la meme impression de notre directeur David Messas, jeune,mince et toujours en costume élégant et qui parlait tres vite avec un large sourire et quelques postillons. je l´appréciais beaucoup mais celui qui m´a marque , c`est le prof de français, Jean Pierre Kofel que j ai retrouve 30 ans plus tard a Rabat lorsque j´etais en poste comme chef du bureau de liaison d´israel au Maroc des sa création en 1994, jusqu`a 1998.
Aujourd`hui je suis ambassadeur d´Israel au Chili
David Dadonn (Dadoun)






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